De quoi l'élite de la Premier League est-elle faite ?

Alors que les clubs anglais ont mal commencé leur saison européenne, Paul Scholes a déclenché l'alarme mercredi soir sur BT Sport. D'après l'ex-milieu aux longs ballons visionnaires, Sergio Agüero serait le seul joueur de Premier League à avoir le niveau pour jouer au Barça, au Real ou au Bayern. Et personne d'autre ? Mais alors, de quoi l'élite de la Premier League est-elle faite ?

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Ce mardi, Wenger et son Arsenal se sont laissés abattre par l'Olympiakos devant leur public, à l'Emirates Stadium. Le Chelsea de Mourinho est revenu de Porto avec une défaite. Quelques jours plus tôt, Manchester City avait reçu une leçon de réalisme face à une Juventus en proie aux doutes et Manchester United avait encaissé un coup d'épaule tactique de la part du PSV de Moreno. C'est dans ce contexte que Paul Scholes, assis confortablement aux côtés d'un Rio Ferdinand élégant, a balancé une phrase choc avec l'assurance de lancer l'une de ses transversales balistiques. « Si on regarde la qualité des joueurs qui viennent en Angleterre, je ne pense pas que nous avons les meilleurs joueurs d'Europe, ou du monde. Les meilleurs joueurs sont au Real, au Barça ou au Bayern. Un cran en dessous, il y a le PSG et la Juventus, puis encore en dessous, il y a la qualité des clubs anglais. Quand on réfléchit à la qualité de joueurs qu'on a, est-ce qu'un seul de ces joueurs qui jouent dans nos meilleurs clubs aurait sa place à Barcelone, au Real ou au Bayern ? J'en doute fortement. Sauf peut-être Sergio Agüero, c'est l'exception. » Intéressons-nous donc à l'élite du championnat le plus riche au monde. Une élite découpée en quatre castes.

  • Les exilés des cadors européens


    Alexis Sánchez. Yaya Touré. Mesut Özil. Cesc Fàbregas. Pedro. Bastian Schweinsteiger. En plus d'être la crème de la crème des top players qui devraient faire la pluie et le beau temps cette saison en Angleterre, ces six joueurs ont un point commun crucial : ce sont tous des exilés du Barça, du Real ou du Bayern. Explosif à Udine, Alexis n'a jamais su se faire une place au soleil à Barcelone. Souvent brillant, mais jamais assez dominant, le Chilien a fini par préférer un rôle de leader en Premier League à celui d'arme offensive de plus en Catalogne. Yaya, lui, a été le premier à quitter le navire conquérant barcelonais. En 2010, alors que le Barça vient d'échouer aux portes d'un second triplé consécutif, l'Ivoirien est envoyé à Manchester pour laisser éclore Sergio Busquets, en échange de trois dizaines de millions d'euros.

    Le cas Pedro est le plus récent. Pour certains, l'Espagnol s'est avoué vaincu par la concurrence et a fini par abandonner l'idée d'une carrière entière jouée au Barça. Pour d'autres, Pedro s'est enfin libéré et a décidé d'aller briller loin du toit de sa famille. Toujours est-il que si le joueur des Canaries est parti, c'est parce qu'il ne pouvait concurrencer Messi, Suárez et Neymar. Cesc Fàbregas et Mesut Özil sont des cas particuliers : le premier est devenu celui qu'il est en Angleterre et avait un temps de jeu conséquent au Barça (sans avoir jamais été le centre du jeu), tandis que le second n'a pas souhaité son départ et a plutôt « fait de la place » à Madrid, tel un joueur dispensable. Madrid l'a regretté au départ, mais n'y pense plus aujourd'hui. Schweinsteiger, enfin, n'a jamais réussi à tirer son épingle du jeu sous le commandement de Guardiola. Un temps leader charismatique et technique du Bayern, l'ex-ailier était devenu une option de rechange au milieu, moins précis que Kroos, moins patient qu'Alonso.

