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Comment va faire l'OM pour garder Bielsa ?

Reçu par Margarita Louis-Dreyfus en début de semaine, Marcelo Bielsa, dont le contrat expirera à la fin de la saison, est toujours aussi évasif sur son avenir. Un temps annoncé en Arabie saoudite, le Loco espère atteindre les objectifs fixés en début de saison avant d'évoquer une éventuelle prolongation. La balle sera alors dans le camp des dirigeants marseillais, qui devront convaincre un homme pas vraiment habitué à s'éterniser.

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En recrutant un vrai traducteur


Le soleil se couche sur la demeure marseillaise de Marcelo Bielsa et la défaite à domicile concédée face à Monaco est celle de trop. Privé de Ligue des champions, sans réponse face aux errements tactiques de ses joueurs, El Loco broie du noir, sort son Macbook et « skype » son intellectuel de frère, Rafael. « Je te jure hermano, avec ces chicos, j'ai l'impression de parler chinois. Et encore, si je parlais chinois, le petit Ndoumbou il comprendrait quelque chose… » Inquiet pour son frangin, mais trop conscient de ses qualités pour l'imaginer échouer, Rafael pose la question qui fâche : « Mais Marcelo, le forain à casquette qui te sert de traducteur, là, celui qu'ils ont momentanément remplacé par un patron de supermarché, t'es sûr qu'il est fiable ? Tu sais qu'à cause d'erreurs de traduction espagnole en France, ils ont gâché des épisodes entiers de Un, dos, tres, hein. Je serais toi, je me méfierais… » La parole fraternelle étant d'or, Marcelo, remplis de doutes pour la première fois de sa vie, contacte José Bielva, le gérant de l'hypermarché d'Yffignac, pour en avoir le cœur net. « Merci d'être venu, José. Si tu peux juste me traduire en espagnol ce que mon traducteur raconte dans ces vidéos, tu serais génial. Parce que moi, je n'ai pas compris pourquoi mes joueurs n'ont pas rebondi après ma causerie pleine d'amour et d'humanité contre l'OL. » Gêné, José Bielva traduit ce que les caméras d'OMTV n'ont pas voulu diffuser, à savoir la VF de cette magnifique causerie : « Même si cela vous semble impossible : alignez deux passes après la relance. Il reste neuf matchs ! Neuf matchs à faire du marquage individuel alors que vous ne comprenez rien. Ne pas perdre avec une défense pareille, c'est un scandale. Mais il faut accepter l'injustice. La prochaine fois, Jérémy, tu t'emmerdes pas. Contre le PSG, tu mets un CSC. Il faut accepter l'injustice, mais aussi cracher le venin. Donc Dimitri, quand tu traites l'arbitre d'enculé en rentrant aux vestiaires, fais ça bien, bordel. On a dit qu'il fallait insulter les mères. Mais il faut que tout s'équilibre à la fin. Donc contre Paris, André, c'est toi qui t'y colles. Et tu fais bien le con, hein » . Ruiné moralement, Bielsa décide de poser un ultimatum à son actionnaire : c'est Victoria Abril à la traduction ou il se barre en Arabie saoudite. Dès lors, le gazon phocéen n'est plus maudit. C'est sûr qu'avec un type qui traduisait tout par « il faut courir partout » , c'était compliqué de digérer l'apprentissage de la défense à trois.


En exilant Bengous de la ville et en interdisant le mouvement « Bielsa no se va »


