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De l'intérêt des primes

Un million d'euros. C'est le montant fou promis à chaque joueur parisien en cas de succès final en Ligue des champions. Zlatan, lui, pourrait gagner près de 3 millions d'euros de primes à lui tout seul cette saison. Oui, mais à quoi bon ?

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Il y a d'abord la prime à la signature. Puis la prime d'apparition. Si tout se passe bien, viennent ensuite la très respectée prime de victoire, la prime d'objectif ou la prime de titre. Entre-temps, beaucoup de petits avantages en nature ; le PSG a ainsi payé pendant cinq mois la suite de l'hôtel Bristol à David Beckham, pour 17 000 euros la nuit, alors que l'AC Milan trouve une maison à chacune de ses recrues. Une saison passe, puis deux, puis trois, s'enclenche alors la très attendue prime de fidélité, qu'on touche généralement juste avant la prime sur le montant du futur transfert. À vrai dire, on ne sait plus trop bien où donner de la tête avec tous ces bonus, comme le prouvent les récentes révélations du Parisien au sujet de Zlatan Ibrahimović, le buteur du PSG : « De sources concordantes, un bonus de 500 000€ est prévu en fin de saison en cas de qualification directe à la prochaine Ligue des champions. Une somme équivalente lui est promise si le PSG atteint la finale et encore plus si le PSG la remporte. Toutes ces primes sont cumulables. Au total, Zlatan Ibrahimović empochera donc, en guise de récompense individuelle, environ 1,5 million d'euros en cas de victoire dans la compétition. » Une récompense qui s'ajoutera en outre à sa prime finale de 1,5 million d'euros s'il termine meilleur buteur et meilleur passeur de Ligue 1. Ses coéquipiers parisiens ne sont pas en reste : selon L'Équipe, ils recevront environ 1 million d'euros s'ils triomphent en C1.

« C'est un facteur de motivation, pas un facteur de performance »

Dans un monde spéculatif, le foot n'échappe évidemment pas à l'argent comme source de motivation, au même titre que feu l'amour du maillot. « L'intérêt d'une prime tient bien sûr à l'aspect financier, c'est une petite motivation en plus, et une récompense du travail bien fait. Même si on est déjà payés pour faire ça, pour gagner les matchs, ça permet de payer le sel (sic) et de faire plaisir à sa famille » , estime le Niortais Éric Chelle, avant d'ajouter au sujet de l'actualité : « Il faut bien comprendre que le PSG n'est pas représentatif du football hexagonal. Ils ont des moyens financiers énormes en comparaison de la Ligue 2 où les primes ne sont pas très élevées. Maintenant, il faut aussi regarder combien le club va gagner si les joueurs remportent la Ligue des champions. Les revenus vont être dix à quinze fois supérieurs à ce qui est redistribué aux joueurs, donc selon moi, ils peuvent se le permettre. » « Cela n'a rien de choquant, la prime est en rapport avec l'argent généré par la compétition » , confirme l'ancien attaquant Nicolas Dieuze, passé par Toulouse et aujourd'hui reconverti défenseur à Luzenac. « Ça leur fait un treizième mois, c'est avant tout symbolique » , conclut le Sochalien Cédric Kanté.

Bien loin des sommets parisiens, une enquête de France Football, dévoilée en février 2010, nous apprenait que les joueurs de Ligue 1 touchent en moyenne entre 1500 et 3000 euros pour une victoire en championnat, selon différentes modalités. Garantie par l'UNFP et inscrite dans la charte, la prime minimale en cas de victoire est de 280 euros, la moitié en Ligue 2, en réalité trois à six fois plus, selon les budgets. La proportionnalité des primes ne porte ainsi pas vraiment à discussion. Leur rôle dans la volonté de victoire est en revanche sujet à caution. « À la base, tu es déjà motivé pour gagner le match, la prime n'entre même pas en ligne de compte  » , rappelle le défenseur malien, auquel fait partiellement écho son compatriote Cédric Kanté : « Quand on joue, on veut gagner sa place. La prime, c'est un facteur de motivation, mais ce n'est pas un facteur de performance. » Une vision des choses parfaitement expliquée par Nicolas Dieuze, toujours en piste à 35 ans : « On joue pour gagner de l'argent, mais ce n'est pas la source de motivation principale, le football est avant tout une passion. Disons que sur un match important, doubler la prime ça peut marcher, mais sur la durée ça ne tient pas. Ce n'est pas possible, sinon l'essence même du sport est galvaudée. »


« Un mode de fonctionnement cohérent »