  • Les exilés de la Liga


    David Silva. Diego Costa. Santi Cazorla. David de Gea. Thibaut Courtois. Ander Herrera. Nicolas Otamendi. Juan Mata. Jésus Navas. Cette catégorie a plus de chances de faire taire Paul Scholes, mais uniquement parce que ces joueurs n'ont jamais été confrontés au niveau de concurrence des trois cadors (à part en équipe nationale). Que ce soit à l'Atlético, à Valence, Villarreal, Séville, Bilbao ou Málaga, ils ont le point commun d'avoir tous fait souffrir le Barça et le Real au point d'en devenir des cibles officielles lors du mercato. Silva avait été annoncé au Real Madrid avant de devenir le futur partenaire d'Iniesta au Barça. Diego Costa était la menace numéro un des deux grands d'Espagne. De Gea n'est pas passé loin du Real, tandis que Courtois était un rêve murmuré près de la Castellana. Enfin, Otamendi a démontré la saison dernière qu'il avait le timing et la force pour contrer les attaques titanesques des deux gros cadors. Ainsi, si aucun de ces joueurs n'a fini par rejoindre l'un des trois derniers vainqueurs de la Ligue des champions, ce n'est certainement pas par manque de niveau. Mais aujourd'hui, à l'image de Silva et Cazorla, ils n'ont pas non plus réussi à hisser leurs clubs respectifs au plus haut niveau européen. Après tout, s'ils sont arrivés en Angleterre, c'est aussi parce qu'à un moment ou à un autre, le Real et le Barça ont bien voulu les laisser quitter l'Espagne.

  • Les « stars » que la Premier League a fabriquées ou essaye de faire éclore


    Eden Hazard. Vincent Kompany. Nemanja Matić. Memphis Depay. Marouane Fellaini. Daley Blind. Christian Benteke. Willian. Oscar. Coutinho. Eux, ce sont les bijoux du championnat anglais. La Premier League est allée les chercher en Belgique, aux Pays-Bas, en Allemagne, au Portugal, en Ukraine, voire en France et en Italie, pour en faire des étoiles planétaires. Si certains deviennent des Marcos Rojo, les autres font l'unanimité en Premier League. Seulement, ils doivent encore convaincre sur la scène européenne, là où leurs prédécesseurs Vidić, Ivanović, Riise ou Cristiano ont su régner. Évidemment, l'étude de la véracité de la déclaration de Scholes doit se faire au cas par cas : par exemple, la volonté de Kompany de triompher en tant que Citizen ne peut remettre en question son niveau de jeu.

  • Et enfin, les Anglais


    Wayne Rooney. Raheem Sterling. Joe Hart. Jordan Henderson. Ashley Young. James Milner. Alex Oxlade-Chamberlain. Gary Cahill. James Milner. Jack Wilshere. Daniel Sturridge. Difficile d'imaginer un seul de ces noms au Barça, au Real ou au Bayern. De toute façon, ils ne partiront probablement même pas à l'étranger. À l'image du fidèle Rooney, qui avait pourtant tout le talent du monde dans ses pieds.

    Par Markus Kaufmann À visiter :

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  • Dans cet article

    Finalement les anglais commencent à comprendre et il est temps. Gros passage à vide de la PL, mais je pense qu'ils sauront réagir. Les 3-4 équipes qui domineront la PL dans les 5-10 prochaines années se décident maintenant selon moi. C'est pour ça que cette année est importante.

    En tout cas il va falloir s'améliorer sur deux choses vitales je pense. Le recrutement et la tactique. Il faut recruter plus intelligemment c'est vital pour pas passer pour les pigeons de service.
    Et puis au niveau tactique, la PL est quand même très loin du compte. D'ailleurs le seul manager britannique dans le top6 c'est Brendan Rodgers. Voilà, autant dire qu'il n'y en aura bientot plus.