Parfois, l'idole du peuple n'aime pas déchaîner les foules. Amoureux du travail discret et du succès collectif, Marcelo Bielsa respecte l'amour de ses supporters, mais ne supporte plus d'être le centre de l'attention. Convoqué par Margarita Louis-Dreyfus pour signer une prolongation de contrat, El Loco se pointe sans son agent, mais pas sans requête. « Écoutez Margarita, je souhaite prolonger, mais vous savez que je suis un homme de conviction. Vous avez dit "apprécier ma conduite sur le plan humain" et je pense que pour continuer l'aventure, il faut que l'environnement marseillais soit en adéquation avec ma manière de voir la vie » . Du genre à savoir où il mène son bateau, l'exigeant capitaine Bielsa ne supporte plus les élucubrations du nouveau joyeux luron de la cité phocéenne. « Madame, je sais très bien où est-ce que nous sommes. Nous sommes à Marseille. Je sais parfaitement où est-ce que l'on va. On file droit vers le titre la saison prochaine. Donc ce que vous allez faire, c'est m'envoyer Bengous sur l'île de Pâques, parce que l'OM est un grand club et que des ambassadeurs de renom, on en a un certain nombre. La preuve, Vincent Labrune a retiré le numéro de Souleymane Diawara, matricule 132842. » Embêtée à cause de l'affection que son fils Kyril a pour le futur exilé, Margarita hésite, puis approuve. Elle prêtera même son avion personnel s'il le faut. « C'est tout, Señor Bielsa ? » poursuit-elle. « J'ai une ultime requête. Je sais bien que les vendeurs de produits dérivés n'ont pas d'âme, mais personnellement, j'en ai une. Et j'ai beau être né à Rosario, je ne suis pas le Che Guevara. Donc en dépit des ressemblances entre la mentalité "Droit au but" et le "Hasta la victoria siempre", il va falloir dire aux supporters que le "Bielsa no se va", c'est, au mieux, un truc de hippie. Je porte très mal le béret dont l'étoile rappelle certes celle présente sur mon survêtement, mais je sais bien que si je décidais de partir, ces types seraient prêts à passer Porque te vas ? de Jeannette à fond et ça, ça m'emmerde. Moi, je suis un homme de conviction, mais je n'aime pas mêler la politique et le football. Encore plus depuis que Leonardo Jardim utilise la tactique du No pasarán ! en Ligue 1. Quel lâche celui-là » . Quelques mois après les supporters tahitiens apparaît le premier groupe de supporters de l'OM de l'île de Pâques. L'effet Bielsa, encore.

En organisant une aventure humaine forte pour souder l'effectif


Marcelo Bielsa goûte assez peu à l'ambiance clan et cour de récré qui a pu régner sur la Commanderie cette saison. Margarita Louis-Dreyfus le sait : son chouchou de coach est un adepte du « un pour tous, tous pour un » et son entrevue avec l'Argentin ne dit pas le contraire. « Soit j'ai la garantie, par le biais d'une aventure humaine forte, que mon groupe ne fera qu'un l'an prochain, soit je me tire et je vous laisse avec Frédéric Antonetti. » Une phrase qui ne laisse pas trop de choix à l'actionnaire du club qui donne les pleins pouvoirs à Bielsa un peu avant la coupure estivale. « Bon, les gars, il y a la Copa América cet été, mais s'il y avait des Sud-Américains au niveau international dans cet équipe, ça se saurait. Donc ce que vous allez faire, c'est prévenir vos familles que vous n'aurez pas de vacances tant que l'on n'aura pas accompli un but commun, tous ensemble. » Épuisés par leur saison terminée à la troisième place, les Phocéens font la gueule, mais acceptent. Le prix à payer pour ne pas être coaché par un ringard la saison suivante. Le prix à payer pour, peut-être, gagner un titre. « Ce qu'on va faire, les mecs, c'est faire évader Souleymane Diawara de prison. Les cartes sont dans vos mains. Ça peut être de jour comme de nuit. Ça peut prendre deux jours comme deux mois. Ça peut bien se finir ou mal se finir. Ça dépend de votre rigueur tactique. Vous avez la soirée pour mettre un plan en place. Je vous ferai part du mien demain. » En bon capitaine, Steve Mandanda prend la parole le lendemain matin : « Coach, pour le véhicule, on pensait prendre le Kangoo de Morel. Ce n'est pas tape-à-l'œil, ça fait voiture d'ouvrier et on pourrait jouer la carte des mecs qui ont des travaux à faire. Pour entrer dans le bâtiment en premier, on pensait à Flo' Thauvin. Apparemment, personne le voit quand il veut dire bonjour. Mais surtout, on voulait infiltrer un type. Du coup, on a mis Gianelli dans un Paris - Marseille, le vol 17F43. Normalement, à la descente, après son coup de sang à la Delarue, ils l'enverront aux Baumettes. On lui a tatoué le chemin jusqu'à Souley sur le bras, y a plus qu'à espérer qu'il lève la tête et qu'ils arrivent à rejoindre Flo qui les guidera au Kangoo de Jérémy après avoir hypnotisé les gardes avec ses dribbles inutiles. C'est pas gagné, mais on a que ça, coach » . Heureux de la prise d'initiative de ses joueurs, Bielsa corrige deux ou trois choses. « Le problème, c'est que les gardes sont deux à l'entrée. Alors il faut qu'on soit à trois derrière. Prenez Romao avec vous, il est crédible en mec qui bosse dans le bâtiment. Ensuite, il faut être prudent. Le Kangoo, c'est bien, mais mettez Mendy à deux kilomètres plus loin dans sa BMW. En cas de poursuite, ça peut servir. Enfin, par pitié, prenez Ocampos et perdez-le dans la prison. Avec un peu de bol, on n'aura rien à payer à Monaco s'il prend du ferme. » Bielsa n'ayant jamais coaché Redoine Faïd, l'opération échoue et la moitié de l'effectif marseillais se retrouve condamnée pour aide à l'évasion. Revanchard, Bielsa reste et ramasse le titre avec une équipe composée à moitié de joueurs portant un bracelet électronique. Apparemment, ça ferait buguer la goal-line technology.

