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CSKA, des chiffres et des lettres

Unique représentant russe encore en course en Ligue des Champions, le CSKA Moscou joue son avenir européen sur la pelouse du FC Séville. Le club central de l'armée est à l'image de la nouvelle Russie : dépensier et clinquant. Vingt ans après la chute du mur, le football moscovite a bien changé.

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Keisuke Honda est un joueur quelconque pour le commun des mortels. MVP de la saison d'Eerste Division (l'équivalent de la Ligue 2 hollandaise) avec ses potes du VVV-Venlo, le Japonais se sentait à l'étroit dans l'anonymat du championnat local. Quand le CSKA Moscou le démarche en janvier dernier, l'ancien playboy de Nagoya n'hésite pas à franchir l'Oural. Ses dirigeants néerlandais non plus, d'autant qu'ils s'en mettent plein les poches au passage (9 millions d'euros). C'était écrit, Honda serait le premier Japonais à évoluer en Russie. Près de dix plaques pour un ancien pensionnaire de seconde division. Un pari fou.

Le CSKA en a l'habitude. Sa marque de fabrique ? Acheter jeune et cher. Tomas Necid (5 millions), Lubos Kalouda (5,5 millions) ou encore un certain Vagner Love (8 millions) sont déjà passés par là. Des jeunes enfants boutonneux quasiment inconnus achetés monnayant un rein. Une spécialité maison. A leur décharge, les Moscovites ont toujours eu le nez creux. Avant eux, Valery Karpin, Youri Chesnokov, Sergeï Semak ou encore Igor Korneev ont fait leurs premières armes sous le maillot rouge. Forcément, comme l'armée.

Un virage mal négocié

Pourtant, c'est surtout au niveau financier que le CSKA avait un temps d'avance. Roman Abramovich, le “papa dollars” de Chelsea, a toujours eu un faible pour le club de Moscou. Dès 2004, il aligne près de 15 millions par an pour sponsoriser le club via son groupe pétrolier Sibneft. Par la suite, le fric affluera continuellement dans les caisses du club grâce aux juteux contrats signés avec Reebok et la banque russe Vnechtorgbank. On l'a compris, le club ne regarde pas à la dépense.
Lorsqu'en 2005, Moscou devient le premier club russe à remporter une Coupe d'Europe (victoire contre le Sporting Lisbonne en finale de C3), l'Europe s'attend à vivre un raz-de-marée rouge. Pas vraiment le club le plus titré du pays (loin derrière les géants comme le Spartak ou le Dynamo Moscou), le CSKA espère mener la révolution russe.

Mais à l'image de l'Ajax des années 90, Moscou se fait piller. Semak, Zhirkov, Jô, Vagner Love... les meilleurs foutent le camp. Au fur et à mesure que la tirelire se remplit (Jô a été refourgué à City pour 24 millions d'euros, ndlr) les titres se font rares (dernier titre de champion en 2006). La hype CSKA Moscou n'a pas eu de lendemain.

Jeune garde

Pire, le banc de touche devient brûlant. Depuis le départ de Valeri Gazzaev en 2008, Zico et Juande Ramos se sont pris les pieds dans le tapis. C'est l'inconnu Leonid Slutsky qui a hérité de l'équipe fanion. Mais les Moscovites peuvent se prendre à rêver d'un quart de finale de Ligue des Champions. Il leur suffit de tenir le coup à Séville, pas forcément un ogre européen. Surtout, les Russes peuvent compter sur leur jeune garde. Les Dzagoev, Necid et autre Guilherme. Mais c'est leur capitaine, le gardien Igor Akinfeev (23 ans), qui dégage ce petit plus qui peut faire la différence. Un joueur qui espère être à la hauteur d'un de ses prédécesseurs : Sergei Perkhun, un portier prometteur. Depuis 2001, son numéro 16 est retiré de l'effectif. Le gardien s'est tué sur le pré en percutant violemment un attaquant adverse en plein match. Il avait 23 ans, l'âge d'Akinfeev. Une histoire de chiffres...

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