Comment Rudi Garcia s’est-il mis Rome dans la poche ?

En cinq journées de Serie A, Rudi Garcia a déjà conquis les supporters de la Roma. Certes, cinq victoires en cinq matchs, ça aide. Mais ce n’est pas tout. L’ancien coach du LOSC a bien étudié son plan, et autant le dire, cela marche à merveille.

Modififié
0 52
Une référence à la Lazio dès la première conf’

Luis Enrique, Zeman, Andreazzoli. Aucun de ces trois entraîneurs, en deux ans, n’est parvenu à battre l’ennemi juré, la Lazio. Forcément, côté romanista, cela a commencé à sérieusement irriter les tifosi. Des tifosi qui n’ont pas hésité à traîter leurs dirigeants de « Laziali » (insulte suprême) après la défaite en finale de Coupe d’Italie. « Fuori i Laziali da Trigoria  » était même le chant principal lors de la contestation des supporters au centre d’entraînements ( « Que les Laziali dégagent de Trigoria » ). Forcément, ces mots ne sont pas tombés dans l’oreille d’un sourd. Nous sommes le 13 juillet 2013. Rudi Garcia est arrivé à Rome depuis quelques jours et il donne une conférence de presse depuis Riscone. Le coach a encore besoin d’un traducteur à ses côtés, mais ses premirs mots sont forts. « Ceux qui critiquent les joueurs, ceux qui critiquent le club, ne peuvent pas être des supporters de l’AS Roma. Quand tu aimes ton équipe, quand tu aimes ton club, tes joueurs, tu encourages, tu encourages ton équipe. Au pire, ce sont des tifosi de la Lazio » affirme-t-il. Pan, premier coup, osé : prendre le contre-pied des tifosi qui traitaient de « Laziali  » les dirigeants, et les traiter à leur tour de « Laziali » . Rudi n’a pas froid aux yeux. Ses déclarations font du bruit, intriguent. Qui est donc ce mec qui, dès son arrivée, ose prendre position contre ses propres tifosi ? Le plan est en marche.

Souder le groupe de l’intérieur

Rudi Garcia est arrivé à Rome sur un chantier. Un chantier à l’abandon. Le 26 mai dernier, la Roma a été battue en finale de Coupe d’Italie par la Lazio, et le groupe en a pris un énorme coup sur la tête. Perte de confiance, d’estime de soi, tout y est passé. Des joueurs ont lourdement été critiqués, comme Osvaldo, qui s’était embrouillé avec son coach à la fin de la finale et n’avait pas assisté à la remise des médailles, ou encore De Rossi, à qui l’on reproche d’avoir fait du chantage pour augmenter son salaire et d’avoir perdu de la motivation depuis plusieurs saisons. « Certains joueurs ont vraiment mangé du caca pendant les semaines qui ont suivi la finale » a même affirmé le même De Rossi il y a quelques jours, faisant notamment référence à Balzaretti. Rudi a compris cela. Dès son arrivée, avant même de bosser la tactique ou quoique ce soit, il décide de taffer sur la confiance. Et pour ce, il se pose en capitaine de navire, qui défend ses joueurs envers et contre tous. Alors que tout le monde critique lourdement Osvaldo, Rudi Garcia, qui savait pourtant pertinemment que l’attaquant allait partir, prend position et le défend. « Il doit améliorer son comportement, mais la Roma sera bien plus forte avec un Osvaldo au sommet de son art » assure-t-il. Même technique pour De Rossi, que l’on donnait pourtant partant vers le PSG ou Manchester City. « Daniele De Rossi est un grand joueur, et il vaut mieux l’avoir avec nous que de le voir partir. Moi, je compte sur lui » annonce-t-il. Résultat : De Rossi est métamorphosé, et semble redevenu celui d’il y a quelques saisons. Parce que Rudi sait donner de l’amour ?