En le traitant comme le grand coach qu'il est


Un grand coach, ça se respecte. Et ça se bichonne. Plutôt du genre spartiate, Bielsa n'a demandé que peu de choses à ses dirigeants. Trop, selon Margarita Louis-Dreyfus, qui n'hésite pas à se plaindre au moment de discuter prolongation avec son coach : « Marcelo, on vous a déjà acheté tous les lecteurs DVD que vous vouliez, votre caddie de golf qui fait Google car, GPS, Game Boy avec Tétris et distributeur de soupe à la tomate, comme sur l'autoroute, quand les gens qui veulent un café se trompent de bouton. Ça coûtait une petite fortune, tout ça pour avoir quoi comme données ? Que Dja Djédjé avait couru 1493 kilomètres dont 1492,5 sans réfléchir ? Nous sommes généreux avec vous. » Comme l'homme peut se contenter de peu, mais déteste que l'on se moque de lui, Bielsa répond sèchement, avec une voix posée mais un ton ferme : « Je m'habille avec le même jogging tous les jours que Dieu fait depuis que j'ai posé le pied ici. Je me fais le debrief des matchs tout seul, sur mon MacBook, avec la WiFi du McDonalds du coin et je paye mon Sundae chocolat, sans même faire de notes de frais et sans avoir le code des toilettes parce que l'idiot de serveur l'oublie à chaque fois. Je me fais déposer tous les matins à la Commanderie en Citroën C3, comme si j'étais un gardé-à-vue qu'on emmenait au commissariat, alors que Thauvin vient en Ferrari, fatigué après une nuit avec miss PACA. On me sert un café dégueulasse dans un gobelet ringard quand je suis au bord du terrain. Et le week-end, je dois encore me faire déposer pour aller voir les matchs de la CFA. Je n'appelle pas ça être généreux, moi. Même Gerets vous coûtait plus cher avec l'entretien de son chien » . Consciente de son erreur, la patronne du club est prête à faire un geste, sans toutefois savoir quoi faire. « Je me plains pour vous faire comprendre, mais le matériel ne m'intéresse pas » poursuit Bielsa. « Ce que je veux, c'est au choix, des défenseurs qui comprennent le football, le clonage de Nicolas Nkoulou ou alors un type qui parle un peu espagnol qui pourrait me dire pourquoi les journalistes ne me parlent jamais de jeu dans ce pays, alors que j'aimerais que l'on m'en parle » . Après Jérôme Touboul de L'Équipe, fraîchement nommé directeur de la communication du PSG, Daniel Lauclair rejoint le staff de Marcelo Bielsa et ramasse... la Coupe de la Ligue. C'est déjà ça.

Par Swann Borsellino
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