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Cinq excuses plus ou moins valables pour justifier l'élimination de l'Espagne

180 minutes disputées, un but marqué (sur penalty), sept encaissés : hop, l'Espagne, championne du monde en titre, est déjà éliminée du Mondial brésilien. Une élimination qui n'est évidemment pas le fruit du hasard. Voilà cinq raisons pour la justifier. Avec ou sans mauvaise foi, au choix.

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L'excuse rationnelle : « Ce n'est plus ce style-là qui gagne en Europe »
C'est indéniable : pendant des années, la domination de l'Espagne a correspondu avec celle du Barça en Europe. Le Barça de Guardiola, le tiki-taka, le jeu rapide à une touche de balle. À tel point qu'à un certain moment, lors du pic de domination du Barça en Europe, on avait presque l'impression que l'Espagne, c'était le Barça sans Messi. C'est l'époque où le style de jeu barcelonais triomphait. Rien ne parvenait à le contrer. Si le Barça voulait gagner 4-0, le Barça gagnait 4-0. Certes, l'Espagne n'a pas toujours été aussi flamboyante. Il faut se souvenir qu'en 2010, la Roja a été le champion du monde avec la plus faible attaque de l'histoire. Mais quand même : il y avait toujours une cohérence, du moins au niveau du style de jeu dominant. Sauf qu'en 2014, le style de jeu dominant n'est plus le tiki-taka. Aujourd'hui, le style qui triomphe, c'est un jeu rapide, physique, à l'image de ceux du Real Madrid et de l'Atlético Madrid, ou du Bayern Munich (même si Guardiola a tenté d'amener un peu de tiki-taka dans ce jeu athlétique). L'Espagne a continué à s'entêter dans son jeu, dans son style. Elle a presque ignoré la réalité. Une réalité qui l'a rattrapée ; les Pays-Bas et le Chili l'ont battue exactement de la même façon que le Bayern a battu le Barça l'an dernier, ou que le Real a triomphé cette saison en Ligue des champions : avec un jeu direct, en quelques passes, et avec beaucoup, beaucoup de physique. Oui, dans l'esprit, ce Chili-là était plus proche de l'Atlético Madrid que l'Espagne elle-même. Un comble. S'adapter à l'ère du temps. Voilà ce que l'Espagne 2014 n'a pas réussi à faire.

L'excuse surnaturelle : « Il y a une malédiction au Maracanã »
C'était le 30 juin 2013. Il y a un an. Après avoir arraché aux tirs au but son billet pour la finale de la Coupe des confédérations, l'Espagne affronte le Brésil en finale. Et là, patatras. Les Brésiliens déroulent et humilient les champions du monde en titre. Un succès 3-0 qui ne fait pas un pli, et qui aurait dû servir de sonnette d'alarme pour les Espagnols. Le décor ? Le Maracanã de Rio. Un an plus tard, dans le même stade, la Roja est éliminée de la Coupe du monde, six jours après le début des hostilités. Coïncidence ? Non, évidemment. Il est bien connu qu'une malédiction règne dans ce stade, et ce, malgré sa rénovation. Et ce ne sont pas les Brésiliens, victimes du « Maracanazo » en 1950, qui diront le contraire. Si l'Espagne avait joué à Porto Alegre, elle se serait probablement imposée 3-0 contre le Chili. Comment ça, le match face aux Pays-Bas n'a pas eu lieu au Maracanã ? Bah, disons que la malédiction avait obtenu une dérogation pour suivre les Espagnols jusqu'à Salvador. Pas d'autres explications rationnelles possibles à un tel fiasco.

