Serie A - 35e journée - Juventus/Palermo

Eric Maggiori

Comment la Juve a-t-elle repris le pouvoir ?

Il y a deux ans, à cette période de l’année, la Juve se battait pour une qualification en Europa League qu’elle n’obtiendrait finalement pas. Deux années plus tard, la Vieille Dame a remporté un Scudetto et s’apprête, cet après-midi, à en gagner un deuxième d’affilée. A la recherche des clefs de la réussite.

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Après saute-monton, saute-zèbre
Après saute-monton, saute-zèbre
9 mai 2011. C’était il y a deux ans, pratiquement jour pour jour. 36e journée de Serie A. La Juve reçoit le Chievo au stadio Olimpico, enceinte par intérim en attendant l’inauguration du Juventus Stadium, prévue quelques mois plus tard. Sur le banc de la Juve, Luigi Delneri, pas franchement la coqueluche des tifosi. Les Turinois courent après une qualification en Ligue Europa. Ils ouvrent le score par Del Piero sur pénalty. Puis Matri, en début de seconde période, double la mise. 2-0. Un score qui, pour une équipe comme la Juve, devrait signifier « game over ». Arrive alors l’improbable. En l’espace de 60 secondes, le Chievo inscrit deux buts et revient à 2-2. Stupeur dans le stade. Sept jours plus tard, la Juve perd à Parme et est officiellement out de toute compétition européenne pour la saison suivante. C’est le point de non-retour. La Vieille Dame, revenue des enfers de la Serie B à la fin de la saison 2006-07, croyait avoir retrouvé sa beauté d’antan. Illusion. Après deux bonnes saisons, elle tombe dans l’anonymat et, affront ultime pour les dirigeants, elle ne fait plus peur à personne. De la grande équipe qui dominait la Botte, qui raflait Scudetto sur Scudetto, et qui atteignait la finale de la Ligue des Champions, il ne reste que de belles photos. Non, c’est insoutenable pour le président Agnelli. Il faut que cela change. Et cela va changer.

Moins de matches donc moins de blessures

Premier pari, première révolution. Agnelli débarque Delneri. Merci pour le travail accompli et bonne continuation. Le président décide de faire revenir au club Antonio Conte, ancien capitaine reconverti en entraîneur. Le coach n’a quasiment aucune expérience en Serie A, mais peut se vanter d’avoir déjà obtenu deux promotions en Serie A. Dès son arrivée, Conte travaille de concert avec les dirigeants pour recruter. Et cela tombe bien, de nouveaux fonds vont permettre un recrutement massif. En effet, fin juin, la Juve lance une augmentation de capital de 120 millions d’euros. Le fonds d’investissement Exor, principal actionnaire du club, s’engage à maintenir sa participation au capital, ce qui correspond à un investissement de 72 millions. Voilà donc des sous tout beaux tout neufs pour s’offrir un mercato digne de ce nom. Elle recrute alors à tous les postes : Lichtsteiner pour la défense, Vidal, Estigarribia, Giaccherini et Pazienza pour le milieu, Vucinic pour l’attaque. Quant au gros coup, il ne coûte pas une lire. Jugé en fin de cycle au Milan AC, Andrea Pirlo, fraîchement sacré Champion d’Italie, rejoint les rangs bianconeri gratuitement. Conte a les idées claires, il sait ce qu’il veut, il sait quel aspect il veut donner à son équipe.

Surtout, il sait que l’absence de compétition européenne va être, pour cet an I de la renaissance, un atout. Car la Juve, à l’inverse de tous ses rivaux, ne perdra pas ses forces lors des matches européens, et pourra concentrer toute son attention sur le championnat. Et en effet, la première différence va se faire là. Alors que la Juve de Delneri était de très loin l’équipe la plus touchée par les blessures du championnat d’Italie (on se souvient notamment de la rupture des ligaments croisés de Quagliarella), celle de Conte ne va connaître que 13 blessures tout au long de la saison, dont aucune grave. En un an, le nombre de blessures diminue de 60%. A l’époque, Conte explique cela assez simplement : « Moins de matches, moins de stress, plus d’entraînement et une meilleure condition physique, donc moins de blessures » assurait-il en conférence de presse. Le résultat est étincelant : la Juventus réalise une saison exceptionnelle, ne perd pas le moindre match de championnat, et remporte le Scudetto, au nez et à la barbe du Milan AC. Reste maintenant à s’imposer sur le long terme. Une autre paire de manches.

