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Colonel Kurz'

Layvin Kurzawa a rejoint le PSG. Il devra réussir là où Lucas Digne a échoué : mettre Maxwell sur la touche et s'imposer en équipe de France en lieu et place de Patrice Évra. Autant dire que la mission n'est pas simple. Tant mieux, le parcours de l'ancien Monégasque ne l'est pas non plus. Il a tout fait au mental.

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Janvier 2013, Layvin Kurzawa est dans un avion pour Brest. Sa valise est en soute. Le regard tourné vers la pointe opposée de la France. À cette époque, le jeune latéral gauche ne joue pas en équipe première de Monaco, alors en Ligue 2. C'est le Grec Giorgos Tzavellas qui squatte le onze de Claudio Ranieri. Alors qu'il va embarquer dans son zinc, son téléphone sonne. Au bout du fil, son agent qui lui indique que le staff technique a changé d'avis le concernant. Kurzawa ne prendra pas l'avion. Deux ans et demi plus tard, le voilà au PSG avec Zlatan Ibrahimović, Ángel Di María et Thiago Silva et prêt à disputer la Ligue des champions. Un coup de fil a tout changé. Ou presque. Le lendemain de ce faux départ, le joueur retourne s'entraîner à la Turbie. Il jouera les deux matchs suivants avant de retourner en CFA jusqu'à la fin de la saison. Six mois qu'il va passer à se refaire une caisse physique, à bosser et à épurer sa vie. Été 2013, Monaco change de braquet et recrute Falcao, João Moutinho, James, Toulalan ou encore Éric Abidal. Au milieu des internationaux, Kurzawa découvre un nouveau monde. Et l'ambition. Kurzawa débute la saison comme titulaire dans la rafraîchissante équipe de Ranieri. Avec Fabinho côté droit, ils passent leur match à enfiler les kilomètres le long de la ligne de touche. La France et la Ligue 1 découvrent ce gaucher au nom de famille imprononçable (le W se prononce V, KUR - ZA - VA). Mais qui est Layvin Kurzawa ?

Fragile mais motivé


Maman est polonaise. Beau-papa, infirmier de profession, est un ancien joueur de Sainte-Maxime en PHA. Le couple veille sur Layvin ainsi que sur le petit frère, Yrles Teoro, qui est aujourd'hui au centre de formation de... l'OGC Nice. Kurzawa est né dans le Var, à Fréjus. Petit, il joue attaquant et s'invite au pôle espoir d'Aix-en-Provence. À 12 ans, il fait des essais à Bordeaux, Nantes, Nice, Marseille. C'est finalement Lens qui gagne le gros lot. Alors qu'il est à deux doigts de filer dans le Nord, Monaco lui demande de venir visiter les installations. Déjà, un coup de fil pour tout changer. L'histoire de sa vie. Proche de son Var natal, Kurzawa fait ses classes avec la génération 1992 de l'ASM, celle de Mendy, Pi, Eysseric, Makengo et Carrasco. Ensemble, ils remportent la Gambardella 2011 face à Saint-Étienne. À la Turbie, le jeune Kurz' fait parler son pied gauche et sa vitesse. Il est jeune, fan de Ronaldo - le gros - et claque des buts. Sauf qu'il prend quinze centimètres en un été et pète de partout : hanches, genoux. Il perd vitesse et technique nécessaires pour jouer devant et recule pour faire carrière. Malgré tout, chez les U19 de l'ASM, on s'inquiète de son état physique. Logique pour un gamin qui n'arrivait jamais à enchaîner deux ou trois mois de compétition consécutivement. Alors quand vient le temps de la Ligue 2, Kurzawa sort du rang. Il mène une vie d'étudiant : sorties nocturnes, malbouffe, hygiène de vie déplorable. Sur le terrain, ça se ressent. Et comme le garçon a le physique de l'emploi - tatouages, diamants aux oreilles, fringues concepts et grosse bagnole -, il est vite catalogué. Le faux départ pour Brest sera l'électrochoc.

L'importance d'Abidal


Ça, et Éric Abidal qui va lui donner de précieux conseils pendant un an. Dès lors, son décollage est imminent. Beau pied, jeu de tête intéressant, volume de course et envie, le nouveau Kurzawa détonne. Ranieri en fait un magnifique titulaire. Jardim va poursuivre dans cette direction, donnant au latéral gauche une dimension internationale et un sens tactique plus aiguisé grâce à une brillante campagne de Ligue des champions (quart de finale). Surtout, Kurzawa plante des buts (déjà trois cette saison avec Monaco) et envoie des caviars dans la surface. Un vrai latéral moderne qui adore taquiner le cuir dans la moitié de terrain adverse. Bon, de temps en temps, Kurzawa rechute. Physiquement, déjà : 19 blessures à 22 ans, très souvent aux ischios. On parle d'un garçon qui ne possède plus de ménisque au genou gauche. Et quand le physique va, c'est la tête qui se laisse aller. Comme lors de ce fameux barrage contre l'équipe de Suède Espoir où il fête un peu trop vite son but - le fameux salut de la main - avant de se faire éliminer... Sûr que Zlatan Ibrahimović saura le saluer comme il se doit lors de son arrivée au PSG. En attendant, Kurzawa va découvrir la vie loin de chez lui. Un groupe d'internationaux habitués à gagner des titres et à gérer la concurrence. Maxwell, 34 ans et dans sa dernière année au PSG, est aussi là pour apprendre au gaucher les bases de son métier de défenseur. Dans un an, Kurzawa pourrait hériter du poste de titulaire. Il a donc une saison pour travailler ses défauts et digérer son transfert. Digne n'avait pas réussi, mais Maxwell avait deux ans de moins. À Kurzawa de se montrer à la hauteur du défi. Une chose est sûre, le garçon voulait rejoindre Paris en connaissance de cause. Un bon point pour lui.

Par Mathieu Faure
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