International - Argentine - Entretien exclusif avec Hernan Crespo
Crespo : «Le défaut de Zlatan, c'est son jeu de tête»
Hernan Crespo a attendu d’avoir 37 ans pour mettre officiellement fin à sa carrière. L’ancien goleador argentin passe aujourd’hui son diplôme de coach à Coverciano, en Italie, et a pour camarades de classe Cannavaro et Materazzi. Sans parler de son maître de stage: Un certain Carlo Ancelotti. Interview exclusive d’un mythe.
Hernan Crespo et ses deux filles
Tu étais récemment de passage à Paris. C’était du boulot ou du tourisme ?
Carlo Ancelotti, qui a été l’un des entraîneurs les plus importants de ma carrière. En juin prochain, j’aurai mes diplômes d’entraîneur et c’est dans cette optique-là que j’ai rencontré Ancelotti. Il y a beaucoup de choses à apprendre de lui. J’ai passé une semaine, en décembre, à étudier le PSG. Carletto m’a tout montré. Il ne m’a pas seulement laissé assister aux entraînements, comme certains se contentent de faire, il m’a montré tout ce qui se passait en cuisine : la préparation et la gestion des entraînements, les sujets importants à aborder avec les collaborateurs, la manière de planifier le travail hebdomadaire, le dialogue avec les dirigeants. Grâce à lui, j’ai pu être le témoin privilégié de tout ce qu’un entraîneur doit gérer au quotidien. Avec un autre entraîneur, je n’aurais peut-être rien vu de tout ça, mais c’est possible avec des gens bien comme Ancelotti. Beaucoup d’entraîneurs sont jaloux ou hésitent à tout montrer, même à leurs anciens joueurs. Pas Carletto.
Tu penses que tu pourrais être son adjoint ?
(Rires)… Je ne sais pas, ça ne dépend pas de moi, même si évidemment je serais enchanté que ce soit le cas. J’aimerais bien aussi être l’adjoint de Mourinho, un autre grand entraîneur avec lequel j’ai beaucoup appris. Tous les coachs que j’ai eu m'ont laissé un héritage et des concepts importants que je compte mettre à profit une fois que j’aurai mes diplômes. Ancelotti a été fondamental dans mon étape italienne. C’est grâce à lui que j’ai réussi à m’imposer dans ce championnat. Il a toujours cru en moi. C’est lui qui avait insisté auprès des dirigeants de Parme pour qu’ils négocient avec ceux de River et il m’a toujours encouragé même dans les moments les plus difficiles, notamment au début. Quand tu as le soutien de ton entraîneur, tu peux mieux t’exprimer sur le terrain. C’est quelqu’un qui transmet énormément de confiance. Et surtout, c’est un bon pédagogue. Je suis bien placé pour le dire, car c’est lui qui m’a montré comment je devais me comporter dans le Calcio, un football qui a un rythme différent de celui que l’on peut voir dans le championnat argentin. Le Calcio est spécial et si j’ai pu me construire une bonne réputation là-bas, c’est grâce à ses conseils. Carletto avait même voulu m’emmener avec lui à la Juve, mais au final, ça n’a pas pu se faire et à la place, je suis parti à la Lazio pour plus de 60 millions d’euros. À ma place, c’est Trezeguet qui a fini à la Juve. Avec Carletto, on s’est retrouvés quelques années plus tard au Milan AC. Se retrouver là-bas, c’était vraiment bien.
Tu étais titulaire lors de cette finale légendaire perdue contre Liverpool, alors que le Milan AC menait 3-0…
Exact. Aujourd’hui, j’ai encore du mal à croire qu’on n’ait pas gagné ce match. En première mi-temps, j’avais marqué deux buts et on gagnait avec une certaine facilité. Quand je me suis assis dans le vestiaire à la mi-temps, j’avais vraiment du mal à croire ce qui m’arrivait. Moi qui avais toujours rêvé de jouer dans le Calcio, j’étais en train de permettre au Milan AC de remporter une Champions League. À ce moment-là, j'étais dans un conte de fée. Quand je suis revenu sur le terrain, j’avais juste envie que les minutes défilent pour soulever la coupe, rien de plus. Malheureusement, le désastre à commencé à ce moment-là. En six minutes incroyables, Gerrard nous a mis un but de la tête alors qu’il était en dehors de notre surface de réparation, puis on encaisse le second. Puis le troisième sur pénalty, malgré le fait que notre gardien avait dans un premier temps repoussé le tir. Au final, on a perdu le match aux tirs au but parce que ceux qui ne ratent jamais nt ce jour-là raté leur pénalty : Schevchenko, Pirlo… C’était juste incroyable. À la fin du match, j’avais envie de me tuer, puis j’ai digéré la défaite en me disant : « Je n’ai pas participé à cette finale : je l’ai jouée et j’ai été protagoniste en marquant deux buts. » J’étais triste et à la fois fier de moi car j’avais été à la hauteur de l’évènement. Je n’ai pas pu gagner la Champions, ça me fait de la peine, mais je me dis que j’ai quand même remporté une UEFA en jouant pour Parme. Ce qui est déjà pas mal.
