Del Bosque, la révérence du dernier grand d'Espagne

Après deux prolongations de contrat qu'il ne souhaitait pas nécessairement, Vicente del Bosque arrête la sélection. À 65 ans, « El Marqués » raccroche et laisse une trace indélébile sur le football espagnol et européen.

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Cette fois-ci, il ne cédera pas. Après avoir renouvelé son bail bon gré mal gré à la tête de la Selección en 2012 et 2014, Vicente del Bosque a clairement fait savoir qu'il ne comptait pas rester jusqu'à la Coupe du monde en Russie : « Mon intention est d'aller au bout du contrat qui prend fin le 31 juillet, a-t-il expliqué. Peu importe comment se passait l'Euro, je n'avais aucun doute sur mon avenir. Sans l'ombre d'un doute, je n'ai pas l'intention de rester sélectionneur, mais il faut rester discret. » Tout sauf une surprise. Depuis le 14 juin 2015, « El Marqués » avait expressément notifié que l'Euro 2016 serait sa dernière aventure professionnelle. Il a tenu parole. Le président de la Fédération Ángel María Villar doit donc se trouver un nouveau sélectionneur, vraisemblablement Joaquín Caparros. La nomination devrait être annoncée aux alentours du 15 juillet. C'est une immense page du football espagnol qui se tourne.

77,7%


Après la victoire à l'Euro 2008 sous les ordres de Luis Aragonés, la Fédération espagnole a trouvé l'homme parfait pour entamer un règne inédit. Del Bosque est celui qui a pérennisé le style imprimé par El Sabio de Hortaleza. Le Colchonero a appris à la Roja comment gagner ; le Madridista a appris à la Roja comment continuer à gagner. Ces deux géants aux caractères si différents ont élevé le football espagnol à un niveau inégalable. Avec une ossature Barça-Real Madrid, la génération dorée n'a pas seulement remporté une étoile et un deuxième Euro : elle a littéralement marché sur le football mondial. Du style rouleau compresseur. Seule la Suisse lors du premier match de la Coupe du monde 2010 a réussi l'exploit de battre les Espagnols. Un petit raté avant de savater tout ce qui se présente sur le passage de la Roja. À sa tête, VDB impose son calme, son sérieux et sa droiture, comme il avait su le faire avec les Galactiques du Real Madrid. Dans une période d'extrême rivalité entre les ennemis héréditaires, il parvient à souder son équipe, aidé au sein du groupe par Iker Casillas, Xavi Hernández et Carles Puyol. Pendant des années, la Selección a été injouable, comme rarement une équipe nationale l'a été auparavant. Si les deux dernières compétitions ont été de retentissants fiascos, ce piteux épilogue ne doit pas occulter le travail réalisé par Del Bosque, ce mélange de possession, d'efficacité offensive, de réalisme et de rigueur défensive. Dans l'histoire, il est le sélectionneur avec le meilleur ratio de victoires, avec 77,7%. Pour donner une idée de la folie de la stat, son dauphin, le Brésilien Mario Zagallo, est à 70,1% et Joachim Löw est à 66,1%.


L'heure de la transition


Depuis 4 ans, Del Bosque n'avait plus le feu sacré, c'est une évidence. Le départ de plusieurs cadres (Carles Puyol, David Villa, Fernando Torres), la méforme constante d'Iker Casillas et la fin de carrière de Xavi Hernández ont contribué au déclin espagnol. 2014 aurait dû signifier un nouveau départ pour faire émerger de nouveaux leaders en pleine possession de leurs moyens, mais la Roja n'en a pas trouvé. Sergio Ramos joue constamment avec un dos en vrac, Sergio Busquets n'a pas son rendement habituel et Andrés Iniesta n'a jamais eu l'âme d'un étendard. Côté entraîneur, et c'est le revers d'avoir une génération de jeunes coachs aux dents longues, les disponibilités restent limitées. C'est l'heure de la transition pour l'Espagne, deux ans (voire quatre) pour se remettre à l'endroit et préparer la décennie 2020. Peut-être que VDB le savait, mais il n'a pas su dire non à Villar qui pourrait à son tour quitter ses fonctions, lui qui lorgne sur la présidence de l'UEFA. Del Bosque raccroche, mais se dit prêt à aider en cas de besoin. Dans les prochaines semaines, un hommage devrait être organisé. Les 70 internationaux qui ont joué sous ses ordres ainsi que le roi émérite Juan Carlos seront conviés. Que l'on ne s'y trompe pas malgré une fin de parcours chaotique : sans éclats de voix, sans se prendre pour un philosophe, tout en humilité et en modestie, c'est bien l'un des plus grands entraîneurs du football moderne qui tire sa révérence. Hasta siempre Señor Marqués.

