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Cyril Théréau : « Di Natale pourrait s'arrêter en janvier »

La fin d'année, c'est l'heure des bêtisiers et des bilans. Et en une presque moitié de saison, on en a vu des choses en Serie A. Des velléités de Scudetto de Radja Nainggolan à la fatigue de Toto Di Natale, voici le résumé de Cyril Théréau, francese de l'Udinese.

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Ce n’est un secret pour personne, au moins cinq équipes sont en mesure d’aller chercher le titre. Un peu de suspense supplémentaire par rapport à l’année dernière, ça ne fait pas de mal, non ?
Ouais, c’est mieux. Mais depuis quelques années déjà, c’est comme ça. Quand on investit de plus en plus sur le mercato, forcément, ça élève le niveau de jeu global. Et c’est vrai que des équipes comme l’Inter, même le Milan qui a bien recruté, ça devient pas mal du tout. Et les équipes qui investissent beaucoup se retrouvent généralement devant.

Qu’est-ce qui a changé par rapport à l’année dernière ?
Certaines équipes moyennes sont passées au niveau supérieur. Je pense notamment à la Fiorentina, ça joue vraiment bien.

Comment ça se fait d'après toi ?
Le recrutement, le projet de jeu qui prend vraiment forme. Et puis, je pense aussi à une équipe surprise, comme Sassuolo, qui a encore réussi à élever son niveau, ça change pas mal de choses. Un peu comme la Sampdoria et le Genoa l’année dernière. Et du coup, le milieu de tableau est vraiment plus homogène. Quand on gagne deux matchs d’affilée, on est bien. Mais quand on en perd deux, on est mal. Ça, c’est vraiment plus compliqué à gérer. C’est vrai que les grosses équipes trustent tous les points, ça rend le milieu et le bas de tableau assez homogène. Même si trois équipes du bas de tableau ont l’air quand même assez mal parties pour la relégation.

Y a aussi les surprises en Coppa cette année, c’est assez rare pour le souligner…
C’est vrai. Depuis que je suis arrivé, le système favorise beaucoup les grosses équipes, et du coup, c’est très rare de voir ce genre d’exploits. Et là, il y a un quart de finale entre une Serie B et une Serie C. En France, ça peut paraître normal, mais pas en Italie. Les grosses équipes commencent toutes en huitièmes de finale, elles jouent chez elles. En seizièmes de finale, il y a normalement même plus d’équipes de Serie B. Et en plus, les équipes de Serie B ne mettent même pas leur équipe type face à une Serie A. Bref, c’est hyper rare. Sincèrement, Spezia, je les ai vus jouer, c’est vraiment pas mal. Mais une équipe de Serie C, c’est vraiment fou.

Et tu trouves que ça fait du bien au foot italien ?
Ouais, grave. Et j’espère que ça peut changer leur regard sur cette Coppa, voire même changer un peu ce système-là. Quand tu les écoutes parler de cette Coppa, ils disent tous la même chose, entraîneurs et joueurs, c’est qu’ils s’en foutent, qu’ils sont démoralisés parce qu’ils n’ont aucune chance de la gagner.

Vous avez pris 4–0 contre l’Inter cette année. C’est vraiment très fort ou ils ont de la chance ?
Sincèrement, on a fait beaucoup d’erreurs individuelles. Au moins sur trois buts. Et on aurait largement pu marquer en première mi-temps aussi. Après, ils sont très costauds. Physiquement, ils sont au-dessus de tout le monde. Ils sont durs à bouger, mais ils ont beaucoup investi. Et puis niveau offensif, ce n’est pas encore tout à fait ça. Attention tout de même au retour de la Juventus. Moi, je pense qu’ils sont encore favoris, même avec le mauvais départ qu’ils ont pris.