Bye bye Del Piero

De fait, en Serie A, il est difficile d’instaurer un cycle. Depuis 1998, seules deux équipes ont réussi à remporter deux fois de suite le Scudetto. La Juventus en 2002 et 2003, puis 2005 et 2006 (deux titres révoqués suite à l’affaire Calciopoli), et l’Inter en 2007, 2008, 2009 et 2010. Même le Milan AC n’est jamais parvenu à aligner deux titres de suite (1999, 2004, 2010). Or, pour la deuxième saison, Conte doit compter avec un nouvel adversaire : la Ligue des Champions. Des matches en pleine semaine, face à des équipes de renom. De quoi laisser des plumes en chemin. Mais encore une fois, Conte a les idées claires. Si le coach est suspendu quatre mois dans l’affaire Calcioscommesse, il continue de tirer les ficelles et de donner des indications à ses adjoints, mais aussi aux dirigeants. Ainsi, il est décidé d’un commun accord de ne recruter aucun « top-player », mais de faire le pari de la jeunesse. Et c’est d’ailleurs dans cette logique que l’idole des foules, Del Piero, est invité à aller voir du côté de Sydney ce qui se passe. Oui, après tout, « Juventus » vient du mot « Gioventù », qui veut dire la jeunesse. Arrivent ainsi à Turin Paul Pogba, les jeunes Boakye, Masi et Leali, et les plus expérimentés Asamoah et Isla. Dans un Calcio où les grands clubs ne peuvent plus recruter et sont obligés de vendre leurs meilleurs joueurs (les exemples les plus flagrants étant ceux de l’Inter et du Milan AC), la Juve fait alors figure d’exception et semble déjà être la seule réelle candidate à sa propre succession.

Plus mature, plus joueuse, l’équipe turinoise domine la Serie A, dont elle prend la tête dès la première journée, pour ne plus jamais la quitter. Certes, elle perd quelques matches (4, en tout), mais elle en gagne plus que la saison dernière. A quatre journées du terme, elle affiche 80 points au compteur alors que la saison passée, à la même époque, elle n’en comptait que 74. Et pourtant, elle a réalisé un très bon parcours en Ligue des Champions, se faisant sortir en quarts par le Bayern ce qui, au vu des demi-finales face au Barça, n’a rien de honteux. Ainsi se poursuit le projet Juve de Conte. Un projet qui va certainement célébrer aujourd’hui son deuxième Scudetto, et qui va ensuite pouvoir préparer la suite. Cette suite porte déjà un nom : celui de Fernando Llorente, qui arrivera à Turin le 1er juillet. Pour le reste, les dirigeants juventini ont déjà leurs petits papiers bien remplis. La Juve est née pour régner. Et quand elle est assise sur son trône, il faut bien des efforts pour réussir à l’en déloger.


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Eric Maggiori

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17 réactions;
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  • Message posté par Adelstiin le 05/05/2013 à 08:13
      

    Résumer la suite à Fernando Llorente, c'est léger... Puis pour le coup, va falloir bien le (re)préparer celui-là... (La fausse bonne affaire Llorente?)

  • Message posté par yoan1606 le 05/05/2013 à 10:53
      Note : 2 

    Si peu de commentaires pour un article sur la Juve? Ah, la jeunesse se perd... :P

  • Message posté par Marek Hamsik le 05/05/2013 à 11:33
      Note : 2 

    Excellent article. C'est là qu'on se rend compte de l'énorme travail effectué par Conte.

    Et à chaque fois que j'y repense, laisser partir Pirlo gratuitement... C'est hallucinant quand on y réfléchit bien.

  • Message posté par Bux le 05/05/2013 à 11:34
      

    Llorente c'est pas encore ça. Il manque à la Juve un vrai 9, un vrai buteur. La LDC a montré les limites

  • Message posté par Puccino le 05/05/2013 à 11:51
      

    "Juventus" vient du mot "Gioventu". Cette hérésie..

  • Message posté par mario le 05/05/2013 à 12:18
      Note : 1 

    Pour moi Llorente c'est une bonne affaire. C'est Matri en plus puissant, en plus technique, en plus intelligent. Bref, un vrai plus.

    Mais ça ne sera évidemment pas suffisant. Il lui faut un banc, à la Juve, pour pouvoir rivaliser jusqu'au bout avec une armada type Bayern.

  • Message posté par maxlojuventino le 05/05/2013 à 13:01
      Note : 3  /

    cette Juve est née pour régner ça ne fait aucun doute et elle sera encore plus forte l'an prochain. Au delà de l'arrivée de Llorente, qui va apporter du poids à l'attaque, on peut vraisemblablement être confiant et croire en l'arrivée d'un très grand buteur en attaque, que ce soit Ibra, Suarez, Gomez ou Higuain. et si Marotta se débrouille bien et rafle l'un de ces joueurs à un prix raisonnable(20 ou 25 millions, Suarez c'est plus malheureusement) on pourrait même voir arriver un ailier talentueux(Nani, Sanchez et Robben ont des prix largement abordables: 20 millions grand max).

    Avec les départs de Quagliarella et Matri, les dépenses ne devraient pas être trop élevées.

