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Crise du jeu au Brésil

Neymar ou pas, Thiago Silva ou pas, Dunga ou pas, « je m'en bats les couilles » , dirait certainement Claude Makelele. Peu importent les absents et les changements de sélectionneur, le Brésil ne joue pas plus ni mieux. Alors que le seul Carlos Sánchez a suffi pour détruire les plans offensifs brésiliens mercredi soir avec la Colombie, un bilan s'impose. La Seleção vit depuis de nombreuses années une crise profonde : une crise du jeu.

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Thiago Silva déjoue le pressing de Falcao et sert Dani Alves. Bloqué par James et Téo, le Barcelonais remet sur le central parisien, qui transmet à Filipe Luís sans même avoir besoin de lever la tête. Là-bas sur le côté gauche, le latéral de Chelsea trouve Philippe Coutinho. Les noms sont alléchants et le circuit de la possession semble étudié. Alors, qu'est-ce qu'il se passe ? Rien. Le ballon reviendra sur le joueur de Chelsea, passera peut-être par les pieds frileux des milieux Fernandinho et Elias, pour atterrir dans ceux d'un autre milieu talentueux de Premier League : Willian. Et puis ? Rien. Le Brésil de Dunga allongera sa possession pour repasser par Dani Alves, qui trouvera peut-être une solution miracle. Ou peut-être pas. Alors, il faudra s'en remettre à un seul moyen, et toujours le même : le génie de Neymar.

Un déséquilibre structurel


Au bout d'une circulation de balle sans dynamique, l'héritier de Pelé quittera le marquage de son défenseur central, redescendra et récupérera le ballon à 40 mètres des cages adverses. Arrêté, tout comme tous ses coéquipiers, dans un style typiquement brésilien, il parviendra alors à déséquilibrer une défense entière à l'aide de deux dribbles et trois feintes de regard déroutantes. C'est ce qui est arrivé contre le Pérou dimanche dernier. Mais, après une série miraculeuse de onze victoires consécutives, le Brésil de Dunga a fini par céder contre une Colombie autoritaire. Finalement, il a suffi d'un Carlos Sánchez héroïque et d'un Murillo buteur. En conférence de presse, Dunga a expliqué la défaite comme à son habitude, évoquant son concept préféré : « le contrôle du jeu » . « L'équipe n'a pas su contrôler le jeu. (…) En face, la Colombie a de la maturité. Ils ont bien contrôlé le match, avec de l'expérience. » Et c'est tout ? En réalité, le 4-2-2-2 de Dunga n'a pas fini de s'étendre et de délaisser ses milieux centraux, pour finir le match dans un 4-1-5 laborieux.

Schéma tactique initial du Brésil en 4-2-2-2 (source Opta)


Organisation, équilibre et solidité en défense. Organisation, élaboration et création en attaque. Le football et la tactique peuvent se résumer en quelques mots. L'organisation des deux côtés du terrain, toujours. L'équilibre défensif pour la réduction des espaces, l'élaboration offensive pour la recherche de ces mêmes espaces. Et enfin la solidité pour gagner les duels en défense, et la création pour les dépasser. Aujourd'hui, si ces mots représentaient l'équation tactique imaginaire que toute équipe de football devrait résoudre, le Brésil s'arracherait les cheveux sur le mot « élaboration » . Cette crise du jeu, c'est celle de l'absence de création « en profondeur » au milieu. Et la conséquence est un assemblage de joueurs d'action sans l'élaboration nécessaire pour les mettre dans les conditions de créer. Dans les schémas de jeu de la Seleção, cette élaboration est prise en charge par les défenseurs centraux, les latéraux et un phare offensif ultra-talentueux, à savoir Thiago Silva, Miranda, Dani Alves, Filipe Luís et Neymar. Entre ces éléments de créativité, on retrouve de la solidité physique et souvent tactique, mais un vrai vide de construction et peu de liens. Au Mondial, ce vide avait été symbolisé par les rares participations offensives de Paulinho. Cette année, au Chili, c'est au tour de Fernandinho et Elias de faire circuler le ballon sans participer au jeu. Pourtant, la circulation brésilienne est propre (85% de passes réussies), longue (60% de possession) et même assez intense (565 passes, un nombre qui s'aligne sur les dernières performances de l'Argentine - 577 contre l'Uruguay - et du Chili - 654 contre l'Équateur). Alors, qu'est-ce qui ne fonctionne pas ?

