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  3. // Entretien exclusif avec Hernan Crespo

Hernan Crespo a attendu d'avoir 37 ans pour mettre officiellement fin à sa carrière. L'ancien goleador argentin passe aujourd'hui son diplôme de coach à Coverciano, en Italie, et a pour camarades de classe Cannavaro et Materazzi. Sans parler de son maître de stage: Un certain Carlo Ancelotti. Interview exclusive d'un mythe.

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Tu étais récemment de passage à Paris. C'était du boulot ou du tourisme ?Tu penses que tu pourrais être son adjoint ?(Rires)… Je ne sais pas, ça ne dépend pas de moi, même si évidemment je serais enchanté que ce soit le cas. J'aimerais bien aussi être l'adjoint de Mourinho, un autre grand entraîneur avec lequel j'ai beaucoup appris. Tous les coachs que j'ai eu m'ont laissé un héritage et des concepts importants que je compte mettre à profit une fois que j'aurai mes diplômes. Ancelotti a été fondamental dans mon étape italienne. C'est grâce à lui que j'ai réussi à m'imposer dans ce championnat. Il a toujours cru en moi. C'est lui qui avait insisté auprès des dirigeants de Parme pour qu'ils négocient avec ceux de River et il m'a toujours encouragé même dans les moments les plus difficiles, notamment au début. Quand tu as le soutien de ton entraîneur, tu peux mieux t'exprimer sur le terrain. C'est quelqu'un qui transmet énormément de confiance. Et surtout, c'est un bon pédagogue. Je suis bien placé pour le dire, car c'est lui qui m'a montré comment je devais me comporter dans le Calcio, un football qui a un rythme différent de celui que l'on peut voir dans le championnat argentin. Le Calcio est spécial et si j'ai pu me construire une bonne réputation là-bas, c'est grâce à ses conseils. Carletto avait même voulu m'emmener avec lui à la Juve, mais au final, ça n'a pas pu se faire et à la place, je suis parti à la Lazio pour plus de 60 millions d'euros. À ma place, c'est Trezeguet qui a fini à la Juve. Avec Carletto, on s'est retrouvés quelques années plus tard au Milan AC. Se retrouver là-bas, c'était vraiment bien.Tu étais titulaire lors de cette finale légendaire perdue contre Liverpool, alors que le Milan AC menait 3-0…Exact. Aujourd'hui, j'ai encore du mal à croire qu'on n'ait pas gagné ce match. En première mi-temps, j'avais marqué deux buts et on gagnait avec une certaine facilité. Quand je me suis assis dans le vestiaire à la mi-temps, j'avais vraiment du mal à croire ce qui m'arrivait. Moi qui avais toujours rêvé de jouer dans le Calcio, j'étais en train de permettre au Milan AC de remporter une Champions League. À ce moment-là, j'étais dans un conte de fée. Quand je suis revenu sur le terrain, j'avais juste envie que les minutes défilent pour soulever la coupe, rien de plus. Malheureusement, le désastre à commencé à ce moment-là. En six minutes incroyables, Gerrard nous a mis un but de la tête alors qu'il était en dehors de notre surface de réparation, puis on encaisse le second. Puis le troisième sur pénalty, malgré le fait que notre gardien avait dans un premier temps repoussé le tir. Au final, on a perdu le match aux tirs au but parce que ceux qui ne ratent jamais nt ce jour-là raté leur pénalty : Schevchenko, Pirlo… C'était juste incroyable. À la fin du match, j'avais envie de me tuer, puis j'ai digéré la défaite en me disant : «  Je n'ai pas participé à cette finale : je l'ai jouée et j'ai été protagoniste en marquant deux buts.  » J'étais triste et à la fois fier de moi car j'avais été à la hauteur de l'évènement. Je n'ai pas pu gagner la Champions, ça me fait de la peine, mais je me dis que j'ai quand même remporté une UEFA en jouant pour Parme. Ce qui est déjà pas mal.Tu penses qu'à court terme, le PSG peut devenir un prétendant sérieux à la Champions League ?De ce que j'en ai vu, j'ai l'impression que le PSG vit un processus similaire à celui qu'a vécu Chelsea quand Abramovitch en a pris les commandes. J'étais là quand ce processus a commencé chez les Blues et d'une certaine façon, il y a un parallélisme avec ce qu'il se passe actuellement au PSG. Un propriétaire fortuné arrive avec beaucoup d'argent et ça génère une rénovation importante à tous les niveaux du club. Au PSG, j'ai vu certaines choses que j'avais expérimentées à Chelsea : des joueurs en passant par les masseurs, tout le monde vit dans l'incertitude. Tout le monde a l'impression de se faire examiner, la vieille garde regarde les nouveaux du coin de l'œil, et tout ça finit par générer une situation très étrange. Disons que l'argent n'est pas une garantie de succès, mais il permet de réduire les temps de gestation d'un projet. Il permet de grandir plus rapidement, ça c'est sûr. Chelsea est un grand club, mais jusqu'à l'année dernière, il n'avait pas gagné