Comme Leicester, ils ont épaté l’Angleterre…

Leicester City vient donc de se pavaner une semaine de plus en tête de la Premier League. Passé le cap de la 30e journée, ça devient sérieux. Oui, les Foxes peuvent le faire ! En attendant de voir Claudio Ranieri le pelage teint en orange lors de l'ultime match à Stamford Bridge, retour sur ces équipes qui ont fait trembler la hiérarchie anglaise jusqu’au sprint final.

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1977-78 : Nottingham Forest


Huit titres de champion en une décennie, ça vous pose une domination sur l’Angleterre ! Dans la foulée de l’œuvre de Bill Shankly (1959-74), Liverpool FC trône sur le Royaume en ramassant au passage quatre Coupes d’Europe des clubs champions. Sauf qu’en 1977-78, un promu va rabattre la donne. Sur le banc de Forest, Brian Clough, manager charismatique et personnage haut en couleur, épaulé de son bras droit Peter Taylor. Après avoir fait des miracles à Derby County et s’être ramassé à Leeds, The Damned Utd entreprend alors le plus beau chapitre de son épatante carrière. « Je ne peux pas le remercier assez. C'était juste génial d'aller s'entraîner tous les jours. (…) On ne jouait pas bourrés, on ne buvait pas les jours de match, mais on buvait la nuit d’avant » , se marrait l’attaquant Garry Birtles, interrogé l’an passé par SO FOOT. Cette saison-là, Nottingham Forest remporte ce qui restera son unique titre national, avant d’aller conquérir ensuite deux Coupes d’Europe. True Legend.


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1992-93 : Norwich
 City

Le championnat d’Angleterre historique est mort, vive la Premier League ! Rayé de la carte du football européen après le drame du Heysel, le football britannique entame son renouveau avec la création de cette nouvelle compétition sous l’inspiration du modèle américain. Objectif : se débarrasser du hooliganisme, créer un vrai show et devenir the place to be. Et avec huit points d’avance sur Manchester United début décembre, Norwich City semblait parfaitement lancé pour ouvrir le bal. « Nous n’avions pas peur, mais on ne réalisait pas pour autant qu’on pouvait le faire » , rembobinait il y a quelques semaines l’attaquant Chris Sutton, dans les colonnes de l'Independent. « Comme Leicester, on ne lâchait rien semaine après semaine. » Jusqu’à la réception de MU début avril. En 20 minutes, les Red Devils claquent trois pions et bouclent l’affaire. Leaders au coup d’envoi, les Canaries s’inclinent finalement 3-1, avant de se faire écrabouiller 5-1 la semaine suivante à White Hart Lane. Manchester peut s’envoler vers le sacre, Norwich échoue finalement à la 3e place derrière Aston Villa. Le meilleur bilan dans l'histoire du club, quand même.

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1994-95 : Blackburn Rovers

Manchester United, Arsenal, Chelsea et Manchester City. Un Big Four qui se partage jusqu’à présent l’intégralité du palmarès de la Premier League… à une exception près. Blackburn Rovers. Le duo Alan Shearer/Chris Sutton en feu sur le front de l’attaque, la patte de Kenny Dalglish et Jack Walker, un actionnaire atypique, voilà la recette d’un succès inespéré face à l’ogre mancunien, et ce, même si les Rovers avaient empoché une 2e place la saison précédente. « Les gens aiment comparer Jack Walker à Roman Abramovitch, raconte Graeme Le Saux, défenseur arrivé dans le nord de l’Angleterre en 1993, dans son autobiographie, mais je ne suis pas sûr que Michael Ballack ait déjà parié un billet avec Abramovitch à qui enverra la pièce de monnaie le plus proche du mur sans le toucher ! » Ou l’histoire de la fantastique saison des hommes de Dalglish, qui ont bien cru perdre le titre à la 90e+4 minute de la dernière journée, quand Jamie Redknapp donna la victoire à Liverpool (2-1). Un coup franc magistral finalement sans conséquence, car, dans sa lutte à distance, MU ne parvient pas à arracher la victoire sur la pelouse de West Ham (1-1) et échoue à un point de Blackburn. À Anfield, la grosse poigne de King Kenny part féliciter les siens un par un.