Tu penses qu’à court terme, le PSG peut devenir un prétendant sérieux à la Champions League ?
De ce que j’en ai vu, j’ai l’impression que le PSG vit un processus similaire à celui qu’a vécu Chelsea quand Abramovitch en a pris les commandes. J’étais là quand ce processus a commencé chez les Blues et d’une certaine façon, il y a un parallélisme avec ce qu’il se passe actuellement au PSG. Un propriétaire fortuné arrive avec beaucoup d’argent et ça génère une rénovation importante à tous les niveaux du club. Au PSG, j’ai vu certaines choses que j’avais expérimentées à Chelsea : des joueurs en passant par les masseurs, tout le monde vit dans l’incertitude. Tout le monde a l’impression de se faire examiner, la vieille garde regarde les nouveaux du coin de l’œil, et tout ça finit par générer une situation très étrange. Disons que l’argent n’est pas une garantie de succès, mais il permet de réduire les temps de gestation d’un projet. Il permet de grandir plus rapidement, ça c’est sûr. Chelsea est un grand club, mais jusqu’à l’année dernière, il n’avait pas gagné la Ligue des champions.
« Chez Zlatan, la manière de diriger ses coéquipiers n’est pas toujours idéale »
Tu as parlé avec Ibrahimović ?
Oui, oui, Zlatan est plus tranquille qu’il y a quelque temps. On a été coéquipiers pendant trois ans à l’Inter, et là, j’ai vu qu’il avait changé. Il semble avoir mûri, sans doute parce qu’il est le joueur le plus important de ce nouveau projet ambitieux.
Toi qui le connais bien, c’est quoi le meilleur et le pire de Zlatan ? C’est un phénomène, son physique, son élasticité incroyable, malgré son gabarit imposant, en font un joueur unique. Après, son grand défaut, c’est qu’il ne marque pas beaucoup de buts de la tête malgré sa grande taille. Il est tellement bon, il est tellement sûr de sa force qu’il peut dire : « Moi je ne vais pas au premier poteau pour mettre la tête, ce que je veux c’est reprendre le ballon de volée ou faire un enchaînement amorti-poitrine-retourné. » C’est dommage parce que s’il allait plus souvent au premier poteau pour mettre sa tête, il marquerait davantage de buts.
Mais il est à moitié fou, non ?
Heu…Disons que c’est un garçon difficile. C’est un type très exigeant avec lui-même et qui demande le même niveau d’exigence qu’il s’inflige à ceux qui l’entourent. Moi, il m’a toujours respecté, je n’ai jamais eu le moindre problème avec lui. Je me rappelle qu’un jour il m’a dit : « Quand je jouais à l’Ajax, tu étais déjà à l’Inter et tu étais Crespo. Un buteur. » Sa manière de diriger ses coéquipiers n’est pas toujours idéale : à l’époque, il s’énervait, il criait et levait souvent les bras au ciel en disant : « Je la veux là. » Ce genre de choses, des joueurs qui n’ont pas de beaucoup personnalité, ça peut les liquider. Mais j’insiste, aujourd’hui, il est beaucoup plus tranquille depuis qu’il est à Paris.
Et Mourinho, quels souvenirs tu en gardes ?
Mou, je l’ai eu à Chelsea et à l’Inter, et on continue encore à se parler au téléphone. Ce qu’il a de mieux, c’est l’empathie qu’il arrive à avoir avec les joueurs. Il a une capacité à comprendre le professionnel facilement. Il connaît la culture et les origines du footballeur qu’il a en face de lui et c’est souvent à partir de là qu’il tisse ses relations avec lui et qu’il arrive à en obtenir ce qu’il veut.
