Cool un jour, cool toujours

A Bordeaux, on gère les situations un peu différemment qu'ailleurs. Et sur les terrains du centre d'entraînement girondin, on ne se prend pas la tête. Même quand on perd deux fois de suite.

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Au Haillan, les lendemains de défaite ressemblent très souvent aux autres jours. Pas d'émois particuliers, pas de tumulte, mais du calme. La quiétude des gens heureux, quoi. Ou presque, parce qu'à Bordeaux, on est dans l'ensemble toujours d'humeur égale. Quid de la pression ? Du côté des Girondins, on préfère la laisser aux autres. Paris, Marseille, Lyon, n'ont qu'à l'assumer. Sur la plaine des sports, au pied du château, on s'en fout un peu. Certes, les résultats ne correspondent pas aux attentes ; normal, quand on prend zéro point sur six et que l'on pointe à la 19e place du classement. Mais on ne sombre pas pour autant dans l'excès. Et si la déconvenue infligée par Toulouse à Chaban-Delmas (2-1), dimanche, a du mal à passer, on vit l'instant en se disant qu'il y en aura des meilleurs.

Ici, on en a vu d'autres : des marines, des blanches, et des pas mûres ! Mieux encore, on l'exprime. « Y'a pas la feu au lac » , nous indiquait lundi, un membre du service administratif du club, naturellement, en douceur. « Comme d'habitude, on est très peu affecté par les résultats » expliquait-il, avant de nuancer le propos: «  Bon, je ne dis que ce sera la même chose si à fin août on a toujours zéro point... » . Mais on n'en est pas encore là, même si à la fin du mois, on en saura un peu plus au sujet de la situation et du moral des troupes de Jean Tigana, qui auront alors rencontré le PSG et Marseille, avant d'en découdre avec Nice et Lyon, dans la foulée.

Mais si l'état d'urgence est loin d'être décrété, on se pose des questions, on établit des constats. Jean Tigana s'y colle en premier. « Nous avons été hors sujet en première mi-temps (face au Téfécé, ndlr), et nous avons repris les mauvaises habitudes de l'année dernière, a-t-il indiqué. Je suis en train de récupérer l'héritage de ces six derniers mois, et je dois trouver des solutions » . Le message est clair, Laurent Blanc appréciera. Évoquant des problèmes d'ordre « psychologique » , de « confiance » et de « doute » , Jeannot enfonce le clou : certains «  ne sont plus à leur niveau depuis six mois » . Et comment lui donner tort ? Le FCGB n'est pas à l'agonie, mais à quelques jours d'un déplacement déjà déterminant au Parc des Princes, il s'interroge sérieusement.

« Déception » et « rageant » étant les termes revenant le plus souvent, il se conditionne pour le voyage dans la capitale ; une virée qui pourrait proposer les retours des Carrasso, Ciani ou Henrique, enfin débarrassés de leurs deux rencontres de suspension. De quoi stabiliser une défense devenue expérimentale par la force des choses... De fait, il y a du pain sur la planche. Du « pain noir » , même, comme l'a nommé sans rire Jean Tigana. Tout ça juste avant Paris, où enjeux, supporters, controverses, soit le « pack-effervescence » par excellence, sont diamétralement opposé au quotidien feutré du centre technique du Haillan, et à la mentalité policée des amoureux du maillot orné du scapulaire. Bien plus qu'une échéance, une autre histoire. Ainsi va la vie. On ne se refait pas. A Bordeaux, il n'y a pas le feu...





Laurent BRUN

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