Déjà dans le rouge !

En se faisant corriger à la régulière par Manchester City (0-3), Liverpool a confirmé ses difficultés de l'an passé sans laisser entrevoir le moindre renouveau. Après deux journées seulement, Liverpool est-il déjà mort ?

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Un voeu pieu qui en dit long. « Nous ne voulons pas vraiment vendre Javier Mascherano. J'espère qu'il va rester parmi nous. Un espoir contre la raison mais un espoir tout de même » . Roy Hodgson n'a pas mis longtemps à piger. Après la ratatouille (0-3) encaissée au City of Manchester Stadium, le manager de Liverpool a réalisé que sans son gratteur de ballons argentin, tout près de Barcelone, son équipe allait droit dans le mur. Dépassés dans quasiment tous les secteurs, les Reds ont tout fait pour faire briller Manchester City pourtant pas à la fête une semaine plus tôt face à Tottenham malgré le point du match nul. Avis donc aux équipes en quête de certitudes : Liverpool, telle une fille facile, figure le bon plan du moment pour se remettre en confiance.

Une défense sans verrou

Il fallait voir le jeune Adam Johnson se régaler sur son flanc gauche. Qu'il y ait un, deux ou même trois Reds, même pas peur. Déjà, la présence d'Agger, défenseur central pas dégueu décalé par la force des chose à droite, c'était la garantie de quelques duels faciles. Sans compter l'absence de couverture digne de ce nom entre un milieu récupérateur (la doublette Gerrard-Lucas) totalement aux fraises et une défense centrale d'une lenteur absolue à l'heure de jaillir vers ses latéraux pour leur prêter main forte. Une forme de suicide au vu des latéraux en question entre un défenseur central improvisé (Agger donc) et un contre-attaquant patenté pour qui défendre n'est qu'une option (Johnson). Conscient que ce back-four est un nid à emmerdes, Hodgson ferait le forcing pour attirer... Mathieu Debuchy. Bon, sans faire injure au talentueux latéral droit de Lille, ce choix dit tout de la détresse et de la limite actuelle du club du nord de l'Angleterre. Mais s'il n'y avait que ça... Car bien au-delà de ces choix d'hommes, c'est un peu toute la stratégie de l'équipe que le nouveau mentor des Rouges doit redéfinir.

Aucun impact

Car pour échafauder son plan de relance, Hodgson était parti d'un constat : le système Benitez, au bout d'une demi-douzaine d'années, avait essoré le squad. La maîtrise de la balle, les longues séquences de conservation imposées par Rafa exigeaient une concentration absolue dans l'occupation de l'espace et un souffle irréprochable pour toujours se rendre disponible. Usant physiquement et mentalement. C'est en proposant un discours rafraîchissant basé sur une option de jeu plus verticale que l'ancien coach de Fulham a séduit Gerrard, Torres & Co, tous rincés par le jeu exigé par Benitez. Alors va pour davantage de jeu direct. Une bonne idée ? Oui... si Hodgson avait eu la marge pour rebâtir son escouade. Hors de question bien entendu, le technicien anglais ayant déjà réussi une authentique prouesse en évitant la saignée promise en juin dernier. Toujours est-il que ce Liverpool relativement habile, bâti pour maîtriser le cuir, manque cruellement d'impact athlétique pour faire le match face aux monstres de Premier League. Face à City, Gerrard et sa bande ont fini avec des bleus un peu partout face aux Micah Richards, Lescott, les frangins Touré et compagnie.

Libérez Gerrard !

Alors forcément, on se demande : c'est sans espoir pour Liverpool ? Pas totalement. Si la défense a peu de chances de se muer en blindage façon Inter Milan, une rapide réorganisation au milieu pourrait peut-être permettre aux Reds de réagir. Déjà en libérant Gerrard. Hodgson ne va pas tarder à le comprendre et le capitaine anglais l'y aidera au besoin : il n'a plus le coffre ni la discipline tactique pour occuper un poste de milieu défensif. Certes avec le jeu face à lui, Gerrard oriente encore comme personne mais son impact dans les trente derniers mètres et sa relation technique privilégiée avec Torres font cruellement défaut. Et tiens, puisqu'on en parle, l'Espagnol va bien finir par redevenir El Nino. Faut pas se mentir, actuellement le champion du monde est tellement charrette qu'à ses côtés Ngog a presque une gueule de Ballon d'Or. Et on n'oublie pas non plus Joe Cole, pitoyable lors de sa première sur le pré (expulsion), aussi débile en dehors (chopé à 170 sur une route limitée à 70) mais qui reste un vrai créateur pour peu qu'il accepte d'évoluer sur les côtés, où il a toujours été bon, et non dans l'axe comme son orgueil le lui commande mais comme ses limites devraient l'en dissuader.



Bien évidemment, cela restera largement insuffisant pour reconquérir ce satané titre qui fuit la ville depuis plus de deux décennies. Mais peut-être cela pourrait-il permettre de faire le match pour un ticket final dans le quatuor. L'affaire n'est pas dans la poche, comme ce fut longtemps le cas. Le défi s'annonce même plus compliqué que jamais avec la montée en puissance de City et la confirmation de Tottenham. Ardu oui, donc à la mesure de Liverpool.

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