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Deeney : « Je buvais quatre canettes de Jack Daniel’s avant et après l’entraînement »

Natif de la banlieue de Birmingham et attaquant de Watford, Troy Deeney et sa la gueule à jouer dans Snatch ont dû survivre à l’alcoolisme, au décès d'un père adoptif et à trois mois de prison.

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C’est comment, grandir à Chelmsley Wood ?
C’est ce que je classe comme normal. La plupart des gens ne le feraient peut-être pas. Dans les années 1960, c’était la plus grande cité d’Europe. Ce sont beaucoup d’appartements, pour des gens qui ne gagnent pas beaucoup. Je ne vais pas dire qu’on était pauvres, mais on ne roulait pas sur l’or. Une fois par semaine, on allait au marché au poisson à Birmingham. Je viens d’une famille jamaïcaine, le dimanche c’est poisson et poulet. Le reste du temps, on restait dans notre communauté. Je n’allais jamais sur l’autoroute pour d’autres raisons que le football.

Tu as été repéré par Walsall après avoir mis sept buts alors que tu étais bourré. De la veille ?
Oui, le vendredi, c’est « cheap night » à Birmingham. Je venais de finir mon job dans le bâtiment et j’avais touché ma dernière paie : 180 livres. C’était comme être riche, pour moi, même si j’étais celui qui avait le moins d’argent parmi mes potes. Eux, ils pouvaient se payer du brandy, alors ils m’en offraient. Sinon je me contentais d’alcopops et de quelques shots. C’était une grosse soirée, ça a dû traîner jusqu’à 4 ou 5 heures. Mais le samedi, c’est le jour où ma mère nettoie la maison. Donc elle m’a juste dit : « Allez, lève-toi et sors. » Donc je suis allé jouer au foot. Tu n'avais qu’à traverser la route pour accéder aux terrains. C’était à quelques pas, mais cette marche m’a paru durer quatre heures. Chaque son me faisait mal. Heureusement, j’ai réussi à trouver quelque chose à boire avant le match, un Smirnoff Ice, quelque chose comme ça. Et il y avait ce mec de Walsall en tribunes.


On va passer à la période Watford. Le cancer de ton père, décédé à l’été 2012, t’a-t-il beaucoup perturbé dans ton jeu ?
Je suis devenu un homme en colère. Je ne réalisais pas à l’époque. Tout pouvait me mettre en colère : quelque chose aussi minime que finir une boisson. (Il broie sa bouteille d’eau vide dans la main.) Je n’étais pas de très bonne compagnie, je cherchais la confrontation. Évidemment, j’ai commencé à boire, ce qui n’aide pas. Quand mon père était malade, je buvais ces canettes qu’ils vendent au supermarché : du Jack Daniel’s mélangé avec du coca. Quatre canettes le matin en allant à l’entraînement, puis quatre en rentrant le soir.

Le club n’a jamais remarqué ?
(Il sourit) Non ! Je suis plutôt bon pour cacher ça. (Il rit.) Je parlais pas aux gens, pas directement. (Il pose sa main devant sa bouche, tourne la tête, jette un regard oblique.) Ils ne remarquaient rien.

Et tu avais ton stock de chewing-gums ?
Nah ! Évite juste de parler à qui que ce soit. Ne parle pas trop fort et évite le regard des gens.

Puis il y a eu cette bagarre, un soir où tu es sorti alors que ton père venait d’annoncer que son cancer entrait en phase terminale. Tu étais dans quel état d’esprit ce soir-là ?
On faisait la fête pour l’anniversaire d’un ami. C’est facile à dire, mais mon frère et moi n’aurions pas dû sortir dans l’état d’esprit dans lequel on était. On était à fleur de peau. On a commencé par quelques verres, puis évidemment, c’est un anniversaire, tu te sens plus impliqué émotionnellement, alors tu bois encore et encore. Tu noies la douleur. La bagarre n’a dû durer que trente secondes. C’est fou, quand tu imagines l’impact que ça a eu sur ma vie.