    La formation, en fait n'est pas trop le problème. Le talent est là, il faut seulement leur laisser leur chance et leur inculquer une meilleure intelligence tactique.
    pierre ménès 2.0 Niveau : Ligue 1
    Note : 8
    Assez gonflé de dire que Hazard a été fabriqué en Angleterre hein!
    2 fois meilleur joueur de L1 + un doublé championnat-coupe, je sais pas ce qu'il vous faut de plus!

    Je dirais un peu pareil pour Memphis
    Bon article. Qui dégonfle un peu la baudruche anglaise.

    Même Aguero n'est pas vraiment regretté par les cadors espagnols qui le connaissent bien du temps où il évoluait à l'Atletico. Trop fragile.

    Le problème anglais, selon moi, est le football local qui, essentiellement pour des raisons de gros sous, est laissé en friche. L'Espagne triomphe parce qu'elle soigne le local et le bling-bling. L'un sans l'autre, ça ne fonctionne pas.
    A quelques rares exceptions près (Courtois, De Gea surtout Matic et Hazard peut-être), je suis malheureusement d'accord avec Scholes.

    Après, il faut aussi voir que, quel que soit le montant des droits TV anglais et donc les salaires qu'ils proposent, certaines typologies de joueurs (les latins principalement) préféreront quasi-systématiquement les 2 gros espagnols pour des raisons de qualité de vie (principalement tout ce qui découle du climat) mais aussi de l'aura "intouchable" des clubs en question.

    Il était par exemple totalement évident qu'un Ronaldo, s'il parvenait à percer à MU, aller chercher à rejoindre l'Espagne, la grisaille anglaise, ça va 5 minutes pour un latin ...

    Si, il y a certaines années, d'autres clubs avaient un pouvoir d'attirance (quasi ?) aussi fort (les italiens dans les 90, les anglais au début des années 2000), le Real et le Barça aujourd'hui auront TOUJOURS les faveurs des tout meilleurs joueurs.

    Finalement, des clubs comme la Juve, le Milan, MU, Chelsea et même le Bayern (un peu moins depuis 2-3 ans, mais tout de même), quel que soit leur palmarès ou leur histoire, sont des seconds choix pour les futurs Messi, Ronaldo et Neymar.

    Le soleil est et restera un facteur de décision majeur pour un très grand nombre de joueurs (en plus de la compétitivité du club bien sûr !), et, il faut être honnête, entre jouer dans un grand club en se pelant les burnes et jouer pour un grand club avec les doigts de pieds dans le sable, y'a pas photo très longtemps ...
    Verrattinho Niveau : DHR
    Un peu bizarre cette typologie mais bon, j'ai tendance à penser que le gros pb est dans la catégorie des "stars" de PL. Ce sont sans doute les + surcôtés de tous - en mode Eden "Ballon d'Or" Hazard. De bons joueurs qui se prennent pour les meilleurs dans le ' meilleur championnat du monde'. Konoplyanka a son avis sur la question, et je suis assez d'accord avec lui.
    Cocodingo Niveau : DHR
    Scholes dit vrai et le constat pour les clubs anglais est assez dramatique à la vue du pognon balancé par les fenêtres. Le principal défaut de ces clubs est selon moi l'incohérence de la quasi totalité des équipes du championnat à réaliser un mercato cohérent et à se tourner systématiquement vers des joueurs étrangers.

    Sauf à disposer de talents gigantesques (Real, Barça, Bayern encore eux) en grand nombre l'accumulation de joueurs venant des quatre coins du monde ne fonctionne pas.

    Une équipe comme Aston Villa ou Newcastle a balancé un truc monstre mais je ne suis pas persuadé qu'ils puissent battre des équipes étrangères qui ont dépensé 3 fois moins mais en prenant les jours adéquats. C'est assez effrayant de voir que chez certaines équipes de PL on voit qu'il y a presque une nationalité par poste.