L'abandon du cœur du jeu


Et ce manque d'élaboration se traduit directement dans ce 4-2-2-2 classique : puisqu'elle n'appartient pas aux joueurs adéquats, à savoir les milieux centraux, c'est Filipe Luís qui a dû jouer aux meneurs de couloir : 111 ballons touchés, plus que n'importe quel joueur dans la compétition, à l'image de Marcelo au Mondial. Dans l'axe, certains chiffres parviennent à traduire ce phénomène de crise du jeu. Tout d'abord, Fernandinho a passé un total de 22 ballons à Dani Alves et Filipe Luís (11 chacun), mais seulement 4 à Elias, qui lui en a rendu 5. En ce sens, le milieu se transforme en axe basique de circulation, mais pas plus. À eux deux, Fernandinho et Elias n'ont fait que quatre passes à Neymar, ce qui montre bien qu'ils ne sautent jamais l'étape prévisible des latéraux.

Un autre élément d'étude permet de souligner cet abandon du cœur du jeu : l'usage du jeu long. Contre le Pérou, le jeu long a été utilisé par Willian (9 longs ballons réussis sur 9) et Neymar (4 sur 5). Et Fernandinho ? Un seul. Et Elias ? Un seul. Alors que le Brésil n'a réalisé que 36 longs ballons contre la Colombie (contre 62 pour l'Argentine contre l'Uruguay, et 59 pour le Chili contre l'Équateur), la Seleção aurait grandement besoin de milieux capables d'envoyer eux-mêmes le jeu d'un côté à l'autre du terrain. Quand un ailier fait une transversale, la destination est connue. Quand c'est un milieu, la surprise est toujours plus importante. Après le coup de sifflet final de Brésil-Colombie au Monumental à Santiago, le célèbre journaliste et auteur Jonathan Wilson analyse : « En fait, si Luka Modrić était brésilien, la Seleção ne serait pas loin d'être la meilleure équipe au monde. » Et le 4-1-5 aligné après les entrées en jeu de Coutinho, Tardelli et Douglas Costa n'aurait peut-être pas été aussi désordonné.

La position du Brésil, après les changements, en 4-1-5 (Source Opta)

Le monopole créatif de Neymar


Seulement, ce n'est pas la première fois que le Brésil bute face à cette équation dans son histoire récente. Mais aujourd'hui, les pôles offensifs de création de l'équipe ne semblent pas pouvoir supporter une mécanique si peu dynamique. En 1998, Mario Zagallo avait pu compter sur le quatuor Ronaldo-Rivaldo-Bebeto-Leonardo. En 2015, Dunga n'a que Neymar : quand les lignes se resserrent, le Barcelonais semble être le seul à savoir lire le jeu dans le brouillard. Des 19 dribbles réussis contre la Colombie, Ney en compte 9 et Dani Alves 4. Au cours de la même rencontre, Neymar a su obtenir 5 fautes, soit autant que Firmino, Coutinho, Fred, Willian et Filipe Luís réunis. L'absence d'un autre pôle de création se traduit aussi dans le manque d'échanges au sein du quatuor offensif, malgré l'intégration de Firmino. Neymar-Willian ? Une seule passe. Neymar-Coutinho ? Cinq passes. Willian-Fred ? Trois passes. Willian-Firmino ? Six passes.

Finalement, la seule paire capable de tisser du jeu aura été Neymar-Firmino (17 passes). En conférence de presse, Dunga a ainsi pointé du doigt le manque de maturité de ses armes offensives, les poussant à attaquer plus : « Nous avons besoin et nous voulons des hommes qui prennent des décisions, même s'ils se trompent, et pas des enfants qui ne prennent pas d'initiative » , disait-il cette semaine en conférence de presse. Aujourd'hui, le plus étonnant et inquiétant pour les Brésiliens est le fait de compter sur des ressources de talent très importantes. Peu importent Willian, Coutinho et Firmino, tous convaincants en club, le Brésil ne joue pas plus ni mieux. Il manque un élément essentiel, et tout le talent au monde ne peut le remplacer.