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1995-96 : Newcastle United

D’une légende des Reds à une autre. Après l’épopée des boys de Kenny Dalglish chez les Rovers, Kevin Keegan, jeune entraîneur des Magpies, entre dans la danse pour stopper l’hégémonie des Mancuniens (six titres de champion dans les années 90, neuf fois dans le duo de tête). Quelques années avant l’ère de Gary Speed, Alan Shearer, Laurent Robert & co, les premiers entertainers : de Rob Lee, patron du milieu de terrain au goleador Les Ferdinand, en passant par David Ginola, esthète en exil. Au début de l’année civile 1996, Newcastle compte jusqu’à 12 points d’avance sur MU ! Mais c’était sans compter sur une deuxième partie de saison monstrueuse des Red Devils (15V, 2N, 2D), à commencer par Éric Cantona, suspendu (248 jours) jusqu’en octobre 95 et décisif lors de la victoire 1-0 si précieuse à St James' Park. Symbole de la désillusion des Magpies, la déclaration mémorable de Keegan à l’issue de la victoire des siens à Leeds (0-1) lors de la 36e journée. Bouillonnant, le double K s’en prend à Sir Alex Ferguson, qui avait mis en doute la motivation des adversaires de NUFC. « Vous pouvez lui dire qu’on n’a pas lâché le titre et qu’il va devoir batailler à Middlesbrough. Et je vous le dis honnêtement, j’adorerais qu’ils se ramassent là-bas. I would love it ! » Manchester s’imposera 3-0 à Middlesbrough, et 20 ans plus tard, Newcastle n’a toujours pas dépoussiéré son armoire à trophées. Kevin qui perd.


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Par Florian Lefèvre
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Dans cet article

Le sacre de Blackburn était d'autant moins surprenant qu'il m'a fait gagner pas mal d'argent - et je ne parie à peu près jamais..

De tête une quinzaine d'internationaux dont Shearer et Sutton acquis rubis sur ongle, Dalglish à la baguette, United point si souverain qu'on ne voulait le faire croire, Arsenal dans le dur et même liquéfié à compter des affaires Merson puis Graham..et surtout Blackburn était-il alors en constante progression, y avait plus que matière à les voir venir de "loin"..

Le football anglais a de toute façon tant changé qu'il ne me paraît pas y avoir matière possible à comparaison, de tels parcours furent longtemps monnaie courante en Angleterre, on eût d'ailleurs pu citer bien d'autres formations.. Si Leicester le fait, en cette époque où les grands clubs sont en tous points favorisés, ce sera pour moi sans précédent..
Incontournables en fait d'épater l'Angleterre en partant de loin, et à des époques diverses : Wimbledon, Ipswich, Leeds, Chelsea..

Ce type de parcours n'a rien de surprenant, bien au contraire inscrit normalement dans l'ADN du football anglais..lequel malheureusement a pour le moins changé, et sans grand succès dirais-je..
Hölderlin Niveau : CFA2
C'est vrai on aurait pu cité Leeds United notamment.
Une équipe décomplexé avec un coach revenchard et un beau public, dans un championnat où ses habituels leader sont en perte de vitesse, et hop, vous avez à peu près la formule magique qui permet à des équipes peu en vue de jouer les troubles fêtes !
O Alegria Do Povo Niveau : Ligue 1
Je rajouterais le Wolverhampton de Stan Cullis, avec son mythique capitaine Billy Wright. Ce club a durablement marqué le football anglais des 50's, et leur victoire en amical face au Honved Budapest avait eu un immense retentissement outre-manche.

Et puis si l'on parle d'exploit, il faut aussi évoquer la victoire d'Aston Villa en coupe d'Europe des clubs champions 82.
La liste serait interminable, Alegria..

Les Wolves de Cullis ne venaient pas de rien, attention, club par ailleurs avant-gardiste à plus d'un égards.. Par contre et même si cette victoire face au Honved fut probablement magnifiée par d'aucuns, et diabolisée par d'autres, il est certain qu'elle fit énormément pour remettre l'Angleterre sur les rails..et cependant Cullis, à l'instar de l'un ou l'autre de son acabit, n'en fut-il vraiment remercié..
Message posté par Bota67
La liste serait interminable, Alegria..

Les Wolves de Cullis ne venaient pas de rien, attention, club par ailleurs avant-gardiste à plus d'un égards.. Par contre et même si cette victoire face au Honved fut probablement magnifiée par d'aucuns, et diabolisée par d'autres, il est certain qu'elle fit énormément pour remettre l'Angleterre sur les rails..et cependant Cullis, à l'instar de l'un ou l'autre de son acabit, n'en fut-il vraiment remercié..


