Futsal
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Coutinho, du futsal au foot propre

Chaque année, le Brésil délivre à l’Europe son lot de pépites et de bananes. Pendant un certain temps – du côté de l’Inter Milan notamment - on s’est demandé de quelle cargaison était issu Philippe Coutinho. Quelques années plus tard, le monde du football et les supporters de Reds peuvent être rassurés : le petit « Pipo » n’était pas dans le cargo Denilson. Aujourd’hui, quand Inter rime avec Taider, Liverpool rime avec cool et c’est en partie grâce à son Brésilien de poche.

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Au panthéon des gestes élégants du football, la feinte de corps que vient de dégainer Jon Flanagan est aussi utile que délicieuse. Le dimanche 30 mars est un sunny Sunday du côté d’Anfield Road où les Reds mènent 2 à 0 face à Tottenham quand le latéral gauche anglais file le ballon à Philippe Coutinho. Une bonne idée. Insaisissable depuis le début de la rencontre, le Brésilien sait exactement ce qu’il va se passer. Devant lui, il a quelques mètres pour prendre de la vitesse et une multitude de solutions pour transformer ce contre en but en un coup de baguette magique. Sur ces phases de jeu, « Pipo » est un magicien. La preuve qu’un enfant du futsal peut aussi être un homme de grands espaces. Avec sa conduite de balle soyeuse qui rappelle le temps où il enrhumait des adolescents simplement avec la semelle, le Brésilien remonte le ballon, lève la tête, analyse la situation et décide de tirer quand beaucoup auraient opté pour un décalage. Cette frappe parfaitement croisée en bout de course qui termine dans le petit filet, Philippe en enquillait par dizaines à l’époque où pour lui, le football était un sport de gymnase. Arrivé (trop) tôt en Europe à l’Inter Milan, le créatif de 21 ans est l’un des hommes forts du Liverpool qui marche. Un gamin qui a eu besoin de temps pour épurer son jeu et trouver sa vraie place dans un football européen exigeant.

L’enfer de la Serie A

Quand Philippe Coutinho débarque à Milan à l’été 2010, la Serie A accueille donc un joueur fantaisiste formé au futsal. Le Brésil raconte les exploits d’un numéro 10 surdoué : le crochet facile, le passement de jambe naturel, la conduite de balle légère. Bien trop légère pour occuper l’axe de l’animation offensive d’une équipe de Serie A. Dans les arènes italiennes, le jeu de « Pippo » Coutinho fait face à deux problèmes insurmontables : le manque d’espace et le physique des défenseurs. Pour contrer le premier, Rafa Benítez lui trouvera une place sur le côté gauche de son 4-2-3-1 derrière Eto’o (en l’absence d’un Milito blessé, à cette époque où Biabiany avait une place de titulaire). Sur l’aile, Cou’ a plus de temps avant de devoir esquiver un violent coup d’épaule, mais se trouve incapable de faire la différence face à des défenses transalpines trop organisées. Trop loin des buts, tout simplement. Un joueur paradoxal : un corps vif, mais pas particulièrement rapide, une technique raffinée, mais un manque de consistance dans le jeu de passes.

En opération séduction en Premier League

Ainsi, entre le Brésilien et Ricky Álvarez, l’Inter choisira la tradition, et donc l’Argentine. Face au second obstacle, Coutinho gagne de la masse musculaire. Trop vite, trop mal, qui sait. Le fait est qu’à la façon d’un Alexandre Pato réduit au statut de cobaye de Milanello, Coutinho multiplie les blessures musculaires en s’efforçant d’atteindre une densité physique « européenne » . La magie de la Premier League, capable de transformer Nasri en un athlète, aura eu raison de ce dernier défi. À Liverpool, il s’éclate dans les immenses espaces des prairies défensives anglaises. Sa qualité de passe grandit à mesure que l’écart entre les défenseurs s'accroît : la défense de Norwich n’est pas celle du Chievo. Et dans la verticalité du jeu de Brendan Rodgers, peu importe s’il doit jouer devant Gerrard, derrière Suárez ou sur un côté, en 4-2-3-1 ou 4-3-3, sa conduite de balle et sa fantaisie sont devenues une arme redoutable en contre-attaque, alors que son coup d’œil et son flair l’ont même rendu utile dans les petits espaces des attaques placées. Tant qu'il joue près des buts adverses, Pippo est un vrai danger. S’il semble que Coutinho ne deviendra jamais un meneur de jeu avec la consistance nécessaire pour donner le tempo à une animation offensive, il est enfin devenu un joueur de coups à jouer redoutable dans certaines situations de jeu. En somme, le Brésilien a progressé, mais demeure un diamant à polir. Pas étonnant, à 21 ans. 21 ans, soit l’âge de Jon Flanagan qui, comme Jordan Henderson, Raheem Sterling et donc, Philippe Coutinho, n’était pas né lors du dernier triomphe de Liverpool en Premier League. L’insouciance. Elle est peut-être là, la force des Reds.

