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Comment Messi est devenu grand

Messi est encore en pleine croissance. À mesure que le Barça enchaîne les victoires tactiques, son rôle change. Le faux 9 est en train de grandir et de devenir un 10, un vrai. Explications.

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Il y a des chefs-d’œuvre qu’il vaut mieux ne pas toucher. « Parfois à La Masia, on me corrigeait, mais je ne m’en souviens pas. Ils ont respecté ma façon de jouer. Même si c’est vrai qu’ici la philosophie de jeu, c’est lever la tête et jouer à une touche de balle. Mais bon… Moi, je ne la passais à personne. Souvent les entraîneurs me disaient de lâcher le ballon plus tôt, mais ils ont fini par se rendre compte que je n’y arrivais pas et m’ont laissé. C’est vrai que, petit à petit, j’ai fini par la passer de plus en plus. » Léo Messi a le profil des gamins qui se servent d’une cour de récré comme d’un champ de bataille. Le foot des gamins, c’est celui des petits ponts, des crochets, des dribbles sonores, des tacles sur le bitume, des feintes dans le vent et des reprises de volée entre deux sacs à dos. Le foot de l’enfance, c’est celui du chacun pour soi. Celui où le passeur n’est qu’un froussard et le dribbleur est un héros. Le foot pour le tout petit Léo est une course d’obstacle entre des milliers de jambes. « Ma façon de jouer n’a pas beaucoup changé » , expliquait-il hier à El Pais. Messi joue au Camp Noù comme il jouait à Rosario dans le jardin de son voisin. Il joue perso, quoi.

Pourtant il en faut du génie pour qu’à la Masia, Carlos Foguera – directeur - et Tito Vilanova – entraîneur des cadets – le laissent faire ce qu’il veut. Autour de lui, Fàbregas et Piqué ont appris les fondamentaux du jeu barcelonais : toca y vete. Tu passes, tu bouges. Ici,c pas de place pour les sales gosses accrochés à la balle comme aux jupes de leur mère. Dans cette génération de 1987, Messi joue sur le côté comme un extremo, un ailier à la sauce barça, de ceux qui servent d’appui, provoquent et prennent la tangente. En 2005, c’est comme ailier gauche qu’il marque son premier but. Ronaldinho voit son disciple dans l’espace et passe par dessus la défense d’Albacete. Léo devient à 17 ans le plus jeune buteur de l’histoire du club en marquant un lob. Messi a du but dans les bottes. Guardiola le sait. Comme Laudrup ou Di Stefano, son poste, c’est être lui-même, dans l’axe. Quand le Barça gagne 6-2 à Madrid en 2009, Messi fait sa première apparition dans cette zone. Avec l’arrivée de Zlatan, il faudra attendre la blessure du Suédois pour voir Léo y revenir. À partir de janvier 2010, la Pulga explose. 47 buts en 53 matchs. Messi vient d’atterrir sur Mars.

Numéro 10

Dribler, marquer, célébrer plutôt que fixer, dribbler, passer : la trilogie du buteur a remplacé celle du passeur. « Léo est le meilleur du monde en dribbles. C’est normal qu’il soit un peu individualiste » , répond Xavi aux critiques ad hominem. Avec Guardiola et le repositionnement dans l’axe, Messi est une machine à faire sauter les défenses. Pourtant, marquer ne fait pas le bonheur, même s'il y contribue : « J’aime bien marquer des buts, mais aussi avoir des amis parmi les gens avec qui j’ai joué. C’est bien qu’on t’apprécie, d’être aimé pour ce que tu es, au-delà des buts que tu marques. » Mais à force de marquer des buts par paire, triple ou carré, on oublie le jeu. Contre Séville ce week-end, le Barça patine en première mi-temps. Le 4-3-3 avec ailiers purs enferme Fàbregas au milieu et Messi en pointe. Seul, Messi n’est plus qu’une otarie sans ballon. Pire, s’il décide de dézoner pour s’approvisionner, Busquets s’écarte, Xavi monte d’un cran et finit par déséquilibrer le milieu dans l’axe de la défense. Le deuxième but de Séville samedi est volé sur une mauvaise passe de Busquets à Messi. Personne n’est parfait.


Vilanova connaît ses classiques. C’est lui qui a entraîné cette génération en cadets en 2001-2002. Comme il les a vus grandir, il les voit maintenant vieillir. Avec les années, les grands attaquants prennent de la distance et deviennent de meilleurs milieux. Samedi en deuxième mi-temps à Séville, comme contre Moscou au Camp Nou en Champions, l’équipe passe en 3-4-3 et Messi recule. Samedi c’est lui qui, avec Xavi, lève la tête, marque la pause et glisse les ballons dans les espaces. À Séville, Fàbregas marque deux fois, mais Messi est au départ des trois buts : deux passes en profondeurs (Pedro et Fàbregas) et une remise (Villa). Avec Vilanova, le rôle du faux 9 ressemble de plus en plus à celui d’un vrai 10. En prenant de la distance, le jeu de Messi évolue. L’explosivité des courses laisse la place à des transmissions météorites. Les joueurs qui s’accouplent avec lui sont alors fondamentaux. Sanchez a plus de mal – à cause de la lenteur de son jeu sans doute - tandis que Fàbregas et Villa, comme Messi, sont des instinctifs et jouent toujours en première intention. Grâce à eux, le petit Léo a abandonné les dribbles de freluquet pour la vista des aînés. Et pour faire son entrée dans la cour des grands.

Par Thibaud Leplat
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