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  2. // Décès de Johan Cruyff

David Bowie, l’autre Cruyff…

Rock stars et stars du foot. Au grand jeu des ressemblances et des analogies, le parallélisme des carrières de Johan et de feu David offre un mimétisme saisissant. Quasi gémellaire, même ! Démonstration en forme d’hommage au Thin White Duke

Modififié
Définir leurs places respectives dans leur art, c’est considérer aujourd’hui qu’ils appartiennent tous les deux à la caste très restreinte des génies authentiques. Mieux ! Au-delà de leurs fans et des experts enamourés, il est possible d’affirmer de façon très neutre que David Bowie a été ou reste le plus grand artiste de la pop music, tout comme Johan Cruyff a été le plus grand acteur du football moderne (en tant que joueur, entraîneur et inspirateur du Barça contemporain). Un point commun essentiel relie fortement David et Johan : ils ont été des enfants des sixties, une décennie cruciale durant laquelle ils ont émergé avant de triompher tous les deux dans les années 70…

All the young dudes

Johan Cruyff a intégré l’équipe A de l’Ajax Amsterdam en signant son premier contrat pro au milieu de l’année 1964, à 17 ans. Au même moment, toujours vers la mi-1964, à Londres, un jeune artiste précoce de 17 ans, né comme Johan en 1947 (le 5 janvier pour l’Anglais, le 25 avril pour le Néerlandais), sortait son premier single, Liza Jane. Né David Robert Jones, le futur David Bowie se fait alors appeler Davie Jones et il est accompagné par les King Bees. Comme Johan, il est d’une maigreur frappante, il a le teint diaphane et le regard perçant. « Davie Jones » est sophistiqué, visionnaire, arrogant et impatient. Comme Johan également, il conçoit l’exercice de son art de façon à la fois individualiste et collective (Davie Jones & the King Bees, et non pas The King Bees tout court). Et tout comme Johan, enfin, il est dans les temps de passage sur la route qui mène à la gloire… Ensuite, les choses avancent favorablement pour les deux jeunes hommes. En 1967, Cruyff finit meilleur buteur de D1 avec 33 buts et il est élu Footballeur néerlandais de l’année, grâce à sa contribution primordiale au doublé coupe-championnat de l’Ajax… En juin 1967, Cruyff signe son deuxième contrat pro d’une durée de quatre ans. Sa revalorisation salariale, importante pour l’époque, établit pour toujours sa réputation de money wolf ( « loup assoiffé d’argent » ), soit le même travers que David, futur business man redoutable et avisé. Même si, en juin 67, Davie Jones, qui s’appelle désormais David Bowie, sort un premier album éponyme David Bowie, chez Deram Records, qui fait un flop total. Pas grave ! David avait payé pour apprendre : il n’a que 20 ans et toute sa jeunesse pour percer un jour…


C’est en 1969 que les carrières respectives de Johan et de David vont décoller à la verticale. L’Ajax parvient en finale de Ligue des champions, et, malgré une sale défaite 4-1 contre le Milan AC, l’Europe entière a découvert ce « Cruijff » tout à fait génial. Au printemps 69, Johan commet une de ses rares fautes de goût en sortant un single, le très dispensable Oei Oei Oie (Dat wasp me weber éden lei). Cette rengaine de balloche avec fanfare se vendit pourtant très respectablement à 20 000 exemplaires et culmina à la 21e place du hit-parade national. Mais, dans le domaine musical, c’est David qui se distingua véritablement au printemps 1969 en enregistrant le très visionnaire Space Oddity. Sorti avec succès au mois de juillet, ce single allait propulser l’alter ego pop de Johan vers la même reconnaissance internationale, la même année… Lors de la saison 70-71 débarquera le jeune Johan Neeskens à l’Ajax. Johan 1er adoubera aussitôt celui qui sera bientôt son jumeau, son double, et qu’on surnommera Johan Segon (Johan le Second, ou Johan II). Sur le terrain, le brillant milieu à tout faire sera le meilleur lieutenant du génie Cruyff. À Londres, David Bowie prendra lui aussi son envol en dénichant Mick Ronson, LE guitariste qui allait sublimer son art et façonner le son glam rock des early seventies

