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Côte d'Ivoire – Ghana : beau final pour belle finale ?

Vivement que cette CAN 2015 s'achève ce soir sur un beau match qui nous fasse oublier Ebola, l'arbitre Rajindraparsad Seechurn et les hélicoptères… Que des Éléphants orange, à défaut d'éléphants roses, barrissent de plaisir et que les Black Stars se transforment en Golden Stars !

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Le poids de l'histoire penche… des deux côtés !


Il fallait au moins une belle affiche en finale pour clore une CAN 2015 qui n'a pas rehaussé le prestige d'une compétition de plus en plus décriée. Le changement d'organisateur, passant du Maroc à la Guinée équatoriale, pour cause d'Ebola. Un arbitrage très moyen en faveur du pays hôte à au moins deux reprises qui a privé les demies d'une Tunisie plus compétitive. Toujours cette plaie du foot africain ravivée, alors que le boulot des arbitres a été globalement bon… Et puis il y eut les « incidents survenus » au stade de Malabo au cours de GhanaGuinée équatoriale. Enfin, une qualité de jeu non négligeable, mais nettement en dessous du niveau des éditions 2006, 2008 et 2010 a pour l'instant régné jusqu'à aujourd'hui. Même le match pour la troisième place a déçu alors qu'on croyait que RDC et Guinée équatoriale se lâcheraient pour décrocher le bronze. Las ! C'est aux tirs au but que la RD Congo s'est imposée hier (0-0, 4 tab à 2). Alors on attend le bouquet final entre Ghana et Côte d'Ivoire, soit deux des trois favoris de la compète (avec l'Algérie). C'est déjà ça, et c'est « logique » : les deux finalistes sont les seules formations africaines à avoir participé aux trois dernières Coupes du monde. Historiquement, le Ghana, avec ses quatre couronnes continentales (1963, 1965, 1978, 1982), plus ses quatre finales, demeure avec l'Égypte un ténor absolu de l'Afrique. Ses deux dernières demi-finales en 2012 et 2013 l'installeraient même en position de favori… La Côte d'Ivoire a un palmarès plus modeste mais plus récent, avec ses deux finales perdues en 2006 et 2012. C'est sur cette dynamique née de la génération Drogba-Zokora que les Éléphants surfent encore aujourd'hui. Et puisqu'on a évoqué l'histoire, impossible évidemment de ne pas rappeler que l'unique victoire ivoirienne à la CAN 1992 s'était réalisée face au Ghana d'Abedi Pelé cruellement absent en finale (0-0, 11 tab à 10 à Dakar !). Ce soir, les fistons André et Jordan Ayew auront un bon motif très familial de surmotivation face aux hommes en orange…