En quoi est-il différent des autres entraîneurs que tu as eus ?
J’ai toujours adoré sa méthodologie de travail. Tout ce qu’il fait, c’est avec un ballon. Avant de l’avoir, j’avais l’habitude de faire des préparations d’avant-saison uniquement basées sur le physique. Quand j’ai vu Mourinho pour la première fois, il n’avait même pas de chronomètre. Je lui ai demandé pourquoi et il m’a répondu : « Tu as déjà vu un pianiste courir autour de son piano pour répéter ses gammes ? Un pianiste apprend avec un piano ; un footballeur avec un ballon. » Mourinho tire le meilleur de ses joueurs en respectant l’homme qui est à l’intérieur du maillot. Cette empathie, cette manière de motiver très particulière, permet à ses équipes d’être toujours très agressives. Avec Mourinho, tu crois vraiment que t’es le plus fort du monde. Tu n’as peur de rien.
Mais est-ce qu’il est aussi insupportable qu’on le dit ?
Ses déclarations, sa communication, ça fait parte du cirque. Quand il était dans le vestiaire, il nous disait : « Tout ce que je dis en conférence de presse, n’y faites pas attention. Je le fais pour qu’ils s’attaquent à moi plutôt qu’à vous. »
Messi vient récemment d’obtenir son quatrième Ballon d'or. Qu’est-ce qu’il t’inspire ?
Lui, c’est un mec qui a ruiné ma carrière (rires) ! J’ai eu besoin de 19 ans de carrière pour mettre 300 buts, et lui, il vient et il me double comme si de rien n’était alors qu’il n’a que 25 ans. Et il lui reste encore beaucoup d’années de très bon football. Dans quelques matchs, il va prendre ma place de deuxième meilleur buteur historique de la sélection et une fois qu’il l’aura fait, il s’attaquera au record de Batistuta. Dans un an, ce gamin nous aura doublés tous les deux. C’est juste fou ! C’est un honneur, même un plaisir, qu’un génie comme lui pulvérise mes stats. La première fois que je l’ai rencontré, c’était au Camp Nou, lors d’un Barcelone-Milan de Ligue des champions en 2004/2005. À la fin du match, quelqu’un est venu me voir pour me dire qu’un jeune Argentin voulait me saluer. Lionel m’attendait à la porte du vestiaire et il m’a raconté qu’il était au centre de formation du Barça et qu’il m’admirait. Ce jour-là, il m’a demandé mon maillot. C’est quelque chose qui est resté gravé dans ma mémoire, surtout que l’année suivante, il y a eu un Barça/Chelsea en Ligue des champions. Il nous a éliminés tout seul et cette fois c’est moi qui lui ai demandé son maillot floqué du numéro 30. Je le garde précieusement rangé à la maison.
Propos recueillis par Diego Borinsky à Buenos Aires
Carlo Ancelotti, qui a été l’un des entraîneurs les plus importants de ma carrière. En juin prochain, j’aurai mes diplômes d’entraîneur et c’est dans cette optique-là que j’ai rencontré Ancelotti. Il y a beaucoup de choses à apprendre de lui. J’ai passé une semaine, en décembre, à étudier le PSG. Carletto m’a tout montré. Il ne m’a pas seulement laissé assister aux entraînements, comme certains se contentent de faire, il m’a montré tout ce qui se passait en cuisine : la préparation et la gestion des entraînements, les sujets importants à aborder avec les collaborateurs, la manière de planifier le travail hebdomadaire, le dialogue avec les dirigeants. Grâce à lui, j’ai pu être le témoin privilégié de tout ce qu’un entraîneur doit gérer au quotidien. Avec un autre entraîneur, je n’aurais peut-être rien vu de tout ça, mais c’est possible avec des gens bien comme Ancelotti. Beaucoup d’entraîneurs sont jaloux ou hésitent à tout montrer, même à leurs anciens joueurs. Pas Carletto.
Tu penses que tu pourrais être son adjoint ?
