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CS Lebowski, bande de dudes

À Florence, des tifosi de la Fiorentina ont repris en main le CSL, en D7. Kop de 500 supporters et gouvernance calquée sur la démocratie corinthienne : un OVNI plane dans le foot italien.

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L'histoire commence avec le réflexe classique du joueur amateur : le feuilletage compulsif des pages du canard local, le lendemain d'un but. Cette fois, c'est un caramel envoyé par un pote de Lorenzo : « En voulant voir comment était raconté son but, on tombe sur un article qui traite de la réalité de l'Associazione Calcio Lebowski, dernière au classement et qui a perdu son match 8-2 contre l'avant-dernier. » Le nom du club, hommage à la philosophie du Duc des frères Coen, allume une étincelle dans l'esprit de Lorenzo.

L'habitué de la Curva Fiesole de la Fiorentina motive alors son groupe : « On décide de prendre les scooters pour aller les voir, mais on se trompe de stade. On arrive à la fin de la première mi-temps, et l'AC Lebowski perd déjà 3-0. Mais on se met quand même à chanter. À la fin du match, les joueurs viennent nous voir et nous demandent si on se fout de leurs gueules. On leur répond que pas du tout, et qu'à partir d'aujourd'hui, on sera leur groupe ultra. » C'était en 2004. Depuis, pas moins de 500 personnes viennent supporter un club qui se démène dans les bas fonds du foot italien. Effet papillon sur le ballon rond.

Le Grand Duc et le docteur Sócrates


L'AC Lebowski, devenu le Centro Storico Lebowski, est passé de la Terza Categoria (D9) à la Prima Categoria (D7), et Lorenzo en est un des propriétaires. Un socio parmi d'autres, pour un club qui en compte plus de 300.
« Comme aujourd'hui on va en boîte, autrefois on allait au stade. » Lorenzo
Une originalité qui correspond à une évolution normale selon Lorenzo, une réponse nécessaire aux turpitudes de l'époque : « Les années 2004, 2005, 2006 et 2007 sont les années du changement radical de la sociabilité des stades » , analyse-t-il, un brin nostalgique. « Avant, on avait un concept populaire du stade, avec les virages autogérés, des déplacements en masse, tous ensemble le matin à la gare, des places à prix abordables. Tout un rituel qui impliquait les jeunes de la ville. Comme aujourd'hui on va en boîte, autrefois on allait au stade. » Mais les restrictions sur les libertés sont apparues, avec comme point de repère le décès de Sandri, tué par un policier en 2008. « Aujourd'hui, on a des restrictions pour les banderoles, les tambours, les drapeaux. On n'a plus le droit de prendre le train, le prix des billets a explosé, se désole Lorenzo. On a dévitalisé les stades. On leur a ôté leur humanité, leur créativité, leur énergie. »


Au-delà du stade, c'est tout le football qui perd de sa saveur pour les partisans du CS Lebowski.
« Baggio venait en Fiesole et réclamait qu'on lui passe une écharpe des ultras avant de se mettre à chanter. » Lorenzo
Aux joueurs surprotégés par leur club, ou simplement insensibles au tissu local, Lorenzo préfère le rapport humain et identitaire : « Auparavant, l'identité de l'équipe était le fruit d'une négociation avec la ville. Baggio venait en Fiesole et réclamait qu'on lui passe une écharpe des ultras avant de se mettre à chanter » , remet le tifoso. « Au Brésil, les gens allaient même sonner tard le soir chez Sócrates pour faire soigner leurs enfants. L'équipe était l'expression de l'identité et de l'appartenance à un contexte urbain. » Sócrates, le nom est lâché. Car ceux qui se sont donné pour blase les « Ultimi Rimasti » , les derniers restés, ne se contentent pas d'ambiancer leur Curva Moana Pozzi le samedi après-midi. Ils donnent aussi naissance à un lointain rejeton de la Démocratie corinthienne.

La démocratie selon Lebowski


En 2010, l'AC Lebowski est remplacé par l'actuel Centro Storico Lebowski. Avec, comme fil conducteur, une gestion communautaire et participative. « Si le football moderne se fonde sur la distance entre le tifoso et le joueur, ainsi qu'entre le tifoso et le club dans son ensemble, chez nous, pas de passivité ni d'éloignement, détaille Lorenzo.
« Chez nous, le tifoso est propriétaire et décideur de tout ce qui regarde le club. » Lorenzo
Chez nous, le tifoso est propriétaire et décideur de tout ce qui regarde le club. De la couleur du maillot aux valeurs qu'on veut promouvoir. » Tout se déroule lors des réunions ouvertes à tous les socios. Là sont prises les décisions, là aussi répondent de leurs actions les mandatés. Le responsable du secteur jeune, le directeur sportif, tous sont responsables devant l'assemblée des socios. Prend ça, Matteo Renzi.


Pour faire tourner la bande de dudes – une équipe de jeunes, une équipe féminine et deux équipes seniors –, le budget annuel est de 70 000 euros. Et le Centro Storico recourt à l'autofinancement à 75 %. Plus de 50 000 euros proviennent ainsi des abonnements, des billets d'entrée au stade et de l'ensemble des événements, fêtes et dîners organisés par le club. Avec un public atteignant le millier lors des playoffs, la base est large pour recruter les socios, et les tifosi peuvent être détenteurs de la quasi-totalité du capital du club. En ce qui concerne le processus « d'agrégation » , le Centro Storico n'est pas en reste. Il y a peu, le Centro Storico a organisé la présentation du livre d'Alessandro Colombini, Strikers, voyage en Irlande du Nord, entre George Best et Bobby Sands. Auparavant, pour rendre le stade plus vivable, les gars de Moana Pozzi ont organisé un jam de graffiti. Prochainement sera créé un forum de discussion pour débattre du rôle du tifoso dans le football actuel. La voilà, la sociabilité chère à Lorenzo.

Des ducs sans domicile fixe


Reste que, malgré les belles intentions, le Centro Storico galère à se trouver un toit. Trois changements de stade en cinq ans, à 10 000 euros l'année, ça pique. « Les stades ne sont pas confiés en fonction du projet sportif, ni en fonction du projet social et d'agrégation, mais sur la base de critères clientélistes » , peste Lorenzo. Pour peser lors des discussions à la mairie, les Ultimi Rimasti misent sur la visibilité. « Six supporters viola de Stockport, en Angleterre, nous avait informés qu'ils venaient un week-end à Florence pour aller à l'Artemio Franchi » , explique le socio. « On leur a proposé de venir avec nous le samedi après-midi, au Centro Storico Lebowski. Après quelques bières, l'un d'entre eux, qui tient un blog en anglais sur le football italien, nous dit qu'il écrira sur nous. L'histoire en reste là. Mais, après quelque jours, un journaliste du Guardian voit le papier sur le blog et le republie sur le site du journal. » Depuis, Il Fatto Quotidiano et la presse russe se sont mis à parler du CSL. Or, avec une souscription à 20 euros, la participation est accessible à tous, même aux simples sympathisants idéologiques. Sur les 320 socios actuels, 50 ont souscrit à leur cotisation depuis les États-Unis, un depuis la Nouvelle-Zélande, un autre depuis la Turquie, un encore depuis la Grèce. L'internationale des grands ducs est en marche.


Par Josselin Juncker, avec Eric Carpentier
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