Ziggy-Cruyffie

C’est au printemps 1972 que Johan Cruyff asseoira sa domination sur le foot mondial après son fabuleux récital contre l’Inter en finale de Ligue des champions (2-0 et doublé de Cruyffie). Cet Ajax 72 guidé par son stratège au numéro 14 inédit a pris plusieurs modernités d’avance sur le football de l’époque, au moment précis où on pensait que le football bunkérisé inspiré du catenaccio barrerait pour très longtemps l’avenir du ballon rond. En music pop, les choses semblaient stagner aussi avec la fin des Beatles, défricheurs avant-gardistes de la décennie précédente. Le rock se fourvoyait alors dans les concepts les plus fumeux, les instrumentaux interminables et les délires du « rock progressif » . Et c’est David Bowie qui décanta les choses, réalisant la prouesse rare d’imposer sa pop à la fois sophistiquée et accessible au plus grand nombre. L’année 1972 est aussi son année. C’est précisément le moment de l’avènement commercial de David Bowie au Royaume Uni. L'album The rise and fall of Ziggy Stardust and the Spiders from Mars est un énorme succès. Johan Cruyff, le prince d’Amsterdam, et David Bowie, le Thin White Duke de Londres, dominent leur époque.

Le mimétisme entre les deux stars est frappant : même génie irradiant, même maigreur émaciée, même froideur hautaine… Et encore : même androgynie, mêmes provocations asociales, même sophistication artistique (Johan se sait « artiste » ). Ils ont aussi en commun égocentricité, âpreté au gain, gloire à peine tardive à 25 ans et mépris des conventions… Johan a un agent redoutable, son beau-père Cor Coster. David a Tony Defries, une lame acérée du show-biz. Comme Johan, David grille aussi ses 40 clopes par jour (un travers qui leur coûtera cher plus tard, question santé, à tous deux). Mais surtout, David est resté émancipé des groupes : il ne s’est pas fondu dans un rock band classique. Sur scène, il est accompagné des Spiders from Mars, orchestre avec lequel il fait corps (Mick Ronson est son plus précieux collaborateur), mais dont il s'en détache aussi. Johan est un peu comme David : il s’incorpore parfaitement dans le groupe (l’équipe d’Ajax), mais il s’en distingue à l’évidence, tel un artiste solo. David Bowie & the Spiders from Mars = Johan Cruyff & the Ajacieds ! Plus intéressant encore : après leur avènement mondial en 1972, David et Johan traverseront le même ego trip mégalo. L’Anglais bouffé par la coke multipliera les excentricités douteuses (salut hitlérien à la gare de Victoria) quand le prince d’Amsterdam étendra son despotisme insupportable sur l’Ajax, au point d’être destitué du capitanat par ses coéquipiers à l’été 73…

Heroes

En 1974, le monde passe à l’orange. Cette teinte chaude domine dans la décoration d’intérieur (mobilier, moquette, posters) et les fringues. Le filtre lumineux orangé réchauffe encore la pellicule des films et des photos de mode, tout comme la crinière orange-feu de David Bowie incendie la scène rock décadente. À la Coupe du monde en Allemagne, les Oranje de Johan Cruyff irradient comme jamais et pour toujours. Même le jour de la funeste finale perdue 2-1 par les Hollandais face à la RFA, les destins de Johan et de David se sont encore incroyablement croisés… En Allemagne, dans le car qui les emmenait habituellement au stade, les Oranje sacrifiaient à un même rituel avant chaque match en chantant ensemble une des chansons porte-bonheur, One way wind, de leurs potes The Cats, sur une cassette audio fétiche. En partant pour le stade Olympique de Munich, le rituel musical n’eut pas lieu. La cassette avait mystérieusement disparu. Impossible de la retrouver… Au lieu des Cats, les joueurs néerlandais s’écoutèrent Sorrow (tristesse) de David Bowie… Des paroles lourdes de sens pour Johan, plombé par cette histoire olé-olé de piscine révélée par le Bild et qui mettait en péril son couple. Comment ne pas penser à sa blonde épouse Danny en entendant les paroles de cette chanson : « With your long blond hair and your eyes of blue / The only thing I ever got from you was sorrow…Sorrow » ? Pour la petite histoire, la face B du single Sorrow de Bowie contenait une version anglaise et cafardeuse du chef-d’œuvre de Jacques Brel… Amsterdam.


