1. // Liga mexicaine

Complètement loco

Après sept journées du tournoi de fermeture mexicain, les Pumas pointent en tête, avec de surprenants Tigres de Monterrey en embuscade. Mais plutôt que se livrer à un classique récapitulatif, intéressons-nous à quelques folies de ce début de championnat.

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La vie ne fait pas de cadeaux à Ruben Omar Romano. Quatre fois finaliste de la Liguilla mexicaine, l'entraîneur argentin n'a jamais soulevé un trophée. Une carrière marquée du sceau de l'échec... et de la violence : en 2005, il fut kidnappé et séquestré soixante-cinq jours quand il officiait à Cruz Azul. Avec Santos Laguna, force montante du football aztèque, l'Albiceleste, promoteur d'un football offensif, vient d'atteindre par deux fois la finale. Mais pas de quoi faire verser dans la déférence le public du club de l'État de Cohuila, contrarié par le médiocre début de saison de ses guerreros. Samedi, il siffla abondamment l'excellent Christian Benitez et consorts après une défaite à domicile face aux médiocres Gallos Blancos de Queretaro (0-2). Un comportement qui appela une réponse gestuelle de Romano : un doigt discret mais indéniablement adressé à la tribune. Réponse en toutes lettres lors de la conférence de presse : « Ces gens n'ont pas de mémoire, nous venons de jouer deux finales et ils ne s'en souviennent pas, mais je vais de nouveau parvenir en finale et cette fois être sacré champion, après je m'en irai l'esprit tranquille » . Ruben Omar Romano s'en est surtout allé tout court, viré par une direction pour qui le public a toujours raison.

De la bijouterie aux bancs mexicains

Un autre entraîneur aurait dû vider ses casiers ce week-end, mais il préféra, dans son infime bonté, s'auto-reconduire... José Luis Sanchez Sola, dit “El Chelis”, est l'entraîneur le plus charismatique de la Liga, une grande gueule de 52 ans qui officiait dans la bijouterie avant de prendre en main les destinées de Puebla en 2006. Désormais entraîneur des Estudiantes Tecos de Guadalajara, celui qui est souvent considéré, à tort ou à raison, comme un grand meneur d'hommes mais un piètre tacticien, avait annoncé qu'il quitterait le club si ses joueurs ne remportaient pas leur match face à Atlante, message envoyé à son effectif pour qu'il se remue comme il se doit. Plus tôt dans la semaine, l'ex-bijoutier avait déjà tenté de mobiliser son escouade en déclarant vouloir réduire son groupe à dix-sept hoplites, avant de se raviser face à la fronde de ses hommes. Lors de la pré-saison, quand tout allait encore bien, “El Chelis” organisait des loteries et offrait lors de l'entraînement des écrans LCD aux lauréats. Le meneur d'hommes avait aussi décidé de s'inscrire aux cours de l'université autonome de Guadalajara (UAG) à laquelle appartiennent les Estudiantes Tecos, pour s'immerger profondément dans l'institution privée et réactionnaire. A noter que l'université et le club sont à ce point liés, que le fils du recteur en est son défenseur central historique et occupe son temps libre comme directeur financier de l'UAG. Avec ce nouveau revers concédé vendredi soir, les Tecos pointent à l'avant-dernière place du général et à l'ultime position de leur groupe (nda : la liga mexicaine se compose de trois groupes de six équipes). Mais “El Chelis”, la véritable vedette de l'équipe, a apprécié le comportement de ses joueurs et décidé de poursuivre l'aventure. La parole d'un bijoutier n'engage que ceux qui la croient.

Des matches truqués ?

Alors que chez les Tecos, on régale du LCD, chez les voisins de l'Atlas, on ne fait pas dans la demi-mesure, en offrant des quatre roues aux joueurs. Trois Volkswagen plus précisément, récompense d'un début de championnat canon qui avait fait de la lanterne rouge du dernier tournoi, de surprenants leaders après trois journées. Depuis, les Rojinegros n'ont pas gagné un match et il se murmure que bon nombre de joueurs ne seraient pas payés depuis plusieurs semaines. L'Atlas, c'est un peu ce smicard qui achète une Audi A4 à crédit et nourrit sa famille en discount.

Cadeaux toujours, la rumeur récurrente d'arrangements entre l'America, San Luis, et Necaxa, tous trois propriétés de Televisa, est revenue avec force en ce début de tournoi après les curieux résultats des Aguilas face à ses petites sœurs de San Luis et Necaxa. Tout d'abord, une large victoire sur des Potosinos pourtant en pleine bourre (3-0), au moment même où le PSG mexicain avait un besoin crucial de points. Puis, une défaite sur le terrain des hidrorayos (1-0), au moment même où le Necaxa devait absolument enlever son premier succès de la saison pour croire encore au maintien. L'America avait alors retrouvé une position confortable et pouvait se permettre de gaspiller. Rappelons que la multi-propriété est interdite par la FIFA. Mais comment l'instance internationale oserait-elle contrarier une fédération qui a fait de sa sélection un produit à haute valeur ajoutée, jusqu'à devenir le meilleur vendeur de maillots pour Adidas ?




Vidéo : Le doigt de Romano




Thomas Goubin, à Guadalajara

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