(Rires)… Je ne sais pas, ça ne dépend pas de moi, même si évidemment je serais enchanté que ce soit le cas. J’aimerais bien aussi être l’adjoint de Mourinho, un autre grand entraîneur avec lequel j’ai beaucoup appris. Tous les coachs que j’ai eu m'ont laissé un héritage et des concepts importants que je compte mettre à profit une fois que j’aurai mes diplômes. Ancelotti a été fondamental dans mon étape italienne. C’est grâce à lui que j’ai réussi à m’imposer dans ce championnat. Il a toujours cru en moi. C’est lui qui avait insisté auprès des dirigeants de Parme pour qu’ils négocient avec ceux de River et il m’a toujours encouragé même dans les moments les plus difficiles, notamment au début. Quand tu as le soutien de ton entraîneur, tu peux mieux t’exprimer sur le terrain. C’est quelqu’un qui transmet énormément de confiance. Et surtout, c’est un bon pédagogue. Je suis bien placé pour le dire, car c’est lui qui m’a montré comment je devais me comporter dans le Calcio, un football qui a un rythme différent de celui que l’on peut voir dans le championnat argentin. Le Calcio est spécial et si j’ai pu me construire une bonne réputation là-bas, c’est grâce à ses conseils. Carletto avait même voulu m’emmener avec lui à la Juve, mais au final, ça n’a pas pu se faire et à la place, je suis parti à la Lazio pour plus de 60 millions d’euros. À ma place, c’est Trezeguet qui a fini à la Juve. Avec Carletto, on s’est retrouvés quelques années plus tard au Milan AC. Se retrouver là-bas, c’était vraiment bien.
Tu étais titulaire lors de cette finale légendaire perdue contre Liverpool, alors que le Milan AC menait 3-0…
Exact. Aujourd’hui, j’ai encore du mal à croire qu’on n’ait pas gagné ce match. En première mi-temps, j’avais marqué deux buts et on gagnait avec une certaine facilité. Quand je me suis assis dans le vestiaire à la mi-temps, j’avais vraiment du mal à croire ce qui m’arrivait. Moi qui avais toujours rêvé de jouer dans le Calcio, j’étais en train de permettre au Milan AC de remporter une Champions League. À ce moment-là, j'étais dans un conte de fée. Quand je suis revenu sur le terrain, j’avais juste envie que les minutes défilent pour soulever la coupe, rien de plus. Malheureusement, le désastre à commencé à ce moment-là. En six minutes incroyables, Gerrard nous a mis un but de la tête alors qu’il était en dehors de notre surface de réparation, puis on encaisse le second. Puis le troisième sur pénalty, malgré le fait que notre gardien avait dans un premier temps repoussé le tir. Au final, on a perdu le match aux tirs au but parce que ceux qui ne ratent jamais nt ce jour-là raté leur pénalty : Schevchenko, Pirlo… C’était juste incroyable. À la fin du match, j’avais envie de me tuer, puis j’ai digéré la défaite en me disant : « Je n’ai pas participé à cette finale : je l’ai jouée et j’ai été protagoniste en marquant deux buts. » J’étais triste et à la fois fier de moi car j’avais été à la hauteur de l’évènement. Je n’ai pas pu gagner la Champions, ça me fait de la peine, mais je me dis que j’ai quand même remporté une UEFA en jouant pour Parme. Ce qui est déjà pas mal.
De ce que j’en ai vu, j’ai l’impression que le PSG vit un processus similaire à celui qu’a vécu Chelsea quand Abramovitch en a pris les commandes. J’étais là quand ce processus a commencé chez les Blues et d’une certaine façon, il y a un parallélisme avec ce qu’il se passe actuellement au PSG. Un propriétaire fortuné arrive avec beaucoup d’argent et ça génère une rénovation importante à tous les niveaux du club. Au PSG, j’ai vu certaines choses que j’avais expérimentées à Chelsea : des joueurs en passant par les masseurs, tout le monde vit dans l’incertitude. Tout le monde a l’impression de se faire examiner, la vieille garde regarde les nouveaux du coin de l’œil, et tout ça finit par générer une situation très étrange. Disons que l’argent n’est pas une garantie de succès, mais il permet de réduire les temps de gestation d’un projet. Il permet de grandir plus rapidement, ça c’est sûr. Chelsea est un grand club, mais jusqu’à l’année dernière, il n’avait pas gagné la Ligue des champions.
« Chez Zlatan, la manière de diriger ses coéquipiers n’est pas toujours idéale »
Tu as parlé avec Ibrahimović ?