Donc c’est ton frère qui a d’abord pris un coup. Tu sais à propos de quoi c’était, cette bagarre ?
Aucune idée. J’étais au téléphone, à côté. Un des gars est venu me dire : « Yo, ton frère est en train de se battre là-bas !  » Je me suis retourné et... Plein de choses me sont passées par la tête. C’est là que le brouillard apparaît. J’ai juste vu mon frère quelque part, je me moquais de qui je frappais, qui était sur mon chemin. Ils devaient juste tous dégager. De ce que je me souviens, j’ai allongé le mec, je l’ai senti contre ma jambe. Le truc, c’est que les gens que je connais au quartier, normalement, ils auraient des couteaux ou autre chose sur eux. Donc quand je l’ai senti agripper ma jambe, je me suis dit : « Peut-être qu’il a un couteau. » Je me suis retourné et j’ai lui ai mis un coup de pied dans la tête. Je me sens toujours pas bien quand j’en parle. Tu sais que ce n’est pas bien et tu sais, surtout quand tu fais du foot, que tu connais le corps, à quel point ça peut être dangereux de frapper quelqu’un à la tête. Surtout avec la force que j’ai. En fait, c’était de la lâcheté. Si j’avais fait attention, j’aurais compris qu’il essayait juste de se lever.


Tu t’es fait arrêter juste après ?
Oui, c’était une grosse bagarre, dans la rue principale de Birmingham. Tu avais plein de caméras et les videurs de tous les clubs appelaient : « On a besoin de la police.  » Ça m’a pris des heures avant de me calmer. Je n’ai pas dormi. Je suis resté debout en cellule jusqu’en fin d’après-midi. Je suis rentré à la maison. Déjà ma femme hurlait, criait. J’avais mal à la tête. Puis on est allé chez ma mère et... je l’ai implorée de ne pas crier... Elle a crié, évidemment.

C’était comment la prison ? Tu avais quel genre de criminels avec toi ?
(Petit rire bref étouffé) Hum. C’était pas génial. Même si ça nous a fait revenir aux bases, ma femme et moi. Elle s’est occupée de tout à l’extérieur. C’est une femme très forte. En taule, y avait de tout. Un jeune de Liverpool qui avait poignardé quelqu’un. Il avait pris sept ans. Beaucoup de gens qui étaient là pour des affaires de drogue. Ils avaient tous pris de quatre à cinq ans. Moi, j’ai juste fait quelques mois. Je ne pourrai jamais m’apitoyer sur mon sort. J’ai eu de la chance.


Et c’était comment, ton premier retour à Watford ?
C’était étrange. Je n’avais pas eu le temps de me concentrer là-dessus en prison. Ils ne m’avaient pas libéré de mon contrat. J’ai été relâché un lundi, et le mardi, je suis descendu me faire couper les cheveux, parce que mon barbier est juste ici. J’avais une grosse afro. Je ne peux pas vraiment faire pousser de grosse barbe, mais j’avais une sorte de barbe. J’avais encore un bracelet électronique et des bras énormes à cause de toute la muscu que j’avais fait en prison. Je ressemblais à rien. Bref, je ne pensais pas aller au club, mais mon coiffeur n’était pas là. Alors je me suis dit : « Tu sais quoi, rentre et va voir les gens. » Je voulais seulement voir le manager. Mais quand je suis arrivé, l’entraînement avait été décalé et tout le monde était là. Alors tous mes coéquipiers de la saison passée sont venus me dire bonjour. Ils savaient tous ce qui s’était passé. Les nouveaux ne m’avaient jamais vu et me voient débarquer comme ça. Tout le monde se disait... « C’est un taré. » (Il éclate de rire.) Quelque temps plus tard, Ikechi Anya (milieu écossais, aujourd’hui à Derby County, ndlr) m’a dit qu’il n’avait pas osé me parler pendant les deux premiers mois. Il traçait. J’étais tellement concentré à éviter tout problème que je ne m’en suis même pas rendu compte.