    Le RU a un vivier fantastique mais ne l'utilise pas assez, comment expliqué qu'un type comme Austin croupisse en D2 et que Villa claque 17 plaques pour Ayew ?

    Ce qui faisait la force des ces équipes avant c'était quand même la présence de britanniques (Scholes, Giggs, Beckham, Lampard, Terry, Cole, McManaman, Keane etc.). Aujourd'hui ces clubs pensent que les talents sont ailleurs et préfèrent piller systématiquement les équipes étrangères par flemme de former ou par exigence de résister à la concurrence. Cette même concurrence qui devient rude sur le plan national (et encore quand on voit jouer Sunderland... tristesse infinie) mais qui arrivé sur le plan européen fait pschit comme dirait Jacques.

    Le renouveau de leur championnat (y'a bien que eux pour penser qu'ils ont le meilleur championnat)et l'équipe national ne passe que par la mise ne scène de nouveaux joueurs britanniques.
    mackallaway Niveau : CFA2
    Il a complètement raison Scholes. Le fait d'avoir des revenus aussi élévés fait faire n'importe quoi aux clubs anglais qui recrutent n'importe qui à n'importe quel prix. Y'a qu'à prendre l'exemple de City qui doit avoir quadruplé ses postes en surpayant des mecs (Fernandinho et co). Arsenal se rend compte que sa défense gruyère se fait matraquer en LDC.

    Mais de toute manière, c'est aussi le problème de la hausse des droits télés, les anglais s'en branlent de la LDC. Ils gagnent bien plus en remportant le championnat qu'en gagant la compétition européenne. Donc ils délaissent cette compétition d'années en années
    Note : 5
    Les propos de Scholes, même s'ils contiennent une part de vérité (la BPL surpaient beaucoup de joueurs moyens) mettent également en lumière un autre problème criant en Angleterre.

    Les anglais ne voient une équipe que comme une somme d'individualités, sans aucune considération pour l'entente tactique, le plan de jeu et la solidarité des joueurs.

    Du coup, quand un gros club perd, on crie "haro" sur les individualités qui ont failli au lieu de regarder également par le prisme tactique et l'état d'esprit de l'équipe.
    "On a perdu / Fel****i est nul / Il faut acheter le nouveau joueur tendance pour XX patates au mercato prochain."
    @ VRGL:

    Pas trop d'accord avec toi. Ce principe de la "recherche du coupable" (rappelons le, "les faibles cherchent des coupables, les forts cherchent des raisons") existe partout.

    Regarde notamment en Espagne, dès que ça touche aux sacro saint Real ou Barça, il n'y a AUE ça, de la recherche de coupable. La presse espagnole, extrêmement polemiste et buzzophile, est LARGEMENT au niveau des tabloids anglais sur cette absence totale de réflexion.
    Retenez un nom : Dele Alli !
    Le problème vient d'abord du fait que pour certains clubs européens (Real, Barça, Bayern, et même la Juventus et le PSG), une bonne saison passe uniquement par la LdC (4 sur les 5 seront probablement champions en juin). Alors qu'en Angleterre, le titre suffit pour réussir sa saison (Chelsea l'année dernière par exemple). Ces clubs s'investissent donc plus dans la compétition européenne que les clubs anglais.