L'excuse nostalgique : « Depuis qu'il n'y a plus Puyol… »
2010 : deux buts encaissés en sept matchs. 2014 : sept buts encaissés en deux matchs. On inverse juste deux chiffres, et on passe d'une armada invincible à une équipe aux abois. La différence ? La présence, puis l'absence de Carles Puyol. Capitaine de toutes les batailles, le défenseur du Barça était le pilier de cette sélection espagnole, en plus d'en être le fer de lance, comme lors de la demi-finale face à l'Allemagne. Mais en 2012, le défenseur connaît ses dernières sélections avec la Roja, et laisse les clefs de la charnière centrale au duo Piqué-Ramos. Si l'Euro 2012 se passe plutôt bien (un seul but encaissé), la suite est plus compliquée. Au Brésil, sans son défenseur aux 100 sélections, l'équipe de Del Bosque n'a pas trouvé de patron en défense. Car Puyol, c'était aussi une aura, une présence, un type qui vous replace, qui vous donne des consignes et des conseils. Des choses que mêmes les expérimentés Ramos et Piqué n'ont pu remplacer. Un peu perdu après la débâcle face aux Pays-Bas, Del Bosque a même tenté de mettre Javi Martínez en défense centrale pour le second match face au Chili. Pas une grande réussite. Non : personne ne peut remplacer Carles. Et ça, le Barça s'en était déjà rendu compte cette saison. Tata Martino aurait pu faire passer l'info.

L'excuse bouc émissaire : « Tout ça, c'est de la faute de Diego Costa »
Cette saison, Diego Costa a tranché. Appelé deux fois en équipe du Brésil, l'attaquant de l'Atlético Madrid finit par choisir l'Espagne. Un choix vraiment osé, sachant qu'il aurait eu l'occasion de disputer le Mondial au Brésil avec le maillot de la Seleção. Mais non. Du coup, Del Bosque s'est mis dans la merde tout seul, en lâchant des déclarations de séduction envers l'attaquant madrilène. Une fois le choix fait, Diego Costa a débarqué en sélection dans ses pantoufles avec, quasiment, une place de titulaire assurée. Grosse erreur. Impossible d'adapter en l'espace de trois matchs le jeu de l'attaquant à celui d'une sélection qui évolue ensemble les yeux fermés depuis 4-6 ans. On l'a bien vu : il y avait dix joueurs espagnols, et Diego Costa. Complètement déphasé, le joueur brillant admiré pendant toute la saison a été l'ombre de lui-même, et a parfois même fait déjouer son équipe, car son jeu de rôdeur des surfaces n'était pas du tout compatible avec celui de la Roja. De là à dire que cette élimination est due à Costa ? Peut-être pas, même si c'est toujours facile de trouver un bouc émissaire. En revanche, une autre explication est plausible : Diego Costa est en réalité un infiltré brésilien. Il a fait exprès de choisir l'Espagne, pour saborder de l'intérieur la sélection de Del Bosque, principal rival du Brésil. Mission accomplie. Il peut désormais prendre sa retraite internationale. Et peut-être même que la Fédération brésilienne lui accordera le droit exceptionnel de revenir en Seleção, tiens.

L'excuse du complot : « Mourinho avait tout piloté »
Il était devenu le symbole de cette Espagne qui gagne. Celui qui arrête des pénaltys face à l'Italie en 2008. Celui qui gagne deux duels face à Robben en 2010. Celui qui sauve la Roja face à Rakitić en 2012. Celui qui embrasse sa fiancée après le titre mondial. Bref, Casillas est devenu San Iker sous le maillot de la Roja, dont il est le capitaine et le leader. Mais la saison dernière, au Real, José Mourinho a osé faire ce que personne n'avait jamais osé avant lui : mettre Iker sur le banc au profit d'un autre gardien, Diego López. Aujourd'hui, c'est une évidence : le Mou avait tout prévu. Mettre Casillas sur le banc pour lui faire perdre confiance, le faire douter et lui faire perdre le rythme. Déjà, Iker a failli être le héros malheureux de la finale de C1, mais a été sauvé par son pote Ramos. Mais pendant ce Mondial 2014, même Ramos n'a rien pu faire. Le portier a été aux fraises. Mais comme c'est Casillas, par respect, en Espagne, personne ne peut rien lui dire. N'empêche que Mourinho a bien réussi son coup. Filou, va.

Par Éric Maggiori
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Tout ca prouve bien que le tout est supérieur à la somme des parties.
L'Espagne a perdu l'équilibre et l'entente collective quasi miraculeuse qu'elle avait eu pendant toutes ces années, et cela bien que les joueurs restent pour la plupart très bons. Le fait qu'elle s'écrase comme cela aujourd'hui ne fait que confirmer que la phase des victoires qu'elle a connu était exceptionnelle et fragile. Le fait qu'elle a duré 5 ans est déjà incroyable.
C'est ca l'explication, à mon avis.
Bravo l'Espagne pour avoir dominé le football mondial toutes ces années et avoir dégagé une telle impression de puissance.