Par François-Miguel Boudet
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zinczinc78 Niveau : CFA
Dommage qu'il ait manqué un titre à cette "génération dorée" 2008-2012 pour entrer définitivement dans la légende.. La Coupe des Confédérations !
Entre son passage au Real (plus que le départ de Makélélé, à mon avis, c'est le sien qui déclenche les années noires jusqu'à l'arrivée du Mou) et à la tête de la Roja, Moustache fait clairement partie des très grands coachs qu'a connu ce sport. Dommage que ca se soit fini comme ça mais c'était tout à son honneur de ne pas quitter le navire après le viol de 2014!
Il y a tellement de tacticiens créatifs et doués sur les bancs de Liga qu'ils ne devraient pas avoir trop de mal à le remplacer...en attendant Pep! Imaginez un instant Guardiola, Mourinho, Ancelotti, Simeone et Klopp à la tête leurs sélections nationales au même moment...
Un excellent coach/sélectionneur pour monter une mayonnaise avec des grands joueurs. Moins bon pour trouver de nouveaux ingrédients en ayant le nez fin.
Il a hérité du travail d'Aragonés et d'une ossature Barça 2008-2012, et a été à niveau pour faire fructifier ces éléments préexistants.

Quand il a dû repenser son équipe, et recréer une osmose avec des styles différents, intégrer des nouveaux joueurs, il s'est complètement loupé. 2x.
Bref, il était temps qu'il tourne la page, j'avais déjà dit avant l'Euro ne pas être confiant vu la sélection.

Par contre, ce Caparrós n'a pas l'air d'avoir obtenu des résultats exceptionnels, ça a l'air étrange comme choix. Quelqu'un pour donner un avis sur lui?
Article incorrect, un homme possède un ration supérieur, de 78,5% de victoires!!!!



... Jacques Santini
Del Bosque ne s'est pas remis en question alors que l'échec de 2014 (et dans une moindre mesure la finale perdue contre le Brésil en coupe des confédérations 2013) avait donné des indices sur la fébrilité et le besoin d'évoluer le plan de jeu espagnol qui s'essouflait et devenait trop stéréotypé et prévisible.

La colonne Barça et le modèle de jeu barcelonais de Guardiola ont perdu en influence et n'a plus lieu d'être, surtout depuis la retraite internationale de Xavi. Iniesta est trop seul (et il ne pas tout faire tout seul d'autant que physiquement il a décliné plus l'Euro avançait), et en plus Busquets était pas du tout à son niveau
Le Barça a depuis le départ de Guardiola fait évoluer son jeu vers plus de verticalité. Mais Del Bosque s'est enfermé dans ces certitudes de 2010 et 2012 avec les memes joueurs.

Dans ce shéma de jeu Nolito est inefficace (et ne joue pas du tout comme ça au Celta Vigo), Morata est sous-utilisé. Pedro et Fabregas n'ont plus le niveau pour être titulaire ou être dans les 23. Et Koke qui reste sur le banc... Pourqoui vouloir prendre Alcantara ou le jeune Vasquez non titualaires en club ? C'est pas les solutions qui manquent Saul, Gabi, Denis Suarez ou Alcacer aurait pu apporté du sang-neuf mais encore une fois il fallait que ça s'accompagne de changements dans le schéma de jeu.
Message posté par ajde59
Del Bosque ne s'est pas remis en question alors que l'échec de 2014 (et dans une moindre mesure la finale perdue contre le Brésil en coupe des confédérations 2013) avait donné des indices sur la fébrilité et le besoin d'évoluer le plan de jeu espagnol qui s'essouflait et devenait trop stéréotypé et prévisible.