    Aussi, la Premier League est clairement en recherche d'une nouvelle identité depuis le départ de Ferguson et du grand Man Utd (Scholes, Giggs, Ferdinand) et des joueurs emblématiques qu'étaient Lampard et Gerrard. Voir Chelsea, Liverpool, et Man Utd sans un vrai leader anglais (hormis Rooney), ça n'est plus la même chose. Il lui manque des nouveaux héros et essaye de les inventer de toute pièce (Kane...) mais ça ne se passe malheureusement pas si facilement, donc il essaye d'aller chercher des potentiels à l'étranger...
    rp.bourque Niveau : DHR
    Pour Hazard on ne sait pas trop, à mon avis il pourrait se retrouver plus tard partir dans un autre championnat justement, il n'est pas encore grillé par le championnat anglais décérébré. Matic et Kompany ont eu le niveau à mon avis, j'aimerais bien qu'ils le retrouvent (mais le championnat anglais n'est pas le bon pour progresser ou se remettre à niveau visiblement). Enfin Yaya Touré est parti du Barça pour laisser Busquets mais il avait le niveau pour être compétitif (il lui manquait peut-être l'appartenance identitaire) tout comme pour aller au Bayern ou au Real. A la rigueur on pourrait dire qu'il a fait une erreur de carrière en choisissant l'argent de City.
    Enfin il y a Courtois et De Gea quand-même... qui ne sont pas des "exilés" non plus de la ligua, c'est juste qu'ils n'y sont pas alors que, c'est toute l'histoire, ils ont le niveau pour y être. Non, clairement, ils n'ont pas été "laissés" par le Real et le Barça, là c'est un artifice pour essayer de servir la thèse de l'article, qui est pourtant tout à fait juste et n'en a pas besoin.

    On peut tout de même faire encore une petite nuance : Bale vient de premier-league, c'est à dire que quand il y était il avait le niveau pour venir au Real. L'année prochaine il y aura peut-être encore un transfert dans le même sens. Alors c'est une petite nuance parce que bon... Bale n'a justement pas réussi à justifier les millions, et peut-être même pas tout à fait sa place de titulaire. Peut-être que plus personne ne se fera avoir.
    Merci Markus pour cet article. Intéressant comme de coutume.
    N'ayant jamais été fan du foot anglais, la pente dangereuse dans laquelle il glisse ne m'a fait rire qu'un instant : c'est illusoire de penser qu'avec l'argent qu'ils ont et l'impact médiatique de la PL, la faiblesse de leur football n'aurait pas de conséquence sur le football mondial. Il n'y a qu'à voir le niveau en équipe nationale des joueurs estampillés PL (Di Maria, avec certes des circonstances atténuantes mais surtout Alexis Sanchez en Copa America, alors qu'il était somptueux à la coupe du monde au Brésil) pour se rendre à quel point ce championnat peut avoir des conséquences négatives sur de très bons joueurs. Le cas de Sanchez est très intéressant le joueur était en permanence dans l'excès d'engagement au point d'avoir fait une compétition brouillonne, à la différence de l'autre star de la Roja Vidal.

    Scholes a biensûr raison de dire que personne ne serait titulaire dans les 3 grands clubs. Markus à tort de parler de gardiens je pense, Scholes parle de joueurs de champs à mon avis. Aguero ne m'a pas suffisamment convaincu au très haut niveau. Je pense que seul Yaya Touré serait un titulaire indiscutable chez les 3 grands, d'autant que ces lacunes défensives seraient compensées par des coéquipiers tactiquement supérieurs à ceux de City.

    Cette prise de conscience est une bonne nouvelle pour le football. Avant même de parler de formation (les britons titulaires ne sont pas très nombreux dans le top 5 de la PL) il faudrait faire jouer les équipes différemment avec des coachs de haut niveau, tels que Simeone, Ancelotti, Klopp, Sampoali, Guardiola, Lopétégui, concomitamment sur les bancs des grosses équipes. Avec ceux-là je pense que les britons pourront sérieusement taquiner le Barca, Real(qui resteront de tout manière individuellement plus attractifs pour les tous mes joueurs du monde pour encore de longues années)ou encore le Bayern.
    Gérard Lambert Niveau : Loisir
    J'y pense, si la PL continu d'avoir ce genre de résultats plutôt nazes en Europe, quand il faudra renégocier les droits TV dans 4-5 ans, ils risquent de prendre une bonne claque, et pour pas mal de clubs hors MU Arsenal toussa toussa de se rétamer sévèrement la tronche à grand coup de masse salariale beaucoup trop élevée.
    Et ça donnerait soit un championnat à deux vitesses donc plutôt positif pour les gros et donc de nouveau de bonnes perfs en Europe et de nouveau un max de tunes et de nouveau des sales résultats en Europe ainsi de suite soit un championnat entier qui se casse la gueule, un championnat majeur qui plus est, et donc peut être un nouveau football, moins cynique, moins commercial, moins financier ..?
    C'est beau de rêver parfois.
    Message posté par rp.bourque


