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  2. // Spéciale Saint-Valentin

De l'amour d'une vie

On pense à des exploits, à un geste, à une course, à un but et des centaines de coups de génie. Des moments d'un instant, mais ce que l'amour aime par-dessus tout, c'est la durée. Et si finalement le football était une question de sentiments ? Une histoire de fidélité autour d'un club, d'un maillot et de son stade.

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« Tous mes héros laissaient à l'époque éclater leur talent sur mon écran : John Barnes, Kenny Dalglish et Ian Rush. (…) J'ai passé les portes de Liverpool avec mon équipement en 1987, comme un enfant de huit ans juste heureux d'être là sans imaginer toutes les choses qui allaient arriver ensuite. » L'histoire collera sur son destin une Ligue des champions en 2005, une Coupe de l'UEFA en 2001, deux Supercoupes, deux FA Cup, trois League Cup et deux Community Shield. Avec le même maillot, toujours. Un tissu rouge vif porté pendant près de trente années et lâché le 24 mai dernier. Steven Gerrard incarne aujourd'hui une caste, il en est la représentation et l'icône. « Chaque jour, j'aimerais pouvoir jouer pour Liverpool pendant 100 ans. Je voudrais pouvoir me réveiller chaque jour en ayant 25 ans, en étant capitaine de Liverpool et en laissant chaque part de moi-même sur le terrain pour mon club d'enfance » , expliquait l'ancien capitaine des Reds dans un entretien donné il y a quelques jours à Goal. Comme un lien unique, invisible et éternel, entre un joueur de football et une institution. L'amour d'une vie.

Alonzo: « Le poteau est un peu froid mais ça me manque »

Je l'aime à mourir


Des visages nous reviennent alors en pleine gueule. Celui de Paolo Maldini, de ses yeux bleus et ses vingt-six trophées soulevés avec le Milan AC. De Francesco Totti, ses plus de 700 matchs avec la Roma, son pouce dans la bouche et ses envolées. Ceux d'Iker Casillas, de Javier Zanetti, de Ryan Giggs, de Buffon, de Paul Scholes, de Xavi. Des sourires d'Adams, Baresi, Ettori, Jack Charlton, Carragher, Le Tissier ou Claude Papi. La tendance se perd, mais les sentiments restent. « Je suis tombé dedans tout petit. Aujourd'hui, j'ai vingt-neuf ans et j'ai passé quinze ans de ma vie au Stade rennais, c'est plus de la moitié, pose Romain Danzé, plus de 300 matchs avec le club breton. Je me suis inspiré de ces grands joueurs fidèles mais, avant tout, je n'ai jamais ressenti le besoin d'un changement. J'allais au stade quand j'étais gosse, j'y joue et je viens de prolonger de quatre ans, donc je ne suis pas près de partir. » Au point de parler d'une « relation d'amour, avec des hauts et des bas comme dans les couples » . En Ligue 1, Danzé fait aujourd'hui figure d'exception, même si notre douce France a ses fidèles.

« C'est quelque chose de fort. On avance ensemble, on partage tout ensemble et on vit même, souvent, des moments compliqués tous les deux » , détaille Youssouf Hadji, formé à Nancy, joueur jusqu'en 2003 avant d'y revenir une première fois (2007-11) et d'y reposer ses valises à l'été 2014. Comme si ce n'était pas toujours mieux ailleurs. Hadji : « C'est compliqué à décrire. Regarde, avec le coach, on a joué ensemble, il est devenu mon entraîneur. On a appris ensemble, ici. Nancy a vraiment quelque chose de particulier. » Une vision partagée par son partenaire Pape Diakhaté, revenu à Nancy il y a quelques mois, huit ans après son départ pour Kiev. « Même après avoir quitté le club, je pouvais revenir travailler physiquement à Nancy. Le président Rousselot est comme un deuxième papa, et l'ASNL est ma famille, c'est l'histoire de ma vie, prolonge le défenseur central sénégalais. Aujourd'hui, c'est simple, je ne me vois pas vivre ailleurs. » Coup de foudre en Lorraine donc, d'autant que Michaël Chrétien, lui aussi formé au club, est également revenu l'été dernier du côté de Picot.

Pionnier, Thil et la fin d'une mode


D'autres ont décidé de rester par amour des valeurs. C'est le cas de Louis Poggi à Ajaccio, de Vincent Manceau à Angers. Des produits d'une région, de l'histoire d'un club. Sochaux a longtemps enlacé ces relations sous la coupe de Jean-Claude Plessis. « C'était le président parfait, il arrivait à donner l'ambiance, à faire de Bonal un endroit où passer un bon moment, explique Michaël Isabey et ses douze ans chez les Lionceaux. Sochaux, c'est le club de ma région et de mon cœur. J'aurais aimé transmettre ce message un peu plus longtemps, mais la direction a changé. Avant, le foot était le rendez-vous du week-end pour les employés Peugeot. » Du côté de Sochaux, on parle d'un changement d'époque, d'une perte « des valeurs historiques du ballon » . Une époque où la fidélité des hommes s'est perdue. Il nous reste encore Laurent Pionnier et Grégory Thil. Et les souvenirs.



Par Maxime Brigand

Dans cet article

Note : 1
danze n'a surtout pas un niveau exceptionnel et n'est pas tellement sollicité par d'autres clubs...
perso, je relativise cette passion du maillot, di natale a plus de mérite que totti ou gerrard qui étaient dans des top clubs.
Trop dommage ! Votre article est incomplet. Comment avez-vous fait pour passer à côté de Marc Planus ? C'est le seul joueur en France à avoir joué dans le même club de son enfance à sa retraite, en ayant remporté les trois compétitions nationales ! (+ la Gambardella). Avec les Girondins. Bon c'est pas trop grave : oubli réparé ! Longue vie à SF...
Loic Perrin fait partie de ces joueurs qui ont l'amour du maillot
new order 44 Niveau : District
Danzé, ce footeux limité techniquement et tactiquement, rageur et frustré de n'avoir jamais rien gagné avec son club de looser et qui osa avant un derby le désormais fameux : "Faut que les supporters de Nantes arrêtent de chambrer avec le palmarès !"
Unique et pathétique comme le garçon et ses couleurs

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