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Dans quel état est le Nou Mestalla ?

Aujourd'hui propriété du milliardaire Peter Lim, le Valence CF retrouve la grande Europe. Des retrouvailles réjouissantes que l'estadio de Mestalla s'apprête à officialiser face au Zénith. Quelques kilomètres plus loin, le Nou Mestalla attend, lui, d'être terminé. État des lieux d'un projet titanesque toujours en stand-by.

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Un aquarium aux bassins vides, un Grand Prix sans Formule 1, un opéra sans Castafiore… Depuis une dizaine d'années, Valence s'est mué en ville de tous les excès et en symbole de la crise économique qui a frappé l'Espagne. Une folie des grandeurs entamée au début du millénaire qui n'a de cesse de plomber les comptes publics et de faire la honte de ses habitants. De ce marasme économique, le Valence CF, joyau local, n'a pu s'extirper. Plus que sa dette à huit chiffres, le fanion ché s'est vu imposer une nouvelle enceinte qui, encore aujourd'hui, n'est pas totalement sortie de terre. Les prémices de ce projet remontent à 2006. Suite à la première pierre posée s'en sont entassées quelques-unes. Insuffisant, néanmoins, pour terminer la construction d'un projet dont le budget initial était de 344 millions d'euros. Baptisé « Nou Mestalla » , ce stade devait prendre la succession de l'actuelle antre des Naranjas dès 2011. Aujourd'hui encore, il attend la reprise de travaux qui semblent inextinguibles. Peter Lim, nouveau propriétaire du club depuis l'an dernier, affiche lui un optimisme qui prévoit la livraison du stade en 2017… Encore une douce chimère ?

Bankia, un pacte avec le diable


Le salut du Valence CF ne peut, de toute façon, passer que par son nouveau propriétaire. Aux manettes depuis fin octobre 2014, ce milliardaire de Singapour n'a pas fait que racheter le club. Il a également pris possession de ses dettes et de son second stade. Malgré une ardoise aujourd'hui estimée à quelque 300 millions d'euros, son projet rime avec succès dès sa mise en action. Sportivement, la bande à Nuno renoue illico avec une quatrième place synonyme de qualification en Ligue des champions et ramène de l'optimisme chez ses supporters. Une aficion qui, depuis 2006, n'accordait plus aucun crédit aux dires de la direction ché. Et pour cause, avec leur projet titanesque de construction d'un nouveau Mestalla, les anciens boards avaient complètement plombé le projet sportif. Tout part de Juan Bautista Soler, président de 2004 à 2008. Entrepreneur dans le BTP, il se lie avec Bankia pour façonner la nouvelle antre du club. Avec ses 75 000 strapontins et ses cinq étoiles UEFA, elle promet de faire entrer le Valence CF dans la cour des mastodontes européens.

La crise allant, Bankia perd pied et ne doit son sauvetage qu'à l'aide de l'état - une aide estimée à 23 milliards d'euros… Par ricochet, le Nou Mestalla prend lui aussi du plomb dans l'aile. Entamés en 2007, les travaux sont donc mis en stand-by dès 2009 pour cause de retard dans le paiement des constructeurs. Bien incapable de redresser la barre, Juan Bautista Soler laisse sa place à Manuel Llorente. Un nouveau big boss qui s'attèle, sitôt sa prise de fonction, à relancer le projet. Après des pourparlers avec la Generalitat de Valence, un deal est conclu : la région se porte garant des dettes du club et assure la reprise des travaux. « Ce n'est pas seulement un projet de club. C'est un projet de toute la société valencienne, très ambitieux, qui va générer beaucoup de postes, et qui va dynamiser l'économie de la ville » , s'emporte en juin 2012 Llorente. Trois mois plus tard, le retour à la réalité s'annonce délicat. Bankia, toujours pas évincée du projet, décide de stopper tout avancement des travaux. Pis : en janvier, la banque largue les amarres et oblige la région, paix sociale oblige, à devenir actionnaire majoritaire d'un club sous assistance respiratoire.

Un projet revu à la baisse


En lutte pour sa survie, Valence met entre parenthèses son nouveau Mestalla. L'ancien, quant à lui, est décrété « illégal » par la justice en 2013 : suite à une plainte des riverains, les autorités espagnoles considèrent l'agrandissement du stade pour le Mondial de 82 comme « sauvage » . Un combo hallucinant qui ne refroidit pas les velléités de rachat de Peter Lim. Effective en octobre dernier, la vente du club au profit du Singapourien engendre quelques mises à jour du Nou Mestalla. D'une, le faste du projet est revu à la baisse : de 75 000 places, il passe à 60 000, et de 344 millions d'euros, son budget passe à 200 millions. De même, les architectes ainsi que les plans sont changés. « Nous voulons un nouveau stade qui s'adapte à la réalité actuelle, embraye Lay Hoon, présidente déléguée, cet été. Nous ne voulons pas construire le stade qui a été planifié il y a de ça neuf ans. Il y a de nouveaux matériaux, de nouvelles idées et de nouveaux concepts. » Les travaux devraient reprendre leur cours d'ici la fin de l'année. Un temps espéré pour 2017, les prévisions ont été revues : le Valence CF devrait prendre possession du Nou Mestalla pour le début de la saison 2018/19.

Par Robin Delorme, à Madrid
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Peter Lim est quand même en super forme, pour un mec qui s'est pris une balle dans le crâne par Tom Cruise il y a onze ans.
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