    Enfin Yaya Touré est parti du Barça pour laisser Busquets mais il avait le niveau pour être compétitif (il lui manquait peut-être l'appartenance identitaire) tout comme pour aller au Bayern ou au Real. A la rigueur on pourrait dire qu'il a fait une erreur de carrière en choisissant l'argent de City.


    Effectivement Yaya Touré a quitté le Barca, non pas qu'il n'avait pas le niveau mais parce que Guardiola voulait laisser éclore le petit Busquets et transformer Yaya Touré en défense central (un Mascherano avant l'heure cf finale de C1 de 2009). Yaya Touré a refusé et il a eu raison, vu ses qualités offensives. Pour ma part ca reste la plus grande faute de Guardiola en tant que coach du FCB, Eto'o j'ai compris, Yaya Touré non. Il aurait dû composer un milieu en losange Busquets, Yaya Touré, Xavi, Iniesta et Messi en pointe et ne pas recruter Zlatan.


    Enfin il y a Courtois et De Gea quand-même... qui ne sont pas des "exilés" non plus de la ligua, c'est juste qu'ils n'y sont pas alors que, c'est toute l'histoire, ils ont le niveau pour y être. Non, clairement, ils n'ont pas été "laissés" par le Real et le Barça, là c'est un artifice pour essayer de servir la thèse de l'article, qui est pourtant tout à fait juste et n'en a pas besoin.

    Courtois Cech et de Gea seraient titulaires actuellement au Real et au Barca, Markus une fois n'est pas coutume fait HS, à mon avis Scholes parle de joueurs de champs.
    MarkusKaufmann Niveau : Loisir
    Salut tout le monde,

    Merci pour tous vos commentaires !

    Je pense que Aerton a raison, Paul Scholes semble vraiment faire référence au jeu et exclut de son raisonnement les gardiens de but (même si aujourd'hui ça pourrait se discuter, du fait de l'influence croissante de leur jeu au pied).

    En tout cas, si Courtois et De Gea sont bien présents dans l'article, c'est parce que celui-ci n'a pas la prétention de répondre au grand Scholes, mais se résume plutôt à une tentative de segmentation des meilleurs joueurs de Premier League. Et ils en font bien partie.

    Si on avait tenté de répondre à Scholes, l'argumentation aurait été limitée à des débats de fiction-tactique du type "Kompany est-il meilleur que Piqué ?" ou "le Bayern serait-il meilleur avec ou sans Eden Hazard ?", et ça n'a pas vraiment de sens (même si c'est très marrant).

    Bon weekend !

    Markus
    steven.mugiwara Niveau : DHR
    Message posté par AnBrog
    Le problème vient d'abord du fait que pour certains clubs européens (Real, Barça, Bayern, et même la Juventus et le PSG), une bonne saison passe uniquement par la LdC (4 sur les 5 seront probablement champions en juin). Alors qu'en Angleterre, le titre suffit pour réussir sa saison (Chelsea l'année dernière par exemple). Ces clubs s'investissent donc plus dans la compétition européenne que les clubs anglais.

    Aussi, la Premier League est clairement en recherche d'une nouvelle identité depuis le départ de Ferguson et du grand Man Utd (Scholes, Giggs, Ferdinand) et des joueurs emblématiques qu'étaient Lampard et Gerrard. Voir Chelsea, Liverpool, et Man Utd sans un vrai leader anglais (hormis Rooney), ça n'est plus la même chose. Il lui manque des nouveaux héros et essaye de les inventer de toute pièce (Kane...) mais ça ne se passe malheureusement pas si facilement, donc il essaye d'aller chercher des potentiels à l'étranger...


