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Colombie : de la coke au décaf'

Lors du Mondial 94, un Colombie – États-Unis tournait au drame pour la bande à Valderrama. Vingt ans plus tard, la Colombie a changé. Son visage est lisse, propret, mais son style reste toujours aussi séduisant.

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Des rouleaux, des moustaches, et un maillot jaune indiscret. Au début des années 90, la Colombie parfumait les terrains d'un arôme distinct. On y jouait un autre football, le toque, qui n'était autre que l'expression collective des qualités naturelles du footballeur cafetero, selon Pacho Maturana, son théoricien. Cette Colombie exotique incarnée par l'hirsute Carlos Valderrama savait prendre son temps avant de lancer ses espressos, Tino Asprilla, el Tren Valencia ou Freddy Rincon. Mais une ligne blanche suivait aussi à la trace cette sélection. Celle de la cocaïne qui avait conduit à l'édification de redoutables fortunes, celles de Pablo Escobar, des frères Rodríguez Orejuela et autres capos de renommée planétaire, qui investissaient à fonds perdus dans le football colombien. Liaisons dangereuses…

CSC, sinistre et casaniers


En 1994, René Higuita n'était ainsi pas du Mondial car il se trouvait en prison après avoir été accusé d'avoir joué les intermédiaires dans une libération d'otage de la fille d'un proche de Pablo Escobar. Ces relations trop dangereuses entretenues avec les trafiquants de drogue les plus puissants de la planète allaient pourrir le Mondial de Cafeteros qui s'étaient avancés en favoris après avoir démembré l'Argentine, le vice-champion du monde en titre (0-5), en éliminatoires. Menaces des cartels sur les familles, ordre donné à Pacho Maturana d'écarter de son onze le milieu Barrabas Gómez, qui était aussi le frère de son adjoint, et au bout, une élimination dès le premier tour. L'histoire est connue. Dix jours après avoir inscrit son fatidique CSC face aux États-Unis, Andrés Escobar sera abattu dans la nuit rouge de Medellin.

Vingt ans après les faits, il est impossible de ne pas se rappeler ce sinistre passé alors que Colombie et États-Unis se retrouvent, mais le présent des Cafeteros n'a rien à voir avec la vie turbulente de ses prédécesseurs. La Colombie sort d'un excellent Mondial (quart-de-finaliste), ses joueurs ont été reçus en héros au pays, et elle offre un visage immaculé au monde. Celui de ses deux grands ambassadeurs, Radamel Falcao et James Rodríguez : polis, fervents croyants et grands casaniers. Leur sainte trinité : Dieu, chaussons et famille. Deux purs produits de la mondialisation du football. Exportés et formatés aux exigences du très haut niveau dès leurs plus jeunes années. Des réussites quasi programmées. Rien à voir avec le transfert d'un Carlos Valderrama à 27 ans, à Montpellier, alors qu'il venait d'être élu meilleur joueur d'Amérique du Sud. Loin aussi des bacchanales d'Asprilla, ou des invitations chez les capos qu'il n'était pas conseillé de refuser.

Copa América 2015 et traumatisme de 1994


Si l'international colombien d'aujourd'hui s'est avant tout façonné hors-sol, en Europe, un style commun unit toutefois ces deux sélections. Ce même goût pour le football de possession, déroulé au sol, ce tiki-taka andino-caribéen. Les profils de leurs architectes sont pourtant antinomiques. D'un côté, Pacho Maturana, le jouisseur, grand amateur de whisky. De l'autre, l'ascète argentin, José Pékerman. Pour la génération James, celle de Valderrama constitue aujourd'hui un point de référence pour avoir été la première à briller en Coupe du monde (huitième-de-finaliste en 1990), mais aussi pour éviter de répéter ses erreurs. Ne pas se croire arrivé après de brillantes éliminatoires, par exemple. Avant et pendant le Mondial brésilien, Valderrama n'a ainsi cessé d'exhorter ces successeurs à « prendre les matchs les uns après les autres » . Ce qu'ont parfaitement fait les hommes de « Supékerman » . Le quart de finale, meilleure performance dans l'histoire cafetera, a récompensé l'attitude mâture de James et cie.


Aujourd'hui, avec ou sans Falcao, le futur proche de la sélection semble prometteur. La Colombie sera ainsi l'un des gros clients de la Copa América 2015, accueillie par le Chili. « On n'est pas favoris  » cherche toutefois à freiner des deux pieds Carlos Valderrama, encore traumatisé par le désastre de 1994. Loin de ce présent radieux de sa sélection, le football colombien souffre toutefois aujourd'hui à l'intérieur de ses frontières. Depuis le retrait de leurs bienfaiteurs issus de l'économie illégale, tués, emprisonnés ou retirés des affaires, les clubs colombiens peinent désormais à se distinguer à l'échelle continentale. Huit fois champion entre 1979 et 1992, et trois fois finaliste de rang de la Copa Libertadores (1985, 1986, 1987), l'América Cali des frères Rodríguez Orejuela (cartel de Cali), club qui a compté jusque 150 joueurs sous contrat, gît ainsi désormais en deuxième division. En 2012, l'ex-président des Millonarios Bogota, Felipe Gaitán, avait, lui, pensé à rendre les titres de 1987 et 1988, gagnés quand les narcos géraient le club. Jeudi, la presse colombienne ne noircissait pas des pages à rappeler ce lourd passé, préférant se concentrer sur les choix de Pékerman. Pour le football cafetero, la page est bien tournée.

Par Thomas Goubin
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