Et la défense à trois ?


Pour le reste de la compétition, Dunga n'a donc plus le choix : le sélectionneur doit reconstruire un « groupe » capable de surpasser toutes ces limites techniques par de l'expérience et du « contrôle du jeu » . Ensuite, il pourra prier pour croiser la route d'équipes qui aiment posséder le ballon. Effectivement, il faut noter que si la Seleção a souvent réussi à déjouer les plans d'équipes joueuses – notamment l'Espagne lors de la Coupe des confédérations en 2013, le Chili au Mondial et en mars dernier – elle a toujours fini par tomber face à des blocs plus solides que le sien, comme les Pays-Bas en 2010, le Paraguay en 2011 et la Colombie cette année. En clair, le Brésil souffre surtout quand il doit prendre le ballon et créer le jeu.

Enfin, Dunga pourrait aussi tenter de résoudre l'équation à son tour. À la place d'utiliser un moyen technique, à savoir un nouveau regista, il utiliserait plutôt de la géométrie en modifiant le schéma de jeu de sa Seleção. Avec une défense à trois similaire à celle de 2002 – le trio Lúcio-Edmilson-Roque Junior –, le sélectionneur offrirait à ses brillants latéraux des conditions de création idéales sans perdre de contrôle dans l'axe. Avec Thiago Silva, Miranda et Marquinhos, ce ne sont pas les défenseurs centraux talentueux qui manquent. Après tout, ça fait une trentaine d'années que le Brésil n'a plus formé de grand regista. Et son manque d'élaboration chronique n'a pas empêché le Brésil de rester fidèle à son histoire victorieuse en 1994, 1998 (ou presque), 2002 et 2007. À moins que le jeu ait changé…

Par Markus Kaufmann, à Santiago du Chili À visiter :

Le site Faute Tactique

Le blog Faute Tactique sur SoFoot.com
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Il manque au moins un deuxième créateur autre que Neymar et un vrai buteur. Willian fait qqs dribbles mais ne prend pas ces responsabilités, le 4222 n'est pas trop visible. En phase d'attaque je ne vois qu'une seule pointe pendant les matchs, Neymar se baladant partout sur le terrain qd il se trouve pas sur son côté gauche d'où il essaye de repiquer dans l'axe. Il manque un Lucas (Hulk) à droite, Coutinho à gauche, Neymar en 10, dans l'axe Douglas (Hulk ou Lucas) mm si avec ces bouts de matchs je sais pas ce que vaut ce joueur. Ça devrait être un peu plus fou et moins monotone sur le terrain..
Je ne vois qu'une solution cloner Zico. Il est dificile de mesurer à quel point sa retraite internationale a sonner le glas du beau Brésil.

Les Brésil triomphants a partir de 90's sont le fait d'individualités hors normes plus qu'un collectif symphonique.

PS : Sinon merci Markus comme d'habitude. Si je passe en Amsud on prendra un verre pour disserter sur le futbol
Message posté par aerton
Je ne vois qu'une solution cloner Zico. Il est dificile de mesurer à quel point sa retraite internationale a sonner le glas du beau Brésil.

Les Brésil triomphants a partir de 90's sont le fait d'individualités hors normes plus qu'un collectif symphonique.

PS : Sinon merci Markus comme d'habitude. Si je passe en Amsud on prendra un verre pour disserter sur le futbol


sonné*
Note : 2
Crise de jeu ou d'identité ?

Ce constat, on le fait depuis 30 ans maintenant. Depuis Telê Santana et le Brésil 1986. Une génération entière à vivre de l'héritage footballistique Brésilien.

C'est le plus grand pays de football au monde, certes il y avait de la réserve mais force est de constater que le Brésil a perdu son âme. Ou l'a vendu, question d'opinion.

