1. // Equipe d'Angleterre

Demain ne meurt jamais

Auteur de deux gros matchs en quatre jours, l'Angleterre, si fébrile et insipide en Afrique du Sud, redémarre très fort sa campagne éliminatoire. La Coupe du Monde n'a apparemment pas laissé de séquelles. Le point sur ce qui a changé chez les Three Lions.

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Un pressing incessant, de l'engagement, une confiance retrouvée et du jeu. C'est à croire que le traumatisme de l'infâme Coupe du Monde anglaise est déjà oublié. Pour ses premières échéances officielles depuis le désastre sud-africain et la déroute face aux Allemands en huitième de finale, l'Angleterre vient de livrer deux matchs pleins et rassurants sur son véritable niveau, qui n'était donc pas celui aperçu cet été. Résultat ? Dans le groupe G des éliminatoires pour l'Euro 2012, avec six points et déjà sept buts marqués, la bande à Capello mène la danse après en avoir collé deux à ses premiers adversaires, la Bulgarie (4-0 à Wembley) et la Suisse (3-1 à Bâle). Des équipes qui, si elles ne font pas partie du gotha mondial, ne sont pas non plus des ramassis de peintres. Estampillée sélection nationale la plus chiante à (voir) jouer -ce n'est pas l'Espagne qui dira le contraire- la Nati de Stéphane Grichting n'a pas pesé bien lourd face à la bande à Gerrard, « qui met toujours le ballon où il veut » , selon l'Auxerrois.

L'Angleterre démarre donc sa phase qualificative comme elle a dominé la précédente : en allongeant les promenades. Le problème se situerait donc lors du jour J, quand les choses sérieuses commencent. Et c'est là-dessus que devra se pencher Capello, dont la cote est remontée en flèche cette semaine. Tout comme celle de Wayne Rooney, au passage. Transparent en Afsud, muet depuis septembre 2009 avec les Three Lions, au cœur d'un nouveau scandale sexuel dont se sont délectés les tabloïds, le Red Devil a prouvé qu'il restait un joueur exceptionnel. S'il n'a pas marqué face à la Bulgarie vendredi, il fut impliqué sur tous les buts de son équipe, livrant d'ailleurs deux passes décisives à Defoe. Dire qu'il a été question un moment de se priver de lui, pour le sanctionner pour sa conduite off the pitch. Capello a vite coupé court. « Il était performant à l'entraînement, donc il n'était pas question de remettre en doute sa participation à un match de compétition. Les grands joueurs savent faire abstraction de tout pour se concentrer sur leur jeu. C'est ce que Wayne a fait, alors qu'il avait une pression terrible » , a expliqué le Mister.

L'effet Joe Hart


Cela dit, il serait réducteur d'imputer le renouveau de l'équipe d'Angleterre au seul retour en forme de son buteur. Oui, il y a bien des choses qui ont changé depuis la Coupe du Monde. Le poste de gardien de but, notamment. Cela ne fait plus aucun doute, Joe Hart gardera les bois de la sélection pour les dix prochaines années. Et la blague vaseuse sur le niveau des portiers anglais va bientôt devenir obsolète. L'Angleterre possède désormais un gardien de très haut niveau, et cela influe évidement sur le moral et la confiance des troupes, notamment de la défense centrale, si souvent friable l'été passé. Si les intérimaires Jagielka et Lescott (en l'absence de Terry et Ferdinand) sont encore un peu tendres pour affronter les Villa, Torres, et autres Muller, ils ne jouent pas la peur au ventre, vraisemblablement rassurés par la seule présence du Citizen comme dernier rempart. L'autre grosse nouveauté, c'est que l'Angleterre a enfin trouvé le gaucher qu'elle cherchait tant. Une fois encore, le joyau évolue à Manchester City -qui a dit que c'était une équipe de mercenaires ? Adam Johnson, qui est en train de reléguer David Silva sur le banc dans son club, vient de scorer deux fois en quatre jours. Et sa présence permet non seulement d'élargir le jeu, mais surtout de soulager Ashley Cole, qui devait à la fois défendre et déborder dans son couloir. S'il évolue le plus souvent sur l'aile droite, dans un rôle “à la Messi”, Capello devrait à l'avenir néanmoins l'utiliser à gauche, dans un couloir qui n'a pas vu d'ailier pure souche depuis John Barnes. Johnson a 23 ans, Hart également, tandis que Walcott en a 21 et Rooney pas encore 25. Alors qu'au même moment, la FA impose désormais aux clubs de l'élite de compter au moins huit joueurs formés au pays. Et si, au final, l'Angleterre n'était pas tant en fin de cycle que ça ? Au vrai, ce serait même plutôt le contraire.

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