Imposer ses choix sur le mercato pour ensuite construire le jeu qu’il veut

Stekelenburg, Osvaldo, Marquinhos, Lamela. Rudi Garcia n’a pas eu grand-chose à dire sur ces quatre départs, qui ont permis à la Roma d’encaisser plus de 80 millions d’euros. En revanche, le coach a largement eu son mot à dire sur le recrutement. Ses idées étaient bien précises : recruter à la fois des joueurs d’expérience, et des jeunes prometteurs. Il fallait déjà un gardien. Morgan De Sanctis, valeur sûre de la Serie A, est arrivé. Bien. Mais ce que voulait Rudi, c’était des joueurs capables d’apporter de la vitesse et de la percussion sur les côtés. Ainsi, le technicien a insisté pour recruter Maicon, et surtout son ancien protégé au Mans et à Lille, Gervinho. Sont également arrivés Benatia (il fallait un défenseur central), Strootman, annoncé comme un futur grand, et Ljajić, qui, s’il parvient à contrôler son caractère de cochon, peut être un sacré joueur. Rudi aurait aimé une cerise sur le gâteau, un Demba Ba par exemple, mais se contentera finalement de Borriello. Avec les joueurs à disposition, le coach a tenté de reproduire, en quelque sorte, ce qu’il avait réalisé à Lille la saison du titre. Ainsi, le jeu de la Roma penche beaucoup sur les côtés, avec des latéraux qui n’hésitent pas à monter pour apporter le surnombre. L’autre force du jeu romain : des passes courtes, marque de fabrique du coach du temps du LOSC. Et ces passes courtes ont une conséquence : la Roma est, après 5 journées, l’équipe qui a la plus grande possession de balle (60,9%) derrière la Juventus (63,7%). Surtout, la Roma a retrouvé une solidité défensive. Un seul but encaissé en 5 matchs alors que, l’an dernier, après 5 tours, les Giallorossi en avaient déjà encaissé 7. Et Garcia a tenu à mettre l’accent sur le collectif plus que sur les individualités : la Roma a marqué 12 buts en championnat avec 11 buteurs différents.

Gagner le derby et se proclamer romanista

Pour être accepté à Rome, il faut forcément passer par l’étape derby. Rudi Garcia l’a bien compris, et a eu la chance d’avoir un derby romain dès le mois de septembre. Là aussi, sa stratégie a été parfaitement étudiée. En conférence d’avant-match, l’entraîneur utilise peu de mots, mais des mots forts. « Un derby ne se joue pas. Il se gagne » lâche-t-il. Les puristes s’en souviennent : l’an passé, c’est Vladimir Petković, le coach de la Lazio, qui avait utilisé les mêmes termes pour motiver ses troupes avant la finale de Coupe d’Italie. Son équipe s’était imposée 1-0. D’ailleurs, cette finale était dans toutes les têtes avant le derby de dimanche dernier. Mais, visiblement, pas dans cette de Rudi Garcia, qui a pris le parti de dribbler cet événement marquant. « La finale du 26 mai ? Je ne l’ai pas vue, et je m’en fiche. Cela appartient au passé, et ceux qui vivent dans le passé se trompent » . Bien vu. Le derby est équilibré, mais, en deuxième période, la Roma parvient à faire la différence et à prendre une revanche qui booste le moral des troupes. Et Rudi, dans son coin, est bien conscient qu’il a tout bon. Il profite du succès pour déclarer sa flamme aux supporters. « Je vous le dis, maintenant, je suis l’un de vous, je me sens romanista » . Totti approuve.

Ne pas se dresser contre Totti, tout en faisant comprendre qu’il est quand même le boss

On le sait, à Rome, il y a un boss. C’est Francesco Totti. Si le Capitaine de la Roma s’entend bien avec son coach, tout roule. À l’inverse, s’il s’y oppose, c’est la merde. Avec Luis Enrique, cela avait été le clash immédiat. L’entraîneur espagnol l’avait fait sortir à des moments cruciaux, s’attirant les foudres de Totti et du public. Or, Rudi Garcia l’a vte compris : même à son âge, Totti demeure le joueur clef de cette Roma. Et même si l’on ne peut pas construire l’avenir sur un joueur de 37 ans, tant qu’il est là, il faut l’utiliser. C’est ce que fait Garcia, mais avec subtilité. Totti est au centre du jeu, au centre du projet. Garcia le fait se sentir important, et c’est ce dont a besoin le Capitaine. Mais à côté cela, le coach prouve qu’il est le chef. Un chef non pas tout-puissant, mais un chef à l’écoute, capable aussi de mettre Totti sur le banc, comme hier, à Gênes, avant de le faire entrer en fin de match. Comme les succès suivent, tout le monde semble admiratif devant cette méthode. Et l’image de Garcia en train de parler à l’oreille de Totti, à la mi-temps du derby, est devenue le symbole de cette union.

