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  1. // Ligue des champions – Groupe A – J2 – Shakhtar Donetsk/PSG

Darijo Srna, le footballeur philanthrope

Le PSG affronte ce soir le Shakhtar loin de Donetsk, à Lviv où le club a trouvé refuge depuis plus d'un an. Et s'il y en a un que la situation peine au plus haut point, c'est le capitaine Darijo Srna, le plus Ukrainien des footballeurs croates. Un infatigable latéral à l'histoire singulière, viscéralement attaché à ses familles, celle des Balkans et celle du Donbass. Les deux marquées par des conflits dont il essaie comme il le peut de réparer les plaies.

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Il y a plusieurs Darijo Srna. Étonnamment, le plus connu a longtemps été le Darijo Srna virtuel. Son avatar figurant dans Football Manager, une brute avec des caractéristiques phénoménales : 20 en travail d'équipe, 20 en influence, 20 en agressivité, 20 en endurance, 19 en coups de pied arrêtés, 18 en centre… Pendant plusieurs éditions du jeu, c'était l'un des meilleurs à son poste de latéral droit, un profil à récupérer rapidement quand on prend la destinée d'un gros club. Ce n'est qu'après avoir joué des heures avec sa version virtuelle que beaucoup ont ensuite découvert le vrai Darijo Srna, formidable joueur de foot, à peine moins bon que sur ordinateur. Le championnat ukrainien n'étant que très peu médiatisé, c'est grâce aux performances du Shakhtar sur la scène européenne que le Croate s'est fait connaître du grand public, en plus de sa régularité en équipe nationale. Vainqueur de la C3 en 2009, Srna s'est effectivement révélé être un infatigable défenseur droit, dévoué, au service du collectif, appliqué défensivement et plutôt à son avantage offensivement, que ce soit lors de ses montées ou sur coups francs.

À mesure des saisons, le joueur voyait sa cote grandir, et pourtant il est toujours resté fidèle à son club de presque toujours et dont il dit depuis longtemps déjà qu'il y finira sa longue carrière. Ces dernières années, à chaque mercato, les scouts ont ainsi appris aussi à connaître le Darijo Srna fidèle, qui n'a jamais ressenti le besoin de répondre favorablement aux sollicitations des plus grands clubs : Chelsea, le Bayern, le Real, le PSG, la Lazio… Un Darijo Srna ukrainien d'adoption, qui a fait siennes les valeurs du Donbass, à l'est du pays. Un coin de durs, de taiseux, de bosseurs. Et un club, le Shakhtar, qui a su trouver la bonne formule en ajoutant à l'effectif une bonne dose de Sud-Américains pour apporter la folie qu'il manquait au secteur offensif. Srna, l'étranger historique arrivé au pays en 2003, fait le trait d'union entre les locaux et les expatriés qui se succèdent à mesure que les meilleurs partent évoluer dans de grands clubs en Europe de l'Ouest.

D'une guerre à une autre


Puis il y a quelques années, Darijo Srna le mystérieux Ukrainien d'adoption s'est aussi avéré posséder une histoire familiale aussi complexe que douloureuse. C'est notamment une enquête du Telegraph datant de 2008 qui révélait le destin tragique de ses grands-parents paternels, Bosniens musulmans fuyant les persécutions dans le chaos de la Seconde Guerre mondiale. Sa grand-mère et une tante meurent brûlées à l'occasion du massacre d'un village où ils avaient trouvé refuge, tandis que son grand-père décède lui aussi peu de temps après d'une balle perdue. Uzeir Srna, le père de Darijo né juste avant le conflit et qui avait fui le village avec son daron et son grand frère, est recueilli et adopté par une famille slovène. Bien des années plus tard, son frère Safet retrouve miraculeusement sa trace. Il est ensuite ballotté au sein de cette Yougoslavie de Guerre froide, vit de plusieurs métiers, connaît une éphémère carrière de gardien de but à Sarajevo, puis devient père de famille. Darijo naît le 1er mai 1982 et s'avère un génie du ballon. Au cœur des tensions qui ont plongé l'ex-Yougoslavie dans la guerre civile et l'éclatement, Hajduk Split hésite à récupérer ce Bosnien musulman d'origine, bien que né sur le sol croate. L'insistance d'Uzeir et le talent de Darijo finissent par convaincre le club. C'est donc là que commence la carrière de Darijo le footballeur, bosnien de sang, croate de sol, et donc ukrainien d'adoption, qui a payé à son père qu'il chérit tant de quoi vivre le restant de ses jours dans le confort, et qui rend hommage dès qu'il le peut à sa famille, dont son frère trisomique dont il s'est tatoué le prénom sur le cœur.

Des tickets pour 900 gamins


Ne reste plus qu'à parler de Darijo Srna le philanthrope. Celui qui s'est révélé ces derniers mois suite à la deuxième guerre civile qu'il vit dans sa pourtant jeune existence. Débuté en avril 2014, le conflit au Donbass entre l'armée ukrainienne et les séparatistes pro-russes a conduit à l'exil d'une partie de la population, mais aussi du club-phare de la région, le Shakhtar. Ce dernier, qui possédait de superbes installations et un stade flambant neuf, réside désormais à Lviv, à l'autre bout du pays, théâtre du match de ce soir, et quelques autres lieux d'accueil comme à Odessa ou à Kiev, où s'est par exemple tenu le week-end dernier le derby de Donetsk entre l'Olimpik et le Shakhtar, devant un millier de spectateurs… Est-ce provisoire ? Difficile à prédire. En tout cas, Srna le capitaine aux bientôt 500 matchs sous les couleurs du Shakhtar n'oublie pas sa terre d'accueil. Lui qui avait déjà pour habitude d'offrir transport et ticket pour assister aux matchs à des gamins défavorisés de la région – dont une fois plus de 900 d'un coup purent en profiter – se démène cette fois pour contribuer à l'éducation des orphelins oubliés du Donbass. À plusieurs reprises ces derniers mois et encore très récemment lors de la rentrée de septembre, il a financé l'achat de matériel d'école et de sport pour plusieurs milliers d'enfants répartis dans trois orphelinats de la région. Une opération certes menée en coopération avec le controversé milliardaire propriétaire du club, Rinat Akhmetov, mais dont le joueur n'a rien à gagner, si ce n'est de renforcer encore un peu plus son statut d'icône.

Par Régis Delanoë
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