Par la suite, d’autres événements parallèles rapprocheront les carrières respectives de Johan et David dans les années 70. Tous deux connaîtront la quasi-faillite financière avant de se refaire plus tard avec succès. Tous deux auront également leur période américaine plutôt bienfaitrice : Bowie triomphera avec Young Americans (1975) quand Johan Cruyff prendra enfin le temps de souffler aux LA Aztecs, puis aux Washington Diplomats (1979-1981). On peut rapprocher la fameuse trilogie berlinoise de David (Low, Heroes et Lodger, 1977-1979) aux deux autres trilogies seventies de Johan : ses trois Ballons d’or et ses trois victoires en C1 avec l’Ajax… Le Thin White Duke et le prince d’Amsterdam passeront le cap des années 80 avec succès après avoir dépassé allègrement l’âge fatidique en foot et en rock de la trentaine. À 37 ans, Johan réussira son dernier grand coup d’éclat en tant que joueur en passant chez l’ennemi, le Feyenoord Rotterdam. Il signa officiellement au Feyenoord le 15 juin 1983, puis il mit les voiles, direction Rotterdam. Dix jours plus tard, David Bowie, le jumeau seventies de Johan, donnait deux concerts lors de son Serious Moonlight Tour… au Feyenoord Stadion ! À 37 ans également, le fringant David accomplira dans la foulée de son méga hit Let’s dance ! l’une des tournées les plus triomphales et lucratives de sa carrière. Cruyff, lui, finira champion des Pays-Bas 1984 ! À la surprise générale, le toujours vaillant Johan conduira Feyenoord au doublé, décrochant même le titre de joueur de l’année aux Pays-Bas…

Ashes to ashes

Après l’aventure mitigée avec son groupe Tin Machine, Bowie innovera à nouveau et avec succès dans le champ expérimental des musiques électroniques en sortant les albums marquants Black Tie White Noise (1992), The Buddha of Suburbia (1993), Outside (avec Brian Eno, 1995)… Dans la même période, Johan Cruyff fit l’étalage de sa science tactique tout aussi innovante que celle musicale de David Bowie en triomphant avec la Dream Team et son audacieux 3-4-3. L’année 1996 marquera la fin définitive de la carrière de Cruyff, viré du Barça en avril. Une fin plus symbolique marquera l’entrée de David Bowie au Rock and Roll Hall of Fame, pour « l’ensemble de sa carrière » , selon la formule consacrée. David continuera de produire diverses œuvres (musiques, photo, vidéo, peinture) et se verra célébré un peu partout dans le monde à l’occasion d’expos et de rétrospectives diverses. Tout comme Johan sera gratifié de récompenses et trophées divers par la FIFA, l’UEFA ou la NKVD (fédé hollandaise), tout en restant un observateur avisé de l’actu foot et un manager très actif de ses institutions (Fondation et instituts Cruyff). Ces dernières années, on mesura mieux la place primordiale dans leur art respectif au vu de l’influence majeure que Johan et David ont exercé sur leurs nombreux héritiers. Nirvana, Blur, Radiohead, Björk et tant d’autres ont emprunté au génie de leur maître, quand le football total de Johan a inspiré de près ou de loin Sacchi, Guardiola, Bielsa, Wenger, Löw… Qu’aurait été le foot espagnol, aujourd’hui dominateur, sans la révolution Barça de la Dream Team (d’où Guardiola est issu) ? Johan Cruyff et David Bowie ont figé jusqu’à aujourd’hui leur élégance naturelle, se distinguant avec une classe vestimentaire qui a toujours collé à leur époque. Une même photogénie « live » (sur scène ou en match) aussi bien que dans la vie normale a renvoyé l’aura authentique des élus chéris des dieux. L’inspiration et la virtuosité rapprochent aussi les deux êtres d’exception. David Bowie était un multi-instrumentiste facile (piano, guitare, saxo), auteur-compositeur et producteur inventif, toujours obsédé par l’innovation avant-gardiste. Johan était un artiste surdoué et supersonique, passé technicien audacieux explorant sans cesse les expériences tactiques propres à forcer les sempiternelles murailles défensives.

Ultime clin d’œil (dramatique) du destin, le cancer a atteint David et Johan quasiment au même âge… Les deux hommes avaient déjà subi une intervention chirurgicale au cœur. Le tabac en avait été la cause. En février 1991, Johan, fumeur excessif, était passé sur le billard et il en réchappa miraculeusement. Il dut s’arrêter net de cloper ses Camel sans filtre. Paradoxalement, David a subi son opération cardiaque en juillet 2004 alors qu’il avait arrêté de fumer quelque temps auparavant (dans les années 70, il enchaînait les Gitanes sans filtre, comme Gainsbarre)… David Bowie a lutté 18 mois avant de s’endormir pour toujours, à 69 ans, entouré de l’affection des siens. Johan, lui, a annoncé son cancer fin octobre, et a combattu pendant cinq mois avant de s'éteindre. Il aurait eu 69 ans dans un mois.

