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  1. // Marché des transferts

Combien vaudra le joueur le plus cher de l'histoire dans dix ans ?

Ce n'est pas encore officiel, mais le montant du transfert de Paul Pogba de la Juventus vers Manchester United va établir un nouveau record dans l'histoire du football. Au rythme où vont les choses, dans un système totalement décomplexé et sans grande régulation, il n'est pas inintéressant de se poser la question de l'évolution future des prix des transferts records.

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« Les indemnités de transfert payées par les clubs de football pour recruter des nouveaux joueurs ont fortement augmenté lors des dernières années. Avec l’accroissement des recettes des plus grandes équipes européennes, ainsi que de celles de l’ensemble des clubs de la Premier League anglaise, un nouveau record de dépenses sera vraisemblablement battu lors du prochain mercato. » C'est par ces quelques mots que commençait le rapport mensuel, daté de juin 2016, du CIES, le centre international d'étude du sport. Alors certes, il n'y avait pas besoin d'être le plus grand spécialiste économique du football pour se douter que le mercato estival 2016 allait de nouveau faire péter le bouchon à fric et exploser la barre symbolique des 100 millions d'euros pour une seule transaction (Gareth Bale de Tottenham vers le Real Madrid en 2013).


Il n'empêche, les membres du CIES ont tapé dans le mille. À peine ce rapport était-il publié sur leur site qu'on annonçait déjà la très probable vente de Paul Pogba de la Juventus vers Manchester United pour la bagatelle de 120 millions d'euros. Une broutille pour un club gavé ras la gueule de billets verts et qui, sans trop se mouiller, sait déjà que ce montant sera finalement bien vite amorti par les retombées merchandising que suppose l'arrivée de La Pioche dans ses rangs.

À qui le tour après Pogboum ?


Rien n'est encore officiel, mais cette vente record ne devrait pas tarder à être gravée dans le marbre du mercato. Le football perd la boule, et ces montants ont de quoi rendre dingo, mais ainsi va la vie d'un sport qui n'en fait qu'à sa tête et s'en fout plein les poches. À ce rythme-là, et sachant que la boîte de Pandore est ouverte, il y a fort à parier que les sommes ne cesseront de croître avec les années à venir. Mais jusqu'où cela peut-il vraiment aller ?

« Il n'y a pas de raison pour que dans dix ans les montants n'atteignent encore de nouveaux sommets. » Christophe Lepetit
Faudra-t-il un jour lâcher 500 millions de boules pour se payer le futur plus talent du foot ? « Avancer un montant très précis, c'est quand même compliqué, répond Christophe Lepetit, économiste du sport au centre de droit et d'économie du sport de Limoges. Mais si on reste sur le schéma actuel de l'économie du foot pro, à savoir une quasi absence de régulation sur les montants des transferts, ou en tout cas pas de régulation très stricte, et une économie qui reste en croissance, il n'y a pas de raison pour que dans dix ans les montants n'atteignent encore de nouveaux sommets. »

Les jeux sont faits, rien ne va plus !


« Il n'est pas impossible qu'on dépasse très bientôt la barre des 150 ou 200 millions d'euros pour un joueur. » Christophe Lepetit
Puisque les revenus des clubs, anglais en premier lieu, sont certains d'augmenter ces prochaines années suite à la revalorisation des droits télé, il n'y a pas de raisons que les choses changent d'un iota. Pour Lepetit, il n'est même pas nécessaire de se projeter aussi loin que sur dix années : « Si on regarde même à très court terme, il n'est pas impossible qu'on dépasse très bientôt la barre des 150 ou 200 millions d'euros pour un joueur, notamment parce qu'aujourd'hui, on a des clubs capables de mettre ces montants-là sans se mettre en difficulté. » Les bistrotiers peuvent d'ores et déjà se taper la tête sur le zinc, ce n'est pas demain la veille que les débats de comptoir à propos de ces sommes démentielles et de ces fameux « joueurs trop payés » tariront.


En effet, pour imaginer une hypothétique fin d'escalade de l'argent dans le foot, il faudrait que les revenus des clubs baissent subitement. Ce qui n'est pas, mais alors vraiment pas, la tendance actuelle, comme le note l'économiste du sport. « Pour que la bulle éclate, il faudrait que le phénomène de crise soit généralisé, c’est-à-dire que les revenus des clubs, donc principalement les droits télé dans tous les pays européens, diminuent, ce qui aujourd'hui est loin d'être le cas. Après cela ne veut pas dire que, parce que ce n'est pas le cas aujourd'hui, cela ne sera pas non plus le cas demain. Mais quand on voit que la plupart des grands championnats ont réussi à faire accroître les montants des droits télé, c'est difficile à imaginer pour le moment. À l'heure actuelle, il n'y a pas de prémices d'un éclatement de la bulle. »

Régulation, conflits et agents en colère


Finalement, la seule manière d'imaginer un futur dans lequel la prochaine pépite du ballon rond ne vaille pas l'équivalent du PIB d'un pays, c'est de voir apparaître une régulation globale du marché. Or cela ne semble pas être parti pour arriver de sitôt. « Même si on a quand même aujourd'hui des régulations plus importantes que par le passé avec le fair-play financier européen, aujourd'hui on est plutôt partis sur une voie conflictuelle et on a deux logiques qui s'opposent entre la FIFPro, le syndicat des joueurs, qui voudrait que les indemnités de transferts soient égales aux montants des salaires restants dus et d'autres acteurs, les clubs et les agents, qui eux veulent qu'on continue sur le même système. »


La FIFPro a d'ailleurs déposé une plainte en ce sens devant des instances européennes qui traitent actuellement le dossier. Mais cette régulation n'est pas du goût de tout le monde, à commencer par les tops players eux-mêmes, qui profitent allègrement du système actuel, sans parler de leurs agents. Mino Raiola, qui espère prochainement empocher le pactole (autour de 20 millions d'euros de commission ?) suite au transfert de son Pogba aux œufs d'or vers Man U, fait évidemment partie des gens qui ne voient pas pourquoi l'heure serait au rabattement des cartes. Et si ce jour devait arriver, il serait probablement en tête de cortège pour crier au scandale et appeler à la grève générale. Ce qui ne manquerait pas d'un certain charme, il faut bien l'avouer. En attendant, la machine du foot business va continuer de foncer tête baissée sur les rails du pognon, et le record du transfert de Pogba n'attendra certainement pas dix piges pour être battu. Youpi.

Par Aymeric Le Gall
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