    Je rejoins totalement ton argument sur l'importance qu'accordent les anglais pour leur championnat. Pour avoir un peu été à l'écoute de certains journalistes et commentateurs, un commentateur portugais, un commentateur allemand et un commentateur suisse disaient qu'en étant à Old Trafford ou à l'Emirates le jour du match contre Wolfsburg et de l'Olympiakos, ils avaient demandé leur avis à une multitude de supporters anglais, lesquels préféraient un retour au titre anglais qu'une victoire finale en Champions.

    J'ai lu le travail d'un journaliste sportif suisse, spécialiste de l'Angleterre, qui affirmait que c'était le même argument pour Arsenal et Liverpool de nos jours, bien que dans le cas de Liverpool le dernier titre date un peu plus. Il n'y a que City qui semble vraiment obsédé - quoique Mourinho doit aussi avoir cette envie là ... - par l'idée d'aller chercher le titre européen en plus du domestique. Ca validerait la stratégie d' Al-Mubarak: après plusieurs années d'investissement pour apporter ce petit plus, on brille sur la scène européenne. Paris a exactement le même raisonnement, à la différence que les proprios de City investissent à fond sur l'académie citizen, sur la formation et le développement de l'EDS.Ce caractère un peu ''isolationniste'' se retrouve dans cette envie de briller davantage en Championnat qu'en Champions.

    C'est aussi culturel, mais surtout financier, la manne financière générée par la Champions étant si importante pour tous les clubs européens, exceptés les clubs anglais. Avec les droits TV qui explosent, il n'est plus si important d'avoir un excellent parcours en Champions. On dirait qu'on assiste à un tournant: les diffuseurs augmentent de manière drastique les recettes pour pousser les clubs anglais à privilégier le championnat au détriment des coupes d'Europe. Si ce n'est pas volontaire, ca y ressemble très fortement. Et puis, à ce rythme, perdre sa place à l'indice UEFA ne serait pas si grave, le Championnat est toujours la priorité. Sans parler de la question salariale que le 20ème de PL peut offrir. À titre de comparaison, aucun championnat ne peut suivre la cadence en termes d'inflation salariale. Et si par le passé la valeur ''historique'' - concept totalement ridicule - ou le prestige avait un quelconque intérêt, aujourd'hui l'argent prime dans tous les choix. Il vaut mieux être titulaire d'un bon club et gagner bien sa vie ou être dans un club de seconde zone et démultiplier ses gains ? Rien qu'à voir Shaqiri à Stoke City ...

    Alors oui, le championnat anglais est surcôté, mais le titre est tellement plus prestigieux qu'un titre allemand ou espagnol d'un point de vue difficulté. En termes footballistiques, être devant le Barca, le Real, le Bayern après 38 journées est quasiment impossible pour n'importe quel outsider. Il n'y a qu'à voir la tête d'un Messi, Ronaldo, ou autre et la différence qu'ils manifestent lors d'une victoire en championnat domestique ou en Champions. C'est comme une coupe de la Ligue pour le PSG en somme. Mais être devant 4-5 clubs susceptibles de le gagner, sans compter les outsiders anglais, c'est autre chose. On parle d'une dizaine de matchs en tout cas très chauds sur le papier. Pour preuve, je crois que dans l'histoire récente de la PL, aucun club anglais champion n'a réussi à battre tous ses concurrents sans perdre le moindre match, même pas le City de 2014. C'est peut être en cet aspect que la PL est redoutable par rapports aux concurrents. D'ailleurs autrefois on surnommait la PL ''la saga'', pas d'un point de vue publicitaire mais bel et bien réel. C'est un parcours du combattant, et c'est pas un hasard que l'Angleterre est le pays du pari par excellence. Tout est tellement possible , rien n'est à exclure et prédire un quelconque scénario qui s'avère juste par la suite relève de la chance du siècle.

