Déferlantes Médiatiques

Un père qui trompe sa femme avec la compagne d'un collègue. Une affaire de mœurs des plus banales si le papa en question ne s'appelait pas John Terry, s'il n'était pas capitaine de Chelsea et de l'Angleterre, s'il n'avait pas été élu « Dad of the year » en 2009. Mais surtout si et seulement si la maîtresse en question n'était pas la femme de son coéquipier international Wayne Bridge. De l'autre côté du Shuttle, tout le monde en parle : l'opinion, les médias, et bien sûr la presse. Mais les médias français n'ont pas à rougir de leur emballement suite à certaines affaires...

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1/ Coup de tête de Zidane


Quand quatre ans après les faits, la question est posée au sélectionneur national de l'époque sur son sentiment sur le fameux coup de tête, quand un simple coup de boule a sa page Wikipédia, quand le geste fait l'ouverture des JT en mondovision, quand aujourd'hui encore la raison de l'offense est inconnue, quand il inspire une chanson écrite en une demi-heure et sortie sur CD dix jours après la finale, quand la victime devient essentiellement célèbre parce que justement elle est victime, quand un joueur de football restera à jamais aux yeux de tous comme le punching ball de Zidane et non comme Marco Materazzi, quand les philosophes réfléchissent sur le sujet et tentent de donner une explication philosophique à une simple coup de sang, peut-on parler d'affaire ?

2/ Main de Thierry Henry


Contrôle, passe et but ! 1-1. La main de Thierry Henry qualifie la France pour la Coupe du Monde 2010 en Afrique du Sud. Outre le débat sur la vidéo, la Madame Cinq Doigts la plus célèbre de France soulève un sentiment national de honte. Honte d'être Français. Le lendemain du match, Jacques Attali clame : « Aujourd'hui je me sens Irlandais » . Christine Lagarde, elle, trouverait bien de faire rejouer le match. Dechavanne himself lance une pétition pour « rendre tout simplement le point aux Irlandais » . Et dorénavant, un bruit devient une affaire lorsqu'il accouche des groupes Facebook, engendre des montages vidéo-photo et enfante des jeux internet.

3/ La banderole anti-Ch'ti


“Chômeurs, pédophiles, consanguins : Bienvenue chez les Ch'tis”. La banderole est déployée par les supporters du PSG lors de la finale de la Coupe de la Ligue 2008 contre le RC Lens. Le Président de la République parle alors d'une inscription « haineuse » et d'un « comportement inadmissible » . La blague vaseuse devient affaire d'État. Une enquête est ouverte, des suspects sont mis en garde à vue. Le marronnier sur la haine et la violence dans le football resurgit. Les Boulogne Boys payent les pots cassés. Le groupe est dissolu. Le mot de la fin Mr Boon ? « C'est pas les Ch'tis qui mettraient une banderole aussi agressive, voire raciste » . Pour mémoire, quelques mois avant cette affaire, Lens reçoit l'OM à Bollaert. Dans le stade, une banderole Sang et Or : “Marseille, bienvenue en France”.

4 /La demande en mariage de Domenech à Estelle


« Un mariage et 64 millions de cocus » titre France Soir, le lendemain de la défaite éliminatoire contre l'Italie lors du premier tour de l'Euro 2008. Domenech est homme de théâtre. Il élabore ce soir-là sans le savoir une pièce en six actes. Le sélectionneur critiqué de toutes parts après la lose de l'EDF demande, par surprise, en direct, devant 13,2 millions de témoins, Estelle Denis en mariage. « Indécent » , « pas sérieux » , « coup monté » , la fronde gronde. Domenech évoque d'abord une « erreur de communication » . Avant de craquer et de faire son mea culpa. Pourquoi ? Estelle était colère. Et l'a fait savoir au sélectionneur national. Elle n'était pas la seule.

5/ Créteil Bébel vs Paris Foot Gay


Championnat de foot loisir comme il en existe partout. C'est le début de la saison. L'une des premières affiches pour le Créteil Bébel, un match contre le Paris Foot Gay. Les responsables tiquent et envoie le mail suivant au “club qui défend la différence” : « Désolé mais par rapport au nom de votre équipe et conformément aux principes de notre équipe, qui est une équipe de musulmans pratiquants, nous ne pouvons pas jouer contre vous, nos convictions sont de loin plus importantes qu'un simple match de foot, encore une fois excusez nous de vous avoir prévenus si tard » . Quelques jours plus tard, le courrier électronique est dans la boîte de réception de la Secrétaire d'Etat auprès du Ministre de la Santé et des Sports. Homophobie, racisme, islam, communautarisme : les problématiques s'enchevêtrent. Résultat : un joli foutoir où amalgame et équivoque ont le dernier mot.

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