Maintenant, le changement!!!!
Ou sinon la vrai raison:

"Une équipe qui a gagné, gagné, gagné et encore gagné pendant près de 6 ans et qui aujourd'hui n'a plus les mêmes ressources mentales que ses adversaires."

La Roja reviendra, la relève est déjà là.
nivuniconu Niveau : CFA2
Le changement c'est peut-être maintenant, NON PAS HOLLANDE!!!
floyd pink Niveau : CFA
n'empêche que l excuse Puyol me parait recevable comme l'une des raisons de l'échec.
je pense que ce mec transmet bcp d'empathie, ça m'étonnerait pas qu'il était le gars qui permettait au Real/Barça de surpasser la haine de la rivalité, pour créer la même gnac chez tout le monde.
Après, c'est peut être juste aussi parce que le Barça ne gagne plus et qu'ils représentent 70 pourcent de l'équipe ....
Je suis pas particulièrement fan du tiki taka, mais je vois pas a quel moment il peut être remis en question par la déroute de l'Espagne alors qu'a aucun moment ils ont joue comme ils ont l'habitude de le faire. Même l'acharnement a jouer dans l'axe ressemblait pas a leurs petites passes et dribles habituels puisqu'ils balançaient des grands saucissons sur le gros Costa, qui est bien puni de pas avoir choisi le Brésil. Il aurait joué la coupe du monde chez lui dans une équipe qui avec un vrai 9 pourrait aller loin. Tristesse...
Pascal Pierre Niveau : Loisir
Message posté par George Haggis
https://twitter.com/Renaud_FCB/status/479366546822008832/photo/1

La faute de Conchita Wurst surtout.


Excellent !
Puyol n'a pas joué l'Euro 2012 et l'Espagne l'a remporté.

Pour moi, Del Bosque est le principal responsable du fiasco actuel.

Il n' pas su (ni même voulu) renouveler les cadres et n'a trouvé en terme d'innovation que la titularisation de Diego Costa à un poste fantôme.

J'aime bien le Marquis mais bon, là, il est clairement gâteux.

La vraie question est : où est passé le jeu collectif de l'Espagne? Pourquoi s'est-il envolé?

Autre question : Pourquoi chiliens et hollandais couraient dans tous les sens comme des lapins alors que les espagnols semblaient tous avoir 45 ans?
Message posté par floyd pink
n'empêche que l excuse Puyol me parait recevable comme l'une des raisons de l'échec.
je pense que ce mec transmet bcp d'empathie, ça m'étonnerait pas qu'il était le gars qui permettait au Real/Barça de surpasser la haine de la rivalité, pour créer la même gnac chez tout le monde.
Après, c'est peut être juste aussi parce que le Barça ne gagne plus et qu'ils représentent 70 pourcent de l'équipe ....

4 joueurs du Barça sur le terrain hier = 36% de l'équipe. Et c'était pas forcément les plus mauvais.
C'est tellement facile de faire le raccourci Barça perd = Roja perd. Faut vraiment être faible d'esprit. Casillas, Ramos et Alonso ont été à chier. C'est donc la faute du Real si on suit ton raisonnement ? N'importe quoi.

Le problème est mental et rien de plus. Ce n'est pas le jeu, ni la tactique. Juste un cycle qui arrive à sa fin, c'était inévitable.
Syr_Odanus Niveau : CFA
Le problème, c'est le manque de renouveau.

Del Bosque a continué à s'appuyer sur des joueurs vieillissants (Xavi, Iniesta, Villa, Xabi Alonzo) alors qu'il aurait peut-être été temps d'accorder leur chance à des joueurs qui flambent depuis une ou 2 saisons (Koke notamment).

De plus, associer la paire Ramos - Pique en défense centrale aura été un vrai fiasco.
ces gars-là sont tellement habitués à évoluer dans des équipes ultra-offensives et dominantes qu'ils en ont oublié les notions les plus élémentaires de défense.
face aux Pays-Bas, ils ont été constamment pris de vitesse par Robben et Van Persie, qui se sont beaucoup amusés. Et cela n'en a pas été autrement hier.