C'est sûr que l'Europe, son fric, ses victoires, son prestige, çà fait rêver. Il y a eu les titres, un bien pour un mal, légitimant de ce fait un organigramme de bourrins incompétents et souvent corrompus.

Pas si difficile de faire le beau en 2002 avec Scolari quand on a dans son équipe des mecs qui avaient encore l'âme brésilienne en plus du talent.

Bref et que dire du Brésil lui-même. Le football et la société brésilienne, il y a un lien, un lien très important. Ce ne sont plus les mêmes personnes qui vont au stade, autrefois il y avait 40 terrains de football par favelas, on en trouve plus que 4 ou 5. Les rêves ne sont plus les mêmes. Les ambitions n'ont plus.

Je lis ici et là des critiques sur Neymar. Mais ... Ce garçon est un bol d'air pur pour le Brésil tout entier. Il est aimé parce qu'il a l'âme du jeu brésilien dans les pieds. Quand je le vois sur certaines actions, je revois le football des années 70 brésilien. Il l'a en lui.

Il en fait trop mais quand tu aimes le Brésil, neymar tu pries pour qu'il tente quelque chose.
Markus pointe le manque de talent chez les créateurs brésiliens. C'est une évidence. Mais on doit quand même pouvoir faire mieux avec l'équipe qu'ils ont...

Dunga doit trouver la clé. Il y a des trucs à tenter je me dis avec une charnière Marquinhos/Miranda, Thiago Silva pourrait peut être évoluer en sentinelle devant la défense et lui serait capables d'effectuer de belles et longues transversales pour rendre le jeu brésilien moins stéréotypé.

De même si Neymar évoluait un cran plus bas comme un vrai meneur, Dunga pourrait ptet rappeler Lucas. Je sais bien qu'il manque de sens tactique mais son coté fou, fou et bon dribleur pourrait apporter.
Je penche quand même pour un problème plus profond qu'un simple schéma tactique.
Hormis Neymar, il y a pas beaucoup d'autres brésiliens qui te laissent bouche bée en club.
Quand on voit le potentiel humain de ce pays et quand on compare aux pays voisins beaucoup moins peuplés qui arrivent à sortir des monstres, il y a de quoi se poser des questions.
Les écoles de foot ont été européanisés?
Non mais ça c'est le cas bien évidement. C'est ce que tout le monde dit. Le Bresil a perdu son âme et son style.

Mais si il faut revoir la formation ça va prendre un peu de temps. Pedant ce temps là Dunga est là, il a une équipe à faire jouer, des résultats à aller chercher et il faut bien trouver des solutions et ne pas laisser ce brésil couler comme il est en train de le faire.
Dieudoquenelle Niveau : CFA
Le Brésil ayant vu tous ses talents aller en Europe, jeune et pour une bouchée de pain avant d'être "perfectionnés" et revendu 10 fois le prix d'achat, se sont dit "pourquoi ne pas former nous même nos joueurs à l'européenne et le vendre directement un peu plus cher" !! Parce que sincèrement que je vois des Willian, des Oscar, des Firmino, des Hulk, des Fred et la liste est longue, si on m'avait dit qu'ils étaient Français, Belges, Italiens ou Portugais j'y aurai cru !! Ils sont taillés pour l'Europe !! Alors certes ils se revendent bien (j'ai l'impression de parler de bétail mon dieu), jouent dans les meilleurs clubs pour la plupart mais ne sont pas flamboyants !!
Dieudoquenelle Niveau : CFA
Et c'est la seleçao qui en pâtit finalement !! Il y a du talent au Brésil, un pays où tu joues au ballon à tous les coins de rues, avec une population de 200 millions, je n y crois pas une seule seconde au discours du manque de talent, seulement voila ceux qu'on acceptait avant sont maintenant refoulés par les écoles de foot parce que trop "Brésiliens" ou trop "perfectibles" donc trop de boulot et pas l'assurance d'être revendus de si tôt au prix escomptés !!

