1. // Libertadores (8è)- Corinthians/Flamengo

Choc de poids lourds

Les huitièmes de finales de la Copa Libertadores opposent ce soir Ronaldo à Adriano, deux poids lourds au propre comme au figuré. Mais le match entre le Timão et le Mengão, c'est avant tout "le duel des masses", qui met aux prises les deux plus grosses "torcidas" du Brésil.

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La presse brésilienne ne s'y trompe pas. “Duelo das massas” (duel des masses) étant déjà depuis des années l'expression consacrée pour désigner les matchs entre les deux équipes les plus populaires de São Paulo et de Rio, les titres des journaux s'en sont donné à cœur joie pour parler du choc entre deux “gros” attaquants : Ronaldo et Adriano. La fameuse “surcharge pondérale” de Ronaldo est une telenovela qui dure depuis tellement d'années qu'elle est déjà entrée dans la légende. Adriano, que le physique d'armoire à glace a toujours impressionné, est sous le feux des critiques depuis qu'il a cessé de s'entraîner pendant près d'une semaine suite au clash hautement médiatisé avec fiancée Joana Machado, au retour du match amical de la Seleção contre l'Irlande, en mars dernier.

Gros ou pas gros, les deux ex-attaquants de l'Inter sont les atouts maîtres de leurs équipes respectives. C'est aussi la première fois qu'ils s'affrontent au Brésil, Ronaldo ayant déclaré forfait lors du dernier match entre Flamengo et Corinthians, le 9 août dernier en championnat (1-0, but de...Adriano). Et pourtant, même s'il n'était pas sur le terrain, le “Fenômeno” était au cœur de la polémique. Un mois plus tôt, il avait cru malin de déclarer au Thierry Roland local (le mythique Galvão Bueno, qui, en plus de commenter les matchs de la Seleção et les GP de Formule 1 depuis plus de 20 ans, présente l'émission “Bem Amigos” sur Sportv) que Flamengo n'avait pas la plus grande torcida du Brésil, sous prétexte que les gens du Nordeste supportent tous le Mengão en plus de leur équipe locale. Un peu comme si on reprochait aux nombreux ch'tis supporters de l'OM d'être de faux torcedores... Pas sympa de la part de ce natif de Rio qui se dit flamenguista depuis la plus tendre enfance et qui, surtout, a été accueilli à bras ouverts par le club rouge et noir à son retour au Brésil en 2008. Il était alors au fond du trou et tentait tant bien que mal de retrouver une condition physique à peu près convenable... avant lâcher Flamengo pour signer pour les Corinthians de São Paulo, début 2009.

Le Timão mise tout sur la Libertadores

Pourtant, cette rencontre est plus qu'un duel entre deux attaquants gras. Certains le qualifient même de “match de l'année”. Les Corinthians, pour leur centenaire, ont tout misé sur la Libertadores. Au point de faire une croix sur toutes les compétitions locales. Qualifiés automatiquement depuis leur victoire en juin dernier en finale de la Coupe du Brésil contre l'Internacional Porto Alegre, ils se sont contentés du ventre mou du championnat national. Cette année, ils n'ont même pas été foutus de se qualifier pour les demi-finales du championnat de l'Etat de São Paulo, préférant laisser leurs stars sur le banc le week-end pour les faire jouer le mercredi, jour de compétition continentale. Résultat : ils terminent meilleure équipe de la phase de poules. Question recrutement, les dirigeants paulistes ont misé sur l'expérience de Roberto Carlos et sur la promesse Defederico, un jeune Argentin, énième ex-futur Messi en puissance...

Tout le contraire de Flamengo, qui a préféré se battre sous tous les fronts, emportant ainsi le titre de champion national attendu depuis plus de 17 ans (encore un clin d'œil pour l'OM ?) et se hissant en finale du championnat carioca. Problème : la finale perdue contre Botafogo, ainsi que quelques points en route lors de la phase de poules de la Libertadores ont eu raison de la confiance des Rouge et Noir et ont condamné le coach Andrade, limogé le week-end dernier. Battu il y a quinze jours par Universidad Catolica qui n'avait plus rien à espérer, incapable de battre les faibles Vénézuéliens de Caracas par plus de deux buts d'écart lors de la dernière journée, le Mengão ne doit sa qualification en huitièmes qu'à une combinaison improbable de résultats positifs lors des autres matches.

Si au vu des débuts de cette Copa Libertadores la confrontation semble déséquilibrée, le match des supporters pourrait bien être remporté dès ce soir par Flamengo, la Nação rubro negra ayant promis de transformer une fois de plus le Maracanã en chaudron.

Louis Génot, à Rio de Janeiro

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