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Défense d’Ivoire

La génération dorée des Eléphants n’a plus que deux matchs pour hisser son palmarès à la hauteur de son talent supposé. Contre un Mali de survivants et de guerriers, la Côte d’ivoire partira favorite grâce à un quatuor offensif sans égal dans le tournoi et à une défense bancale…qui n’a pas pris de but.

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Défense d’y voir un signe : les deux favoris avant l’épreuve dans les deux demi-finales d’aujourd’hui ne recopieront pas forcément à l’identique la finale de 1992. Même si la Côte d’Ivoire attend un trophée depuis vingt ans ; et le Ghana depuis trente, depuis la phase finale chez l’immémorial colonel Mouammar. Ce serait faire injure aux Chipolopolo d’Hervé Renard, tout à fait capables de renvoyer à leurs études des Black Stars claudicants. Ce serait également ne pas tenir compte de l’incroyable baraka qui accompagne l’équipe d’Alain Giresse depuis le départ de l’épreuve : sortie miraculeuse de son groupe grâce à un hold-up contre la Guinée (1-0), victoire aux forceps avec un maximum de réussite contre l’hôte gabonais (1-1, 5-4 tab). On n’y parierait pas notre anorak de saison…

La contracture de Seydou Keita

Des quatre demi-finalistes, les Aigles maliens sont les seuls à avoir approché leur potentiel de près. Privés de Kanouté et de Cissoko, ils n’ont pas existé ou si peu contre la Guinée et le Ghana (0-2) avant d’arracher leur qualification contre le Botswana (2-1). Sans parler du quart de finale de dimanche, entourloupé aux Panthères aux pénos. Les coéquipiers de Seydou Keita savent qu’ils reviennent des cercles de l’enfer de Dante, ce qui les rend foutrement dangereux. Leur 4-5-1 vaut surtout par son milieu qui remonte le terrain vite et proprement (mention spéciale à Samba Diakité, une des dernières emplettes du marché de QPR) et par les incessants va et viens de son latéral gauche Adama Tamboura (FC Metz). Loin de l’Est de la France aussi, Modigo Maïga revit et monte en puissance à chaque match. Mais toute cette joyeuse mayonnaise ne serait pas envisageable sans l’influence colossale de Seydou Keita, sur et en dehors du pré. Auteur du tir au but décisif contre le Gabon, du but salvateur contre les Zèbres botswanais, le joueur du Barça s’époumone, dirige, encourage et pleure, même en conférence de presse, sur les malheurs de son pays (1) ; admirable et low profile. L’ancien de l’OM a prévenu ses potes Eléphants : « Il leur faudra prouver leur statut ; ce n’est pas tous les jours qu’une équipe du Mali joue une demi-finale de la CAN. Pour eux, ce sera la troisième fois en six ans qu’ils en jouent une, ils savent qu’ils ne peuvent pas se rater. Après… » a-t-il déclaré à L’Intelligent d’Abidjian. Problème : le factotum des Aigles n’est pas sûr d’être sur le terrain ce mercredi. Une petite contracture…

Des Éléphants moins bons qu'en 2008

Défense d’Ivoire : Dans le parcours des hommes de François Zahoui, pas aussi limpide qu’il n’y paraît, on oublie de signaler qu’ils n’ont pris aucun but. Non pas que la Côte d’Ivoire ait acheté une défense depuis le Mondial 2010. Maestro Zokora est loin de ses grandes années, Touré fait du Kolo, sobre mais pas transcendant et Bamba (rien à voir avec Alberto la Bomba) fait peur, s’effraie lui-même et angoisse toute son équipe. Non, le zéro but encaissé en quatre matchs doit beaucoup à la discipline collective du quatuor offensif (Gervinho-Drogba-Kalou et Yaya en dix) qui presse haut. Pour le reste, les Eléphants, comme les Black Stars, jouent par à-coups, comme si les stars de l’équipe avaient théorisé que pour aller au bout, il fallait savoir mal ou peu jouer. « Gagner ensemble pour notre génération, n’a pas de prix. Ce n’est pas la meilleure équipe que nous avons depuis 2006 mais la plus soudée et la plus déterminée. En 2008, nous étions plus forts. Même en 2010, mais nous étions désunis. Cette année, le coach Zaoui a su créer une super ambiance » rappelait ‘Maestro’, il y a quelques heures, à Framat.info. C’est donc avec sa défense brinquebalante, son milieu bancal et son quartet de feu que des Eléphants, moins forts que leurs devanciers, tenteront de rejoindre leurs aînés de 1992. Deux décennies après leur unique sacre, moins d’une année après une guerre civile qui a dévasté le pays…Défense d’y voir un signe…

(1) : de graves incidents ont éclaté dans le Nord du pays, en période pré-présidentielles, avec des rebelles touaregs.





Par Rico Rizzitelli
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