Del Bosque n'a pas non plus osé remplacer Casillas, en partie responsable sur les 2 buts (surtout le 2è) mais on peut le comprendre quand on a Reina et De Gea sur le banc, 2 gardiens qui ne sont pas non plus exempts de tout reproche durant leur carrière.

Et puis c'est tout simplement la fin d'un cycle.
MacedonianFootballTeam Niveau : District
"C'était le 30 juin 2013. Il y a un an. Après avoir arraché aux tirs au but son billet pour la finale de la Coupe des confédérations, l'Espagne affronte le Brésil en finale. Et là, patatras. Les Brésiliens déroulent et humilient les champions du monde en titre. Un succès 3-0 qui ne fait pas un pli, et qui aurait dû servir de sonnette d'alarme pour les Espagnols."


Maintenant que l'on connaît le vrai niveau du Brésil en plus, ça avait de quoi faire flipper mine de rien.
Mehmet Scholl Niveau : CFA
Pour ma part, je pense plus à une usure physique et mentale d'une équipe qui a tout gagné( Waouhh quelle analyse hein ? Si si j'ai trouvé ca tout seul les mecs ! )

Apres j'suis assez d'accord sur le facteur Diego Costa, mais ca n'explique pas tout non plus

On a déjà connu des fins de cycle similaire ( cf France 2002 pas capable de planter un pion en 3 matchs avec les meilleurs buteurs de Premier League, Serie A et Ligue 1 )

Bref, une page se tourne ( enfin ! )



hisoka
Ma coupe du monde est déja une réussite ^^
à mon avis, la vraie raison de cet échec, c'est le NON-RENOUVELEMENT du groupe...

Del Bosque a mis des hommes en place et n'en a jamais changé, alors que leur état de forme l'aurait permis (Xavi, Pique, Casillas...) et cela a, à mon sens, nuit au groupe.

Il aurait du, à la manière d'un Onesta en handball, permettre à d'autre joueurs d'avoir leur chance (Koke, Llorente, Juanfran, ...) de manière à amener un peu d'envie, avec des types qui n'ont rien gagné en International.
Oh le tiki-taka,il te fait rêver puis quand tout le monde sait comment tu joue ça devient n'importe quoi et surtout lorsqu'il joue avec des contres super sonics genre atletico,real,chili,un peu de l'allemagne aussi et j'en passe."le football n'est pas compliqué et surtout lorsqu'il est expliquer par un spécialiste" merci eric.
J'ai parié 50 balles avec un pote que l'Espagne sortirait au 1er tour et que le Brésil ne passerait pas les quarts. Je prie pour que Samuel Eto'o prouve qu'il est le "9 des 9", qu'il a un Maradona, un Pelé et un Cruyff dans chaque orteil et qu'il plante un octuplé légendaire face au Brésil pour le dernier match du premier tour
Ouais, Del Bosque s'est fait dessus. Il a fait exactement la même erreur que Lippi en 2010.
Le premier argument est bidon. "l'espagne / le barca perd car il ne s'adapte pas au nouveau style a la mode"

L'inverse ! c'est parceque le barca n'est plus aussi triomphant qu'un nouveau style emerge.
Remets le barca de 2012 face a ce "nouveau style qui gagne en europe" et on en reparle....

Une page se tourne c'est tout. Les esprits sont usés coté espagnol
PhoenixLite Niveau : Loisir
C'est clair que Del Bosque n'a pas eu la force de mettre ses boules sur la table et de mettre un coup de balais dans le groupe pour y ré-injecter du sang neuf.
Ou quand il l'a fait, il s'est planté (Aspi plutôt que Juanfran ou Carvajal par exemple).
Idem pour la doublette Gabi-Koke qui a été excellente toute l'année et qu'i na jamais eu sa chance (Gabi même pas sélectionné).

Del Bosque a voulu, je pense, jouer sur l'orgueil de ses champions, pensant qu'ils allaient dépassé l'usure physique. Sauf que à un moment, le corps il suit plus. Et ça s'est clairement vu sur ces 2 matchs. Les espagnols avaient l'air dépassés par les évènements.
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