la Ligue des champions. «  Chez Zlatan, la manière de diriger ses coéquipiers n'est pas toujours idéale  » Tu as parlé avec Ibrahimović ?Oui, oui, Zlatan est plus tranquille qu'il y a quelque temps. On a été coéquipiers pendant trois ans à l'Inter, et là, j'ai vu qu'il avait changé. Il semble avoir mûri, sans doute parce qu'il est le joueur le plus important de ce nouveau projet ambitieux.Toi qui le connais bien, c'est quoi le meilleur et le pire de Zlatan ?C'est un phénomène, son physique, son élasticité incroyable, malgré son gabarit imposant, en font un joueur unique. Après, son grand défaut, c'est qu'il ne marque pas beaucoup de buts de la tête malgré sa grande taille. Il est tellement bon, il est tellement sûr de sa force qu'il peut dire : «  Moi je ne vais pas au premier poteau pour mettre la tête, ce que je veux c'est reprendre le ballon de volée ou faire un enchaînement amorti-poitrine-retourné.  » C'est dommage parce que s'il allait plus souvent au premier poteau pour mettre sa tête, il marquerait davantage de buts. Mais il est à moitié fou, non ?Heu…Disons que c'est un garçon difficile. C'est un type très exigeant avec lui-même et qui demande le même niveau d'exigence qu'il s'inflige à ceux qui l'entourent. Moi, il m'a toujours respecté, je n'ai jamais eu le moindre problème avec lui. Je me rappelle qu'un jour il m'a dit : «  Quand je jouais à l'Ajax, tu étais déjà à l'Inter et tu étais Crespo. Un buteur.  » Sa manière de diriger ses coéquipiers n'est pas toujours idéale : à l'époque, il s'énervait, il criait et levait souvent les bras au ciel en disant : «  Je la veux là.  » Ce genre de choses, des joueurs qui n'ont pas de beaucoup personnalité, ça peut les liquider. Mais j'insiste, aujourd'hui, il est beaucoup plus tranquille depuis qu'il est à Paris.Et Mourinho, quels souvenirs tu en gardes ?Mou, je l'ai eu à Chelsea et à l'Inter, et on continue encore à se parler au téléphone. Ce qu'il a de mieux, c'est l'empathie qu'il arrive à avoir avec les joueurs. Il a une capacité à comprendre le professionnel facilement. Il connaît la culture et les origines du footballeur qu'il a en face de lui et c'est souvent à partir de là qu'il tisse ses relations avec lui et qu'il arrive à en obtenir ce qu'il veut.En quoi est-il différent des autres entraîneurs que tu as eus ?J'ai toujours adoré sa méthodologie de travail. Tout ce qu'il fait, c'est avec un ballon. Avant de l'avoir, j'avais l'habitude de faire des préparations d'avant-saison uniquement basées sur le physique. Quand j'ai vu Mourinho pour la première fois, il n'avait même pas de chronomètre. Je lui ai demandé pourquoi et il m'a répondu : «  Tu as déjà vu un pianiste courir autour de son piano pour répéter ses gammes ? Un pianiste apprend avec un piano ; un footballeur avec un ballon.  » Mourinho tire le meilleur de ses joueurs en respectant l'homme qui est à l'intérieur du maillot. Cette empathie, cette manière de motiver très particulière, permet à ses équipes d'être toujours très agressives. Avec Mourinho, tu crois vraiment que t'es le plus fort du monde. Tu n'as peur de rien.Mais est-ce qu'il est aussi insupportable qu'on le dit ?Ses déclarations, sa communication, ça fait parte du cirque. Quand il était dans le vestiaire, il nous disait : «  Tout ce que je dis en conférence de presse, n'y faites pas attention. Je le fais pour qu'ils s'attaquent à moi plutôt qu'à vous.  » Messi vient récemment d'obtenir son quatrième Ballon d'or. Qu'est-ce qu'il t'inspire ?Lui, c'est un mec qui a ruiné ma carrière (rires) ! J'ai eu besoin de 19 ans de carrière pour mettre 300 buts, et lui, il vient et il me double comme si de rien n'était alors qu'il n'a que 25 ans. Et il lui reste encore beaucoup d'années de très bon football. Dans quelques matchs, il va prendre ma place de deuxième meilleur buteur historique de la sélection et une fois qu'il l'aura fait, il s'attaquera au record de Batistuta. Dans un an, ce gamin nous aura doublés tous les deux. C'est juste fou ! C'est un honneur, même un plaisir, qu'un génie comme lui pulvérise mes stats. La première fois que je l'ai rencontré, c'était au Camp Nou, lors d'un Barcelone-Milan de Ligue des champions en 2004/2005. À la fin du match, quelqu'un est venu me voir pour me dire qu'un jeune Argentin voulait me saluer. Lionel m'attendait à la porte du vestiaire et il m'a raconté qu'il était au centre de formation du Barça et qu'il m'admirait. Ce jour-là, il m'a demandé mon maillot. C'est quelque chose qui est resté gravé dans ma mémoire, surtout que l'année suivante, il y a eu un Barça/Chelsea en Ligue des champions. Il nous a éliminés tout seul et cette fois c'est moi qui lui ai demandé son maillot floqué du numéro 30. Je le garde précieusement rangé à la maison.Propos recueillis par Diego Borinsky à Buenos Aires

