De Calm : « Ben Yedder a un petit côté Romario »

Guillaume Carayol est la moitié vocale du groupe De Calm. Le 2 avril, ils envahiront le Café de la danse tous les quatre, lui, son binôme Mickaël Serrano et leurs deux accents du Sud-Ouest. En attendant, Guillaume raconte tout, de leur dernier album, Amour Athletic Club, à son premier maillot du Téfécé, en passant par sa carrière de footballeur.

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Votre dernier album s’intitule Amour Athletic Club, comporte 11 titres et le thème du foot est assez récurrent. Pourquoi avoir choisi de faire ça ?
Mickaël me laisse beaucoup de liberté sur le choix des thèmes. Notre premier album, par exemple, était très orienté vers le cinéma. C’est lié à mon autre activité : je suis réalisateur (il réalise leurs clips, ndlr). Là, le champ lexical du foot est très présent. Mais ce n’était pas forcément prévu au départ c’est venu en écrivant. Je pensais surtout faire des chansons d’amour, que ce soit l’amour de ma fille, l’amour en couple, l’amour de la musique… et forcément revient l’idée de l’effort amoureux. Il n’y a pas du tout de rapport entre l’amour et le football, si ce n’est que dans une relation amoureuse, tu retrouves de la compétition, des face-à-face, des tacles… Et finalement, par le vocabulaire de l’effort, du sport, le foot est venu comme un gimmick.

Dans la chanson Crystal Palace, tu dis « J’aurais pu jouer à Crystal Palace » et « Tu aurais pu jouer à Juvisy » . C’est un hommage à Marouane Chamakh et Marinette Pichon ?
(rires) Non ! J'aime bien l'idée qu'une chanson comporte plusieurs sens. Crystal Palace, peut s'envisager comme une chanson sur les femmes de joueurs ou comme une simple rupture song. En tout cas, je voulais à tout prix citer un club de foot féminin, et c’était forcément Juvisy. Juvisy ad vitam eternam.

Pourquoi spécialement Juvisy ?
L’équipe de foot masculine de Juvisy, t’en as jamais entendu parlé, elle est inexistante. C’est exclusivement féminin. Du coup, je m’imagine Juvisy comme un lieu exotique – alors que ça doit pas vraiment l’être -, où il fait chaud et où il n’y a que des femmes partout. Un paradis pour les hommes.

Pourquoi avoir choisi Crystal Palace comme titre, et pas Manchester City ou Aston Villa ?
Il y a déjà un groupe qui s’appelle Astonvilla. Et puis, je suis hyper fan des noms de clubs originaux, marquants. Des noms qui claquent. Crystal Palace, c’est le plus poétique. Mais je me suis fait un plaisir de placer dans cette chanson d’autres noms comme les Young Boys, le AZ 67, le Torpedo…

Le Tonnerre de Yaoundé, le Red Star… auraient pu y être ?
Complètement ! D’ailleurs, j’ai déjà pensé à faire une deuxième version de cette chanson, ajouter des couplets, un peu comme Voulzy avec Rock Collection. Des noms de clubs à citer, j’en ai plein, ça durerait 20 minutes. Ce serait un peu chiant en concert, mais bon…

Ça marche aussi avec les noms de joueurs, genre Jean-Daniel Akpa Akpro ?
Oui, j’aime aussi. Je suis très attaché aux mots et aux noms. Quand je jouais au football, on n’arrêtait pas avec les surnoms. On aimait bien sortir des noms de joueurs du grenier. Un seul geste raté suffisait pour qu'un surnom s'abatte sur l'un de nous. Bernard Zénier, Gilles Rampillon, Luigi Alfano… Moi, j'ai souvent eu droit à Paco Carrasco.

Tu as été toi-même footballeur, donc. Où, quand, comment ?
J’ai fait beaucoup de clubs, presque autant que Didier Six. J'ai été formé au Pont de l'Arn, dans mon Tarn natal. Puis, je suis parti au TFC dans les années 90. Il y avait plein de bons joueurs dont Candéla, Richert, Battles, et Baup comme entraîneur ! En sport-études, j'ai côtoyé notamment Trévisan, Algerino et un immense entraîneur : Gérard Rabier. Ensuite, j’ai joué dans des clubs de la région toulousaine et notamment à Luzenac pendant deux saisons quand l’équipe est montée en CFA 2. Il y avait Cédric Fauré. Luzenac, c’est un club tenu par des passionnés, avec un stade mythique. C'est un vrai bonheur d'assister à ce qui leur arrive.

