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City, la défense immunitaire

En mauvaise santé derrière entre fin septembre 2016 et janvier 2017, Manchester a progressivement guéri une partie de ses plaies défensives. Et si les hommes de Pep Guardiola ont rechuté au match aller, ce n’est pas le cas sur la scène nationale, où ils sont en pleine forme.

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Pep Guardiola a beau être têtu comme une mule, il n’est pas fou pour autant. S’il n’abandonnera jamais ses idées de jeu offensif et esthétique, le Catalan sait parfaitement que l’efficacité défensive est indispensable pour atteindre les sommets de son sport. Or, l’ancien du Bayern Munich galère avec Manchester City depuis son arrivée en Angleterre. Détenteurs de la quatrième défense de Premier League avec 29 buts encaissés (loin derrière Chelsea et Tottenham qui composent les deux meilleurs avec vingt pions concédés), les Sky Blues ont d’ailleurs connu une sale période (entre le 2 septembre et le 10 décembre 2016) durant laquelle ils n’ont récolté qu’un seul et unique clean-sheet en 17 matchs toutes compétitions confondues (27 tremblements de filets contre eux).


Bien conscient de la situation, Guardiola a alors réfléchi. Comme d’habitude. Il a testé. Comme d’habitude. Il a fait des choix. Comme d’habitude. Et il a trouvé des éléments de réponse. Comme d’habitude. Car malgré les apparences, son arrière-garde progresse match après match. Pour s’en convaincre, il suffit de donner quelques chiffres : si on omet le 5-3 infligé à Monaco à l’Etihad Stadium, les Mancuniens n’ont craqué qu’à deux reprises depuis le 28 janvier. Soit dix rencontres. Ce qui leur a permis de battre le record de matchs consécutifs sans prendre de buts à l’extérieur (six, série en cours). Les adversaires rencontrés ne valent pas le club de la Principauté ? C’est vrai. Mais ce serait fermer les yeux que de nier une quelconque évolution dans ce secteur de jeu.

Caballero-Fernandinho, les clés ?


En réalité, les Citizens avaient jusque-là un véritable souci de réalisme dans leur propre surface. La preuve : ils ne concèdent en moyenne que 7,9 tirs par match en championnat, contre 8,3 pour Chelsea qui représente pourtant le meilleur élève du pays en matière d’occasions subies. Cela s’explique par la philosophie de Guardiola, qui exige de ses poulains une forte possession de balle, un pressing étouffant et un positionnement haut. Problème : ses nouveaux cobayes n’ont pas été au niveau. Malgré de belles promesses, John Stones a par exemple toujours du mal lorsque le level s’élève (notamment au duel) et ne constitue pas encore le futur patron qu’on attend. Derrière lui, Claudio Bravo représente LE gros flop du mercato estival made in Guardiola. À tel point que l’ex-Barcelonais a pris place sur le banc au profit du surprenant Willy Caballero, performant sur sa ligne. Résultat : une défense paradoxalement plus sereine et moins prise à défaut.


Autre piste de réflexion : le placement de Fernandinho. Essayé en latéral droit, en latéral gauche, en charnière centrale, en milieu défensif unique et en milieu relayeur accompagné d’un autre profil défensif dans l’entrejeu, l’utilisation du Brésilien pose question. Avant la première manche contre l’ASM, Guardiola n’a pas changé son fusil d’épaule en conférence de presse et a répété ce qu’on entendait depuis le début de la saison à propos de son petit préféré, qu’il considère comme l’homme le plus important de son effectif : « Il peut jouer comme milieu défensif ou milieu offensif, ou encore en défense. Il a beaucoup de qualités : il est agressif, il court beaucoup, il a même un bon jeu de tête... » Sauf que dans le couloir gauche, Fernandinho a pris l’eau, coulé par les talents du club de la Principauté. Le Sud-Américain est même sorti à l’heure de jeu, remplacé par Pablo Zabaleta (un latéral de métier), alors que sa bande perdait encore 3-2 et que Yaya Touré restait sur le pré. Signe que son technicien n’était pas vraiment ravi de sa prestation.

Des progrès à démontrer contre les gros


En regardant de plus près, il semblerait d’ailleurs que City soit davantage à l’aise quand Fernandinho joue au milieu. Bien plus habitué à jouer avec une ligne composée de quatre vrais défenseurs devant son portier, Manchester a mangé quatre des cinq derniers buts pris et n'a réalisé qu'un seul clean-sheet depuis fin janvier quand son poumon était titularisé dans un couloir. S’il possède certainement les aptitudes pour répondre aux attentes de son entraîneur (jouer latéral quand l’adversaire attaque, monter au milieu quand l’équipe a la balle), ses coéquipiers n’ont pas encore pris le pli des considérations tactiques « guardiolesques » qui réclament du temps. Mais petit à petit, les bons réflexes défensifs s’installent en même temps que les circuits stratégiques. Reste encore à le prouver contre un gros morceau.

Par Florian Cadu
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