Par Cherif Ghemmour Par CG avec des extraits du livre Johan Cruyff, génie pop et despote
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nononoway Niveau : CFA
I need TV
When I've got
T-Reeeeeeeeeeeeeeeeeeex
HS mais pas tellement: Cherif, je viens de finir ton livre sur Cruijff. J'ai adoré!
En plus le parallèle que tu y fais déjà avec Bowie comme dans l'article est vraiment intéressant je trouve!
J'attends vivement ton prochain ouvrage si tu as pour projet d'en refaire en tous cas!
Georgesleserpent 2.0 Niveau : Ligue 2
Perso, j'ai beaucoup aimé cet article. Le parallèle est plus qu'intéressant entre ces deux hommes ultra iconiques.
"Le rock se fourvoyait alors dans les concepts les plus fumeux, les instrumentaux interminables et les délires du « rock progressif » ."

Merci pour cette pique gratuite contre les masturbations pinkfloydiennes...
O Alegria Do Povo Niveau : Ligue 2
Très fort cet article.

Y'avait qu'un point de suture possible entre Bowie et le foot, il est parfaitement cousu.

Un grand merci, Chérif.
O Alegria Do Povo Niveau : Ligue 2
Note : 1
Message posté par TheFifthBeatle
"Le rock se fourvoyait alors dans les concepts les plus fumeux, les instrumentaux interminables et les délires du « rock progressif » ."

Merci pour cette pique gratuite contre les masturbations pinkfloydiennes...


Chacun prêche pour sa paroisse, c'est normal. Mais dire que le rock se fourvoyait en 72, faut vraiment avoir la sublime mauvaise foi de Chérif pour l'assumer.


72, c'est l'arrivée de Mick Taylor chez les Stones et la sortie d'Exile On Main Street.

C'est l'année charnière entre Led Zeppelin IV et Houses of The Holy.

72, c'est les innovations jazz de Zappa.

C'est le live à Pompeï du Floyd, ainsi que la première live de Dark Side of the Moon.

72, c'est Transformer, putain ! (Et Bowie y est pour beaucoup).
C'est All the Young Dudes de Mott The Hoople, c'est le premier album du Blue Öyster Cult, c'est Caravanserai de Santana, c'est Close to the Edge de Yes, c'est le premier album d'Hawkwind avec Lemmy à la basse, c'est Eat a Peach, chef-d'oeuvre blues rock et dernier album de Duane Allman, Harvest de Neil Young...

On a connu des vaches bien plus maigres que ça.
Bref, une immense immense immense année rock.
Message posté par TheFifthBeatle
"Le rock se fourvoyait alors dans les concepts les plus fumeux, les instrumentaux interminables et les délires du « rock progressif » ."

Merci pour cette pique gratuite contre les masturbations pinkfloydiennes...


J'ajouterai que King Crimson et Soft Machine ont poussé les masturbations du rock progressif au-delà des frontières du psychédélique.
Mais bordel c'est vraiment bon à écouter, surtout en fin de soirée, quand le cerveau est définitivement perdu dans un état second...
Article sans aucun interêt
Blatter m'a tuer Niveau : Ligue 1
Excellent com O Alegria.

J'ajouterai a ta liste Machine Head de Deep Purple ainsi que School's out d'Alice Cooper.
Blatter m'a tuer Niveau : Ligue 1
Elrodeao n'hesite pas a aller sur des articles beaucoup plus interessants et plus a ta portee: http://www.sofoot.com/messi-felicite-pa … 15415.html
O Alegria Do Povo Niveau : Ligue 2
Message posté par Blatter m'a tuer
Excellent com O Alegria.

J'ajouterai a ta liste Machine Head de Deep Purple ainsi que School's out d'Alice Cooper.


T'as raison, Machine Head !

Le seul truc qui me fasse un peu chier avec cet album, c'est que Smoke On The Water a érigé un arbre qui cache toute l'Amazonie luxuriante de ce putain de groupe.

Perso, je sais que je défonce une porte ouverte, mais j'adore In Rock. Child In Time, pfffff !!!!

Child In Time, quoi. Comment renvoyer dans les cordes le Zeppelin lui-même.

