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Comment survivre à la vente de son meilleur joueur ?

Cet été, Marseille a déjà vu partir plusieurs cadres, tout comme l'AS Monaco qui avait déjà cédé son meilleur joueur, James Rodríguez, au Real Madrid l'été passé. Obligation économique pour la plupart des écuries françaises, le départ de joueurs clés est parfois bien géré, mais conduit parfois aussi à un désastre sportif.

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« Marseille, c'est un cas d'école et cela va être intéressant de voir comment le club repart sans Gignac, Ayew, Payet et Imbula. » Pour Frédéric Hantz, libre depuis son départ de Bastia il y a un an, la vente d'un ou plusieurs joueurs importants est impérative pour les clubs français. Mais pas forcément une fatalité si les techniciens avaient plus leur mot à dire : « Les entraîneurs sont trop peu influents sur le dossier des transferts, comme moi sur le cas Florian Thauvin à Bastia. Ce sont les présidents de club qui vendent et les entraîneurs qui subissent. » D'où une tendance à imprimer une dynamique négative quand les vestiaires ont au contraire besoin de confiance. « Tous les clubs perdent régulièrement des joueurs cadres et s'en remettent, ce n'est pas la fin du monde. Il n'y a que les très gros qui gardent éternellement leur meilleur joueur » , estime le technicien, pour qui l'important reste que l'entraîneur et ses joueurs majeurs soient dans la confidence sur la stratégie du club.

Rester optimiste


« C'est une histoire psychologique, Monaco a pris un entraîneur, Leonardo Jardim, qui connaissait la situation et qui avait le profil pour y répondre positivement. Si l'entraîneur relaie un message positif dans le vestiaire, cela se passera mieux, les joueurs seront plus performants. Il ne faut pas que le vestiaire ressente le départ de certains joueurs comme un échec. » Une théorie dont le meilleur exemple est l'AJ Auxerre de Guy Roux dans les années 90, un club qui vendait ses meilleurs éléments chaque année, mais qui restait compétitif et présent sur la scène continentale. « Guy Roux était au cœur de la stratégie du club, et les joueurs savaient que s'ils étaient bons, ils allaient signer dans un plus gros club après. C'était du gagnant-gagnant. »

Mais pour qu'un club survive au départ d'un ou plusieurs cadres, il doit garder un certain contrôle et ne pas tomber dans la folie vendeuse, car « il faut assurer un maintien du niveau sportif » , assure Hantz. « Un club européen qui n'est plus en Ligue des champions ou un club moyen qui chute en seconde division, il perd bien plus que de passer à côté d'une belle vente. » En 2007, le FC Nantes avait ainsi connu sa première relégation en Ligue 2 après avoir vendu ses deux piliers des saisons précédentes, Jérémy Toulalan et Mickaël Landreau, sans avoir su compenser avec des recrues de niveau équivalent.

Trouver l'équilibre entre impératifs économiques et sportifs


« À Marseille par exemple, c'est inquiétant de voir le nombre de joueurs importants qui partent » , rappelle Hantz, même si dans le cas marseillais, « l'entraîneur devrait a priori rester, ce qui est positif, car si plusieurs joueurs et l'entraîneur partent en même temps, c'est très dangereux » . Autre impératif : « Savoir anticiper et toujours avoir un coup d'avance avec une shortlist de plans B » , un peu comme l'AS Monaco qui, depuis deux ans, recrute rapidement pour compenser ses départs ou Montpellier qui a parfaitement vécu le départ de Rémi Cabella à Newcastle grâce entre autres à la montée en puissance de Morgan Sanson. Parfois, les départs de joueurs cadres bien gérés peuvent même donner lieu à des saisons historiques pour les clubs concernés : Marseille a ainsi gagné la Ligue des champions 1993 après avoir vendu Jean-Pierre Papin (Milan AC), Carlos Mozer (Benfica) et Chris Waddle (Sheffield Wednesday) et Paris gagné la Coupe des coupes après avoir vendu George Weah (Milan AC), David Ginola (Newcastle), Ricardo et Valdo (Benfica). Et, à chaque fois, le salut avait pris forme dans un recrutement intelligent pour compenser les pertes.

Par Nicolas Jucha
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