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Comment jouer avec Hatem Ben Arfa ?

Ce soir à Wembley, il faudra toute la magie du gaucher de Nice pour éclairer un match escorté par les horreurs de l’obscurantisme. Reste simplement à déterminer où Hatem Ben Arfa peut le mieux laisser parler son incomparable talent chez les Bleus.

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Il va donc falloir qu’il trouve ses repères en Bleu. Et pas seulement dans un Clairefontaine réaménagé depuis 2012, date de sa dernière cape. « Beaucoup de choses ont changé. Il y a eu des travaux avec une nouvelle salle de musculation, la salle de kiné a changé. J'ai voulu aller aux toilettes, mais j'étais perdu. » Mais au-delà de la question cruciale des sanitaires, il va aussi falloir qu’Hatem Ben Arfa parvienne à se situer sur le terrain avec cette équipe de France qui, disons-le, ressemblait quand même à une énorme chimère pour lui il y a seulement dix jours, juste avant la liste de ce rassemblement international. On ne va pas se mentir, sans l’affaire de la sextape, Didier Deschamps aurait au moins patienté jusqu’en mars (et les deux rendez-vous face aux Pays-Bas et la Russie) pour voir si le bonhomme en avait fini avec ses inconstances éternelles. Mais voilà, les galipettes érotiques de Mathieu Valbuena et les conseils amicaux ou pas de Karim Benzema ont mis les deux joueurs hors jeu, et il fallait bien à DD un solide contre-feu comme le rappel de Ben Arfa pour détourner l’attention médiatique de cette sordide affaire.

C’était avant que la barbarie de vendredi dernier ne se charge de tout ensevelir sur son passage, des vies et l’idée même de la vie. C’est donc dans ce contexte très pesant que le Niçois devrait faire ce mardi à Wembley son grand come-back en équipe nationale. C’est évidemment dérisoire, mais puisque la FFF a décidé de maintenir un match que les Anglais étaient largement disposés à annuler, il faut donc se pencher sur cette question : comment utiliser Hatem Ben Arfa chez les Bleus ? Au fond, longtemps, on pouvait retirer « chez les Bleus » de l’intitulé de cette problématique, tant l’ancien prodige a eu du mal à trouver sa place partout où il est passé. Tantôt à droite, tantôt à gauche, tantôt meneur, tantôt second attaquant, sans jamais réellement parvenir à poser ses guêtres durablement, avec les conséquences inévitables : mise au ban, prise de chou avec les entraîneurs et fin en eau de boudin. Mais ça, c’était avant. Avant cette rencontre avec Claude Puel, l’homme qui aurait enfin compris Ben Arfa, dans un mélange de responsabilisation et de liberté, à la manière d’un Ferguson avec Cantona, toutes proportions gardées, hein. Bien entendu, chat échaudé… On attendra donc avant de conclure à la rédemption définitive du gaucher impénitent. N’empêche, pourquoi bouder le plaisir de revoir l’un des plus brillants talents du football français, pour ne pas dire davantage ? La légèreté ludique, quasi enfantine, de HBA, ramène parfois à quelque chose de l’innocence. Par les temps qui courent, ça ne peut pas faire de mal. Et quitte à se faire du bien, où est-ce que ce serait le mieux ? Car les conditions idoines (Pape Diouf si tu nous lis) dont bénéficie l’ancien Lyonnais au Gym seront compliquées à retrouver en équipe de France. Oui, Hatem en Bleu, l’idée est séduisante. Mais où ?