Oui, oui, Zlatan est plus tranquille qu’il y a quelque temps. On a été coéquipiers pendant trois ans à l’Inter, et là, j’ai vu qu’il avait changé. Il semble avoir mûri, sans doute parce qu’il est le joueur le plus important de ce nouveau projet ambitieux.
Toi qui le connais bien, c’est quoi le meilleur et le pire de Zlatan ? C’est un phénomène, son physique, son élasticité incroyable, malgré son gabarit imposant, en font un joueur unique. Après, son grand défaut, c’est qu’il ne marque pas beaucoup de buts de la tête malgré sa grande taille. Il est tellement bon, il est tellement sûr de sa force qu’il peut dire : « Moi je ne vais pas au premier poteau pour mettre la tête, ce que je veux c’est reprendre le ballon de volée ou faire un enchaînement amorti-poitrine-retourné. » C’est dommage parce que s’il allait plus souvent au premier poteau pour mettre sa tête, il marquerait davantage de buts.
Mais il est à moitié fou, non ?
Heu…Disons que c’est un garçon difficile. C’est un type très exigeant avec lui-même et qui demande le même niveau d’exigence qu’il s’inflige à ceux qui l’entourent. Moi, il m’a toujours respecté, je n’ai jamais eu le moindre problème avec lui. Je me rappelle qu’un jour il m’a dit : « Quand je jouais à l’Ajax, tu étais déjà à l’Inter et tu étais Crespo. Un buteur. » Sa manière de diriger ses coéquipiers n’est pas toujours idéale : à l’époque, il s’énervait, il criait et levait souvent les bras au ciel en disant : « Je la veux là. » Ce genre de choses, des joueurs qui n’ont pas de beaucoup personnalité, ça peut les liquider. Mais j’insiste, aujourd’hui, il est beaucoup plus tranquille depuis qu’il est à Paris.
Et Mourinho, quels souvenirs tu en gardes ?
Mou, je l’ai eu à Chelsea et à l’Inter, et on continue encore à se parler au téléphone. Ce qu’il a de mieux, c’est l’empathie qu’il arrive à avoir avec les joueurs. Il a une capacité à comprendre le professionnel facilement. Il connaît la culture et les origines du footballeur qu’il a en face de lui et c’est souvent à partir de là qu’il tisse ses relations avec lui et qu’il arrive à en obtenir ce qu’il veut.
En quoi est-il différent des autres entraîneurs que tu as eus ?
J’ai toujours adoré sa méthodologie de travail. Tout ce qu’il fait, c’est avec un ballon. Avant de l’avoir, j’avais l’habitude de faire des préparations d’avant-saison uniquement basées sur le physique. Quand j’ai vu Mourinho pour la première fois, il n’avait même pas de chronomètre. Je lui ai demandé pourquoi et il m’a répondu : « Tu as déjà vu un pianiste courir autour de son piano pour répéter ses gammes ? Un pianiste apprend avec un piano ; un footballeur avec un ballon. » Mourinho tire le meilleur de ses joueurs en respectant l’homme qui est à l’intérieur du maillot. Cette empathie, cette manière de motiver très particulière, permet à ses équipes d’être toujours très agressives. Avec Mourinho, tu crois vraiment que t’es le plus fort du monde. Tu n’as peur de rien.
Mais est-ce qu’il est aussi insupportable qu’on le dit ?
Ses déclarations, sa communication, ça fait parte du cirque. Quand il était dans le vestiaire, il nous disait : « Tout ce que je dis en conférence de presse, n’y faites pas attention. Je le fais pour qu’ils s’attaquent à moi plutôt qu’à vous. »
Messi vient récemment d’obtenir son quatrième Ballon d'or. Qu’est-ce qu’il t’inspire ?