Se faire expulser contre la Samp’

On le sait aussi, en football, Rome (aussi bien pour la Roma que pour la Lazio) est une ville qui aime se sentir persécutée. Les tifosi, entre eux, utilisent d’ailleurs fréquemment l’expression romaine « gomblotto » pour parler de complot contre leur équipe. Ainsi, lors des années Spalletti, la Roma s’était auto-proclamée « Championne morale » face à une Inter qui, selon elle, était aidée par les arbitres. Ainsi, hier soir, sur la pelouse de la Sampdoria, Rudi Garcia a connu sa première expulsion italienne, après avoir gueulé sur l’arbitre de la rencontre. Un geste prémédité ? A priori, non. Mais l’histoire récente nous apprend que les entraîneurs visés par les arbitres (ou les tribunaux) sont souvent ceux autour desquels les supporters s’unissent. Impossible de ne pas penser à Mourinho, maître en la matière, qui avait su devenir l’idole des tifosi nerazzurri grâce à ses succès, mais aussi grâce au fait de toujours se dresser face aux arbitres. Dans un registre un peu différent, Antonio Conte n’a jamais été aussi aimé par ses supporters qu’après sa suspension de 4 mois due au scandale Calcioscommesse. Les tifosi ont ressenti ça comme une injustice, et se sont ainsi unis plus que jamais autour de leur entraîneur. On est dans la supposition en ce qui concerne Rudi Garcia, mais il est certain que les tifosi de la Roma ont dû apprécier de voir sur le banc un homme « qui en a » , capable de dire ce qu’il pense à un arbitre. Surtout lorsque derrière, l’équipe gagne 2-0. Tant que ça dure...

Eric Maggiori
Vous avez relevé une coquille ou une inexactitude dans ce papier ? Proposez une correction à nos secrétaires de rédaction.
Modifié

C'est quoi ce titre? French motherfucker, do you speak it?
Rudi a construit Rome en un jour.
Je ne sais pas si Rudi Garcia a pensé à tout ça, je ne le connais pas bien, mais cette tactique est digne du Mentalist.
en étant un mec intelligent, d'une rare intelligence même, et ça fait tellement défaut dans ce milieu qu'a priori ça suffit . (putaing# quoi, les congférences de presseuh de laureng blancg...de deschampg, d'élie beauf, ETC ETC.)

ce type est brillant, il va devenir un immense coach et, je l'espère à terme, un putain# de sélectionneur.
LaPaillade91 Niveau : Loisir
Le derby romain ne m'a pas exalté loin de là, mais côté Roma c'était beaucoup plus sérieux qu'auparavant et on comprend que le but est le résultat d'un plan de jeu bien appliqué, où le jeu passe par les latéraux qui prennent l'espace sur les côtés avant de rentrer à l'intérieur.

Balzaretti fait une première volée (ou frappe je sais plus) cadrée, il sort du terrain pour se faire oublier, et il met le but sur la touche qui suit avec centre de Totti.

Mais attention : la vraie différence avec les anciens derbys, c'était la motivation de la Lazio. Un gros derby qui se répète trois fois dans l'année, c'est tellement intense que tu peux sûrement pas être à fond à chaque fois.

Rappelons que le défi de Garcia est immense : les tifosi romains ont beau jeu de se présenter comme "vainqueur moral", c'est surtout que c'est le plus grand club de losers de la planète si on comptabilise uniquement les 2e places.
Master of footix Niveau : Loisir
J'aurai jamais cru que cette pleureuse de Garcia pouvait réussir en Italie.
La vie réserve vraiment des surprises.
laudrup all night Niveau : Loisir
comme dirait le poète lusitanien Cristiano Ronaldo Reagan : "Calma, calma."