Mais j'ai l'espoir que le choc de 2014 et cette copa foirée (parce qu'elle va l'être) mette un gros coup de pied dans la fourmilière du foot brésilien et que les dirigeants se réveillent en disant qu'ils ont des joueurs dans toute l'Europe mais que la sélection ne gagne plus rien et se fait humilier chez elle !!

Pendant ce temps si l'Argentine rencontre le Brésil en 1/4 je chanterai encore et toujours "brasil decime que se siente, tener en casa tu papa
Te juro qu'anque pasen los años, nuncaaa nos vamos olvidar....."

Ps: laissez Neymar tranquille ce type est le joueur qui me le plus kiffer avec Messi, ils jouent sans calcul et avec de la folie et c'est ce qu'on aime !!!
C'est dur de regarder le Brésil jouer depuis quelques années, au moins dans les 90's tu n'avais pas de jeu mais au moins 3 génies par équipe et la plupart du temps cela suffisait, même si ça ne valait pas le brésil des 80's c'était quand même "sympa" mais depuis le passage de dunga, le fossoyeur du jeu brésilien , les auriverdes sombrent dans leur jeu morose. Du coup il mise tout sur leur seule éclairci neymar, mais cela rend le jeu encore plus stéréotypé...Il faudrait au moins 2 autres neymar (si coutinho avait eu plus de temsp de jeu il aurait pu être un de ceux là) pour retrouver une équipe du type de celles des brésil de ronaldo, rivaldo, ronaldinho, bebeto, romario...
Pour retrouver le brésil des 80's là c'est une autre affaire, comme cela a été dit plus haut il faudrait tout reconstruire...
Alain Proviste Niveau : Ligue 1
Une grande partie des maux actuels du foot brésilien viennent des deux éliminations en 82 et 86, alors que la Seleçao avait l'une des plus belles équipes de son histoire (avec les générations de 58 et de 70). Suite à ça, la CBF a décidé d'imposer un style plus "européen", plus défensif, moins joga bonito... ce qui a peut-être permis les victoires de 94 et 2002 mais en reniant profondément l'ADN du football brésilien, celui qui lui a rapporté ses plus belles victoires.
Ca s'est encore vu dans le choix du sélectionneur après la CDM 2014 : dommage que la Fédé n'ait pas pris un peu plus de risques avec un Muricy Ramalho ou un Marcelo Oliveira (l'entraineur de Cruzeiro)...

Aujourd'hui, l'équipe est tellement dépendante de Neymar que j'ai du mal à la voir aller au bout sans lui. Ce serait pourtant l'occasion d'imaginer un autre système de jeu, avec un schéma offensif plus collectif, mais malheureusement, Dunga ne rime pas vraiment avec créativité et imagination...
Bon après tous le continent s'est européanisé. C'est pas seulement un phénomène au brésil. La culture du potrero est moins présente en Argentine, les colombiens ont arrêté de faire des passes jusqu'à rentrer avec le ballon dans les barres, les uruguayens sont plus des bouchers sanguinaires et même les vénézuéliens ont découvert le foot haha.
C'est pas pour autant qu'ils sont devenus des joueurs totalement européens.
Message posté par sox75
Crise de jeu ou d'identité ?

Ce constat, on le fait depuis 30 ans maintenant. Depuis Telê Santana et le Brésil 1986. Une génération entière à vivre de l'héritage footballistique Brésilien.

C'est le plus grand pays de football au monde, certes il y avait de la réserve mais force est de constater que le Brésil a perdu son âme. Ou l'a vendu, question d'opinion.

C'est sûr que l'Europe, son fric, ses victoires, son prestige, çà fait rêver. Il y a eu les titres, un bien pour un mal, légitimant de ce fait un organigramme de bourrins incompétents et souvent corrompus.

Pas si difficile de faire le beau en 2002 avec Scolari quand on a dans son équipe des mecs qui avaient encore l'âme brésilienne en plus du talent.

Bref et que dire du Brésil lui-même. Le football et la société brésilienne, il y a un lien, un lien très important. Ce ne sont plus les mêmes personnes qui vont au stade, autrefois il y avait 40 terrains de football par favelas, on en trouve plus que 4 ou 5. Les rêves ne sont plus les mêmes. Les ambitions n'ont plus.