Quel souvenir gardes-tu des joueurs avec qui tu jouais et qui ensuite ont eu une carrière ?
Fauré, par exemple. À Luzenac, ça ne s’est pas très bien passé pour lui, il n’est resté qu’une saison. Sincèrement, j’aurais jamais pensé qu’il ferait carrière. Il avait des qualités, oui, mais c’était pas le meilleur. Moralement, il était au sac. Quand il est parti du club, les choses se sont totalement inversées. L’exemple type du mec en confiance qui réussit parce qu’il met tous ses doutes de côté.

Et Batlles ? Il a souvent été dit qu’il était sous-coté, c’est ton impression ?
Lui, en revanche, je savais qu’il ferait carrière. Il avait déjà beaucoup de maturité, une grande intelligence du jeu. Mais aussi des carences en termes de vitesse… Son père était coach au TFC et ça, c’est important aussi. D’être bien entouré, par des gens bienveillants et clairvoyants, qui peuvent bien te conseiller. Dans le foot, il y a une histoire de talent mais aussi de timing. Il suffit pas d’être bon, il faut être bon au bon moment. J’ai vu tellement de mecs très talentueux échouer aux portes d’un contrat pro…

Et toi, ta carrière ?
Moi, j’ai arrêté vers 32 ans. À ce moment-là, je me concentrais surtout sur la réalisation, j’étais souvent à Paris… Je voulais éviter la blessure et arrêter en restant sur un niveau correct. Mais je joue encore avec mes amis, les Komedos, tous les lundis au complexe de foot à 5 de Nicolas Dieuze à Colomiers.

Tu viens de la région toulousaine, tu supportes le TFC ?
Oui, depuis tout petit. Mes parents m’ont offert très tôt un maillot après l’exploit de Toulouse contre Naples au Stadium. J’ai des souvenirs énormes de matchs de Coupe là-bas.

Plutôt Beto Márcico, William Prunier ou Mickaël Debève ?
Márcico ! Il avait un côté très rock’n’roll. La légende disait qu’il s’enfilait cinq pizzas par jour et qu’il ne buvait que du Coca. Je suis un mec de l’ancienne époque, celle où il y avait plus de joueurs atypiques, comme lui. Il était large, jouait sur un petit périmètre, avec son dos… Et malgré ça, il traversait les défenses. S’il avait mangé moins de pizzas, bu moins de Coca, il aurait peut-être eu un Ballon d'or (rires).

Et si tu devais choisir un joueur de l’effectif actuel ?
Aurier est très bon, mais je suis plus fan de Ben Yedder. Il est énorme, il a un petit côté Romario. Il arrive à dribbler en étant arrêté et ça, c’est fou. Il n’y a pas plus angoissant pour les défenseurs.

Comment tu vis cette saison en tant que supporter ?
On est réaliste. On sait depuis le début que ça va être très dur. Mais on a de super jeunes, avec beaucoup de talent. Le seul problème, c’est la régularité. On peut être très bons sur quelques matchs, et se faire rattraper sur d’autres. Contre le PSG, par exemple, il y avait moyen de faire beaucoup mieux, on avait les possibilités. Mais il nous a manqué un truc pour passer au-dessus. Malgré tout, vu les derniers matchs, ça peut annoncer une fin de saison solide.

On va finir cette interview comme vous finissez votre album, avec le titre Le refrain de nos sueurs
C’est une sorte d’hymne mélancolique. Pas un hymne que tu chantes quand tu es au stade, mais chez toi, un soir de défaite à ton meilleur pote.


Propos recueillis par Noémie Pennacino
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Jack Facial Niveau : CFA
Noémie, remerciements éternels pour ton article "Top 10 : enculés".
volontaire82 Niveau : Loisir
Article sympa ! Par contre le stade mythique de Luzenac bof bof, ils jouent plus dessus, et risquent de devoir encore trouver autre chose que le vieux stade de Foix pour l'an prochain
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