  • Dans un 4-3-3 à droite

    C’est quasiment la tendance la plus naturelle, celle sur laquelle on misera le plus de piécettes. Didier Deschamps a fait de son 4-3-3 son système de référence. Parce que c’est le système le plus usité par les équipes majeures dans les grandes échéances et parce qu’il est celui du renversement de situation fondamental face à l’Ukraine en novembre 2013 (quand, à l’aller, il avait opté pour un 4-2-3-1 désastreux). De plus, le sélectionneur a, comme beaucoup, un tropisme pour les « faux pieds » . Un truc qui pourrait convenir à Hatem Ben Arfa, coutumier du poste par le passé, et lui aussi friand de cette séquence : fixation du défenseur, crochet exter’ pour s’ouvrir le but et grosse pralinette pour conclure. « À l’entraînement, cette saison, Hatem travaille encore plus ce schéma, c’est quasiment du spécifique » , nous souffle son conseiller, Michel Ouazine. Reste ce qui peut être la limite majeure de cette option : le replacement. Soyons clairs, ça n’a jamais été une idée fixe chez lui. Pas forcément par mauvaise volonté d’ailleurs, mais plus par manque de pratique lors de ses années de formation, ses éducateurs lyonnais racontant volontiers que le môme était tellement fort qu’il suffisait de lui filer la gonfle pour qu’il élimine le tout-venant, et que donc le replacement et le jeu sans ballon dans son ensemble, il se les taillait en biseau. Pourtant, et c’est un aspect méconnu du Ben Arfa 2015, l’ancien dilettante fait les efforts, va au turbin pour presser et même gratter un ou deux ballons à l’occase. Mais sur la durée d’un match avec une discipline précise (suivre le latéral adverse, couvrir son propre latéral, etc), il y a comme un doute. Et puis, circonscrire l’activité de HBA sur un côté le rend à la fois plus prévisible et plus sujet à ses impatiences naturelles quand le jeu tardera à venir dans sa zone.

  • Dans un 4-3-3 à gauche

    Sauf peut-être ponctuellement en cours de match quand les attaquants permutent un peu, ce n’est évidemment pas l’option la plus évidente. D’abord parce qu’elle présente les mêmes limites que la précédente (dans le replacement notamment), et ensuite parce qu’elle priverait les Bleus de l’immense avantage de lui permettre de s’ouvrir le chemin du but pour frapper (même si Ben Arfa a une excellente frappe du droit, une rareté chez un gaucher). Mais la donne a peut-être changé ces derniers jours. Car tant que Karim Benzema était l’avant-centre numéro un, l’idée même de chercher à centrer dans la boîte était absurde, et ce n’était pas la « qualité » de nos latéraux qui pouvait susciter un quelconque regret à ce sujet soit dit en passant. Mais le Madrilène est peut-être dans une sacrée panade et Didier Deschamps est forcé de chercher un plan B qui pourrait bien se muer en plan A. Et ce plan, à l’heure qu’il est, porte le blase d’Olivier Giroud. Soit une grande gigue, pas très gourmande de jeu en mouvement, mais au contraire de jeu de fixation, de combat rapproché et de ballons dans la boîte. Et dans ce registre, entre sa qualité d’élimination et sa qualité de passe, Ben Arfa aurait aussi une bonne tête de pourvoyeur excentré.


  • Dans un 4-4-2 au poste de meneur

    Le rêve de Ben Arfa depuis toujours. Non pas que le garçon ait idolâtré Zinedine Zidane, comme certains raccourcis aussi bêtes que douteux l’avaient laissé entendre ( « T’es technique et d’origine maghrébine ? T’es un enfant de ZZ » ). Non, le petit Hatem a toujours plutôt voué un culte à Diego Maradona. Oui, un Diego libre dans sa tête, libre sur le pré. Au vrai, c’est un soir de juillet 2005 que le môme de l’OL a pris goût à cette idée de meneur axial. Face à l’AJA à l’Abbé-Deschamps, Trophée des champions en jeu, Ben Arfa avait mitonné du Bourguignon à sa sauce, à la baguette juste derrière John Carew (triplé) et Pierre-Alain Frau, régalés par les offrandes d’un magicien d’à peine 18 printemps. Hélas sans suite, Gérard Houllier préférant par la suite renouer avec le bon vieux 4-3-3 à la lyonnaise qui se défendait aussi. Longtemps, HBA aura couru après ce rôle, que ce soit à l’OM ou, mieux, à Newcastle, sans jamais parvenir à s’y imposer durablement, soit par la faute de ses propres inconstances, soit par celles de ses différents coachs. Avant que Puel ne sache comment lui filer les clés du bazar avec le succès que l’on constate. Car dans ce rôle, un Ben Arfa a tout loisir de décrocher, de naviguer entre les lignes (Dugarry, pourtant pas un fan de la première heure, a récemment parlé d’une des plus grandes intelligences de jeu vu en L1 depuis longtemps), ou d’aller sur les côtés pour y percuter à l’envi. Et tout cela, sans contrainte de replacement très précis, mais seulement de pressing dans la zone la plus proche, ce qui change tout en matière de discipline défensive pour un joueur pour qui c’est si peu naturel. Oui, l’idée est franchement emballante quand on y songe, d’autant qu’à la pointe d’un losange, cela permettrait en sus à DD de conserver son si précieux milieu à trois. Oui, tentant, très tentant... mais peu probable, le champion du monde 1998 ne goûtant guère les attaques à deux têtes.