Je lis ici et là des critiques sur Neymar. Mais ... Ce garçon est un bol d'air pur pour le Brésil tout entier. Il est aimé parce qu'il a l'âme du jeu brésilien dans les pieds. Quand je le vois sur certaines actions, je revois le football des années 70 brésilien. Il l'a en lui.

Il en fait trop mais quand tu aimes le Brésil, neymar tu pries pour qu'il tente quelque chose.



C'est exactement ça, je vis une partie de l'année au Brésil, à Vitoria, dans l'etat d'Espirito Santo et suis actuellement à Florianopolis, dans l'état de santa catarina. je vais souvent dans la rue avec mon balon pour faire des peladas 'foot de rue' et bien sûr on parle beaucoup foot aussi. Pas plus tard qu'hier on parlait avec un mec de la génération Bebeto, Romario et cie, le génie créatif collait à toute l'équipe et les tentatives personnelles faisient la différence, en plus d'être un foot alléchant, comme ds les 70 's jusqu'à 2002. Maintenant, la frilosité à la Chelsea prends le dessus.

Comme tu dis, avant des terrains partout, j'ai été faire un test avec le club de Vitoria et je me suis farci des km car c'est la seule équipe intérrésante avec installation sur plusieurs km², il y en a bien moins qu'en Europe. La structure totale du foot est différente, jusqu'au nom des postes des joueurs, zagueiro, volante,..concepts tactiques différents, pas de tactiques bien défnies et travaillées mais on tire plus sur le kick and rush. La plupart des jeunes de la classe moyenne(qui a triplé en 10 ans) se focalise sur les études(en ligne, à distance, en part time,..avec bcp de bourses et /ou 'parcelamento'du paiement(crédit sans intérêt) fait qu'ils passent leurs temps à étudier et non à jouer au foot( c'est une tendance bien sûr),surtout que les salaires augmentent pour bcp d'emplois, comme les facilités pour créer son business,..et le matérialisme est bien présent. Pour en revenir au football, je pense que des entraineur europeens ne devraient pas hésiter à venir ici. Il y a des joueurs brésiliens en Europe,mais pas l'inverse, ou très peu. Sinon, il y a deux oun trois centres de formations au BRésil depuis 2012 ( celui d'Atletico Mineiro est réputé et je pense qu'il est plus ancien), il reste à voir leurs qualités et si cela portera ses fruits.

compléter ces deux visions du football par l'autre ne peut être qu'enrichissant.

Pour Neymar, c'est un crack ,il lui reste à gommer certains défauts assez évidents pour ne pas devoir en parler, et ds le foot pro, la jeunesse n'est plus une excuse.

P.S. coup de geule sur Vidal qui déconne à mort et pardonné car joueur de foot.
Message posté par Tanguy



C'est exactement ça, je vis une partie de l'année au Brésil, à Vitoria, dans l'etat d'Espirito Santo et suis actuellement à Florianopolis, dans l'état de santa catarina. je vais souvent dans la rue avec mon balon pour faire des peladas 'foot de rue' et bien sûr on parle beaucoup foot aussi. Pas plus tard qu'hier on parlait avec un mec de la génération Bebeto, Romario et cie, le génie créatif collait à toute l'équipe et les tentatives personnelles faisient la différence, en plus d'être un foot alléchant, comme ds les 70 's jusqu'à 2002. Maintenant, la frilosité à la Chelsea prends le dessus.