La colonne Barça et le modèle de jeu barcelonais de Guardiola ont perdu en influence et n'a plus lieu d'être, surtout depuis la retraite internationale de Xavi. Iniesta est trop seul (et il ne pas tout faire tout seul d'autant que physiquement il a décliné plus l'Euro avançait), et en plus Busquets était pas du tout à son niveau
Le Barça a depuis le départ de Guardiola fait évoluer son jeu vers plus de verticalité. Mais Del Bosque s'est enfermé dans ces certitudes de 2010 et 2012 avec les memes joueurs.

Dans ce shéma de jeu Nolito est inefficace (et ne joue pas du tout comme ça au Celta Vigo), Morata est sous-utilisé. Pedro et Fabregas n'ont plus le niveau pour être titulaire ou être dans les 23. Et Koke qui reste sur le banc... Pourqoui vouloir prendre Alcantara ou le jeune Vasquez non titualaires en club ? C'est pas les solutions qui manquent Saul, Gabi, Denis Suarez ou Alcacer aurait pu apporté du sang-neuf mais encore une fois il fallait que ça s'accompagne de changements dans le schéma de jeu.


Bah y'a aussi une part de reconnaissance du ventre, et c'est bien normal.

Tu ne peux pas gicler des mecs qui t'ont apporté la gloire et la domination comme des malpropres, même s'il sont sur la fin.

Moi je trouve cela normal, bien sur t'aurais pu tout nettoyer y'a déja 2 ans, mais sortir des mecs qui sont entré dans la légende sans aucun état d'âme, faudrait être une sacrée merde.

C'est sur ça faisait mal de voir un Fabregas tout mou ou un Ramos qui en peut plus sur le près, et les titulariser pour le match de la première place il aurais pu s'abstenir mais bon...

Quand à l'Andouille plus haut, au Réal aussi il n'as fait que récupérer un système peut être? ou alors il a trébucher et il s'est cogné contre une paire de LDC qu'il a ramassé dans le caniveau avec quelques Liga en prime?
Message posté par zitka

Quand à l'Andouille plus haut

Andouille... OK. Le niveau zéro de l'argumentation.
Message posté par lenz
Article incorrect, un homme possède un ration supérieur, de 78,5% de victoires!!!!



... Jacques Santini


La preuve que s'arrêter à une simple stat' et un ratio en faisant fi des contextes est d'une débilité absolue. Parlons plutôt des titres, des Iniesta et Xavi, de ces quatre ans de règne.
Message posté par Spé6man
La preuve que s'arrêter à une simple stat' et un ratio en faisant fi des contextes est d'une débilité absolue. Parlons plutôt des titres, des Iniesta et Xavi, de ces quatre ans de règne.


En aucun cas je n'ai déclaré une supériorité de Santini par rapport à d'autres. Et effectivement si les statistiques sont des outils valables, elles méritent d'être analysées pour être correctement utilisée.

Sinon, se faire recaler à chaque message, tu le vis bien?
Laslandes Of The Dead Niveau : Loisir
entraîneur surcôté
Avec sa dégaine de chibani de la place du pont, qui croirait que le gonze pèse qqes ligas, ldc, euro, et autres cdm ??
Mouais. Comme entraîneur du Real il était bon, mais là clairement il avait passé la date de péremption depuis un moment. Ses choix misérablement tacticiens puaient l'andropause à plein nez. Il a su exploiter avec parcimonie une génération incroyable. Mais un grand entraîneur fait d'une équipe moins bonne une machine de guerre. Lui réussit l'exploit de faire le contraire.

Même pendant la Coupe du Monde gagnée, il fait systématiquement le choix du 1-0, de la victoire minimale, aucun bouleversement, aucune audace, simplement de la gestion. Il peut sacrément remercier ses joueurs.
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