Il n'en reste pas moins que la prime représente aujourd'hui un mode de rémunération très prisé, dans un contexte général de recul des budgets. «  Les salaires ont baissé depuis pas mal de temps en Ligue 2. On a l'impression que la moyenne est restée haute avec le PSG et Monaco, mais c'est faux » , témoigne Éric Chelle, qui a passé plus de six saisons en seconde division. Plus que jamais, les joueurs voient leurs rémunérations fixes s'effriter : les primes sont alors plébiscitées par tous pour compenser. «  Le système mis en place par Saint-Étienne, c'est à mon avis ce vers quoi il faut tendre, c'est-à-dire des salaires maximums raisonnables et une part variable importante liée aux résultats. C'est un mode de fonctionnement cohérent pour la santé financière des clubs de Ligue 1 et surtout cela me semble intéressant d'un point de vue éthique, tout en restant motivant » , expose calmement Cédric Kanté, avant de préciser : «  À Sochaux, on touche avant tout des primes collectives de victoire. En ce moment, faute de bons résultats, cela ne représente même pas 5% de nos revenus. » Nicolas Dieuze trouve, lui, une seconde vertu à ce mode opératoire : « Cela permet sans doute d'inciter les joueurs à plus d'implication. Par exemple, une fois, j'avais une prime qui tombait si je jouais 21 matchs dans la saison. Cela m'a poussé à être plus professionnel dans le fait d'aborder ma carrière et à faire attention à mon corps. »

Devenue un enjeu financier majeur, la négociation des primes, toujours fixées à l'avance, est un moment très important du début de saison. Éric Chelle s'en est longtemps chargé à Istres : « En tant qu'ancien du groupe, j'étais appelé à donner mon avis, j'étais dans les discussions, mais il faut savoir que tu ne négocies pas avec les dirigeants. Tu entres dans le bureau et on te dit c'est comme ça, c'est telle prime. La seule marge de manœuvre, c'est la répartition des primes selon des objectifs. Par exemple, si on monte en Ligue 1, ça sera X euros pour tout le groupe. » Un rapport de force que confirme volontiers Nicolas Dieuze, qui a lui aussi eu l'occasion de s'y essayer : « Le budget global reste incompressible. On peut discuter pour savoir si on donne plus pour une victoire à l'extérieur ou à domicile, et qui en profite, mais dans l'ensemble, c'est le capitaine qui écoute et le président qui propose. » Les primes individuelles, elles, sont établies lors de la signature du contrat, où pullulent clauses et autres options. Pour appâter le chaland, les clubs doivent ainsi se montrer persuasifs...

« L'image du footballeur qui s'en fout plein les poches… »

Preuve que le sujet reste sensible, le débat fait rage depuis longtemps chez les présidents de Ligue 1. « Personnellement, je ne trouve pas ça normal, juge le Bordelais Jean-Louis Triaud. Les joueurs ne font que leur boulot en gagnant des matchs. Pourquoi leur donner de l'argent en plus ? (…) Je ne sais pas s'il y a un lien, mais entre 2003 et 2005, j'ai décidé de supprimer les primes. Pendant ces deux saisons, on a fini 12es, puis 15es ! » De son côté, Louis Nicollin a défendu ce système dans France Football : « Imaginez qu'on termine dans les 10 premiers, alors qu'on avait prévu de finir 17es. C'est normal que les joueurs en profitent. Chez nous, une prime de victoire s'élève à 1 500 euros. Mais comme les salaires sont très raisonnables, finalement, ça fait un bon équilibre. » L'équilibre, c'est justement le maître mot de Noël Le Graët, qui gère les rémunérations des internationaux tricolores. Après la qualification contre l'Ukraine, le président de la FFF a déclaré sur RMC : « Les récompenses par l'argent ne me conviennent pas. Mais en équipe de France, il n'y a plus de primes depuis 18 mois ! L'argent n'est pas un critère de venue. C'est seulement pendant la Coupe du monde elle-même que les joueurs sélectionnés bénéficieront de primes de résultat, car nous avons un budget FIFA. Les joueurs auront 30% des recettes en fonction des tours passés. »

Toujours polémique, le débat commence en tout cas à fatiguer les principaux intéressés. Au premier rang desquels Éric Chelle : « Franchement, ces remarques, ça me fait rire, on critique les footballeurs, mais on oublie que le football est le sport numéro 1 au monde. La carrière des joueurs dure en moyenne une dizaine d'années. On est déjà taxés à 50%, voire à 75%, c'est facile de tirer sur nous, mais on pourrait tout aussi bien parler de la NBA ou de la Premier League qui reçoivent un milliard de droits TV. Avec l'argent généré aujourd'hui, le club de foot est devenu une grande entreprise. Pourtant, on ne trouve pas choquant qu'une multinationale comme Total, qui gagne beaucoup d'argent, redistribue des primes à ses salariés. » Nicolas Dieuze pointe, lui, le comportement des médias, jamais les derniers à électriser le débat : « Les chiffres révélés par L'Équipe ne sont pas très éloignés, mais je sais de source très sûre, via mon ami Nicolas Douchez, que ce n'est pas un million d'euros. Déjà, L'Équipe ne précise pas que c'est une prime cumulée qui concerne les quarts, les demies et la finale, c'est un titre provocateur fait pour faire parler les gens… Mais ça n'a choqué personne quand l'équipe de France a touché plusieurs millions de francs en 1998. Aujourd'hui, c'est devenu un sujet sensible, car l'image négative du footballeur qui s'en fout plein les poches s'est installée. » Et l'ancien Toulousain de conclure dans la foulée : « Au final, que les dirigeants mettent 200 000 ou 2 millions d'euros, ce n'est pas ça qui va faire gagner la finale au PSG. » . Au contraire de Javier Pastore et Christophe Jallet.

Par Christophe Gleizes
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