    Gagner le titre au pays du foot, avec la plus grande exposition mondiale - peut-être juste en dessous de la diffusion du Classico - est une chose absolument incroyable. Le soutien des fans est aussi un argument clairement très important. Au choix, un joueur préférera la situation où il est adulé dans les bons ET mauvais moments ou uniquement lorsque les performances suivent ?
    La situation de Brendan Rodgers à Liverpool, de Chelsea ou de Newcastle en Angleterre ou d'Arsenal en CL, on met cette situation dans un club d'Europe latine, mais c'est une guerre civile dans les jours qui suivent !

    Il n'y a que l'Allemagne qui puisse offrir ce type de particularité, et à terme je pense que l'Allemagne contrôlera l'Europe ... footballistiquement. La qualité footballistique, l'ambiance, les supporters, le fait de jouer tous les coups à fond tant en EL qu'en CL, les prestations des diverses catégories d'équipes nationales, c'est quelque chose qui s'affirme chaque jour un peu plus.

    De ce point de vue là, Scholes a raison, les clubs anglais sont médiocres en Europe car le foot-business aura raison de tout le système d'ici peu à l'échelle européenne. En revanche, au niveau domestique, l'Angleterre sera toujours un cran au-dessus du reste, excepté l'Allemagne.
    Il y a une élite en premier league ?

    ça, c'est fait. Maintenant je vais lire l'article.
    Message posté par Polo11
    A quelques rares exceptions près (Courtois, De Gea surtout Matic et Hazard peut-être), je suis malheureusement d'accord avec Scholes.

    Après, il faut aussi voir que, quel que soit le montant des droits TV anglais et donc les salaires qu'ils proposent, certaines typologies de joueurs (les latins principalement) préféreront quasi-systématiquement les 2 gros espagnols pour des raisons de qualité de vie (principalement tout ce qui découle du climat) mais aussi de l'aura "intouchable" des clubs en question.

    Il était par exemple totalement évident qu'un Ronaldo, s'il parvenait à percer à MU, aller chercher à rejoindre l'Espagne, la grisaille anglaise, ça va 5 minutes pour un latin ...

    Si, il y a certaines années, d'autres clubs avaient un pouvoir d'attirance (quasi ?) aussi fort (les italiens dans les 90, les anglais au début des années 2000), le Real et le Barça aujourd'hui auront TOUJOURS les faveurs des tout meilleurs joueurs.

    Finalement, des clubs comme la Juve, le Milan, MU, Chelsea et même le Bayern (un peu moins depuis 2-3 ans, mais tout de même), quel que soit leur palmarès ou leur histoire, sont des seconds choix pour les futurs Messi, Ronaldo et Neymar.

    Le soleil est et restera un facteur de décision majeur pour un très grand nombre de joueurs (en plus de la compétitivité du club bien sûr !), et, il faut être honnête, entre jouer dans un grand club en se pelant les burnes et jouer pour un grand club avec les doigts de pieds dans le sable, y'a pas photo très longtemps ...


    Tellement réducteur
    Message posté par steven.mugiwara


    Alors oui, le championnat anglais est surcôté, mais le titre est tellement plus prestigieux qu'un titre allemand ou espagnol d'un point de vue difficulté. .


    Tu trouves que c'est prestigieux de voir Chelsea version 2015 être champion ?
    Chelsea avec son niveau de jeu n'aurait été champion ni en Espagne, ni Allemagne, ni en Italie ni en France donc en suivant ton raisonnement qui est du reste valable, je dirais que la difficulté du championnat anglais témoigne d'un nivellement par le bas de la PL.
    A l'exception de City ( nouveau riche) toutes les grandes équipes ( ce que City n'était pas) de PL étaient plus fortes il y a 10 ans.


    En termes footballistiques, être devant le Barca, le Real, le Bayern après 38 journées est quasiment impossible pour n'importe quel outsider


    Cela témoigne de la performance de l'Atletico en 2014.
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