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Corinne Diacre, pionnière ou combattante isolée ?

Première femme titulaire du BEPF depuis mai 2014 et première femme sur un banc professionnel masculin un mois plus tard, Corinne Diacre a depuis démontré qu'elle était plus qu'un coup médiatique. Entre un maintien avec Clermont, une prolongation de contrat et un début de saison réussie, l'ancienne internationale française fait bouger les lignes, mais sans forcément qu'il y ait quelqu'un pour profiter de l'appel d'air.

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« Claude Michy a fait le buzz avec Helena Costa, puis Corinne Diacre, il voulait tenter ce pari, être le premier à mettre une femme en première ligne, et il faut constater qu'il n'a pas forcément eu tort. » Meilleur entraîneur de l'histoire de Clermont 63 en ayant terminé trois saisons de suite dans le top 10 de la Ligue 2, Michel Der Zakarian était forcément intrigué quand il a vu Corinne Diacre débarquer sur le banc de son ancien club pour remplacer Régis Brouard. Un an plus tard, la curiosité retombée, les choix de l'atypique président Michy ne l'ont pas tourné en ridicule : malgré un début de championnat difficile, avec une première victoire le 12 septembre lors de la 6e journée contre Le Havre (1-0), et de nombreux points lâchés en fin de matchs, Clermont Foot a tenu son rang. Une douzième place en Ligue 2, meilleur résultat depuis 2012 et le départ de Der Zakarian, et surtout l'impression que Corinne Diacre était bien « l'homme de la situation » . Et pour l'actuel coach du FC Nantes, il est évident que pour son homologue, « cela a été plus dur au début, car elle était ultra-médiatisée, on lui répétait toujours les mêmes questions, alors que c'était sa première expérience à ce niveau, et surtout, elle a récupéré au dernier moment un effectif qu'elle n'avait pas façonné. » Car au départ, ce n'est pas elle qui devait être l'élue, mais la Portugaise Helena Costa, qui a rendu son tablier durant la préparation, se plaignant de ne pas être assez consultée pour le recrutement. Pas évident dans ces conditions de tenir son rôle face à un groupe de 25 joueurs professionnels qui ne savent pas forcément à quoi s'en tenir.

Seule aux manettes à Clermont


Mais l'ancienne internationale (120 sélections), puis adjointe de Bruno Bini chez les Bleues a su maintenir le cap en décrochant le maintien plusieurs journées avant la fin, et ainsi asseoir sa légitimité à ce niveau. À Clermont, le directeur technique Olivier Chavanon, conseiller personnel du président et présent au club depuis 17 ans, a fait ses valises. Selon le journal régional La Montagne, Corinne Diacre et lui ne s'entendaient plus, comme c'était le cas précédemment avec Helena Costa. Chavonon exit, personne n'a été recruté pour le remplacer, laissant ainsi à Diacre la mainmise sur le mercato. Qu'elle a mené en n'hésitant pas à prendre des décisions fortes vis-à-vis de son groupe en recrutant les joueurs de son choix et écartant ceux qui ne répondaient pas à ses attentes. Visiblement convaincu d'avoir la bonne personne à la bonne place, Claude Michy a prolongé sa technicienne jusqu'en 2018 et affiché des ambitions en hausse - une place dans les dix premiers - quand bien même le budget a été raboté à cause de la réduction des droits télé. Après neuf journées, Diacre est dans les temps de passage : une sixième place avec 13 points, à trois longueurs du podium. Et si elle dépassait les attentes et décrochait une montée ? « Cela ferait évoluer la vision d'autres présidents » , imagine Der Zakarian, « même si après, le plus important, c'est la compétence. Manager un groupe de Ligue 1, ce n'est pas donné à tout le monde. » Sous-entendu, derrière Corinne Diacre, les potentiels entraîneurs femmes ne sont pas légion, la coach de Clermont étant depuis mai dernier la seule titulaire du BEPF (Brevet d'entraîneur de football professionnel), et donc techniquement la seule candidate française sur le marché. Quand bien même elle ouvrirait en grand les portes du football professionnel masculin aux femmes, aucune ne pourrait la suivre, sauf à recruter à l'étranger. Pour l'instant.

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Sauf erreur de ma part, il arrive fréquemment que des coachs de L1 n'aient pas les diplômes nécessaires...

La dernière partie de l'article est donc partiellement fausse, si demain Montpellier veut recruter Marinette Pichon et virer le Bidochon par exemple, c'est parfaitement possible.
C'est peut-être un propos ultra-mainstream que je vais tenir, mais je m'en tape : j'espère bien que Corinne Diacre n'en est qu'au début d'une brillante carrière. Même si je ne me fais pas d'illusions : ce petit coup de pouce inaugural (lié à la personnalité et aux critères fantasques du président de Clermont) passé, la route sera pavée d'obstacles, pour elle plus que pour n'importe quel coach français.
Note : 2
Averell, Avant Printant l'an dernier, un membre du staff qui l'avait pouvait signer la feuille de match à la place de l'entraîneur principal, mais depuis, les clubs s'exposent à de grosses amendes (10 000 par match pour Bastia l'an dernier) c'est assez dissuasif.

Sinon, chapeau à Corinne Diacre pour sa réussite dans ce milieu.
Note : 8
Ah mais quand j'y pense, elle a fait une putain de Bielsa quand même Helena Costa!
JimPooley Niveau : CFA2
Ah non! Elle est pas partie après une défaite à domicile à la première journée, alors que la saison était commencée! Bielsa est inégalable sur ce coup, et le guignol marseillais n'est pas exportable en Auvergne!
lilisushi Niveau : DHR
Concernant la relève, je garderais un oeil sur Sonia Bompastor...
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