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De l'art de la touche longue

La passe, la frappe, le tacle, la conduite de balle, le contrôle, la tête, le dribble, le une-deux, la volée, le centre… Le football est rempli de gestes techniques, plus ou moins difficiles à effectuer, plus ou moins répandus et plus ou moins appréciés. La touche longue en fait partie. Si le foot est un art, alors pourquoi pas la remise en jeu ?

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Tout le monde ne peut pas avoir la grâce de van Basten, la gueule de Cantona, l’élégance de Zidane, la virtuosité de Messi ou Maradona, l’explosivité de Ronaldo, la classe de Beckenbauer, l’engagement de Sócrates, la transversale de Gerrard, la vitesse et la force d’Eusébio, le sens du but de Müller, la vision du jeu de Pirlo, l’aura de Cruijff, le charisme de Di Stefano ou le dribble de Garrincha. Non, la majorité des footballeurs professionnels doit se contenter de qualités mineures, voire d’une once de banalité. Alors pour ne pas se faire oublier aussitôt les crampons raccrochés, certains font preuve d’ingéniosité pour se distinguer. En devenant des spécialistes de la touche longue par exemple.

Rory Delap, père fondateur

Rory Delap. Joueur sans saveur de Stoke City, l’ancien international irlandais est l’un des pères de cet art qu’est la touche longue. En 2008, cet ancien lanceur de javelot enchaîne les touches décisives et devient une star sur youtube. Sunderland, Everton, Portsmouth, Arsenal, Chelsea, Liverpool… La Premier League subit les lancers de la fronde humaine. « Ils ont un joueur fantastique. Je crois qu’il est meilleur avec ses mains qu’avec ses pieds » déclare notamment Luiz Felipe Scolari, très doué pour lâcher un tacle derrière un compliment. « Je n’ai jamais vu une touche comme ça, c’est incroyable » avoue pour sa part Javier Mascherano après un match entre Stoke et Liverpool. Des remises en jeu de près de 40 mètres, tendues ou arrondies, jusqu’à 60km/h. Le secret ? « La serviette » dixit l’intéressé. Ok, il faut bien essuyer le ballon, mais à part ça ? Se renforcer la sangle abdominale pour éviter d’aller chez l’ostéo tous les dimanches, prendre quelques pas d’élan, se cambrer, terminer son geste avec les pieds joints et les fesses dans le public, et mettre toute sa gouache. Pour le reste, c’est la nature qui fait la différence. « Vous l’avez ou vous ne l’avez pas » explique sur Backinplay celui qui aimait balancer des balles de golf dans les fenêtres de la maison de son oncle en Irlande quand il était jeune.

Saltos et gamelles

Le père fondateur a des progénitures. Proche de la retraite, Delap passe progressivement le relai à Ryan Shotton, 24 ans, qui a réussi sa première touche décisive en décembre 2011 contre Tottenham. « Il jette la balle très loin, comme moi. C’est bien pour le manager, car les touches sont une partie du jeu. Cela étant, je ne veux pas lui donner de conseils tout de suite, sinon je vais me retrouver sur le banc ! » plaisante Delap dans le Mirrorfootball. Les exploits de Rory donnent des idées à pas mal de joueurs, avec plus ou moins de succès. En France, Marcos Ceara et César Azpilicueta étaient les plus doués, Yohan Demont le cancre de la classe. Pour gagner en puissance, d’autres, comme Abdulmutalib Al Traidi, ont carrément remis au goût du jour la flip-touche qui consiste en un salto avant en s’appuyant sur le ballon. De la triche diront certains. Peu précise, cette technique est en tout cas très appréciée par quelques footballeurs du dimanche, entraînant souvent gamelles et ballons en pleine tête.


Soûler l’adversaire pour l’affaiblir ?

Au final, la touche longue est-elle réellement efficace ? Franchement, non. Une fois l’effet de surprise passé, même les ogives de Delap se sont avérées infructueuses. Sur 980 lancers, les Potters n’ont par exemple marqué que deux fois la saison dernière. Souvent en cloche, la trajectoire donne en effet du temps à la défense et ne permet généralement pas aux attaquants de mettre suffisamment de force dans leurs coups de tête pour marquer. Un peu comme avec les centres frappés de la pointe du pied plutôt que de l’intérieur. Bref, pas vraiment une tactique révolutionnaire. Mais alors pourquoi diable certaines équipes, dont Stoke, s’obstinent-elles dans ces concours de lancers ? Tout simplement parce que ça fait flipper les adversaires. Ça les soûle aussi. « En tant qu’attaquant, quand vos adversaires obtiennent une touche, vous devez généralement revenir aider votre défense, explique Peter Crouch dans The Sun. C’est suffisamment chiant de devoir revenir et défendre sur les corners, mais quand c’est pareil sur toutes les touches... C’est pour ça que les équipes détestent jouer contre Stoke City. C’est l’une de nos principales armes. Je connais des équipes qui préféreraient concéder un coup-franc ou un corner plutôt qu’une touche contre nous ! » Si tu ne sais pas centrer, que ton équipe est remplie de pieds carrés, et si par chance tu possèdes un double mètre dans tes rangs, alors la touche longue est faite pour toi. Sinon, passe ton chemin. Et joue au foot bordel.


Par Quentin Moynet
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