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David Moyes, crédit illimité ou forfait bloqué ?

Après vingt-sept années couronnées de succès, l’ère post-Ferguson s’est ouverte à Manchester United. Non sans une certaine appréhension et une peur du vide laissée par Sir Alex. Un héritage légué à David Moyes, qui peine à trouver ses marques. Des débuts tumultueux, mais prévisibles au regard de l’ampleur de la tâche qui l’attend. Pour l’instant, l’ex-coach d’Everton a du temps. Mais jusqu’à quand ?

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« J’aimerais vous rappeler que même pendant les mauvais moments, le club m’a soutenu, tout le staff m’a soutenu, les joueurs m’ont soutenu. Votre travail maintenant, c’est de soutenir notre nouveau manager. » Quand Sir Alex Ferguson s’adresse pour la dernière fois à son Théâtre des Rêves, le 12 mai dernier, jour de son dernier match à Old Trafford, celui-ci y met les mots qui conviennent pour introniser son successeur. Et la forme. David Moyes, successeur désigné en personne et rebaptisé «  The Chosen One » , doit sans doute, en ces temps troubles, se remémorer cette déclaration solennelle de son illustre prédécesseur.

Chahuté, vilipendé, mis sur le banc des accusés, le coach de Manchester United connaît sa première période de tourments. Des critiques émanant, principalement, de la presse anglaise et du propre peuple mancunien, déjà impatient face au manque de résultats. Après onze ans à Everton, l’Écossais fait là l’apprentissage des exigences de l’un des plus grands clubs d’Angleterre et d’Europe. Pour autant, Moyes n’apparaît guère menacé malgré un départ plus que poussif. Du moins tant que la figure tutélaire de Fergie continuera de lui apporter son soutien, jusqu’à présent inconditionnel… ou aveugle.

Une gestion qui fait débat

À l’heure où la Sir Alex Ferguson Way vient d’être inaugurée, David Moyes tente, lui, de trouver le bon chemin avec Manchester United. Sans grande réussite pour l’instant. Depuis sa prise de fonction, le technicien écossais a d’abord dû essuyer les reproches en raison d’un mercato radin, où Marouane Fellaini aura été le seul transfert majeur. Une recrue, attendue au tournant, qui peine jusque-là à justifier les 32 millions d’euros claqués pour sa touffe et qui s’est attiré les foudres en lâchant avoir « un problème avec l’intensité des entraînements » . Une façon comme une autre de clouer au pilori les choix de son coach. Outre le cas Fellaini, la gestion de l’effectif mancunien paraît discutable, si ce n’est aléatoire parfois. En témoignent les traitements réservés à Kagawa et Zaha, tous les deux mis au rebut sans raison apparente. Mais l’incapacité de l’ex-entraîneur des Toffees à dégager une équipe type polarise également l’attention.

D’une rencontre à l’autre, les joueurs défilent sans jamais s’installer. La charnière Vidić-Ferdinand, autrefois hermétique, symbolise aujourd’hui la friabilité de la défense des Red Devils (13 buts concédés en championnat). Et la relève incarnée par Jones, Smalling et Evans n’a toujours pas bousculé ces vieux briscards. Même problème au milieu et sur les ailes. Aux côtés de Carrick, Fellaini est en balance avec Cleverley, tandis que Valencia, Nani, Young et Januzaj se tirent la bourre pour être titularisés. Au final, seule l’attaque emmenée par le duo Van Persie-Rooney présente des certitudes. Quant au coaching de Moyes en match, celui-ci laisse perplexe. Alors que son équipe menait face à Southampton, le 19 octobre dernier, il avait remplacé Nani par Giggs afin de faire tourner le cuir, puis, surtout, Welbeck et Rooney par Fellaini et Smalling, deux joueurs à vocation défensive. Décision frileuse, aux antipodes d’un Ferguson qui n’hésitait pas à lancer des attaquants pour asseoir son avance, aux lourdes conséquences puisque les Saints ont arraché le nul (1-1). Plus que les choix de Moyes, c’est son manque d’idées, de nouveauté, d’inspiration qui interpellent.

Coach à United, un costume trop grand ?

« Si l’on s’en tient déjà aux résultats, United n’a jamais connu un tel départ depuis longtemps. Quand il y a des mauvais résultats, on ne peut pas dédouaner le manager. Son équipe n’était visiblement pas prête au mois d’août. Puis quand vous avez Chelsea le 26 août et Liverpool le 1er septembre, et que vous faites match nul à la maison et que vous perdez à l’extérieur, c’est mal barré…  » Jacques Crevoisier, consultant à Canal + et spectateur assidu de la Premier League, soulève là une réalité incontestable : les résultats. Hormis les débuts sans fausse note en Champions League, le bilan en championnat est digne d’une escouade de milieu de tableau. 3 défaites, 2 nuls et 4 victoires loin d’être transcendantes, comme la dernière obtenue en toute fin de match face à Stoke (3-2), samedi. Des résultats qui viennent s’ajouter à un jeu balbutié et une absence de cohésion manifeste.

