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  2. // David Beckham

Déjoue-la comme Beckham...

« Je suis de nature fatalitaire » , disait la grande Arletty. David Beckham est plutôt fataliste. Il s'est rompu le tendon d'Achille, hier soir à Milan. Ses chances de jouer la Coupe du Monde se rapprochent du zéro absolu. Unlucky.

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Jean-Louis Murat avait expliqué que sa chanson “Achille à Mexico” (sortie sur la compile “Amour Foot”, avant la Coupe du Monde 98) était en fait une allégorie évoquant un Michel Platini blessé au Mundial mexicain 1986 et donc quasi incapable de mener les Bleus à la victoire... La symbolique du talon d'Achille, héros de la Guerre de Troie rendu vulnérable par son talon non protégé, s'applique facile à David Beckham, foudroyé à son tour, hier soir. David Beckham était superstitieux si l'on en juge par la collection de tatouages dessinés sur sa peau. Surtout celui censé le protéger du mauvais sort, “Guardian Angel” (“Ange Gardien”, calligraphié sur le dos). Plus troublant, le dernier tatouage en date qu'il s'était fait faire en janvier dernier, “Man of Sorrows” (“l'homme tourmenté”, étalé sur le torse)... Alors, allons-y tristement : David est un poissard. Attention : pas un loser. Un poissard. Parce que son rêve ultime de devenir le premier international anglais à disputer quatre coupes du Monde s'est envolé hier soir à Milan, contre le Chievo Vérone, le club de Roméo et Juliette (tiens, c'est bizarre, Roméo, c'est le prénom d'un des fils de Beckham). David Beckham le voulait très fort. C'est même pour ça qu'il était revenu à Milan, pour un deuxième prêt, avec l'accord de son club californien des LA Galaxy. Avoir du temps de jeu au plus haut niveau pour rendre crédible une place dans les 23, ce que Fabio Capello semblait disposé à lui accorder vu qu'il faisait partie du large Team of England. Las...



David Beckham et la Coupe du Monde, une histoire compliquée. En 98, contre l'Argentine, à Geoffroy Guichard, une provoc' de Diego Simeone lui avait valu une rouge expulsion qui précipita son équipe dans l'élimination en 8ème. Un truc qui le rendit de facto l'homme le plus détesté d'Angleterre (“Man of sorrows” ?). Au Mondial asiatique de juin 2002, tel Achille Platini à Mexico, il est fortement diminué, pas entièrement remis d'une vilaine blessure infligée le10 avril 2002 par l'Argentin Duscher du Deportivo La Corogne en Ligue des Champions. Note plus sympa : tout Albion avait prié très fort, via le Sun, pour que Dieu favorise la convalescence accélérée de David... Bof. David était trop court pour briller. Au Mondial Bundesliga 2006, pas mieux. La trentaine a sonné pour le “captain of England”, même s'il expédie encore des ellipses transversales impeccables dans les pieds de ses partenaires. Première alerte contre l'Equateur, en 8ème : malgré un but sur coup franc, un classique beckhamien, il est malade avant le match et vomit pendant la rencontre. Terminus en quart (pas en car !), contre le Portugal : il est touché juste avant la mi-temps et doit sortir d'un match cadenassé qui se jouera en faveur des Lusitanos, aux tirs au but 0-0, 3 tab à 1), autre spécialité de Beckie... Sur son remplacement, il a quitté le terrain psychologiquement dévasté. Le lendemain, il craque devant les caméras : en larmes, il annonce qu'il stoppe sa carrière internationale et souhaite bonne chance aux Trois Lions... Trois Lions qu'il retrouvera à l'été 2007.



Pauvre Angleterre ? Après les blessures de Ashley Cole (toujours incertain pour le Mondial) et Michael Owen, celles de Wayne Bridge (cohabitation impossible avec Terry), c'est donc au tour de David Beckham de manquer à la sélection. Avec un compte bloqué à 115 capes, derrière le N°1 Peter Shilton (125 apparitions). Question : à 34 ans et des bouts de matches à Milan, est-ce une si grande perte pour l'Equipe d'Angleterre ? En tant que leader, avec d'autres, comme Terry ou Ferdinand, son absence quasi probable dans un groupe soumis à pas mal de “turpitudes” internes fera sans doute regretter son rôle modérateur et rassembleur. Qui plus est, Beckham est un modèle de professionnalisme dans sa préparation physique. Un exemple. Reste qu'il n'était pas titulaire à part entière, qu'il jouait de-ci de-là dans un milieu de terrain déjà fortement encombré de postulants (au sens “très large” : Downing, Carrick, Lampard, Gerrard, Joe Cole, Barry, Milner, Wright-Phillips, voire Walcott ou Aaron Lennon, ces deux derniers sur le flanc droit...). Voilà qui forcera l'Angleterre à dépasser l'ère Beckham pour regarder droit devant, vers l'avenir. Ce matin, hors tout inventaire (sa carrière n'est pas finie !), restent les pleurs et l'émotion : la voix brisée et les yeux embués à Old Trafford, mercredi soir, après la longue standing ovation du très classe public mancunien, après le MU-Milan en Ligue des Champions (4-0). Ruisseau prémonitoire du torrent de larmes de Milan...



PS : C'est officiel, ça vient de tomber. Pas de Coupe du Monde pour Becks. Le médecin finlandais Sakari Orava qui a opéré David Beckham, cette nuit à Helsinki, est formel : « Pour commencer à taper dans un ballon et jouer au football, il faut trois mois. Pour des performances optimales, ça peut prendre un mois supplémentaire. Il faudra trois-quatre mois avant qu'il soit capable de jouer à pleine capacité » . Pas sûr que ça attriste Victoria...

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