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Note : 15
Quelle classe ce mec ! Il te rend nostalgique de ce Calcio de l'époque, et plus personnellement, de l'armada de la Lazio entre 1999 et 2002 (Crespo, Claudio Lopez, Salas, Veron, Stankovic, Mihajlovic, Nesta, Nedved, Boksic, Sensini, Simeone, Almeyda, S.Inzaghi, Sergio Conceicao...)

Hâte de voir ce qu'il donnera en coach !
broly1236 Niveau : DHR
Note : 3
Alala Crespo quel grand buteur
feodepatchole Niveau : District
Note : 1
En voila un qui ne s'oublie pas lorsqu'il s'agit d'envoyer des compliments. Buteur genial neanmoins.
feodepatchole Niveau : District
Note : 5
Mon Dieu, ya une interview exclusive de Sieur Hernan Crespo par Sofoot et c'est tout ce que j'ai trouve a dire. Quel petit c.o.n je suis. Merci SF de nous rappeler a nouveau qu'une generation incroyable a berce notre (mon) adolescence!
Note : 1
Bel interview, il est très classe ce type! J'ai bien kiffé le passage sur Messi.
Note : 7
Ca me rend nostalgique des vraies doublettes d'attaquant, aaaaaaahhh Montella-Batistuta...

C'est je crois ce qui me gêne le plus avec la prolifération des systèmes à une pointe, même si il y a de l'apport offensif, ça me fait moins rêver.
prophetGMS Niveau : DHR
Note : 2
La classe ce type!
j'aurais pu devenir fan de la Lazio rien que pour lui!

Son passage sur Ibra est tellement vrai, je me faisais cette réflexion depuis plusieurs matchs. Ibra rate des buts, même beaucoup de but, par péché d'orgueil. Il est très bon de la tête dos au but mais est systématiquement absent de la surface de réparation, c'est tout de même un comble pour un attaquant.

Je me disais qu'il ne prenait pas le PSG au sérieux et qu'il voulait simplement marquer des buts spectaculaires tous les WE mais apparemment c'est plus profond que ça. Cela dit notre poids dans la surface adverse est toujours aussi faible...