Comme tu dis, avant des terrains partout, j'ai été faire un test avec le club de Vitoria et je me suis farci des km car c'est la seule équipe intérrésante avec installation sur plusieurs km², il y en a bien moins qu'en Europe. La structure totale du foot est différente, jusqu'au nom des postes des joueurs, zagueiro, volante,..concepts tactiques différents, pas de tactiques bien défnies et travaillées mais on tire plus sur le kick and rush. La plupart des jeunes de la classe moyenne(qui a triplé en 10 ans) se focalise sur les études(en ligne, à distance, en part time,..avec bcp de bourses et /ou 'parcelamento'du paiement(crédit sans intérêt) fait qu'ils passent leurs temps à étudier et non à jouer au foot( c'est une tendance bien sûr),surtout que les salaires augmentent pour bcp d'emplois, comme les facilités pour créer son business,..et le matérialisme est bien présent. Pour en revenir au football, je pense que des entraineur europeens ne devraient pas hésiter à venir ici. Il y a des joueurs brésiliens en Europe,mais pas l'inverse, ou très peu. Sinon, il y a deux oun trois centres de formations au BRésil depuis 2012 ( celui d'Atletico Mineiro est réputé et je pense qu'il est plus ancien), il reste à voir leurs qualités et si cela portera ses fruits.

compléter ces deux visions du football par l'autre ne peut être qu'enrichissant.

Pour Neymar, c'est un crack ,il lui reste à gommer certains défauts assez évidents pour ne pas devoir en parler, et ds le foot pro, la jeunesse n'est plus une excuse.

P.S. coup de geule sur Vidal qui déconne à mort et pardonné car joueur de foot.


Intéressant ta contribution.

Hormis Telé Santana, vu de l'étranger, je n'ai jamais vu d'immenses entraineurs brésiliens. En 98 on nous chantait que Zagallo était un mythe car il était l'entraineur de 70's mais quand on regarde cette équipe c'était surtout une formidable somme de talents individuels et de l'autogestion (ils avaient vécu 2 mois à 3 mois ensemble à la Coupe du Monde au Mexique). Le football brésilien est un football d'instinct plutôt qu'un football avec des schémas tactiques élaborés. Ce manque actuels de talents instinctifs a donc des conséquences plus sévères qu'ailleurs.

Ce creux générationnel rappelle celui de l'après 70, mais il pourrait être plus durable pour les raisons évoquées : moins d'espaces de jeux dans la rue , recherche d'un certain profil de joueurs à la rentabilité immédiate, augmentation du niveau de vie et une certaine prise de conscience intellectuelle (il y a 20 ans les manifestations contre la Coupe du Monde auraient été impensables , aujourd'hui après le 7/1 la vie continue et tant mieux)

Il faudrait que les Brésiliens fassent le travail des Allemands post 98. 2002 a été un miracle voire un leurre pour la Nationalmannschaft. En 2004 à l'Euro on a vu la pire sélection allemande avec celle de l'euro 2000. Il leur a fallu une décennie pour redevenir une nation crédible (1996 - 2006).Mais le chemin pour la Seleçao pourrait quand même être moins long en raison d'un vivier plus important.
Message posté par aerton


Intéressant ta contribution.

Hormis Telé Santana, vu de l'étranger, je n'ai jamais vu d'immenses entraineurs brésiliens. En 98 on nous chantait que Zagallo était un mythe car il était l'entraineur de 70's mais quand on regarde cette équipe c'était surtout une formidable somme de talents individuels et de l'autogestion (ils avaient vécu 2 mois à 3 mois ensemble à la Coupe du Monde au Mexique). Le football brésilien est un football d'instinct plutôt qu'un football avec des schémas tactiques élaborés. Ce manque actuels de talents instinctifs a donc des conséquences plus sévères qu'ailleurs.

Ce creux générationnel rappelle celui de l'après 1970, mais il pourrait être plus durable pour les raisons évoquées : moins d'espaces de jeux dans la rue , recherche d'un certain profil de joueurs à la rentabilité immédiate, augmentation du niveau de vie et une certaine prise de conscience intellectuelle (il y a 20 ans les manifestations contre la Coupe du Monde auraient été impensables , aujourd'hui après le 7/1 la vie continue et tant mieux)

Il faudrait que les Brésiliens fassent le travail des Allemands post 98. 2002 a été un miracle voire un leurre pour la Nationalmannschaft. En 2004 à l'Euro on a vu la pire sélection allemande avec celle de l'euro 2000. Il leur a fallu une décennie pour redevenir une nation crédible (1996 - 2006).Mais le chemin pour la Seleçao pourrait quand même être moins long en raison d'un vivier plus important.
Message posté par aerton


Intéressant ta contribution.