  • Dans un 4-3-2-1 juste derrière la pointe

    Il fut une époque où le foot était une chose assez simple et où les schémas ne se déclinaient pas à l’infini. Et c’est vrai que l’on pourrait tiquer : quelle différence entre ce 4-3-2-1 et le 4-3-3 évoqué plus haut ? Le sapin de Noël, pardi ! Dans un 4-3-3 classique, on l’a dit, Ben Arfa aurait pour mission d’animer son couloir en faux ailier, avec certains avantages, mais aussi pas mal d’inconvénients. Mais dans ce système en sapin, l’idée serait en fait de le placer avec un autre joueur type Griezmann ou Martial, des mecs profilés comme des seconds attaquants, derrière une véritable pointe, quelle qu’elle soit. Pourquoi cette nuance ? Parce que Ben Arfa, depuis quelques semaines et la blessure de Pléa à Nice, se révèle dans une position de second attaquant derrière le valeureux Germain. Dans cette position très haute, sans être figée, Ben Arfa, débarrassé de toute tâche défensive ou presque, ne se concentre que sur la percussion dans les derniers mètres. Un régal pour un casseur de reins pareil. Évidemment, ce dispositif niçois se fait dans un 4-4-2 et il n’en est quasiment plus question avec Deschamps. Mais dans un rôle assez voisin, avec un autre comparse, juste derrière l’avant-centre, Ben Arfa pourrait alors combiner et apporter ce que l’équipe de France a perdu avec la blessure de Nabil Fekir : l’enchaînement dribble-frappe, avec la possibilité de combiner, permuter, percuter, bref, laisser libre cours à son instinct. Et pourquoi ne pas le dire, son génie.


    Par Dave Appadoo
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    Dans cet article

    Pas compliqué tu lui donnes la balle et il dribble tout le monde peu importe où il soit sur le terrain
    Sur le banc.
    En attaque, il y a Benzéma/Giroud, avec Martial et Griezmann autour. Peu importe ce qu'il fait avec Nice, venir déloger un de ces 4 mecs serait un non-sens.
    Par contre, en super sub qui rentre à la 70e, tu le mets à la place d'un des "ailiers", parce qu'un mec comme ça sans avant-centre à côté perd en valeur.
    "ses éducateurs lyonnais racontant volontiers que le môme était tellement fort qu’il suffisait de lui filer la gonfle pour qu’il élimine le tout-venant, et que donc le replacement et le jeu sans ballon dans son ensemble, il se les taillait en biseau."
    Ils sont beaux les éducateurs... Ils pourraient au moins dire qu'ils ont essayé de lui expliquer que le replacement faisait parti du bagage du joueur pro
    Merde 1 commentaire sur un article concernant HBA.
    Le monde va vraiment mal
    J'avoue que je m'intéresse plus au coté symbolique que sportif de ce match.

    D'ailleurs, j'ai appris un truc sur la marseillaise dans l'after foot hier, je trouve ça intéressant alors je relaie. Je pensais que le refrain(aux armes... qu'un sang impur etc.) Faisait référence au faut que le peuple allait faire couler le sang des nobles.

