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Couper le sifflet

Les Alpes-Maritimes et l’Italie, c’est la porte à côté. Et alors ? Mario Balotelli, tout nouveau n°9 de l’OGC Nice, a tout à fait le droit d’entretenir des relations épistolaires avec ses proches. Mais cette fois-ci, pas besoin de mettre sa carte postale dans la boîte aux lettres « étranger » , Mario a un compte à régler en France. S’il avait dû écrire à Olivier Thual, arbitre de Nice-Lorient, voilà ce qu’il lui aurait dit.

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Salut Olivier,

Eh ben bravo. C'est bon, tu y es. Tu as ta photo parmi ces grands hommes. Ton portrait est à côté de celui du policier qui a mis la balle fatale à Pablo Escobar, ou du fan complètement jeté qui s'est payé John Lennon. Tu es cet inspecteur qui a passé les pinces à Al Capone, tu es cet anonyme qui arrive à sortir Federer ou Nadal au premier tour d'un tournoi du Grand Chelem. Je ne t'en veux pas. Pour tout te dire, je te félicite même. Tu t'es payé Balo, c'est génial, hein ? Tu vas pouvoir draguer avec ton histoire. Raconter ton exploit à tes petits-enfants au coin du feu, faire vibrer tes proches en leur expliquant comment tu m'as mis un carton jaune, puis deux. Tu enjoliveras la scène, en jurant que tu t'es dirigé vers Moreira et moi le pas conquérant, fier, inarrêtable, ta deuxième biscotte fièrement tendue bien haut. Après tout, les légendes sont faites pour qu'on les enrobe d'une dose de grandiloquence. Napoléon au pont d'Arcole n'a qu'à bien se tenir, Olivier Thual a des cartons à distribuer.

Sauf que l'un des miracles de la ville de Nice, c'est que grâce à notre maire, tout est filmé ! Mon pote, si tu savais combien de fois j'ai revu la vidéo... Tu avances bêtement vers nous, comme un pantin. Moi ? Je ne te vois pas, je ne te regarde même pas. Car à ce moment-là, à la toute fin de ce match que je sais gagné (grâce à moi, au passage), je sais que je n'ai rien fait. En voiture, les gens honnêtes ont toujours une montée de stress quand ils croisent les policiers dans la rue. Ils ont l'impression qu'ils roulent un kilomètre/heure trop vite, ou qu'un de leurs clignotants tourne dans le vide, ou qu'ils vont se faire verbaliser pour un rétroviseur mal réglé. C'est marrant, ce phénomène qui conduit des personnes lambda à se croire coupable de quelque chose. Moi, j'ai été fautif tellement de fois dans ma vie que je n'en ai plus rien à foutre. Ta chevauchée fantastique, je ne l'ai pas vue, j'étais trop occupé à regarder ailleurs pour ne pas croiser le regard de ce provocateur de Moreira. Alors quand je t'ai aperçu débouler dans mon champ de vision, faire le tour de moi-même et planter ta grande carcasse devant la mienne pour agiter ton petit machin jaunâtre, avant d'enchaîner sur le rouge, les bras m'en sont tombés.

Tu noteras que je ne me suis même pas mis dans tous mes états. Un enfant sait qu'il a fait une vraie grosse bêtise quand sa maman ne se met pas à hurler sur lui, mais qu'elle ne décoche pas un mot, préférant couver une colère froide bien plus révélatrice que les cris. Ce soir-là, tu étais l'enfant, et moi la maman. D'ailleurs, comme tout bon marmot, tu n'as pas mis bien longtemps avant de tenter de rattraper ta gaffe. En même temps, tu n'avais pas vraiment le choix. Tu t'es attiré une belle volée de bois vert, mon pauvre. Tes collègues arbitres, les journalistes, tout le monde t'est tombé dessus, tu étais dans les cordes et tu as fini par admettre que oui, tu avais sorti ton carton un peu précipitamment. Désormais, j'attends. J'ai entendu plein de gens dont je ne comprends pas bien le poste parler de procédures dont je ne connais pas bien la nature. Un directeur technique de l'arbitrage qui cause de commission de discipline, qui aurait le droit de me gracier... Enfin bref. Moi, je veux juste jouer.

Et me sanctionner parce que j'ai enlevé mon maillot pour célébrer un but, franchement... Tu es vraiment procédurier à ce point ? En plus, cette fois, je n'avais même pas contracté tous mes biscotos. Et puis entre nous, je vais te faire une confession : je ne suis même pas balèze. Tu as revu ces photos de moi en culturiste à l'Euro 2012 ? Mes pectoraux ? Deux œufs au plat. Mes abdos ? À peine ceux d'un Jonas Brothers. Mes bras ? Je n'ose pas proposer un bras de fer à Koziello, de peur de perdre. Alors face à Lorient, j'avais opté pour un truc un peu français. J'avais un peu discuté avec ce petit journaliste blond et farceur qui m'avait dérangé sur ma table de massage un soir. Paga quelque chose. Il avait l'air d'être un homme de goût, alors je lui ai demandé quelle musique les gens écoutaient ici. Il m'a dit qu'il adorait les chansons d'un animateur blond, qui faisait danser les petits hommes en mousse et tourner les serviettes. Alors j'ai fait tourner mon maillot comme si c'était une serviette. Ça ne t'a pas fait marrer.

Peut-être est-ce moi qui suis moins drôle qu'avant. Pardonne-moi de ne plus avoir vingt ans. Les feux d'artifice dans la salle de bain, les fléchettes sur les jeunes, les voitures éclatées, ce n'est plus pour moi. Je tente des choses plus simples, désormais. Faire tourner les serviettes, ça s'appelle du divertissement populaire. Et je suis, et je resterai, non pas ton meilleur ami (quand je te dis que j'ai révisé mes classiques de la chanson française...), mais un homme du peuple. Et encore une fois, je me suis posé cette question dont j'en ai marre, et à laquelle je n'aurai jamais la réponse : pourquoi toujours moi ?

Je t'embrasse quand même, en t'offrant ce contact entre nos visages dont je n'avais pas honoré Moreira.

Mario

PS : tes cheveux blonds mal coiffés m'ont rappelé à quoi je ressemblais quand j'avais tenté la crête jaune à City. Une belle horreur.

Par Alexandre Doskov
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