1. // Remaniement ministériel

Claude Fillon et François Puel

« Regarde les hommes tomber » ... Grande année 2010 avec dégommages en chaîne : Domenech, Woerth, Delarue, Escalettes, Tiger Woods, Dingo & Pluto, etc. Un monde sans pitié où tous meurent à la fin ? Non ! Claude Fillon et François Puel ont survécu au destin du bac à soldes.

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Par quoi on commence ? Par Rafa Benitez. Juste trente minutes de Inter-Milan AC... L'Inter fait n'importe quoi, joue n'importe comment, court n'importe où. De deux choses l'une : ou bien cette équipe est en fin de cycle, en pleine décompression après son triplé historique, ou bien Benitez est à la rue. Sorte de Madoff qui n'aurait jamais dû quitter Valence, là où finalement il a été le meilleur -malgré la C1 avec Liverpool- ? Surtout la saison 2004, avec victoires en Liga et en C3. Alors ? Les joueurs ou le coach ? Si c'est coach Rafa, alors il giclera. Regarde les hommes tomber... Deux heures avant, tombait autre chose : l'annonce du gouvernement Fillon. Nom de code : « Fillon 3 » . Claude Fillon était pourtant donné pour mort. Fin octobre Le Canard Enchaîné donnait Jean-Louis Borloo premier ministrable « à 99 % » . Borloo, c'était l'hypothétique plan B de Monsieur Nicolas Sarkozy, avec Jean-Louis censé guider un gouvernement “recentré” en vue des présidentielles de 2012. Finalement, Monsieur Nicolas Sarkozy a décidé de conserver Claude Fillon jusqu'à la prochaine échéance suprême de 2012. Comme Jean-Michel Aulas, autre président, avait décidé de conserver le mois dernier son entraîneur lui aussi promis à la casse, François Puel.

Claude Fillon et François Puel ont un point commun, désormais : l'horizon final de 2012. Début mai 2012 pour Fillon qui marquera la fin du quinquennat du Président et fin mai/début juin qui clôturera le contrat de quatre ans de Puel, arrivé en 2008 à Lyon. Ceci dit (Brahim), tout reste théorique quant à cette durée. Pour François Puel, le président Aulas avait été clair concernant le maintien de son entraîneur au soir de Lyon-PSG (1-2, en Coupe de la Ligue) : « C'est une décision qui vaut pour la saison et qui sera, le cas échéant, adaptée si des éléments nouveaux viennent perturber ou modifier les décisions prises » . En clair : en cas de mauvais résultats ou d'absence de titre, ce sera finito pour Puel. Et Fillon ? Pareil. Sous la Vème République, l'espérance de vie d'un Premier Ministre est fonction des humeurs du Prince. Une vieille habitude inaugurée dès le départ par le Général de Goal : au moment où il nommait un Premier Ministre, il lui faisait signer illico sa lettre de démission. Ne restait plus au Général qu'à rajouter la date du jour précis où il congédiait son premier des ministres, que ça lui plaise ou non. C'est le sort qui guette Claude Fillon si Monsieur Nicolas Sarkozy le décide. On rappelle le grand n'importe quoi de la fin du règne de Monsieur François Mitterrand : dézinguant Rocard en 91 pour mettre à la place Edith Cresson, qu'il virera dix mois plus tard pour installer à Matignon un Bérégovoy dépassé dès le premier jour de sa nomination. Foot et politique : les présidents, de clubs ou de Républiques, font valser les ministres ou les entraîneurs avec une frénésie parallèle.

Donc, Fillon et Puel survivants. Avec la même échéance théorique de 2012 et pour le même motif d'absence de Plan B. Jean-Michel Aulas n'avait trouvé aucun coach réputé pour remplacer Puel. La piste Leonardo, elle aussi donnée pour sûre « à 99 % » , s'est noyée entre Rhône et Saône. Borloo-Leonardoo, même cause perdue. Reste une différence... Les parlementaires UMP ont grandement influencé Monsieur Nicolas Sarkozy dans son choix de maintien de Fillon. Claude Fillon, ça restait à droite, dans la famille UMP et c'était un gage de « sérieux » , comparé à Borloo, jugé un peu trop « original » . Et puis la cote de popularité de Fillon, relativement bonne, a joué aussi. Un sondage récent donnait Claude Fillon vainqueur en 2012 contre Aubry, à l'inverse de Monsieur Nicolas Sarkozy qui, lui, serait battu. Le choix de garder Fillon est donc relativement « subi » . Et puis, mieux valait pour le Président de la République un Fillon au gouvernement, qu'on peut contrôler étroitement, plutôt qu'un Fillon libre, en réserve de la République et tenté lui aussi par l'aventure de 2012... A l'Olympique Lyonnais, situation un peu différente : si certains joueurs (dont Cris, évidemment) et Bernard Lacombe (lui et Puel ne se parlent plus) ne goûtent franchement pas l'entraîneur, on ne pouvait pas parler d'un rejet massif du coach par l'ensemble du groupe. Ou du moins pas « massif » au point de le virer rapidement en mettant le premier venu à sa place (la solution interne, avec Rémi Garde, un temps évoquée, a elle aussi fait long feu).

Restent deux paramètres qui ont aussi permis à Claude Fillon et François Puel d'être maintenus en poste par leurs présidents respectifs : le « coût » de leur limogeage et leur fidélité « corporate » ... Virer Puel, c'était lui payer des lourdes indemnités au moment où l'OL accuse un bilan financier qui tousse. Virer Fillon, c'était perdre le bénéfice de sa cote de popularité auprès des Français. Une cote à double tranchant, en fait : si, comme on l'a dit, celle de Fillon dépasse dangereusement celle de Monsieur Nicolas Sarkozy, mis en infériorité, elle est aussi le gage de « sérieux et de stabilité » au plus haut sommet de l'Etat. Un atout dont le Président pourra tirer avantage en 2012. Enfin, Jean-Michel Aulas et Monsieur Nicolas Sarkozy ne sont certainement pas restés insensibles à la loyauté de leurs deux subordonnés. Malgré les vacheries parfois quasi publiques de Fillon à l'encontre de son supérieur et les silences non moins « chargés » de Puel vis-à-vis d'Aulas, les deux hommes ont affiché dans les moments difficiles un sang-froid et une fidélité à leurs chefs qui en sont restés secrètement impressionnés... Fillon a tenu bon lors des débats parlementaires et des manifestations contre le projet de réforme des retraites. Claude Fillon a même constamment soutenu son ministre dans la tempête, l'infortuné Eric Woerth. Idem pour François Puel : même s'il a fini par accuser le coup après les sifflets de Lyon-Sochaux (2-1), il n'a jamais paniqué, jamais attaqué les joueurs ou le président, jamais remis en cause « l'institution Olympique Lyonnais » .

Conclusion : aucune. Claude Fillon finira peut-être un jour Président de la République à son tour. Et François Puel finira peut-être sélectionneur de l'équipe de France à son tour aussi. A cette date précise, que ce soit pour l'un ou pour l'autre (ou pour les deux !), on se souviendra du moment où on avait regardé les deux hommes tomber, donnés pour morts...

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Belle comparaison...mais c'est François Fillon et Claude Puel...et non l'inverse...
doit on te preciser que c'est fait exprès!
Belle comparaison Cherif.
Juste deux mecs pas trop teubes qui savent garder la tete froide a une epoque ou le monde et le foot marchent sur la tete.
Geo1984, le second degré est ton everest
tres bon article, bonne comparaison
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