La plus belle compo jamais crée pour l'orgue Hammond. Et puis Blackmore qui troque sa Strato pour une Gibson, putain que demande le peuple ?
Allez maintenant les articles sur Alan Rickman vont pleuvoir
Message posté par O Alegria Do Povo
Chacun prêche pour sa paroisse, c'est normal. Mais dire que le rock se fourvoyait en 72, faut vraiment avoir la sublime mauvaise foi de Chérif pour l'assumer.


72, c'est l'arrivée de Mick Taylor chez les Stones et la sortie d'Exile On Main Street.

C'est l'année charnière entre Led Zeppelin IV et Houses of The Holy.

72, c'est les innovations jazz de Zappa.

C'est le live à Pompeï du Floyd, ainsi que la première live de Dark Side of the Moon.

72, c'est Transformer, putain ! (Et Bowie y est pour beaucoup).
C'est All the Young Dudes de Mott The Hoople, c'est le premier album du Blue Öyster Cult, c'est Caravanserai de Santana, c'est Close to the Edge de Yes, c'est le premier album d'Hawkwind avec Lemmy à la basse, c'est Eat a Peach, chef-d'oeuvre blues rock et dernier album de Duane Allman, Harvest de Neil Young...

On a connu des vaches bien plus maigres que ça.
Bref, une immense immense immense année rock.


Rien d'objectif dans ma remarque, l'adjectif "gratuit" était là pour l'indiquer... Mais j'avoue qu'à lecture de l'article, cette pique que je devinais dirigé contre Pink Floyd ou Led Zeppelin - groupe qui n'ont jamais parlé à ma subjectivité - m'a plutôt réjouis.

En fait, c'est un peu plus compliqué, je suis un fan absolu de Barrett et The Piper at The Gates of Dawn est même un de mes albums préférés toutes époques confondues. Mais la suite des Pink Floyd (tout le chapitre instrumental) - sans même juger de sa valeur, m’intéresse beaucoup moins. Je trouve qu'elle a beaucoup moins d'âme, de personnalité, d'humanité... C'est une musique très désincarnée, sans aspérités, presque froide. Une musique pseudo intello, même (beaucoup d'universitaires fans de Pink Floyd !).

J'ai d'ailleurs découvert il y a quelques temps, que Kevin Ayers, autre de mes artistes fétiches, se situait quasiment de la même façon. Il se désintéressait complètement des Pink Floyd et pensait que le seul à sauver était Barrett. Tout sauf un hasard quand on écoute sa musique pleine de spontanéité et de candeur. Ayers et Soft Machine, un peu la même rengaine que Barrett et Pink Floyd, d'ailleurs (j'aime assez Wyatt, par contre).

Bref, il est de bon ton pour les puristes d’idolâtrer Pink-Floyd période post-Barrett (en méprisant un peu la première), je suis content de me constituer avec Ayers, et maintenant Chérif, mon réseau d'âmes soeurs résistantes !
Blatter m'a tuer Niveau : Ligue 1
Message posté par O Alegria Do Povo
T'as raison, Machine Head !

Le seul truc qui me fasse un peu chier avec cet album, c'est que Smoke On The Water a érigé un arbre qui cache toute l'Amazonie luxuriante de ce putain de groupe.

Perso, je sais que je défonce une porte ouverte, mais j'adore In Rock. Child In Time, pfffff !!!!

Child In Time, quoi. Comment renvoyer dans les cordes le Zeppelin lui-même.

La plus belle compo jamais crée pour l'orgue Hammond. Et puis Blackmore qui troque sa Strato pour une Gibson, putain que demande le peuple ?


Bon j'peux pas citer.

Ouais forcément smoke on the water eclipse tout. Moi c'est highway star qui m'a toujours rendu fou.

Bon après c'est sur, faut aimer les solos de 10 minutes!
O Alegria Do Povo Niveau : Ligue 2
Message posté par TheFifthBeatle
Rien d'objectif dans ma remarque, l'adjectif "gratuit" était là pour l'indiquer... Mais j'avoue qu'à lecture de l'article, cette pique que je devinais dirigé contre Pink Floyd ou Led Zeppelin - groupe qui n'ont jamais parlé à ma subjectivité - m'a plutôt réjouis.

En fait, c'est un peu plus compliqué, je suis un fan absolu de Barrett et The Piper at The Gates of Dawn est même un de mes albums préférés toutes époques confondues. Mais la suite des Pink Floyd (tout le chapitre instrumental) - sans même juger de sa valeur, m’intéresse beaucoup moins. Je trouve qu'elle a beaucoup moins d'âme, de personnalité, d'humanité... C'est une musique très désincarnée, sans aspérités, presque froide. Une musique pseudo intello, même (beaucoup d'universitaires fans de Pink Floyd !).