Villa 82? Certes mais à dire vrai, au regard des puissances financières à l'oeuvre, c'est l'à peu près tout des succès européens alors du football anglais qui peuvent - voire doivent - être tenus pour des exploits..

C'est d'ailleurs à cet égard surtout - pas seulement - que pour ma part leur football de clubs fut alors et reste inégalable..

Et quel contraste saisissant avec leur actualité, désormais pleins aux as non moins que cruellement impuissants, un retour aux fondamentaux ne leur ferait pas de tort - à plus d'un titres Leicester en est d'ailleurs un bon exemple, et administré par un Rital souvent tenu pour ringard, quelle ironie..
Le titre de champion de Liverpool en 1964 avait surpris tout le monde, puisque les scousers était encore en seconde division 2 ans auparavant. En 1964, on s'attendait plus au sacre du Tottenham de Greaves et Blanchflower, de Man United avec la 1ère saison pro du feu-follet George Best (et d'une équipe arrivant enfin à maturité après le drame de Munich en 1958) ou encore l'Everton de l'entraineur Harry Catterick, tenant du titre.

Ce titre de 1964 sera le début d'un âge d'or pour Liverpool qui perdurera jusqu'au début des années 90, et des joueurs importants vont se révéler comme Ian St. John, Roger Hunt, Ian Callaghan, Tommy Smith, Gerry Byrne, Gordon Milne ou encore Ron Yeats, la seule "star" étant Ronnie Moran.
J'avais bien aimé cette équipe d'Aston Villa, qui avait gagné le championnat au profit d'une autre grande équipe, Ipswich Town (entrainé par Bobby Robson avec des tueurs à gages comme Arnold Mürhen, Eric Gates, Alan Brazil, Paul Mariner, John Wark, Frans Thijssen, Terry Butcher).
Garry Shaw et Tony Morley étaient incroyables, il y avait aussi l'attaquant puissant Peter Withe, le régulateur du jeu au milieu l'écossais Dennis Mortimer, le très bon défenseur Allan Evans, et les guerriers Gordon Cowans et Des Bremner.

Ils avaient profité de la période de reconstruction de Liverpool au début des années 80. Les McDermott, Ray Kennedy, Case, David Johnson et Ray Clemence étaient progressivement remplacés par Grobbelaar, Whelan, Sammy Lee, Johnston, Ian Rush etc.
O Alegria Do Povo Niveau : Ligue 1
Message posté par Bota67
Villa 82? Certes mais à dire vrai, au regard des puissances financières à l'oeuvre, c'est l'à peu près tout des succès européens alors du football anglais qui peuvent - voire doivent - être tenus pour des exploits..

C'est d'ailleurs à cet égard surtout - pas seulement - que pour ma part leur football de clubs fut alors et reste inégalable..

Et quel contraste saisissant avec leur actualité, désormais pleins aux as non moins que cruellement impuissants, un retour aux fondamentaux ne leur ferait pas de tort - à plus d'un titres Leicester en est d'ailleurs un bon exemple, et administré par un Rital souvent tenu pour ringard, quelle ironie..


C'est bien le seul véritable exploit de cette période d'hégémonie anglaise.

Les Villans sortent le Kiev de Lobanovski (alors un peu à la peine sur la scène européenne, reconnaissons-le), le grand Anderlecht d'Olsen et Vercauteren (et du trop fugace Lozano) et battent en finale le Bayern de Kalle, Breitner et Hoeneß.
C'est pas rien.

Je te rejoins totalement sur Leicester, quel pied-de-nez et quel vent de fraîcheur ce serait ! Même si je ne me fais aucune illusion quant à la pérennité ou aux conséquences qu'une telle victoire pourrait engendrer.
O Alegria Do Povo Niveau : Ligue 1
Message posté par ZizouGabor
J'avais bien aimé cette équipe d'Aston Villa, qui avait gagné le championnat au profit d'une autre grande équipe, Ipswich Town (entrainé par Bobby Robson avec des tueurs à gages comme Arnold Mürhen, Eric Gates, Alan Brazil, Paul Mariner, John Wark, Frans Thijssen, Terry Butcher).
Garry Shaw et Tony Morley étaient incroyables, il y avait aussi l'attaquant puissant Peter Withe, le régulateur du jeu au milieu l'écossais Dennis Mortimer, le très bon défenseur Allan Evans, et les guerriers Gordon Cowans et Des Bremner.