Tu dis ça maintenant, mais en début de saison, tu n’as même pas un peu douté pour eux ?
Si, quand même… Il y a quelques semaines, j’étais toujours persuadé que c’était la meilleure équipe du championnat, mais bon, ils avaient pris tellement de retard que je me suis dis que ça allait être difficile pour eux. Mais voilà, tout va tellement vite dans le foot. Sept victoires d’affilée, et aujourd’hui, je crois qu’ils sont à deux ou trois points du premier. Et pour moi, ils sont favoris, c’est sûr.

Sinon, qu’est-ce que ça fait de jouer sans Parme cette saison ?
Bizarre. Mais depuis que je suis arrivé, chaque année il y a un club un peu historique qui tombe. Catane, Bologne, Parme. Chaque année, il y a des surprises. J’aimais bien jouer là-bas. Il y a dix ans, je les regardais à la télé, je me souviens de cette finale d’UEFA qu’ils avaient gagnée contre Marseille. C’est triste.

Et Rudi Garcia, il est aussi mal en point ?
Ça dépendra des prochains matchs. Quand on les a joués en début de saison, je les ai trouvés impressionnant. J’en avais parlé avec Radja (Nainggolan, ndlr), et il me disait que tout allait bien, que Garcia était un bon entraîneur, qu’il avait l’impression que cette année était la leur. Mais aujourd'hui, ça n’a rien à voir. Je pense que les vacances vont leur faire du bien. J’espère qu’ils vont se remettre parce que Garcia fait du bon boulot quand même. La Roma, avant lui, ne gagnait pas beaucoup non plus. Alors cinquième, c’est plus ou moins là où ils devraient être.

Et toi ? Comment tu te sens cette saison ?
Cinq buts, deux passes décisives... Plutôt pas mal. Sur le plan individuel, ça va. Mais au niveau de l’équipe, c’est plus compliqué. La dernière victoire contre le Torino nous fait du bien. On est revenus dans le milieu de tableau. Nos deux premiers matchs en début d’année sont abordables. Si on les gagne, on peut vraiment se mettre dans de bonnes conditions pour la suite.

C’est le départ d’Allan qui vous fait du mal ?
Ouais, je pense que c’est un joueur comme ça qui nous manque cette saison. Pour pouvoir être encore meilleur. C’est le type de joueurs qui fait un maximum de passes décisives, qui sautent les lignes. Actuellement, on défend bien, on marque des buts, mais on est moins fluides. Et pour ça, il nous manque beaucoup.

Antonio Di Natale est peut-être moins présent aussi ?
Ouais, les années commencent à se faire sentir. Ça fait bizarre de ne le voir marquer qu’un but un championnat après autant de journées. Un attaquant… À 38 ans… C’est compliqué de faire la différence à cet âge-là. C’est vrai qu’il est toujours juste, qu’il arrive toujours à faire des gestes incroyables, mais on sent tous que ça commence à devenir compliqué.

Un peu comme Totti ?
Exactement. D'ailleurs, au club, on entend assez souvent qu’en janvier, il pourrait partir.

À ce point-là ?
Ouais, il pourrait ne pas reprendre en janvier. C'est triste...


Propos recueillis par Ugo Bocchi

Dans cet article

Effectivement il y a eu fin novembre des rumeurs comme quoi Di Natale pourrait prendre sa retraite des cet hiver mais elles se sont quelque peu atténuées. Toto est un joueur qui marche au moral et depuis quelques matchs il a retrouvé du temps de jeu et du plaisir sur le terrain, même s'il n'est plus aussi décisif qu'avant sa classe balle au pied est indiscutable. Quand on le voit jouer il n'a rien d'un joueur qui va prendre sa retraite rapidement, il en a encore sous le pied.
Sinon j'apprécie beaucoup Cyril, c'est un joueur très intelligent, qui va au charbon, qui joue pour l'équipe. Un attaquant vraiment sous estimé en France...
Caribou West Niveau : DHR
Il est bien étonnant qu'il s'exprime ainsi sur Di Natale, autant on peut souvent reprocher aux footeux de faire dans la langue de bois, autant, là il dit à demi-mot de son coéquipier qu'il est fini, il annonce sa retraite potentielle à sa place...
Je doute que Toto apprécierait cette itw.

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