J'ai d'ailleurs découvert il y a quelques temps, que Kevin Ayers, autre de mes artistes fétiches, se situait quasiment de la même façon. Il se désintéressait complètement des Pink Floyd et pensait que le seul à sauver était Barrett. Tout sauf un hasard quand on écoute sa musique pleine de spontanéité et de candeur. Ayers et Soft Machine, un peu la même rengaine que Barrett et Pink Floyd, d'ailleurs (j'aime assez Wyatt, par contre).

Bref, il est de bon ton pour les puristes d’idolâtrer Pink-Floyd période post-Barrett (en méprisant un peu la première), je suis content de me constituer avec Ayers, et maintenant Chérif, mon réseau d'âmes soeurs résistantes !


Moi, tu sais, je suis beaucoup plus blues que rock prog. C'est pour ca que j'aime enormement led zep, ils sont grandiloquents certes, mais hyper terriens en meme temps. Pis je considere que jimmy page, meme s'il n'est pas le meilleur guitariste du monde, est la plus grande usine a riffs, bien au dessus de richards.

Je te suis a fond sur barrett, le mome est un continent a lui tout seul. Ses albums solo le prouve. Dans un autre registre, je suis un inconditionnel de johnny thunders, ex new york dolls. Une fois demaquille, vires les talons et les paillettes, le mec a sorti des albums solo bouleversants.
O Alegria Do Povo Niveau : Ligue 2
J'ai jamais suivi ce qu'avait fait kevin ayers apres soft machine. Ca a l'air vraiment bon, je vais ecouter ca ce soir.

T'as des trucs a me conseiller ?
Message posté par O Alegria Do Povo
J'ai jamais suivi ce qu'avait fait kevin ayers apres soft machine. Ca a l'air vraiment bon, je vais ecouter ca ce soir.

T'as des trucs a me conseiller ?


Je écouté quelques morceaux rapidement.
"Joy of a toy" (1969) est assez déroutant. Les titres sont plus calmes et il y a des passages à l'harmonium ou à l'orgue électrique qui rappellent un peu les musiques de cirque,c'est assez déroutant !
J'ai aussi écouté "Whatevershebringswesing" (merci Ctrl-c Ctrl-v !)(1972), c'est aussi calme avec des influences folk anglais et des solo de guitare lancinant au son cristalin, pas grand chose à voir avec le précédent mais des compos et des mélodies biens inspirées.
Le reste je connais très peu, pourtant il doit y avoir une quinzaine d'autres albums. Un pote m'a conseillé "Still life with guitar" de 1992 mais je n'ai pas encore eu l'occasion de m'y plonger.
Joy of A Toy et Bananamour, ses deux albums majeurs !

Pour Led Zep', j'avoue que je suis assez profane. Ça m'a juste jamais vraiment attiré. Un peu comme pour Pink Floyd après Barrett. Quand je me suis mis à l'esprit d'étudier leur oeuvre, j'ai naturellement commencé par le début (The Piper..., composé par notre fou) et j'ai trouvé ça totalement génial. De là, j'ai migré vers les albums solo du Syd, et je suis un peu resté bloqué là. Mes tentatives pour poursuivre l'écoute des Floyd ont été assez infructueuses...

Johnny Thunders, je ne connais pas. J'y jetterai une oreille.
O Alegria Do Povo Niveau : Ligue 2
Ok, merci les mecs, j'ecouterais ca. Je reviendrais poster ici pour vous dire ce que j'en pense.
Mais deja, un album qui s'appelle bananamour, ca me botte grave !

Sinon, j'en profite pour parler d'un coup de coeur. J'ai decouvert y'a peu un album de roky erickson, co-fondateur de 13th floor elevators.
Le mec est completemet parti en sucette a force de se camer, il s'est pris pour un martien persecute par des creatures diaboliques (vampires, zombies, cerberes, golems...).
Sucette psychiatrique terminale.

Bah il a tente de s'exorciser en composant un album de fou, ou il recense tout son bestiaire intime. C'est du bon gros blues rock qui tache, perso j'adore.

Ca s'appelle the evil one, c'est dispo sur youtube (desole suis sur tablette, j'arrive pas a copier le lien).
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