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Comment le football féminin a progressé

Fini les contrôles à trois mètres, les roulettes ratées et les frappes en cloche : le football féminin progresse à grande vitesse depuis plusieurs années. Heureusement pour les machos, il reste encore les fautes de main pour rigoler.

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Il paraît que tout ce qui commence a une fin. À Montréal, les débuts des Bleues sont pour une fois épargnés par les sarcasmes qui les accompagnent traditionnellement sur le pré. Aujourd'hui, quand on regarde les filles jouer, on peut encore se permettre de rire ici ou là de quelques casseroles, ou de dénigrer la laideur de quelques buts un peu moisis. Mais le sentiment qui domine, c'est qu'elles ont quand même bien progressé. « Les footballeuses sont devenues des athlètes de haut niveau, surtout en matière d'endurance et d'engagement physique » entame Régine Pierre, l'ancienne présidente du Saint-Memmie Olympique, le club qui a formé la légendaire Marinette Pichon : « Elles se sont professionnalisées, s'entraînent presque tous les jours, alors que chez nous, les filles venaient deux fois par semaine après le boulot. L'intensité des matchs n'a rien à voir avec ce que l'on pouvait connaître il y a dix ans. »

« Avant, on ne travaillait pas la musculation »


Si le mouvement part de loin, tout s'est accéléré à l'issue de la Coupe du monde 2011, à une époque où le football chez les garçons n'était pas vraiment en odeur de sainteté. Après Knysna, les supporters français ont fait un transfert sur cette bande de filles joyeuses et décomplexées, à l'image encore intacte. Fini l'anonymat, place aux médias : la quatrième place récoltée à cette occasion a été le lancement d'une nouvelle aventure. Et la découverte d'un nouveau monde. « Avant, on avait l'image de Bruno Bini qui parlait en conférence de presse devant un seul journaliste. Maintenant, il y en a 80. J'ai vu une belle évolution après la Coupe du monde en Allemagne, notamment sous l'impulsion de Noël Le Graet » , savoure Marie-Christine Terroni, la présidente du club de Juvisy, entre deux constats satisfaits : « On était dans l'ombre, mais très vite, les projets ont commencé à affluer, et le football féminin a su profiter de cette opportunité pour se structurer. »

Sacrée deux fois meilleure buteuse de division 1, l'attaquante de Montpellier Laetitia Tonazzi a connu le passage d'une époque à l'autre, du haut de ses 34 ans. « Je ne dirais pas que le niveau a doublé, mais presque. Par exemple, avant on ne travaillait pas la musculation, alors qu'aujourd'hui, tout le monde fait ça. On est aussi beaucoup mieux encadrées. On s'est inspirées à fond des États-Unis qui étaient très en avance sur nous. » Alors qu'il était la règle, l'amateurisme recule, sous l'impulsion notamment des plus grands clubs du championnat comme Paris, Lyon ou Juvisy, désormais dotés de véritables moyens financiers. « En 2000, le club ne disposait que d'un seul partenaire. En 2015, on en a trente ou trente-cinq » , reprend Marie-Christine Terroni, qui en a profité pour améliorer l'encadrement et rétribuer ses joueuses : « Désormais, certaines filles peuvent vivre de leur passion chez nous. Le contrat fédéral existe depuis 2011, mais ce n'est pas une généralité, nous n'en avons que huit. On privilégie les doubles projets avec le conseil général de l'Essonne ou des sociétés comme Carrefour, qui se mobilisent pour valoriser notre football. »

« Plus de vitesse et de puissance »


L'intérêt des sponsors est facilement compréhensible : le football féminin est en plein boom. En 2011, on comptait en France près de 54 000 licenciées, alors qu'elles sont aujourd'hui plus de 85 000 à pratiquer. Une augmentation de 35 % qui réjouit forcément Laetitia Tonazzi : « Plus de licenciées veut dire plus de talent à disposition. Les clubs peuvent se permettre de piocher parmi les meilleures joueuses, ce qui fait que le niveau général augmente. » Longtemps réticent, le public semble suivre : le dernier match des Bleues face au Mexique a ainsi attiré plus de 2,2 millions de téléspectateurs sur W9, un nouveau record pour la chaîne.


Lors de ce match, le but monstrueux d'Amandine Henry a témoigné des progrès accomplis. Auparavant, une frappe pleine lucarne aux trente mètres n'aurait pu finir dans les filets qu'au prix d'un improbable faisceau de circonstances favorables. « La technique n'a pas beaucoup changé, on l'avait déjà plus ou moins, reprend Régine Pierre. Mais il y a plus de vitesse et de puissance, on sent bien que les joueuses sont mieux préparées. Il y a surtout moins de folie et d'improvisation, ce qui est une bonne chose. » En cause, une formation étalonnée dès le plus jeune âge, avec la création de nombreuses académies partout en France, mais aussi la généralisation de lourdes séances de préparation physique, à l'image des garçons. « À Juvisy, on a trois préparateurs physiques. Forcément, ça change tout. C'est une pratique qui se généralise, en plus de l'adoption de moyens vraiment modernes comme les séances de cryothérapie » confirme Marie-Christine Terroni, avant de souligner le rôle joué par l'arrivée des techniciens masculins, comme c'est le cas du sélectionneur Philippe Bergeroo.

Les gardiennes, ce poste qui « n'évolue pas beaucoup »


La présidente vient justement d'embaucher un nouvel entraîneur : « Mais à l'époque, quand on essayait de solliciter des hommes, on nous disait "ouais, le football féminin, bof", la porte était fermée par manque de médiatisation. Aujourd'hui, ces derniers n'hésitent plus à venir pour nous faire bénéficier de leur expérience du haut niveau. » De quoi continuer à progresser, comme c'est le cas depuis plusieurs années. Même si, paradoxalement, il demeure une ombre au tableau : le niveau assez inquiétant des gardiennes. « C'est vrai que c'est un poste qui n'évolue pas beaucoup, mais il faut dire que c'est un rôle ingrat et compliqué » , euphémise Laetitia Tonazzi, qui ne veut pas les accabler, même si elle a pour habitude de les martyriser : « Ce n'est pas comme quand tu joues au milieu de terrain, où tu peux toujours te rattraper. Ce n'est pas facile pour elles, la moindre erreur se paie cash. » Pour les gourmands, une triple ration de boulettes est prévue ce soir, contre la Corée.

Par Christophe Gleizes
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