Hormis Telé Santana, vu de l'étranger, je n'ai jamais vu d'immenses entraineurs brésiliens. En 98 on nous chantait que Zagallo était un mythe car il était l'entraineur de 70's mais quand on regarde cette équipe c'était surtout une formidable somme de talents individuels et de l'autogestion (ils avaient vécu 2 mois à 3 mois ensemble à la Coupe du Monde au Mexique). Le football brésilien est un football d'instinct plutôt qu'un football avec des schémas tactiques élaborés. Ce manque actuels de talents instinctifs a donc des conséquences plus sévères qu'ailleurs.

Ce creux générationnel rappelle celui de l'après 70, mais il pourrait être plus durable pour les raisons évoquées : moins d'espaces de jeux dans la rue , recherche d'un certain profil de joueurs à la rentabilité immédiate, augmentation du niveau de vie et une certaine prise de conscience intellectuelle (il y a 20 ans les manifestations contre la Coupe du Monde auraient été impensables , aujourd'hui après le 7/1 la vie continue et tant mieux)

Il faudrait que les Brésiliens fassent le travail des Allemands post 98. 2002 a été un miracle voire un leurre pour la Nationalmannschaft. En 2004 à l'Euro on a vu la pire sélection allemande avec celle de l'euro 2000. Il leur a fallu une décennie pour redevenir une nation crédible (1996 - 2006).Mais le chemin pour la Seleçao pourrait quand même être moins long en raison d'un vivier plus important.


Juste.
Les clubs brésiliens eux même s'interchngent des oueurs tus les 6 mois, il n'est pas rare d'avoir 10-15 transferts entrant, 10-15 sortants tous les 6 mois.Pour la valeure marchande bien sûr. Ils savent qu'il faut professionaliser la CBF et restructurer le football,mais l'appât du gain étant plus important.. J'avais contacter la CBF pour leurs cours d'entraineur,en demandant la prochaine session, il y en a une par an et ils m'avaient répondu deux mois après en me renseignant sur la précédante..donc oui il y a du travail.

c'est bien dommage, car effectivemet, dans la rue, les coups de génie spont là, ça joue pieds nu, ça fait des 'firulas' sans arrêt(tricoter avec le ballon pour reprendre l'expression d'un ancien coéquipier). L'Allemagne ou encore la Belgique s'est professionalisée pour en arriver aux chemins que l'on connaît; même si en Belgique réduire le nombre de clubs pro dés la saison prochaine(D1 de 16 et 8 équipes de D2) ne va pas permettre d'aller bien loin. Allez, je retourne sur Colombie Pérou :D
Funk Doctor Niveau : CFA2
Il y a 2 problèmes principaux dans ce Brésil 2015 :

- Le premier, c'est l'européanisation des brésiliens, qui partent très tôt en Europe, et à qui l'on inculque d'abord la rigueur tactique, avant la créativité que l'on devrait avoir au Brésil. ça plus les sélectionneurs, tous issus du Sud du pays (c'est-à-dire un football rugueux et peu technique), ce qui fait que même au Brésil, on privilégie la passe désormais à la créativité. Et ça se ressent dans le jeu, les créateurs au centre du jeu qu'étaient Socrates ou Zico, sont aujourd'hui des Paulinho ou Fernandinho, des mecs qui cavalent, récupèrent des ballons, mais ne prennent aucun risque. Il y a un vrai manque de liant et de créativité au centre du jeu.

- L'autre problème, c'est le manque de grands talents. En 94,98 et 2002, le Brésil avait déjà plus ou moins la même philosophie de jeu qu'aujourd'hui. Sauf qu'en 94 il y avait Romario-Bebeto, en 98 Rivaldo-Léonardo-Ronaldo-Bebeto, et en 2002 Rivaldo-Ronnie-Ronaldo. Aujourd'hui, il y a Neymar. C'est le seul qui peut prétendre avoir le talent des autres précédemment cités. Et forcément, ça se ressent.
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