Bref superbe interview. Plus ça va plus je suis fier que mon équipe soit entraînée par Le Monsieur. Quelle chance on a!
Mon idole de toujours, mon joueur préféré!! Crespo vient en L1 putain juste pour le trip.
Note : 3
J'ai la larme à l'oeil, le Zizi tout dur, les fesses qui font bravo ...
Merci Sofoot pour cette interview d'un Monsieur du football.
Note : 2
Message posté par carlito69
Quelle classe ce mec ! Il te rend nostalgique de ce Calcio de l'époque, et plus personnellement, de l'armada de la Lazio entre 1999 et 2002 (Crespo, Claudio Lopez, Salas, Veron, Stankovic, Mihajlovic, Nesta, Nedved, Boksic, Sensini, Simeone, Almeyda, S.Inzaghi, Sergio Conceicao...)

Hâte de voir ce qu'il donnera en coach !


Justement, il aurait mieux valu lui poser des questions là dessus plutôt que sur Mourinho, Zlatan et Messi non ?

Enfin je fais peut-être ma fine bouche, désolé...
Note : 2
Effectivement, les questions sont convenues, mais l'ITW reste cool parce que le mec répond franchement.
Note : 4
Putain* arrêtez de me rappeler les doublettes d'attaquants des 90's, je vais finir par pleurer !
putain* d'époque !!!
 //  Amoureux de la Confoederatio Helvetica
Note : 3
L'anecdote avec Mourinho à base de piano est fantastique.
SoninkePsg Niveau : DHR
Note : -1
Grand attaquant !
 //  Amoureux de la Bolivie
Note : 3
@carlito69

sans oublier fernando Couto a l'arrière, les chevilles qui l'ont croisés à l'époque ne l'oublient pas ^^
roman caviarou Niveau : District
Note : 1
Et le Tridente SuperPippo, Ale Del Pierro, Ziz'... ralala y'avait du bon dans ses ptites bêtes taillées en pointe...

Nostalgie quand tu nous tiens.
 //  Fidèle de Liverpool FC
Note : 3
Il y a de la nostalgie ici, les doublettes d'attaquant des 90's c'etait quelques chose, mais c'est progressivement en train de re apparaitre (merci le 5/3/2 3/5/2 a la mode en italie)

Honetement Rooney-RVP ou Hamsik-Insigne-Cavani c'est loin d'etre degueu.
Note : 2
C'est là que tu te demandes comment l'Argentine n'a pas été championne du monde avec une attaque Batistuta-Crespo. Simplement un premier tour en 2002.
Et les Pays-Bas n'y étaient même pas, avec un duo Kluivert-Van Nistelrooy. Y'a des choses incompréhensibles dans ce sport parfois...
So Foot, je vous love <3
Note : 2
Message posté par ozymandias


Je suis exactement comme toi, nostalgique de ces doublettes d'attaquants qui ont progressivement disparu. J'ai oublie de citer un autre grand duo Elber-janker au bayern. Mais c'est vrai que le duo Enrico Chiesa- Hernan Crespo il envoyait sacrement du lourd, et Parme était une equipe redoutable


Y en avait une autre qui m'avait marqué: Marco Simone - David Trezeguet à l'ASM.

Je n'arrive plus à me rappeler la période où toutes les équipes se sont tournées vers le jeu à une pointe...2003,2004 peut être?

Ca ce serait un article intéressant à faire So Foot!
fernandollorientais Niveau : CFA
super itw ! grande hernan !

ce but sublime en finale de la LDC contre pool... il touche juste ce qu'il faut et mystifie dudek...
Note : 2
Magnifique itw. On sent que le mec, il répond relax, sans gène, avec le coeur. Vraiment du vécu. J'ai eu des palpitations rien qu'en lisant. Les passages sur Mourinho et Messi, juste magnifiques.
Et je valide avec truite11, l'anecdote du piano est incroyable. Il y a que Mourinho pour penser à des choses pareilles.
 //  Fidèle de Liverpool FC
Note : 1
Message posté par Kad


Y en avait une autre qui m'avait marqué: Marco Simone - David Trezeguet à l'ASM.

Je n'arrive plus à me rappeler la période où toutes les équipes se sont tournées vers le jeu à une pointe...2003,2004 peut être?

Ca ce serait un article intéressant à faire So Foot!


2004 2005 oui avec les victoire de Porto et de Liverpool en ldc, De la Grece a l'euro avec son 10-1 dégueulasse en final contre le Portugal avec Pauleta seul en pointe et un trio Figo Deco cr7 derrière lui

a mon avis c'est plus ou moins la periode, meme si il y a eu quelque exemple avant (France 98 avec Guivarch soutenu par Zidane et Djorkaeff)
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