1. // Légendes

Dallas 1963, Wembley 1966 (2/2)...

Here we go ! Deuxième partie, c'est parti ! On popular demand...Donc, Dallas 63 qui use la rétine à force d'essayer de déceler sur le film de Zapruder la preuve ultime qui démontrera qu'il y a bien eu complot et que Lee Oswald n'était pas tout seul à shooter JFK. Et puis Angleterre-RFA 66 qui avait fait chier la bite pour enfin savoir si cette reprise de Hurst avait bien franchi la ligne ou non. La suite...

0 0
Donc en 75, gros buzz aux USA quand le bon peuple américain découvre le film de Zapruder et le shooting ultra violent de leur président bien aimé. En 1976, sous la pression populaire, le Congrès américain décide alors de créer une commission chargée d'enquêter sur les assassinats de John Fitzgerald Kennedy et du Dr Martin Luther King (lui aussi troué à la gorge en avril 68). Le U.S. House of Representatives Select Committee on Assassinations (HSCA) reprit les enquêtes à zéro et fit réexaminer tous les éléments par des panels d'experts balistiques et photographiques... Conclusion en 1979 : il y a bien eu « complot » . Mais sans plus... Assassins et commanditaires « suspectés » n'ayant pu être « nommés » , voir arrêtés. En fait, au cours de l'enquête de cette Commission, et dès le début, il y eut une nouvelle épidémie de suicides mystérieux d'ultimes témoins clefs... Ce qui refroidit évidemment les ardeurs des enquêteurs fédéraux. On en est donc resté là, jusqu'à aujourd'hui.

Une image choc devenue mythique : le coup fatal qui fit exploser le crâne de JFK venait-il de derrière (donc Oswald coupable et tueur unique) ou bien de devant et de droite (donc présence de tueurs supplémentaires, et donc complot) ? A la vue des images, 75 % des Américains pensent depuis 30 ans qu'il y a bien eu complot... Régulièrement, des vieux témoins oubliés confessent sur leur lit de mort qu'ils ont trempé dans une « conspiration » mêlant anti-castristes, agents du FBI et de la CIA, maffieux de Louisiane, flics de Dallas, Richard Nixon, JB Johnson, George Bush Senior, Edgar Hoover, grands pétroliers texans, tueurs à gages, etc... Bref, tout l'univers criminel de la trilogie Underworld USA de James Ellroy ! Le film de Zapruder n'a jamais apporté de preuves tangibles de la présence de plusieurs tueurs à Dealey Plazza, à Dallas, mais il reste un document historique toujours disséqué image par image. Un must visuel qui attend toujours un « complément d'enquête » ... Ou bien des aveux clairs et nets, et vérifiables.

“Litigieux”

Et Wembley ? Pareil ? Depuis 66, on n'était jamais arrivé à déterminer si le but de Hurst était valable ou non. C'était terrible car ce but contesté avait toujours entaché la légitimité du seul titre de champion du monde de l'Angleterre. Qui plus est, il y avait aussi des accusations pas infondées du tout d'un arbitrage favorable tout au long de la compète et l'avantage incroyable d'avoir joué tous ses matchs à Wembley ! D'où la triple suspicion. Alors, dans les années 90, la BBC a eu la bonne idée de réunir deux acteurs de cette finale, et pas des moindres : Franz Beckenbauer et Bobby Charlton. Les deux monstres sacrés visionneront ensemble le match et feront leurs commentaires pendant et après la projection... Franz y était allé confiant, sûr de démolir l'arrogance anglaise une bonne fois pour toute. Peine perdue sur le but de Hurst : ni lui, ni Bobby ne parviennent à se faire une idée définitive sur le troisième but anglais. Sauf que... Kaizer Franz reconnaîtra après le visionnage la supériorité anglaise lors de la finale, qu'il n'avait alors jamais vue dans son intégralité. Voilà qui calma un peu en Allemagne les contestations en illégitimité de la victoire Brittonne. Bobby Charlton salua le fair-play de Franz, convaincu, lui, depuis longtemps qu'Albion n'avait pas volé sa World Cup... et même avec un but « litigieux » !

On en était là sur l'affaire Hurst, quand soudain, une autre polémique légendaire ressurgit tout à coup... Au début des années 2000, sans prévenir, énorme révélation de Berti Vogts : le penalty accordé par l'arbitre anglais, Mr Taylor, en faveur de la RFA lors de la finale de Coupe du Monde 1974 (RFA-Pays Bas) n'était pas valable ! Flash-back... Le 7 juillet 1974, à Munich, la Hollande de Johann 1er mène 1-0 depuis la première minute de jeu. A la 25ème, l'attaquant Hölzenbein est “fauché” dans la surface. Penalty sifflé par Mr Taylor. La marrée orange proteste avec véhémence mais en vain. Breitner transforme et égalise pour les Blancs (1-1). Les Allemands revenus dans la partie prendront l'avantage définitif sur un but de Müller à la 44ème (2-1). A la mi-temps, Johann Cruyff s'en va trouver Mr Taylor pour lui exprimer son mécontentement sur le « penalty » d'Hölzenbein. L'arbitre s'énerve : carton jaune pour Cruyff sur le chemin des vestiaires ! Inouï... Presque 30 ans plus tard Berti Vogts confessera que Hölzenbein avait bien simulé et que le penalty n'était pas valable... On s'en était douté méchamment en voyant et revoyant le plongeon immonde de Bernd Hölzenbein dans la surface hollandaise.