Le Ghana sûr de sa force


Pour des motifs historiques (au vu du palmarès), le Ghana apparaît un peu comme favori. Tactiquement aussi, on sait que les Blacks Stars possèdent un éventail de possibilités plus large que les autres équipes continentales. Une longue expérience faite de sang-froid et de patience leur permet également de s'extirper des matchs fermés, comme ils l'ont démontré face à l'Algérie en poule (1-0 à la 92e). Contre la Guinée équatoriale et le climat hostile, il fallait des tripes pour rester serein et reprendre le jeu après une demi-heure d'interruption… Comme pour leurs adversaires ivoiriens, on a aussi noté une montée en puissance qui s'est traduite en quarts, puis en demies par un double 3-0, en gardant leur cage inviolée. Dans ces deux occasions, on a pu jauger la puissance de feu offensive de Jordan et André Ayew (3 buts, 2 passes décisives), Atsu (23 ans, belle confirmation au plan international), Wakaso (24 ans) et Kwesi Appiah qui a bien suppléé à 24 ans l'absence du « grand frère » Gyan Asamoah en demies. Ce dernier étant encore incertain ce soir, c'est Dédé Ayew qui, à 25 ans, assumera à nouveau le rôle de taulier au cours de cette CAN qui l'a bien fait grandir. Et puis l'Olympien était de la finale perdue en CAN 2010 face à l'Égypte (0-1) avec une jeune génération qui a bien mûri depuis… Un succès ce soir viendrait couronner aussi le sélectionneur israélien, Avram Grant, parachuté à la tête des Black Stars en novembre dernier. Il a su gérer la situation désastreuse d'une sélection bouffée par les querelles intestines, atteinte par une Coupe du monde au Brésil ratée et des éliminatoires de CAN guère brillants. La mission du nouveau sélectionneur était du coup « de bien figurer lors de la CAN 2015 et de gagner l'édition 2017 » , car Grant « a besoin de temps pour connaître parfaitement les joueurs » comme le dédouanait déjà le président de la fédé ghanéenne. Et on a vu… Grant a parfaitement repris en main les Black Stars et il a procédé à un rajeunissement bien dosé de l'effectif. En tant qu'entraîneur, hériter de la sélection du Ghana, c'est disposer d'une équipe compétitive quasiment assurée de jouer le dernier carré d'une CAN. Avram Grant est allé au-delà et il pourrait même triompher pour son coup d'essai, lui le novice en matière de foot africain. Le coach peut aussi compter sur des Black Stars plus concernés face aux gros que face aux « petits » . Le Ghana est très souvent pile dans les grands rendez-vous, où il troque sa suffisance légendaire contre un sérieux qui l'a affublé du surnom de « l'Allemagne de l'Afrique » …

Des Éléphants en mode Renard…


On peut tresser les mêmes lauriers à Hervé Renard. Certes, la Côte d'Ivoire aussi est un gage de compétitivité du football africain. Encore fallait-il la driver comme il faut pour la mener en finale. Hervé l'a fait. C'est sa deuxième finale après celle victorieuse avec la Zambie à la CAN 2012… face au Ivoiriens (0-0, 8 tab à 7) ! Coïncidence encore plus étrange : ses Chipolopolos avaient sorti le Ghana en demies (1-0) dans le stade de Bata, où se disputera ce soir ce Côte d'IvoireGhana ! En 2012 comme en 2015, Hervé Renard applique ses principes du foot réaliste avec une bonne base défensive qui oscille entre un 3-5-2 compact et un 3-4-3 plus ambitieux (selon que l'excellent Gradel décroche au milieu ou attaque). Florent Ibengue, coach du RD Congo vaincu en demies par les Orange (1-3), a parfaitement résumé la philosophie de Maître Renard : « La Côte d'Ivoire joue en bloc bas pour laisser venir l'adversaire et jouer les contres. La Côte d'Ivoire a changé sa façon de jouer, Hervé Renard est suffisamment intelligent pour remarquer que son équipe était trop glamour, elle jouait au ballon, mais elle n'était pas assez efficace. Il a mis trois défenseurs dans l'axe, et au lieu de jouer la conservation du ballon, ils jouent derrière et la contre-attaque, et sont beaucoup plus efficaces. » Après les Verts algériens (1-3), ses Léopards se sont aussi cassé les dents sur ce bloc ivoirien… En principe, au vu du potentiel offensif du Ghana et de celui des Éléphants (Gervinho, Gradel, Bony, soutenus en alternance par Yaya Touré et le très bon Dié), on devrait assister à un match spectaculaire entre deux équipes qui sont progressivement bien montées en puissance. Sauf que l'attentisme et la prudence qui guident deux solides blocs-équipes qui se craignent pourraient bien accoucher d'une finale fermée. Un coup du sort, un exploit perso ou des tirs au but devraient alors départager les deux finalistes. À moins qu'une étincelle précoce n'embrase la savane et fasse monter le feu d'un match fou aux cieux de Bata…

Par Cherif Ghemmour
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Dieudoquenelle Niveau : CFA
"Vivement que cette CAN 2015 s'achève ce soir sur un beau match qui nous fasse oublier Ebola, l'arbitre Rajindraparsad Seechurn et les hélicoptères?"
Pfffff bande d'incultes, vous y connaissez quoi vous au foot africain ?? Blatter a dit que cette CAN était une réussite, les c'en est une c'est tout !!!
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