Ils avaient profité de la période de reconstruction de Liverpool au début des années 80. Les McDermott, Ray Kennedy, Case, David Johnson et Ray Clemence étaient progressivement remplacés par Grobbelaar, Whelan, Sammy Lee, Johnston, Ian Rush etc.


Ipswich, quel effectif aussi !

Je reposte ici un format long sur cette période 77-82 du foot anglais, pour ceux qui seraient passé à côté :

http://www.sofoot.com/1977-1982-great-g … 96167.html
D'ailleurs le titre de Nottingham Forest est acquis car Liverpool est en phase de renouvellement, où le jeune Joey Jones n'arrive pas à confirmer les espoirs placés en lui face aux anciens Emlyn Hugues et Tommy Smith et Alan Hansen émerge petit à petit, John Toshack ne se remet pas de sa blessure, David Fairclough n'arrive pas à confirmer comme titulaire à part entière, Ian Callaghan se fait vieux, d'où le transfert de Souness au mercato d'hiver ...

Bref, trop d'instabilité sur le 11 de départ dont va profiter Forest.
Mais c'est vrai que le Nawcastle United du milieu des années 90 cétait balèze. Avant Les Ferdinand et Shearer t'avais Andy Cole aussi, et Peter Beardsley était classe malgré sa tête de Quasimodo.
C'était une des premières équipes anglaises à défendre en zone dans les années 90, chose qui ne se faisait plus depuis le Liverpool de Joe Fagan au milieu des années 80. Je me souviens du 6-1 face à Wimbledon avec Vinnie Jones gardien de but, le 4-3 face à Aston Villa avec Dwight Yorke à l'attaque, le 7-1 face à Tottenham et les matchs d'anthologie face à Liverpool. Ils auraient vraiment mérité un titre en 1996 ou 1997 (ou les deux).

Cette chaine sur youtube a tous ces matchs-là en entier: https://www.youtube.com/user/FionaNUFC/videos
Alegria,

Financièrement et institutionnellement (quoique justement Villa, peut-être - le patron était un Lord, ça compte), les clubs anglais ne pesaient vraiment pas lourd face à leurs homologues espagnols ou italiens, certains cercles allemands faisaient singulièrement chauffer le chéquier aussi à l'époque, Keegan par exemple va à Hambourg, dans le sens inverse par contre..

On trouverait aussi de clubs néerlandais, français voire belges qui alors avaient davantage de moyens - et les mobilisaient - que plus d'un clubs britanniques, et cependant..

Les joueurs anglais étaient-ils d'ailleurs bien forts, bof.. Pour les années 1970 certainement pas, et les années 1980 furent certes qualitativement plus riches mais sinon quelques-uns (Lineker, Waddle, Hoddle, Barnes voire Steven) rien de bien formidable quand même.. Le tout mis ensemble, c'est l'intégralité de ces succès qui furent pour moi autant d'exploits, on trouverait difficilement de finale où leurs adversaires furent sur papier inférieurs, que du contraire (Bruges peut-être..mais blessures obligent)..
A cette époque aussi, les équipes types des clubs britanniques étaient composés d'anglais, de tueurs à gages écossais, irlandais (même nord-irlandais: Pat Jennings, Martin O'Neill) et de quelques gallois talentueux (Kevin Ratcliffe, Southall). Ils avaient pas forcément besoin d'aller voir ailleurs, mais ils avaient parfois un apport "étranger": argentin (Villa, Ardiles), hollandais (van Breukelen, Metgod), danois (Jesper Olsen, Jan Molby) etc.

De 1976 à 1984, la bundesliga est n°1 et les anglais entre la 2e et 4e place. Ils deviendront n°1 en 1985 mais viendra alors la tragédie du heysel ... (et l'Italie dominera les 15 années suivantes)
O Alegria Do Povo Niveau : Ligue 1
Message posté par Bota67
Alegria,

Financièrement et institutionnellement (quoique justement Villa, peut-être - le patron était un Lord, ça compte), les clubs anglais ne pesaient vraiment pas lourd face à leurs homologues espagnols ou italiens, certains cercles allemands faisaient singulièrement chauffer le chéquier aussi à l'époque, Keegan par exemple va à Hambourg, dans le sens inverse par contre..