« You're an englishman... »

Quel rapport avec Dallas 63 ? Aucun. Quel rapport avec Wembley 66 ? En apparence, aucun aussi. Sauf peut-être une double compensation accordée à la RFA par Mister Taylor, née d'une intervention impériale de Beckenbauer ? Au moment où l'arbitre siffle le penalty pour la Hollande sur un fait litigieux (Cruyff fauché, c'est acquis, mais à l'intérieur ou non de la surface de réparation teutonne ?), Kaizer Chief s'en va trouver l'arbitre et de toute sa stature de Commandeur lui balance ces simples mots : « You're an englishman... » . Beaucoup de sous-entendus dans cette sentence... Des réminiscences culpabilisantes à peine voilées de Wembley 66 ? Peut-être... En tous cas, Mr Taylor accordera 24 minutes tard un penalty à Hölzenbein. Double compensation pour 1966 et pour le penalty hollandais pour solde de tous comptes ? Peut-être un peu aussi... Enfin, bon : rendons hommage à Berti Vogts qui eut le courage d'avouer l'inavouable. Avouer l'inavouable... C'est ce que Geoffrey Hurst a fait cette semaine...

page]
Ouf ! On y arrive... Jeudi dernier, Hurst, l'auteur du triplé historique lors de la finale de la Coupe du monde 1966 contre l'Allemagne (4-2) a avoué. Le but du 3-2 n'aurait jamais dû être accordé par le juge de touche, le Russe Tofik Bakhramov. Le but le plus controversé de l'histoire du foot a trouvé son épilogue dans la bouche de l'attaquant anglais : « Le ballon n'a jamais franchi la ligne de but. (...) J'ai une grande dette envers Tofik Bakhramov. S'il était là aujourd'hui, je lui serrerais la main. C'est grâce à lui que j'ai pu inscrire un triplé et me faire une place dans l'histoire. » Geoff a ajouté qu'il était « heureux que les gens connaissent enfin la vérité. Ça a été un fardeau énorme sur mes épaules pendant 44 ans » . Le choc ! Buzz international et confirmation définitive du « non but » et résolution enfin d'un des plus grands mystères de l'Histoire du Foot... Halleluyah ! Hosanna ! Grâce soit rendue au fair-play britannique ! Brûlons les bobines et consolons les 11 joueurs allemands de 66 du malheur qui les a injustement accablés. Pardonnons à Geoff Hurst. A 24 ans ce 30 juillet 66, l'Angleterre était la jeunesse du monde : il voulait sans doute être aussi populaire que les Beatles, eux-mêmes aussi populaires que le Christ. Forgiven, Geoff ! Tu es pardonné...

Aux aveux

Voilà, voilà... Cette confession a été prononcée... le jeudi 1er avril ! April Fool (poisson d'avril en Angleterre) ? Ben, faut croire, vu que ce bon vieux Geoff s'est ensuite rétracté le lendemain. N'y a-t-il pas, quand même, toujours une part de vérité dans ce genre de plaisanterie ? Il semblerait que oui... En tous cas, cette histoire est riche d'enseignements. Notamment sur un point qui concerne l'IMAGE. L'usage de la vidéo, s'il se met en place, ne règlera jamais à 100 % toutes les actions litigieuses. S'en remettre aveuglément à la technologie demeure une illusion qui frustrera encore plus tous ceux qui sont persuadés que la vidéo prouve tout, montre tout, résout tout... Il faut aussi faire confiance au temps et aux hommes. Certaines controverses passionnées trouvent un jour leur issue finale. Une issue trop tardive, évidemment, pour les « perdants » mais issue quand même...

L'aveu de Berti Vogts et le « demi aveu » de Geoff Hurst, nécessairement confessés après quelques décennies, sont beaucoup plus « parlants » que des images inlassablement triturées dans tous les sens. Un jour, Vata avouera sûrement qu'il avait bien fait main contre l'OM en avril 90 : ça ne consolera pas le peuple marseillais mais au moins il saura. Pierluigi Collina confessera peut-être un jour aussi qu'il a bien truandé la France à l'Euro 2000 contre l'Espagne... Etc, etc. Le foot n'est pas fait de vérité absolue saisie dans l'immédiateté. Le temps doit aussi faire son œuvre. En tous cas, la technologie ne règlera jamais tous les faits litigieux (notamment les innombrables simulations dans la surface qui ont très souvent l'apparence évidente d'une faute sanctionnée d'un péno), alors reste le facteur humain : l'aveu honnête des protagonistes confessé tout de suite ou plus tard, beaucoup plus tard. Comme dans la vie, la vérité n'a pas de limite : un jour, on saura enfin... ou on ne saura jamais. Beckenbauer avait fini par reconnaître la supériorité anglaise des années après 66. Johann Cruyff ou Johnny Rep avaient eux aussi fini par confesser « indirectement » la supériorité allemande bien des années après 1974. Faire confiance aux hommes...

[A lire : Episode 1


Vous avez relevé une coquille ou une inexactitude dans ce papier ? Proposez une correction à nos secrétaires de rédaction.
Aucun commentaire sur cet article.
Partenaires
Logo FOOT.fr Olive & Tom
Article suivant
Last Action Hero
0 0