La Roma n'a joué aucun gros.
Note : 2
Il faut attendre avant de faire un bilan, ils ont affronté Hellas, Livorno, Parma et la Samp', le gros test c'était contre la Lazio ils ont réussi mais faut voir contre le Napoli et la Juventus si on peut prendre cette Roma au sérieux comme en 2009...
Et dire que cet été j'avais sorti "il passera pas le mois d'octobre"...
malin le Rudy, très malin. (ce qui n'enlève rien à ses compétences de technicien!)
Je crois que la classe du maillot y est pour beaucoup dans la réussite de la roma, et je dis ça en qualité d'homme le plus classe du monde
Scotch_OMsoccer Niveau : Loisir
on se marre d'avance de ce qui va se passer ensuite comme à chaque fois que les romains s'enflamment après une bonne série...
Il a pas fait de mauvais choix mais pas sur qu il en fasse des bons ce Garcia.
Sinon faut arrêter le Cinema il surjoue meme quand il parle.En meme temps ca prouve qu il veut bien faire. D ailleurs je ne doute pas de ses bonnes intentions mais de ses capacités tactiques je suis moins sur.
Vous dites les mêmes choses que sur l'OM de l'année dernière et regardez ou ils ont fini.
fernandollorientais Niveau : CFA
J'aurais pas misé gros sur sa réussite. Mes respects, chapeau bas.
laudrup all night Niveau : Loisir
Message posté par Abitbol
Je crois que la classe du maillot y est pour beaucoup dans la réussite de la roma, et je dis ça en qualité d'homme le plus classe du monde


en qualité d'homme le plus classe du monde, tu devrais avoir remarqué que ce maillot, très classe en début de match, se transforme en éponge à sueur dès la 15ème minute, pour ressembler à une serviette hygiénique en décomposition à la 93ème.

Design is not enough.
Le vrai test c'était hier. Ceux qui disent la Roma a fait son jeu habituel d'observer durant la 1ere et dominer durant la seconde n'ont pas vu le match. Après avoir dominé 20-30 minutes, ca a été la souffrance pendant 70 minutes. Notamment les 20 dernières minutes ou les joueurs ne construisaient plus. Et pourtant, ils ont tenus et même marqué ! L'année dernière on en aurait pris trois. Rappelons nous le match contre le Pescara, alors dernier du championnat... Cette équipe est une équipe qui peut jouer le scudetto. Et qui finira probablement dans les trois premières. Evidemment il y aura des défaites, mais les mecs ont ce qu'il faut la ou il faut dans les moments difficiles. Que Benatia marque hier ce n'est pas anodin. Que De Sanctis fasse son premier gros arrêt de la saison à 10 contre 11 ce n'est pas anodin.

Et pour ceux qui disent que la Roma n'a affronté que des équipes de seconde zone, c'est vrai. Mais regardez quand même ou est le Livorno au classement, regardez le résultat du Hellas contre les Big et plus généralement regardez un peu le championnat italien, aucun match n'est joué d'avance : la Juve qui doit s'en remettre à sa tactique habituelle pour gagner, jouer à 12, le Milan qui doit s'employer pour battre les "petits" et le Napoli qui fait nul contre le Sassuolo... Donc attendons avant de parler de big et de petites équipes. Parce que la Lazio, ces deux défaites, c'est contre la Juve et la Roma. Il y a peut-être une raison. Le fait que Hernanes n'ait pu faire un superbe tir comme celui d'hier contre la Roma, il y a peut-être une raison...
madjerinho Niveau : CFA2
J'aimerais bien quand même savoir l'avis des italiens sur Garcia. De l'extérieur c'est bien beau, mais fait-il l'unanimité là-bas ?
De toute les facons les vrais savent que les boss a rome c'est titus pullo et lucius farinus. Marc anthony etait un plouc.
Message posté par madjerinho
J'aimerais bien quand même savoir l'avis des italiens sur Garcia. De l'extérieur c'est bien beau, mais fait-il l'unanimité là-bas ?


quand tu gagnes tout tes matchs a priori ça se passe bien
Partenaires
Logo FOOT.fr Olive & Tom
0 52