Cruyff et l'honneur du président

Après Bobby Charlton à Manchester, Di Stefano au Real et Franz Beckenbauer au Bayern, Johan Cruyff accède lui aussi au statut honorifique de président d'honneur, en l'occurence du FC Barcelone. Une reconnaissance méritée, mais surprenante à quelques mois de la fin du mandat de Laporta.

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Alors que la guerre de succession fait déjà rage parmi les candidats à la présidence du Barça, l'actuel patron du club, Joan Laporta, a calmé toutes les ardeurs de ses Iznogouds de dirigeants en nommant Johan Cruyff président d'honneur à vie du Barça. Malgré le fait que la décision ait été votée à l'unanimité lors de la dernière assemblée générale du club, certains adversaires de Laporta considèrent que le retour officiel de la légende Cruyff au sein du club -et ce même de manière représentative-, est juste un moyen de détourner l'attention quant aux débats et enjeux des prochaines élections. En clair, Laporta aurait, comme d'habitude, agi en despote. Il y a un peu de ça en effet. Avant d'entamer une carrière politique dans laquelle il se rêve comme le libérateur de la Catalogne, le “Braveheart catalan” s'est donc fait un petit kiff avant de laisser définitivement son siège de président dans quelques semaines. Sportivement et hormis la fin en quenelle de l'ère Rijkaard, son bilan aura été parfait. Ronaldinho, Messi, Deco, Iniesta, Guardiola... Laporta est peut-être tombé sur une génération en or, ce qui lui a permis de se faire connaître du grand public. Et tout ça grâce à Johan Cruyff. Admirateur inconditionnel du ‘Flaco' (il a appelé son fils Johan en hommage à Cruyff), Laporta a toujours écouté les conseils avisés de celui qui est devenu au fil du temps l'éminence grise du Barça, et ce malgré son départ officiel du club en 95. Sans Cruyff, Laporta ne pourrait sûrement pas aujourd'hui aspirer à une carrière politique. Sans Cruyff, Laporta n'aurait pas eu l'occasion de faire un dernier coup d'éclat en tant que président du Barça... Avec la nomination au poste de président d'honneur de Cruyff, Laporta scelle ainsi ce qu'il aimait appeler « un cycle vertueux » .

L'inspirateur des succès du FCB

Au-delà des polémiques et des manœuvres politiques, le fait de voir Cruyff président d'honneur du Barça apparaît comme une évidence. Premier joueur vedette des Blaugranas, entraîneur révolutionnaire et fondateur d'un style sans égal dans le monde, le génial Batave méritait bien que les dirigeants ressortent pour la deuxième fois en 111 ans d'Histoire l'article 16 des statuts du club. Celui-là même qui se réfère « aux membres de mérite et d'honneur et aux protecteurs de l'Institution » . Jusqu'à présent, seul le socio numéro 1 du club, le Suisse Joan Gamper, à la fois fondateur et président éternel des Barcelonais, avait eu le droit à tant d'égards juridiques de la part du club. Joan Oliver, le président directeur général du FCB, a exprimé son enthousiasme envers la distinction honorifique accordée à l'un des meilleurs joueurs de tous les temps : « Notre décision est un signe de reconnaissance envers le joueur, l'entraîneur et en même temps l'inspirateur et le père de tous les succès sportifs du FC Barcelone » . Oliver sait de quoi il parle. Jamais un personnage n'aura été aussi important dans l'histoire d'un club de football. Pour faire clair, il y a eu un avant et un après Cruyff au Barça. Grâce au Flaco, les Catalans se sont forgé une identité de jeu que certains préfèrent même qualifier de « philosophie » . Nommer Cruyff en tant que président d'honneur du club revient donc à accorder au Néerlandais la paternité d'un modèle de jeu unique et qui fait office de référence en matière de bing out footballistique. Le “cruyffisme” est désormais une marque définitivement protégée, dont Guardiola en est le copyright rêvé.

Le rôle de l'actuel sélectionneur catalan sera avant tout représentatif et ce dernier ne devrait pas interférer dans les affaires courantes et sportives du club. En clair, Cruyff va occuper le même poste que le Roi d'Espagne ou la Reine d'Angleterre. Un poste qui consiste à manger des petits fours à longueur de temps et à être présent pour les grandes occasions. Des avantages sans les inconvénients. C'est en tout cas ce qu'a laissé entendre Oliver : « Il n'aura aucune implication dans la vie quotidienne du club. C'est un poste protocolaire dans lequel il aura pour objectif de renforcer l'image du club au niveau institutionnel » . Pas sûr qu'il puisse faire mieux que ce qu'il a déjà fait jusqu'à présent pour le Barça...

Traduction : Javier Prieto Santos, source El Mundo

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"Ronaldinho, Messi, Deco, Iniesta, Guardiola... Laporta est peut-être tombé sur une génération en or"

Ronaldinho a été acheté en partie grace à Rosell, ex-dirigeant de Nike et vice-président, même chose pour Deco, Messi c'est Charly Rexach qui l'avait fait signer, etc... Le choix de bons transferts est parfois du au fait de savoir s'entourer et est le propre des grands présidents.
Alors dire qu'il a profité d'une génération exceptionnelle, on peut affirmer la même chose de MU.
Admirateur inconditionnel du ‘Flaco' (il a appelé son fils Johan en hommage à Cruyff), Laporta a toujours écouté les conseils avisés de celui qui est devenu au fil du temps l'éminence grise du Barça, et ce malgré son départ officiel du club en 95.

Cruyff a quitté le club en 96. Il a exercé une influence, notamment avec sa chronique hebdomadaire dans La Vanguardia puis dans El Périodico de Catlunya. Certains présidents (Nunez) ou coachs (Van Gaal) étaient agacés par lui et ne suivaient pas ses conseils. On voit où ça les a menés.
Laporta a eu cette intelligence de savoir prendre des risques, finalement, en mettant les conseils du Flaco en paratique, rien ne l'y obligeait, tout président n'aurait fait comme lui, reconnaissons-lui au moins ce mérite. Exploiter l'idée d'un autre est parfois preuve d'intelligence, et supérieure à avoir une idée intéressante qui est sienne et qu'on n'exploite jamais.

Sans Cruyff, Laporta ne pourrait sûrement pas aujourd'hui aspirer à une carrière politique.

Dès 99, lors du centenaire du Barça Laporta était déjà acoquiné avec des mouvements politiques. Qu'il profite de sa réussite au Barça pour aspirer à un plus gros mandat, je n'y vois rien ici d'indécent lorsqu'on contate de ce qu'est devenue la politique aujourd'hui.
Il suffit de voir qui occupe le poste de président de la république en france...

J'attends quand même de voir la relation qui existera entre El Flaco et Rosell si celui-ci devient notre futur président.
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