Dégagé ManU militari

Damned ! Manchester United a échoué dans son double dessein : conquérir un historique quatrième titre de rang et devenir le club le plus sacré d'Angleterre. Un échec somme toute logique mais qui dessine des lendemains compliqués si le club ne réagit pas illico.

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C'est pas à un vieux singe, hein... Non parce que sir Alex Ferguson savait et ne se faisait aucune illusion depuis longtemps. Trop de kilomètres au compteur pour croire un seul instant que Liverpool, rincé, démoralisé et toujours prompt à tendre un doigt d'honneur à Manchester United, allait faire semblant de résister à Chelsea à deux encablures de la ligne d'arrivée. Quant à Wigan à Stamford Bridge, sans rien à perdre ni à gagner, soyons sérieux... Ouais, Fergie savait et c'est sans doute pour ça qu'il a fait aussi bonne figure dans l'échec. « J'avais du mal à imaginer Wigan prendre quelque chose à Stamford Bridge. Quand j'ai entendu qu'ils jouaient à dix, mes derniers espoirs se sont envolés. Je ne vais pas me torturer pour trouver où nous avons perdu le titre. Parfois, ça va dans votre sens, parfois non (...) J'applaudis Chelsea, j'applaudis Carlo Ancelotti. Nous savons à quel point il est difficile de gagner ce championnat. Nous pouvons être fiers. Nous nous sommes durement battus pour remporter un quatrième titre consécutif et nous avons lutté jusqu'au bout » . Attention quand même Fergie : le coup de l'équipe qui a courageusement lutté jusqu'au bout, c'est un discours de perdant. Celui que récitent à l'envi Liverpool et Arsenal depuis plusieurs saisons. Celui que sert l'équipe d'Angleterre depuis 1966. Celui dont on imaginait qu'il ne sortirait pas des conf' de presse de Manchester.



Rooney et Valencia au top : inquiétant !



Mais ne faisons pas trop les malins, on le comprend Ferguson. Après les trois titres raflés entre 2007 et 2009, assortis d'une Ligue des champions et d'une finale, ce fut l'été meurtrier à Manchester. Pas saigné non, mais racketté à l'ancienne quand les prédateurs ciblent leurs envies. Le Real Madrid a rôdé pendant plus d'un an avant d'attraper Cristiano Ronaldo. Manchester City, lui, a opéré dans le mode plus brutal du nouveau riche arrivé en ville et qui se croit tout permis : par ici Carlos Tevez et fermez vos mouilles ! Dépouillés, les poches trouées par la dette abyssale du club (plus de 800M€), et essentiellement renfloués par des achats en soldes (Michael Owen, Biram Diouf, Gabriel Obertan), les Red Devils ont abordé la saison avec l'espoir ténu que Valencia soit à la hauteur des quelques vingt patates investies sur lui et que Wayne Rooney assume la succession de Ronaldo au moins sur le plan statistique. A l'arrivée l'international équatorien a facturé 9 passes décisives agrémentées de 5 pions seulement en championnat alors que l'avant-centre de l'équipe d'Angleterre a carrément pété les objectifs avec 34 buts en 44 apparitions, meilleur joueur de la saison par les journalistes et par ses pairs. Pari réussi donc... et c'est peut-être là le plus inquiétant. Car si Rooney et Valencia ont en partie assumé statistiquement les départs de Ronaldo et Tevez, c'est que le reste de l'équipe a sacrément flanché.



Y'a-t-il quelqu'un pour rétablir la loi du milieu ?



A commencer par la défense. Avec 28 buts encaissés, MU n'a pas non plus pris l'eau mais il facture quand même sa plus mauvaise note depuis quatre ans. Surtout, il a payé un prix invisible : le sentiment de sécurité. Fragilisée par les absences et la méforme persistante de Rio Ferdinand, la défense mancunienne a surtout été privée de la qualité de relance quasi légendaire du grand Rio. Et tous les entraîneurs le disent : tout part de cette première passe. Les saisons précédentes, United y excellait sous la baguette de son international anglais. Cette année, Fergie a souvent dû bricoler derrière pour un perdant-perdant évident : les milieux invités à faire le nombre en défense y étaient nettement moins performants que les tauliers habituels tout en affaiblissant l'entrejeu par leur absence. D'autant que le milieu, historiquement le point fort de MU, a cette fois donné de sacrés signes de faiblesses. Lors de la passe de trois, la concurrence faisait rage. Cette année, on a compté les hommes en forme. Fletcher ok, Scholes à ses heures et Giggs quand son corps ne grinçait pas trop. Pour le reste, ce fut un naufrage entre Carrick (sans peps), Anderson (quelqu'un a des nouvelles ?) et Hargreaves (perdu pour le foot, faut arrêter de se mentir). Et devant alors ? Pas si bon. Comme pour le reste, le jeu de chaises musicales a fait quelques dégâts masqués. Le recentrage de Rooney sur sa mission de buteur quasi exclusif a aussi privé l'attaque de l'activité de l'ancien Toffee. Et alors que Ronaldo pouvait compter sur l'Anglais pour lui ouvrir des brèches et pour marquer en compagnie de Tevez, cette année Rooney, lui, ne pouvait compter ni sur un autre animateur offensif ni sur un autre scoreur. Cette saison, le deuxième buteur de Manchester s'appelle "c.s.c." !



Et demain alors ? Première mission : ne pas perdre Rooney. Sur les tablettes du Real (on parle d'une offre de plus de 100M€ et d'un salaire de gros bonnet), l'Anglais est la condition sine qua non à la reconquête. Sans lui, rien de possible. Mais peut-on résister à n'importe quelle offre quand le cahier de comptes réclame un renflouement de la dette fissa ? D'autant qu'il faudra du cash pour renforcer les autres lignes repues de gloire et usées après quatre ans à un rythme infernal. Oui, il va falloir cravacher ferme pour exaucer le souhait de Ferguson : «  Espérons que l'an prochain nous ramènerons le trophée dans le plus bel endroit du monde » .

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