    Restera alors à trouver un remplaçant digne de ce nom à Pirlo, pour lui permettre de souffler un peu... Le problème c'est que ce joueur n'existe pas...(Verratti, Xavi et Montolivo sont intouchables).

    Marotta a largement les moyens de nous recruter du lourd en attaque, cette fois plus d'excuse! (entre la vente du nom du stade pour 120 millions et les recettes de la ligue des champions, l'argent n'est plus un problème)


  • Message posté par chèvre-lateral le 05/05/2013 à 13:57
      

    Message posté par Bux
    Llorente c'est pas encore ça. Il manque à la Juve un vrai 9, un vrai buteur. La LDC a montré les limites


    Style Higuain ou Benzema?

  • Message posté par chèvre-lateral le 05/05/2013 à 14:01
      

    Message posté par maxlojuventino


    Restera alors à trouver un remplaçant digne de ce nom à Pirlo, pour lui permettre de souffler un peu... Le problème c'est que ce joueur n'existe pas...(Verratti, Xavi et Montolivo sont intouchables).




    Je pense pas que recruter Veratti sera difficile. Le type est un fan de la Juve, donc si on propose 20 M au PSG, je pense qu'il viendra

  • Message posté par Juventus Veneto le 05/05/2013 à 14:16
      

    Llorente arrive en fin de contrat il me semble, donc à "costo zero". Dans tous les cas ça ne peut pas être une mauvaise affaire. Au vu des derniers recrutements, j'ai confiance en les dirigeants (surtout Marotta) pour acheter intelligemment

  • Message posté par InspectorNorse le 05/05/2013 à 14:42
      

    Message posté par mario
    Pour moi Llorente c'est une bonne affaire. C'est Matri en plus puissant, en plus technique, en plus intelligent. Bref, un vrai plus.

    Mais ça ne sera évidemment pas suffisant. Il lui faut un banc, à la Juve, pour pouvoir rivaliser jusqu'au bout avec une armada type Bayern.


    Je suis un petit nouveau ici, et à chaque fois que je tombe sur tes commentaires, t'es dans le rouge, mais je comprends pas trop pourquoi?...
    En tout cas, les deux coms que j'ai vu de toi ne me semblaient pas condamnables! Enfin t'as peut-être un lourd passé hein?hiho!
    Moi dernièrement j'ai fait une petit blague avec en disant que Sagna était l'égal de Zanetti, Alves et Lahm et je crois qu'on n'a pas saisi mon ironie!
    En tout cas d'accord avec toi que pour l'instant la Juve n'a pas encore une profondeur de banc digne de ce nom!! Et il faut que Llorente retrouve son niveau d'il y a deux ans, même si c'est Bilbao dans son ensemble qui est en difficulté.

  • Message posté par InspectorNorse le 05/05/2013 à 14:46
      

    Mon message est adressé à Mario

  • Message posté par mario le 05/05/2013 à 14:48
      Note : 1 

    Tu parles de moi, je suppose.

    J'ai pris cher sur le sujet à propos de l'homosexualité.

    J'ai pris -127 d'un coup!

    C'est plus risible qu'autre chose.

  • Message posté par Ladjip14 le 05/05/2013 à 15:06
      Note : - 1 

    Message posté par chèvre-lateral


    Je pense pas que recruter Veratti sera difficile. Le type est un fan de la Juve, donc si on propose 20 M au PSG, je pense qu'il viendra


    Oui bien sûr ... Paris l'a acheté 14M et vu le potentiel du Gamin il en vaut déjà au minimum le double désormais , ensuite Paris n'a pas du tout besoin de vendre pour recruter donc peu importe l'offre là ce n'est pas Football Manager donc la Juve et tous les autres clubs peuvent encore se toucher quelques années avant d'espérer le recruter !!!

  • Message posté par Lothaire le 05/05/2013 à 16:43
      

    L'Inter c'est 2006, 2007, 2008, 2009, et 2010. Le Milan c'est 2011.

    La réussite de la Juve tient à l'adoption d'un projet sportif et financier cohérent avec mercato fourni en conséquence. Ajouté à cela une saison allégée et c'est le cocktail gagnant.

  • Message posté par Sushi-Rossonero le 05/05/2013 à 19:06
      

    Et Anelka c'est du poulet ?!

  • Message posté par am-bx le 06/05/2013 à 02:45
      Note : - 1 

    Message posté par Lothaire
    L'Inter c'est 2006, 2007, 2008, 2009, et 2010. Le Milan c'est 2011.

    La réussite de la Juve tient à l'adoption d'un projet sportif et financier cohérent avec mercato fourni en conséquence. Ajouté à cela une saison allégée et c'est le cocktail gagnant.


    Comment ça "c'est 2006" !? Ils n'ont pas été champions cette année-là, et tu le sais.


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