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Chérie, j’ai rétréci Griezmann

Avalé samedi par le Real dans le derby de Madrid (0-3), Antoine Griezmann est redevenu, le temps d'un match, un tout petit garçon. La faute à Cristiano Ronaldo, qui a rappelé ce qui sépare un bon joueur d’une légende. Un truc qu'il aime souvent faire lorsqu'il croise le chemin du Français.

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Le problème, quand on n’a plus perdu à domicile depuis 434 jours, c’est qu’on finit par croire que cela n’arrivera plus jamais. Et fatalement, le jour où la défaite s’invite chez vous, elle le fait rarement en vous demandant la permission et souvent en vous confondant avec le paillasson. Jusqu’à samedi, 20h45, lire l'avenir semblait pourtant évident. L’Atlético était censé alimenter la rivalité madrilène en battant le Real dans un match sans enjeu direct, recoller à trois longueurs du leader et profiter des absences (Pepe, Kroos, Morata et Casemiro) comblées par des éclopés prestigieux venus décorer la feuille de match (Ramos est resté sur le banc, Benzema est entré à la 79e pour se dégourdir les jambes) pour mettre les choses au clair. Ce résultat ne pouvait s’obtenir que par un symbole : celui de Griezmann qui allait laisser des morceaux de Cristiano sous sa semelle. Et puis non : 90 minutes et des poussières de temps additionnel plus tard, CR7 validait un peu plus son statut de surhomme en inscrivant 100% des buts de la rencontre (0-3). C’est peut-être en prenant conscience que son attaquant venait d’inscrire au Vicente-Calderón son 39e triplé sous les couleurs madrilènes que Zinédine Zidane a jugé bon de mettre fin à un débat qui n’en était pas un : « Le Ballon d’or sera pour Cristiano. On attend beaucoup de lui, mais il est au-dessus de tout le monde. » La déclaration n’aurait pas spécialement de saveur si elle ne sortait pas de la bouche d’un ancien Ballon d'or français à une époque où la #TeamGrizi était encore persuadée que son chouchou avait encore un coup à jouer dans cette course.

Griezmann-Ronaldo : 0-3


Que les choses soient claires : Antoine Griezmann n’est pas un bon à rien. Sa collection printemps/été 2016 est plutôt jolie : meilleur joueur de Liga, meilleur joueur et buteur de l’Euro, finaliste de la Ligue des champions. De jolies babioles qui sont autant de lots de consolation et qui n’ont pas grand-chose à faire dans une armoire à trophées digne de ce nom. Pour que la mascarade du débat autour de l’identité du prochain Ballon d’or dure encore au moins un peu, Griezmann devait battre Ronaldo chez lui, samedi, pour le dernier derby de l’histoire au Vicente-Calderón. Six mois après une finale de C1 perdue – et au cours de laquelle il avait raté un penalty – et quatre mois après avoir tendu l’autre joue au Stade de France face au Portugal, le moment était venu. Les avocats du buteur des Colchoneros rappellent qu'il était amoindri par une petite blessure et c’est vrai. Toutefois, elle n’a pas empêché Diego Simeone de le laisser traîner sa misère sur le terrain pendant 90 minutes. Et puis après tout, on a tous le droit d’être blessé. Cela est même arrivé cet été à Cristiano Ronaldo. Juillet 2016 avait déjà rendu son verdict : même quand le Portugais n’est pas sur le terrain, il est plus fort qu’Antoine Griezmann, qui semble à chaque fois plus petit quand il se mesure à un géant.


Par Matthieu Pécot
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