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«Si il n’y avait pas eu le football, je crois qu’on serait encore tous vierges» Claudio "el Turco" García

Del Piero l’indestructible

Calcio   Ligue des Champions   Michel Platini  

23 mai 2008
Fin du suspense à dix sous : revenu des blessures, des disgrâces d’entraîneur, de la concurrence et de la relégation en deuxième division, Alessandro Del Piero, 34 ans en novembre prochain, figure bien évidemment dans le groupe de Donadoni. Il jouera donc en Suissautriche sa cinquième phase finale avec l’équipe d’Italie. Pour quoi faire ? C’est une autre question.

Mais où s’arrêtera-t-il ? Quand ses compagnons de génération lâchent la sélection l’un après l’autre (Vieri et Inzaghi de vieillesse, Totti et Nesta d’usure), Alex Del Piero continue de s’accrocher coûte que coûte. Résultat : donné pour mort il y a 5, 3 puis 2 ans, le revoici fringant, prêt à se resservir d’un Euro. Et à voir sa tête quand il a claqué son énième doublé de la saison dimanche dernier contre la Sampdoria, validant ainsi son ticket pour l’équipe nationale, c’est peu dire que cela a l’air de le rendre heureux. Sans doute Del Piero aime-t-il trop le football pour penser s’arrêter un jour.

Pour Donadoni comme pour ses prédécesseurs, il faudra donc faire avec le casse-tête Alex. Le bon Roberto avait pourtant tout fait pour le dégoûter : des non-convocations sans explications en veux-tu en voilà, des appels appuyés dans la presse sur la nécessité de laisser la place aux jeunes, puis pour finir des conférences pédagogiques sur pourquoi il est important de partir à la guerre avec ceux qui se sont qualifiés.

Las, Del Piero a fait semblant de ne pas comprendre, clamant son amour pour la sélection nationale à chaque fois qu’un micro se présentait. Et réalisant, au passage, sa meilleure saison depuis des lustres. Après avoir raflé le titre de meilleur buteur de Serie B l’an dernier, le voici donc capocannoniere de Serie A cette année, au nez et à la barbe de tout ce que l’Italie compte comme buteurs. Et quand il n’a pas marqué, il a passé ses matchs à faire le spectacle. Des dribbles comme à la belle époque, du coup de rein retrouvé, des ouvertures platiniennes pour son pote Trézéguet. C’est simple, avec un peu d’imagination, on se serait presque cru revenus en 1997/98, son année magique (21 buts en championnat, 10 buts en Ligue des Champions).

Sauf que le problème reste entier : Del Piero, on le fait jouer où et quand ? Tout le monde le sait en Italie, un Del Piero, ça foire ses phases finales. En technicolor, en général. Un coup il prend la place de Baggio, un coup il bouffe la feuille de match d’une finale d’Euro, un coup il est hors de forme.

Pour le « où », c’est assez simple : le débat sur numéro 10 ou attaquant n’a pas lieu d’être, l’Italie de Donadoni ayant supprimé le poste de meneur de jeu placé derrière les offensifs (pour organiser, il y a Pirlo). Surtout, cette année, les places sont déjà prises : pour servir Toni, c’est Camoranesi à droite, Di Natale à gauche. Camoranesi étant indéboulonnable, c’est donc là-haut, sur la gauche, que pourra jouer Del Piero, en lieu et place de l’inconnu de l’Udinese.

Reste donc la question du quand : et là, c’est coton. Alex va-t-il bouffer Di Natale dès l’entraînement ? Peu probable, Di Natale a fait les matchs de préparation, il a été bon, et il sort d’une grosse saison lui-même (17 buts, quand même). Va-t-il prendre sa place quand les choses seront sérieuses, dans le money time ? C’est déjà plus envisageable. En principe, il devrait rentrer vers la 80ème minute, puis peut-être la 75ème, la 65ème, et puis…Et puis pour s’imposer, il faudra peut-être aussi passer sur le corps d’Antonio Cassano, l’autre invité de dernière minute, en sursis pour faire le 23ème, et qui vise le même poste. On serait Di Natale, on flipperait grave. Mais comme disait l’oracle Vialli, c’est « quand c’est dur que les durs deviennent bons ».

Ennio Gnocchi




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