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Danny Ings, l'heure de l'envol ?

À 22 ans, Danny Ings fait partie des nouvelles promesses du football anglais. En fin de contrat à Burnley, il est dans le viseur des plus grands clubs de Premier League et pourrait prochainement intégrer la sélection anglaise. Portrait.

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« Hola, Hola Danny, esta bien ? » Lundi après-midi à Padiham, petit village où s'entraîne le Burnley FC. Tout l'effectif s'est mis à l'heure espagnole : entraînement tardif à l'instigation du coach Sean Dyche, « histoire que les garçons puissent profiter de leur week-end » précise un membre de l'encadrement, et dialogues dans la langue de Cervantes pour chambrer l'attaquant Danny Ings, qui a profité de l'absence de matchs pendant plusieurs jours pour aller chercher un peu de chaleur au sud de l'Europe. « Coach, m'en demandez pas trop aujourd'hui, j'ai le décalage horaire dans la figure. » L'œil espiègle, celui qui est pressenti pour intégrer prochainement l'équipe d'Angleterre tente de retourner la situation à son avantage. Sur le bord du terrain, son entraîneur sourit, car il sait que son joueur a beau prétendre tirer au flanc, il n'en est rien.

Pas assez bon pour la Saints Academy de Southampton


Lors de ce match d'entraînement à onze contre onze, le natif du Hampshire multiplie les appels, redescend parfois pour soutenir sa défense en mettant le pied sur le ballon et le ressortant avec une passe propre. Et lorsqu'il se fait chiper le ballon, il part à sa reconquête d'un tacle glissé. À sa première et seule occasion de but, il met le ballon au fond... À seulement 22 ans, Danny Ings porte les couleurs de Burnley FC depuis près de 4 saisons marquées de hauts et de bas. Les hauts : 21 pions en Championship en 2013-2014, prépondérants dans la promotion du club dans l'élite, 9 de plus cette saison en Premier League, ce qui permet à la plus petite ville du championnat (70 000 âmes) de continuer d'y croire. Les bas : deux grosses blessures aux genoux, la première juste après son arrivée à l'été 2011, qui retardera ses débuts avec les Clarets de six mois, puis la seconde en août 2012, six mois à peine après avoir retrouvé les terrains.

Pour l'attaquant, « capable d'évoluer à tous les postes offensifs d'une attaque à deux ou trois joueurs, mais meilleur dans l'axe » selon Sean Dyche, la vie n'a pas été un long fleuve tranquille. A Southampton, où il a débuté, il est jugé insuffisamment talentueux pour intégrer la prestigieuse Saints Academy. C'est à Bournemouth, dans le « centre d'excellence » de ce club alors en League Two, qu'il force son destin à partir de 2006. Dans son Hampshire natal, Ings passe les étapes et monte en grade : une bourse scolaire en 2008, un premier match pro en 2009, puis un contrat en 2010. Prêté en Conference à Dorchester en septembre, l'attaquant est rapatrié dès novembre suite à une hécatombe dans l'effectif de Bournemouth. Le début d'une montée en puissance qui le voit enchaîner les matchs, marquer des buts importants et se rendre indispensable aux Cherries. D'où quatre revalorisations salariales successives entre novembre 2010 et juillet 2011. La suite, c'est un transfert à Burnley en fin de mercato d'été 2011, à l'instigation de son ancien patron à Bournemouth, Eddie Howe, devenu manager des Clarets huit mois plus tôt.

Un œil sur la prochaine liste de Roy Hodgson


Si son aventure au nord de l'Angleterre a mal débuté avec deux grosses blessures, Danny Ings a aujourd'hui un horizon découvert : en fin de contrat en juin, il est convoité par les plus gros clubs du pays. Une rumeur insistante faisait état d'un accord déjà trouvé avec la Real Sociedad, en Liga, mais le coach des Clarets espère voir son joueur rester au pays : « On aimerait le garder à Burnley, mais ce sera très dur. Il faut qu'il reste en Premier League pour progresser plus vite et s'installer durablement en équipe d'Angleterre. » La sélection, justement. À Burnley, on espère que Danny Ings ou le latéral droit Kieran Trippier seront dans la prochaine liste de Roy Hodgson, histoire d'être le ou les premiers internationaux anglais du club depuis Martin Dobson, en 1974. Une époque où l'équipe de la plus petite ville représentée dans l'élite anglaise faisait partie des places fortes du foot britannique.



À Burnley, Danny Ings a conquis les cœurs par son talent, ses qualités techniques et son sens du but, mais aussi par sa générosité hors du terrain. En juin 2014, alors qu'il faisait ses courses dans un supermarché de Burnley, le joueur tombe face à des employés organisant une quête de dons pour Shirley Wong, une de leurs collègues atteinte d'un cancer. L'attaquant se renseigne, puis sort du magasin pour retirer plus de 600 livres sterling au distributeur le plus proche. Quelques mois plus tôt, il avait payé le repas d'une vieille dame avec qui il avait sympathisé dans un restaurant. Personne n'a donc vraiment été surpris fin 2014 de le voir lancer sa propre fondation, « Danny Ings Disability Sport Projects » , pour fournir des leçons de football à des enfants handicapés ou en difficulté scolaire. Talentueux, philantrophe, Danny Ings pourrait devenir l'un des nouveaux fers de lance du football anglais, « s'il continue dans cet état d'esprit, cette volonté de progresser » dixit Sean Dyche. En dépit de sa réputation naissante et de ses bonnes actions hors des terrains, le joueur n'a pas oublié sa priorité : briller en tant que footballeur. Dès ce week-end à Stamford Bridge contre Chelsea ?


Par Nicolas Jucha, à Burnley
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