De Rossi, le contrat

Le contrat de Daniele De Rossi avec la Roma arrive à son terme en juin prochain. Aucun accord n’a encore été trouvé, malgré des discussions entamées il y a plusieurs mois. Retour sur une affaire qui inquiète autant qu’elle passionne.

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Ça s’est passé le 5 octobre, dans une salle de presse de Coverciano, le Clairefontaine italien. Daniele De Rossi s’est avancé sur l’estrade. Il avait les cernes d’un homme fatigué des luttes de la vie. Il avait ses beaux yeux verts et sa barbe de trois jours. Il avait surtout sa paire de couilles grosses comme ça. « À propos du renouvellement de mon contrat, on donne des chiffres qui ne sont pas les bons, et ça m’agace un peu. Je parle de tout ça avec mon agent, et pas en conférence de presse (…). Je suis convaincu que nous trouverons un accord qui satisfera tout le monde (…) J’aimerais rester encore 5 ans ici. Malheureusement, un accord aurait dû être trouvé bien plus tôt » . Puis, De Rossi a précisé qu’il ne mettait aucunement la pression sur le club, et que les insultes qu’il recevait de la part de certains supporters ne lui faisaient pas peur. Il a ajouté qu’en Italie, il ne pourrait pas jouer ailleurs qu’à la Roma à part dans le club de sa ville natale, Ostia Mare. Et il a changé de sujet.

Un avion à disposition pour voir sa fille

Ça s’est passé le 5 octobre, mais la romance dure depuis des mois. Tout l’été, les supporters de la vieille louve ont égrainé les pages des quotidiens sportifs italiens à la recherche du moindre entrefilet annonçant enfin qu’un accord avait été trouvé. Las. Ils n’y ont trouvé que les propositions mirobolantes de Manchester City pour leur arracher leur porte-drapeau. Ce qu’ils ont lu avait de quoi faire peur. Salaire au-delà du réel, avion mis à disposition du milieu de terrain pour revenir à Rome voir sa fille autant de fois qu’il le désirait, et possibilité pour le club de rafler le jackpot. Devant toutes ces supputations, les supporters n’attendaient qu’une chose : une réaction du club. Problème, la nouvelle direction américaine n’était pas encore en place, et Franco Baldini, aujourd’hui directeur général de la Roma, était encore sous contrat avec la Fédération anglaise. Par téléphone, l’ancien adjoint de Capello ne pipait mot, s’excusait poliment, mais prévenait : quand il pourra parler, il parlera. En attendant, silence radio.

L'actrice Sarah Felberbaum

Le silence n’a évidemment rien arrangé à l’affaire. Il y avait cette phrase de De Rossi qui restait dans un coin de la tête : « Avec les sous que la Roma économiserait sur mon contrat, elle peut acheter un joueur plus fort » . Pas le genre de truc que disent les héritiers de Francesco Totti. Il y avait aussi les performances en dents de scie de Capitan Futuro la saison dernière, et ses histoires de cœur. Les deux choses étant liées, disaient les observateurs. La séparation avec la mère de sa fille avait été une sale affaire. Depuis, le milieu de terrain s’est mis avec l’actrice Sarah Felberbaum, et semble aller mieux. Alors ? Alors Daniele De Rossi a balayé tous ces ragots d’un revers de la manche : « Tout allait bien dans ma vie quand j’ai mis un coup de coude à Srna. Cet été, j’ai été opéré à l’oreille et j’ai dû rester à Rome. J’ai travaillé seul. (…). L’année dernière, je n’ai pas très bien joué, et j’ai senti qu’il n’y avait plus toute cette confiance autour de moi. J’avais envie de prendre ma revanche » . Il y avait aussi ces accords proposés par le club, et refusés. Deux versions s’affrontaient alors : Daniele De Rossi pense trop à l’argent ; le club ne consent pas à faire le sacrifice nécessaire pour garder son futur capitaine.

Une deadline très bientôt franchie

Franco Baldini a fini par parler, pour mettre tout le monde d’accord. Ça s’est passé le 21 octobre, dans une salle de presse de Trigoria, le centre d’entraînement de la Roma. Il avait sa belle crinière poivre et sel, une veste et une cravate noires, une chemise blanche. En substance, Baldini a dit trois choses. 1-Le renouvellement du contrat de De Rossi est ma priorité. 2-Daniele De Rossi a envie de rester. 3-Nous trouverons un accord d’ici deux semaines, et je suis très optimiste. Les héros s’embrassent, coupez, générique ? Pas encore. Plus de dix jours ont passé. Dix jours pendant lesquels Man City est revenu à la charge, et la recrudescence des déclarations d’optimisme n’y a rien fait. L’échéance fixée par Baldini arrive bientôt à son terme, rien n’a encore été officialisé, et l’horloge continue de tourner. Tic, tac, tic, tac, tic, tac.

Par Lucas Duvernet-Coppola, à Rome.
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