C’était comment la discussion avec le coach, Gianfranco Zola ? C’est grâce à lui que tu as pu reprendre ?
Oui, je le dis toujours. Il aurait facilement pu me dire : « J’ai sept attaquants, va jouer avec la réserve. » Certains de ces nouveaux attaquants avaient demandé le numéro 9. Mon numéro. Mais le club avait refusé. Le coach m’a dit qu’il m’avait vu jouer l’année précédente et que j’avais été très bon. « Mais là, j’ai huit attaquants avec toi, tu vas devoir commencer au plus bas. Parce qu’ils ont fait la pré-saison. » J’ai un peu rigolé. Il était étonné. Je lui ai dit : « Tu vas voir, je ne serai pas le huitième choix pour longtemps. » Il m’a dit : « Ok, prouve-le moi. » Dix jours plus tard, je suis entré contre Bristol City à domicile. Je n’ai pas été très bon. Je courais juste partout comme un cinglé. Le match d’après, j’étais titulaire et j’ai marqué le but de la victoire.

Il paraît que tu écoutais du ABBA avant les matchs parce que ça te met en colère...

C’est juste pour me rappeler pourquoi je fais tout ça. ABBA, James Brown, c’est la musique de ma mère. Ce que les gens ne réalisent pas, c’est que c’était une porte de sortie pour ma famille. Une porte de sortie pour échapper à la normalité. Dès que j’ai commencé à gagner de l’argent, j’ai pu m’occuper de ma mère et de beaucoup de gens. C’est pour ça que je m’entraîne tous les jours comme un taré. J’en veux plus. Pas seulement pour moi, mais pour ma mère, mes frères, mes sœurs. Donc ouais, je m’assois, j’écoute ça et ça me met dans ce mode-là. Je mets cette musique et ça me ramène à mon enfance. Tout mon jeu est basé sur le physique, la puissance. Donc j’ai besoin d’être en colère pour faire ça. Et écouter ABBA est un moyen facile de déclencher ma colère.

Tu as une chanson d’ABBA préférée ?
(Il rit) Non ! Le morceau préféré de ma mère est évidemment Dancing Queen... Donc j’écoute Dancing Queen avant les matchs... Ou Stevie Wonder. Je n’ai pas honte.


Tu vises une participation à la Coupe du monde 2018 avec l’Angleterre ?
Oui, tu dois te fixer ça comme objectif. Pourquoi jouer au football, sinon ? Tout le monde dit que pour chaque Rooney qui vieillit il y a un Rashford qui débarque. Donc les gens comme moi, ça doit faire une saison incroyable pour sortir du chapeau. Une fois que tu es sélectionné, c’est facile. Tu dois juste continuer à prouver pourquoi on te sélectionne. Tu sais, si tu prends là où Vardy a commencé et là où j’ai commencé, lui était là, moi j’étais là. (Il met sa main le représentant beaucoup plus bas que celle représentant Vardy.) Il vient d’un club amateur, mais un avec un joli terrain, où il était peut-être payé 30 livres la semaine. Nous, on achetait notre propre savon. On payait pour jouer au football.


Quel a été le moment le plus difficile dans toutes ces histoires, qui ont fait l’homme et le joueur que tu es devenu ?
(Il réfléchit) Le plus dur... C’était plus une joie qu’une peine. Mais juste après que l’on a gagné le match qui assurait notre promotion en Premier League, je suis allé prendre mon téléphone pour appeler mon père... Dans l’hystérie du moment, j’ai voulu l’appeler. Et puis... (Il fait une tête triste, qui réalise d’un coup.)

C’était combien de temps après son décès ?
Trois ans... C’est un de ces moments, comme quand tu achètes une maison. On venait d’être promu et je me suis dit que mon père serait fou de joie. Alors j’ai tapé « Dad » , son numéro est évidemment toujours dans mon téléphone et j’allais appuyer dessus et... Ah... Merde. C’était dur. Alors j’ai appelé ma femme.

Troy Deeney tenait à ce que l’on mentionne sa fondation, dont il s’occupe avec son épouse et qui cherche des fonds pour construire un centre sportif pour une école pour enfants atteints d’autisme.
Troy Deeney Foundation


Propos recueillis par Thomas Andrei, à London Colney NB : Interview publiée le 15 mai 2017.
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