Lui, c’est un mec qui a ruiné ma carrière (rires) ! J’ai eu besoin de 19 ans de carrière pour mettre 300 buts, et lui, il vient et il me double comme si de rien n’était alors qu’il n’a que 25 ans. Et il lui reste encore beaucoup d’années de très bon football. Dans quelques matchs, il va prendre ma place de deuxième meilleur buteur historique de la sélection et une fois qu’il l’aura fait, il s’attaquera au record de Batistuta. Dans un an, ce gamin nous aura doublés tous les deux. C’est juste fou ! C’est un honneur, même un plaisir, qu’un génie comme lui pulvérise mes stats. La première fois que je l’ai rencontré, c’était au Camp Nou, lors d’un Barcelone-Milan de Ligue des champions en 2004/2005. À la fin du match, quelqu’un est venu me voir pour me dire qu’un jeune Argentin voulait me saluer. Lionel m’attendait à la porte du vestiaire et il m’a raconté qu’il était au centre de formation du Barça et qu’il m’admirait. Ce jour-là, il m’a demandé mon maillot. C’est quelque chose qui est resté gravé dans ma mémoire, surtout que l’année suivante, il y a eu un Barça/Chelsea en Ligue des champions. Il nous a éliminés tout seul et cette fois c’est moi qui lui ai demandé son maillot floqué du numéro 30. Je le garde précieusement rangé à la maison.
Propos recueillis par Diego Borinsky à Buenos Aires
Sansone, le chouchou de Donadoni

















Hâte de voir ce qu'il donnera en coach !
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C'est je crois ce qui me gêne le plus avec la prolifération des systèmes à une pointe, même si il y a de l'apport offensif, ça me fait moins rêver.
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putain* d'époque !!!
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Honetement Rooney-RVP ou Hamsik-Insigne-Cavani c'est loin d'etre degueu.
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Et les Pays-Bas n'y étaient même pas, avec un duo Kluivert-Van Nistelrooy. Y'a des choses incompréhensibles dans ce sport parfois...
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Et je valide avec truite11, l'anecdote du piano est incroyable. Il y a que Mourinho pour penser à des choses pareilles.
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Je suis comme vous, je trouve que Parme était irrésistible cette année, ce qui m'avait bien causé de la peine quand j'ai vu Bordeaux et Marseille se faire sévèrement à l'amende en coupe UEFA.
Cette année là j'ai l'impression que Crespo marchait sur l'eau il faisait mal tous les weekends.
Il a eu des stats très bonnes jusqu'à la fin mais j'ai l'impression que c'est à Parme et à la Lazio qu'il a été le plus fort.
Quand vous parlez de cette époque, je me souviens très bien des paires d'attaquants dont vous parlez, mais je me souviens aussi du trident Figo-Kluivert-Rivaldo du Barça...Complétement dingue.
La nostalgie pour moi, elle vient du fait que ça a été le foot de notre génération. Perso je suis né 1985, vous autres je suppose que vous êtes aussi né dans les années 80,comme une immense majorité du lectorat de SF je suppose également. C'est normal que le foot que tu matais ado, quand tu jouais à Fifa 99 et que tu débriefais le Arsenal 0-1 Lens ou le Angleterre 0-2 France au self de ton collège le lendemain, t'ait marqué, d'autant plus que l'EDF pétait tout sur son passage à l'époque.
C'est une putain de chance d'avoir connu ses années là ado. Mais un mec né en 1995 il te dira dans 10 ans putain Messi, Rooney Ronaldo et Van Persie c'était trop classe.
La seule grosse différence quand même c'est que j'ai l'impression qu'il y a moins de diversité maintenant au niveau des top team, et pour le coup ça, ça m'emmerde* vraiment. A l'époque Lazio, Juve, Milan, Inter, Fiorentina, Parma, Roma, Arsenal, Man U, Liverpool, Chelsea, Bayern, Borussia, Bayer, Schalke, Munich 1860, Real, Barça, Betis, Depor, Valence, Marseille, Bordeaux, Lyon, Benfica, Porto....et j'en passe beaucoup, tous les top players étaient pas tous concentrés dans 6 clubs dans le monde, tu pouvais vraiment te faire éclater par la Fiorentina si Batistuta était en feu ce jour là...
Et également au niveau des compètes, et je trouve que ça, ça mériterait un vrai débat.
Vous voyez Crespo qui dit "j'ai quand même gagné l'UEFA avec Parme", il parle pas là d'un lot de consolation. Aujourd'hui tout le monde s'en bat les steak, et moi le premier, de l'Europa League.
A l'époque la C1 avait déjà son prestige, mais tu ramenais la C2 ou la C3 ça avait un vrai putain* de cachet.
En fait vous avez raison, RENDEZ NOUS LE FOOT DES NINETIES !!!!!!
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