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Par Swann Borsellino et Markus Kaufmann
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Gilles de la Kolo Tourette Niveau : CFA
Ce gars est tranchant comme un couteau, même petit...
Ce titre est splendide !
J'ai toujours regretter qu'on s'en sépare, les mecs a qui ont donne pas vraiment leur chances et qui se casse alors qu'ils ont vraiment du potentiel ça fait chier, et dire qu'on est en train de remettre ça avec Kovacic...
Note : 1
sinon le stade du LFC c'est toujours "Anfield" et pas "Anfield Road"...
Heyy un peu de respect pour Denilson il est quand même... Non laissez tomber.
Sinon Coutinho il est classe, très classe, j'espère vraiment que Liverpool va gagner son titre avec ces joueurs là.
Anfield_Road Niveau : Ligue 1
Son seul problème c'est qu'il est capable de réaliser un match exceptionnel et de foirer les 5 suivants par excès de confiance, en dehors de ça, il faut qu'il continu à travailler sa frappe, qui est encore un peu légère et il deviendra complet, il est encore jeune il a le temps de progresser, faut juste qu'il fasse attention à pas trop se reposer sur ses lauriers comme il peut des fois le faire contre les plus petit, mais dans un grand jour, ce petit est un régal à voir jouer, un petit magicien.
Note : 3
Il n'était pas fait pour la Serie A, trop dense tactiquement comme l'article l'a dit.

Maintenant il y a toujours un problème de condition physique. Je ne sais pas si ça évolué mais en début de saison il ne pouvait pas passer l'heure de jeu le gamin.
A la manière d'un Pastore il n'a pas de poste prédéfini non plus c'est ce qui l'a handicapé à l'Inter aussi. Ce n'est pas un vrai numéro 10, pas assez d'intelligence de jeu pour ça. Néanmoins, je suis content de voir que Rodgers a su le sublimer, c'est vraiment un joueur que j'apprécie.
Milan_forza18 Niveau : CFA
Une des plus grosse erreur de l'inter avoir lâcher coutihno comme le Milan avec pato c type son tro fort même si il sont fragile tu doit garder ce joueur la!
Un gamin qui sait se servir de son extérieur du pied de façon si soyeuse est forcement un ovni pour la BPL.
Mais là où je le trouve vraiment impressionnant, ce n'est pas dans son bagage technique de futsal, c'est dans sa vision du jeu. L'article dit bien qu'il n'a pas le profil d'un meneur qui prend en charge la construction pour toute l'équipe, mais putain il SENT vraiment bien les coups et sait amener le jeu et lâcher les ballons tout pile poil là où il faut, et ça c'est putain précieux...
Sa qualité de passe en contre-attaque me fait toujours halluciner.
Message posté par Lothaire
Il n'était pas fait pour la Serie A, trop dense tactiquement comme l'article l'a dit.

Maintenant il y a toujours un problème de condition physique. Je ne sais pas si ça évolué mais en début de saison il ne pouvait pas passer l'heure de jeu le gamin.
A la manière d'un Pastore il n'a pas de poste prédéfini non plus c'est ce qui l'a handicapé à l'Inter aussi. Ce n'est pas un vrai numéro 10, pas assez d'intelligence de jeu pour ça. Néanmoins, je suis content de voir que Rodgers a su le sublimer, c'est vraiment un joueur que j'apprécie.


Le manque d'intelligence de jeu?
Au contraire, c'est bien son point fort, comme d'autres l'ont deja dit, il a une vision du jeu incroyable qui, alliée à sa qualité de passe, peut vraiment faire des ravages.

Sinon l'article est intéressant, j'avais déjà pas compris a l'époque pourquoi l'Inter s'en était débarrassé comme ça. Son plus gros problème est clairement la régularité, c'est dingue de pouvoir passer à coté de matchs comme il arrive à le faire avec son talent. Mais Rodgers est justement le genre de gars qui arrivera a en faire sortir le meilleur en hésitant pas a le mettre sur le banc pour le sanctionner.
Comme l'article le dit son problème c'est la consistance de ses performances. C'est un joueur de coup, il n'est pas capable de dicter le tempo d'une équipe toute une saison.

Maintenant je maintiens ce que j'ai dis sur l'intelligence de jeu. Coutinho a une superbe technique et une très grande qualité de passe mais il ne sent pas le jeu comme un vrai numéro 10. Il multiplie souvent les mauvais choix c'est ce qu'il a handicapé aussi en Italie où le manque de rigueur tactique et d'efficacité se paie cher étant donné que les équipes n'ont pas 15 occasions par matchs d'en mettre un.
Assez marrant de voir sur la vidéo comme il était grand à l'époque par rapport à ses coéquipiers.
floyd pink Niveau : CFA
La malediction SF hit again !
kickandbrush Niveau : DHR
Faite chier les gars fallait faire un article sur nolan ou carroll pour aujourd'hui.
Ripaillons Niveau : DHR
Au Futsal les vrais bons joueurs savent parfaitement combiner bagage technique et intelligence tactique (dont la vision de jeu). A bon entendeur, salut...
Ce titre...bien joué.Sinon l'Inter Milan a encore fait n'importe quoi en matière de transferts en le vendant.
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