    En fait pas du tout. Ca signifie qu
    'Après la révolution, ça sera au peuple de défendre la France en cas d'attaque, et donc de verser son sang "impur", par opposition à l'avant-révolution, où les nobles étaient chargés de verser leur sang "pur" pour défendre le pays.
    tacle_tibia Niveau : Ligue 1

    Derriere la pointe en 4-2-3-1 parce que que DD ne fera jamais du 433 trop ouvert aux contre ou du 442 à la puel beaucoup trop offensif.

    bref c'est là doublure officielle de ptit velo. en 8.
    après l'eviction regrettable de payet.
    Kevin strapp Niveau : Loisir
    Ce mec est un crack ! il peut vous changer un match
    4-3-2-1
    Avec Fékir Ben Arfa....ça pourrait être terrible, enfin sur le papier ça l'est
    L'option du 4-4-2 me plaît bien. Enfin avec Valbuena titulaire mais si Hatem doit jouer ça marche aussi. Oui je sais Deschamps préfère un 4-3-3 et ses tentatives de 4-4-2 n'ont jamais marché mais le problème c'était l'incapacité de Benzema à jouer dans un système à 2 pointes. Mais vu qu'on risque peut être de devoir se passer de lui, j'aimerais bien voir ce que ça donne avec Giroud et Griezmann devant, ce dernier dans un rôle proche de celui qu'il peut avoir en club. Le tout avec un meneur de jeu pour les alimenter ça mériterait d'être expérimenté, surtout que Valbuena aime encore mieux ce poste que sur l'aile. Par contre aussi près de l'Euro c'est peut être déjà trop tard...
    Message posté par toof11
    Sur le banc.
    En attaque, il y a Benzéma/Giroud, avec Martial et Griezmann autour. Peu importe ce qu'il fait avec Nice, venir déloger un de ces 4 mecs serait un non-sens.
    Par contre, en super sub qui rentre à la 70e, tu le mets à la place d'un des "ailiers", parce qu'un mec comme ça sans avant-centre à côté perd en valeur.


    Merci pour ta contribution grincheux mais je crois que l'article parle juste de CE match pour son retour! Par ailleurs si il emmene Nice en C1 en faisant un double double (15 b, 15 pd) pendant que Giroud se fait les croiser (vu que tu fais des plans sur la comète, je me permets), je pense que Deschamps va y réfléchir pour le 11!
    Fabrizio Salina Niveau : CFA2
    "Au vrai"

    Par pitié, arrêtez avec cette locution, c'est la pire de la langue français et vous nous la resservez tout le temps.
    T aurais dû mieux regarder les matchs avt d écrire cet article Dave APPADOO...
    Ben Arfa qui aime jouer à droite pr se retrouver en position de tir sur son pied gauche? J attends tjs de voir.... Au contraire, lui qui a un bon pied droit (comme vs l avez remarqué vs), il adore jouer sur le doute, fixer et s infiltrer par la gauche ou par la droite de son adversaire direct.
    Ben Arfa en 10 ds un milieu en losange? Une chimère ds ce football moderne. Un 10 doit assurer l équilibre mm ss ballon aujourd hui; limite on n attend plus du 10 qu il apporte du jeu mtnt. Mm si il est protégé par un milieu à 3 derrière lui.
    Dorénavant les espaces se trouvent sur les côtés (cf Dani Alvès ou .... Bacary Sagna....) et devant les défenses (cf Pirlo; Scholes et Carrick; Gerrard reculé en 6; Schweinsteiger reculé aussi; Kroos ex 10): va mjouer avec Ben Arfa en 10 -> Bon courage

    A Nice, et en l absence de Pléa, il ne joue pas en 2nd attaquant derrière Germain. Ca bouge bcp et ça alterne pdt chaque match: il est svt faux 9 en début de match, parfois faux ailier, parfois 10 derrière une doublette, parfois 2nd attaquant.

    Si tu veux profiter de ce talent, il ne faut pas lui demander de se replacer et/ou de défendre. C est comme ça.
    Plus encore, il faut qu il aime jouer avec ses coéquipiers.

    Avec Lyon, il jouait libre en attaque avec Benzema. Ils ont fait très mal; c était avt qu il soit mis de côté au profit du schéma en 4-3-3 de Lyon qui assurait des résultats immédiats en Ligue des Champions, et avt qu on découvre son embrouille avec le pote de Rohff qui mange des kebabs, flirte avec Rihanna et fasse sa ghetto superstar.

    Malheureusement, je crois que Ben Arfa n a que la possibilité d être le joker de l équipe de France: le mec qui rentre à la fin pr provoquer et créer des espaces ou pr profiter des espaces; pr être puncheur et décisif.
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