Et « The Chosen One  » en porte sans doute la responsabilité. Fin septembre, en conférence de presse, à la question de savoir si United avait les moyens de gagner la C1, celui-ci avait indiqué que « pour gagner la Champions League, vous avez besoin de cinq ou six joueurs de classe mondiale comme au Bayern, au Real ou à Barcelone » . Ou comment, en jouant la carte de la sincérité, douter publiquement des capacités d’un groupe encore finaliste européen en 2011. Pas franchement le meilleur moyen de fédérer un vestiaire. Mais Moyes, d’habitude si discret dans ses déclarations, cherche aussi à s’inscrire dans les pas de Fergie, lui qui occupait avec force la sphère médiatique. « Ferguson a toujours pensé à sa succession. Il a repris son modèle en plus jeune, lui qui venait d’Aberdeen avec son petit palmarès, constate Crevoisier. Il se retrouve en quelque sorte en Moyes plus jeune. Même si, évidemment, le football a changé depuis. » En prenant Moyes et en se calquant exclusivement sur l’iconique Fergie, Manchester United prend ainsi le risque de se tourner sans cesse vers un passé glorieux. Sans jamais connaître de succès aussi éclatants.


Moyes, victime de l’héritage de Ferguson ?

Sauf qu’incomber tous les maux mancuniens à l’homme de Bearsden serait un exercice bien trop simpliste. Car le bonhomme n’a pas forcément reçu un effectif aussi prometteur que son prédécesseur l’avait certifié haut et fort. La saison dernière, déjà, les Red Devils affichaient des signes ostensibles d’une certaine baisse de régime, occultés par une dernière couronne nationale arrachée à l’orgueil plus qu’au talent comme le rappelle Crevoisier. « Il y a des facteurs que bien évidemment Ferguson n’évoquera pas. Le premier, c’est qu’il s’est retiré sur un titre, on ne va pas dire miraculeux, mais acquis avec une certaine réussite. Il savait très bien que c’était le moment de se retirer sur un succès parce qu’il n’était pas sûr d’en avoir par la suite et qu’il commençait à fatiguer. Le second, j’ai commenté plusieurs fois United l’année dernière et ils ont eu des victoires miraculeuses. Il y a eu 6 ou 7 matchs où ils l’ont emporté dans le Fergie Time. » Ce début de saison a même confirmé les limites d’une équipe en fin de cycle, longtemps portée par l’aura et la culture de la gagne de son manager. Les dirigeants de United savent d'ailleurs mieux que quiconque qu’une période de transition s’ouvre, d’où le contrat de six années paraphé par David Moyes. « Même si dans le pire des cas Manchester United n’arrache pas une place pour la Ligue des champions cette saison, ce qui peut arriver, je suis reste persuadé qu’on donnera à Moyes du temps. Au moins au-delà d’une année. Mais, de toute façon, on n’est pas dans une configuration de club où on vire le mec au bout de deux matchs nuls et trois défaites » , juge le consultant de la chaîne cryptée.

Puis, comment accabler Moyes qui vient certainement de prendre place sur le fauteuil d’entraîneur le plus convoité au monde, mais aussi le plus sujet aux critiques ? Passer après un monstre sacré qui a enchaîné les succès et régné sans partage pendant vingt-sept ans relève quand même du défi. Et, logiquement, cette passation de pouvoir ne se déroule pas sans bouleversements. « Vous perdez parfois votre jeu quand vous changez d’entraîneur parce que vous êtes dans une telle crainte, du stade et des joueurs, que vous jouez contre-nature  » , a lâché récemment l’ancien attaquant mancunien, Dion Dublin, afin de tenter d’expliquer la mauvaise passe actuelle. C’est pourquoi Ferguson avait conseillé à son homologue de conserver le même staff, histoire de vite s’acclimater et de garder les repères déjà en place au club. Chose que n’a pas prise en compte son héritier. À défaut de pouvoir effacer la trace du mythe, à jamais indélébile, Moyes devra cohabiter avec elle. Mais, aussi, à un moment donné, affirmer sa différence pour écrire sa propre œuvre. « Il n’y a évidemment aucun homme providentiel ou qui peut se prétendre l’être pour prendre une succession aussi compliquée. La seule question qui vaille et qu’il faut poser clairement : est-ce que c’est le même métier d’être manager à Everton et à Manchester United ? La réponse est indubitablement non, avance Crevoisier. La deuxième question, c’est : est-ce que Moyes, qui a été un bon entraîneur à Everton, est capable de l’être aussi à United ? Ça, il va falloir laisser un peu de temps pour y répondre. » Du temps, David Moyes en bénéficiera. Tout comme Alex Ferguson à ses débuts. Ne reste plus, dès lors, qu’à transformer l’ombre de l’histoire en une inspiration lumineuse.

Par Romain Duchâteau
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