Deco, au bon moment

De retour sur sa terre natale, l'international portugais est en passe de remporter le Brasileirão avec Fluminense, dans un championnat où les autres ex-Européens ont connu des résultats plutôt mitigés.

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Adriano et Vagner Love partis de Flamengo en mai, le championnat brésilien était en mal de stars. Les Rubro-negros ont bien tenté de rapatrier Ronaldinho, mais bon, faut pas rêver, c'est pas parce que les deux clubs ont les mêmes couleurs que Berlusconi allait accepter de lâcher son chouchou si facilement... Pire encore, ils ont dû laisser la vedette à leurs plus grands rivaux de Fluminense, qui ont réalisé le recrutement le plus bling-bling du mercato. Première recrue “provoc” : ils font venir des Emirats le “Cheik” Emerson, sacré champion l'an dernier avec... Flamengo. Mais surtout, ils embauchent deux pré-retraités de Chelsea : Beletti, 35 ans, et Deco, 33 ans. Buteur en finale de C1 2006, l'ancien latéral droit du Barça, replacé au milieu, n'a pas mis un pied devant l'autre et a vite été pris en grippe par les supporters. Aujourd'hui, c'est tout juste s'il figure sur la feuille de match.

Pour Deco, c'est une autre histoire. S'il était certes sur le déclin depuis un bon bout de temps sur le vieux continent, il débarque néanmoins avec un statut de star et le salaire qui va avec. Environ 4 millions d'euros, ce qui fait de lui le deuxième joueur le mieux payé du pays, derrière Ronaldo, qui gagne pratiquement le double. Pourtant, les Tricolores, qui l'attendaient comme le messie, ont dû prendre leur mal en patience. Le transfert a été officialisé au terme de négociations interminables. Et une fois arrivé à Rio, il a fallu attendre plus de deux semaines pour le voir retrouver une condition physique correcte. Du coup, tout le monde sera suspendu au 22 août pour le voir fouler le pré pour la première fois. Mais pas n'importe quel pré : celui du Maracanã, dans un “Clássico dos Gigantes” contre Vasco, s'il vous plaît. « Je rêve de jouer dans ce stade depuis que je suis gosse » , avouait-il à l'époque. C'est con, il aura seulement eu le temps de faire trois petits matchs dans l'arène mythique, fermée début septembre en raison de travaux pour la Coupe du Monde de 2014. Bilan : trois matchs nuls frustrants qui freinent le Flu dans sa course au titre, mais des prestations plutôt encourageantes de l'international portugais.

Tandem de feu avec Conca

Alors qu'il commence à retrouver son rythme, il se blesse et manque presque toutes les rencontres du mois d'octobre. Deco, au Fluminense, c'est quinze matchs et un seul petit but marqué. Malgré tout, il apporte une touche technique non négligeable et forme une paire de créateurs pas dégueu dans l'entrejeu de l'équipe carioca avec Conca, le petit Argentin qui marche sur l'eau depuis le début de la saison. Paradoxalement, c'est sans doute à cause de la forme exceptionnelle de son coéquipier que Deco ne fait pas totalement l'unanimité : increvable, Conca n'a pas manqué un match de championnat, a mis neuf pions et délivré pas moins de dix-huit passes décisives ! Même s'il a du mal à soutenir la comparaison, l'ancien de Porto et du Barça, auteur d'un grand match dimanche dernier contre São Paulo, revient en forme au meilleur moment : à deux journées de la fin, Fluminense est tout proche de remporter un titre qui lui échappe depuis 1984.

Retours ratés

Ils gardent un point d'avance sur les Corinthians de Ronaldo, qui symbolise à lui seul le retour au pays d'anciennes gloires brésiliennes ayant brillé en Europe. Cette année, il évolue aux côtés de son pote Roberto Carlos, toujours affûté malgré ses 36 ans. C'est loin d'être le cas du Fenomeno, qui a traîné sa panse à l'infirmerie la plupart du temps. Le mois dernier, il a montré que le talent était toujours là en étant décisif sur une belle série de matchs qui a permis au Timão de reprendre la tête... jusqu'à dimanche dernier, quand il se blesse à nouveau et ne peut éviter le nul de son équipe contre une équipe de bas de classement, le Vitoria de Bahia. Autre revenant pas épargné par les blessures : Maicosuel, révélé par Botafogo en 2009 avant de s'enterrer à Hoffenheim. Un temps convoité par l'OM et le PSG, il décide finalement de revenir à Rio. Pas de chance, alors qu'il commençait à retrouver son niveau de jeu, il se fait les croisés et doit mettre fin à sa saison dès le mois de septembre.

Deux anciens joueurs de L1 ont aussi posé leurs valises dans la ville qui accueillera les JO de 2016. André Luis, défenseur éphémère de l'OM, joue par intermittence au Fluminense. Deivid, auteur d'une saison très moyenne avec Bordeaux en 2003/2004, est la grosse erreur de casting de Flamengo, qui voyait en lui le successeur d'Adriano. Pour les kilos en trop, il assure le relais, mais pour le reste... Ilan, ancien buteur des Verts et de Sochaux, a lui aussi raté son retour du côté de l'Inter Porto Alegre. Arrivé après la campagne victorieuse des Rouges en Copa Libertadores, il ne sera pas du voyage pour le Mondial des clubs à cause d'une vilaine blessure au pied. Deco, lui, espère bien briller l'an prochain en Libertadores. Avant de retrouver un de ses anciens clubs en finale à Abou Dhabi ?

Louis Génot, de Rio de Janeiro

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Il a joué au Barça. Où ça ? Au Barça malheureux, au Barça !
Et ce Barça là était à mon avis bien plus excitant que l'actuel. Ronaldihno, Eto'o, Deco, Rijkaard, et du beau monde à côté, si loin de cette rengaine "made in", que du beau jeu, des beaux gestes, de l'humanité, et pas cette pseudo modestie à deux cents d'euros...
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