On trouverait aussi de clubs néerlandais, français voire belges qui alors avaient davantage de moyens - et les mobilisaient - que plus d'un clubs britanniques, et cependant..

Les joueurs anglais étaient-ils d'ailleurs bien forts, bof.. Pour les années 1970 certainement pas, et les années 1980 furent certes qualitativement plus riches mais sinon quelques-uns (Lineker, Waddle, Hoddle, Barnes voire Steven) rien de bien formidable quand même.. Le tout mis ensemble, c'est l'intégralité de ces succès qui furent pour moi autant d'exploits, on trouverait difficilement de finale où leurs adversaires furent sur papier inférieurs, que du contraire (Bruges peut-être..mais blessures obligent)..


Au temps pour moi, je pensais essentiellement à l'aspect sportif, c'est vrai que je n'envisageais pas l'aspect économique.

Mais comme le souligne ZizouGabor, les clubs anglais puisaient quasi exclusivement dans leur propre vivier (qui me semble quand même plus fourni et talentueux lorsqu'on l'élargit au cadre britannique) , cela ne leur a t-il pas permis de conserver une relative autonomie financière ?
Ni salarialement, si structurellement, ni financièrement ne pouvaient-ils lutter, ce n'est pas sans raison si avant le Heysel nombre de stars du football anglais de ces années-là rejoignaient déjà l'Espagne, les Pays-Bas, l'Allemagne, la Belgique ou l'Italie à compter de l'ouverture de ses frontières.. Liste non-exhaustive : Davies, Kennedy, Keegan, MacKenzie..puis Jordan, Souness, Francis.. Stapleton, Brady, Blissett, Fairclough, Wilkins - j'en oublie et pas des moindres, Mariner voire Archibald tiens.. Bref des dizaines et, j'insiste car c'est important, je m'en tiens aux années pré-Heysel.. Or constat : sinon pour une poignée ce ne fut souvent point glorieux, du tout même.. Or c'était peu ou prou la crème de ce football ultra-dominant en Coupes d'Europe, apparent paradoxe..

A consulter les palmarès, rétrospectivement, on serait tentés de croire que les joueurs de ce grand football des clubs anglais étaient extra, mais.. Pour ma part je rejoindrais Keegan, qui pour expliquer les difficultés des Three Lions n'y allait pas par 4 chemins : "les joueurs ne sont pas assez bons".. De joueurs intrinsèquement supérieurs à l'anglais, on en trouvait alors à foison en Europe..

Les vertus de ce football de clubs étaient assurément ailleurs, leurs succès guère dépendants du talent pur des joueurs, vertus d'un autre ordre..mais puisqu'on a depuis lors tant et plus ringardisé le jeu anglais.. C'est con : il avait précisément été pensé pour rendre forts ceux qui étaient faibles, et réciproquement.. - dont acte(s)..
Entièrement d'accord. C'est bien pour ça que la premier League a été créée. Finalement, la suspension des coupes d'europe et la tragédie de Hillsborough ont accéléré ce processus, mais on ne saura jamais si Everton avec Lineker aurait gagné la C1 en 1986 ou si Liverpool avec Barnes et Aldridge aurait fait le poids face au Milan de Sacchi.

Car c'est vrai que tous ces clubs anglais dégageaient une telle assurance et une telle force, ils n'avaient pas besoin d'une star pour gagner (juste de quelques individualités dans les moments clés); par exemple Nottingham Forest gagne la C1 1980 sans Trevor Francis, Tottenham gagne la coupe UEFA 1984 sans Glenn Hoddle.
Le Milan de Sacchi? Tant d'équipes ont fait plus et mieux que le poids contre eux ; à la régulière les Anglais n'en auraient vraisemblablement fait qu'une bouchée - problème : rien ne se passait à la régulière avec ce Milan, dés pipés..
C'est pour ça que je cite Milan, est-ce que Liverpool aurait gagné malgré l'adversité, les dés pipés; Liverpool qui gagne la C1 en 1984 face à l'AS Rome qui jouait pourtant à domicile, tout était possible du coup ... Je me souviens que Naples avait torché Milan 4-1 lors de la saison 88-89.

J'ai cité Milan, mais ça aurait été beau à voir aussi Liverpool et Everton dans la 2e moitié des années 80 face au Dynamo Kiev, le Steaua, l'Etoile Rouge de Belgrade, la quinta del buitre, Porto, Benfica, FC Malines, le PSV, Bordeaux, Monaco ou l'OM.
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